.

.

dimanche 2 avril 2017

Chapeau !!

Symbole absolu d’une appartenance à une catégorie sociale, une région géographique voire une classe d’âge, le port du chapeau est tombé en désuétude. Mais s’il a déserté les trottoirs de nos contrées, le couvre-chef a en revanche marqué durablement le cinéma. Qu’il soit melon, Borsalino, haut de forme ou plus récemment, dans une version jeuniste, casquette, le chapeau a coiffé des générations de personnages. Indissociable du héros en devenant son emblème, il caractérise aussi bien des malfrats que des comiques, des aventuriers que des magiciens. Comment un chapeau raconte-t-il son propriétaire? Tout dépend du chapeau!Ah le cinéma ! 1h30 en moyenne de rêve ou réflexions devant des histoires, personnages, décors, paysages, costumes et accessoires soigneusement réfléchis pour capter l'attention du spectateur. Et justement les accessoires sont comme les seconds rôles. Ils n'en ont que le nom mais sont d'une importance capitale. Que ce soient des objets ou compléments vestimentaires, ils ne sont pas là par hasard. Concernant les chapeaux, ils sont la représentation d'un type de personnage, reconnaissable dans tous les films : le Sombrero désigne le mexicain, pas un film de cow boy sans Stetson, ni de film noir ou gangster sans Borsalino. Quant au Panama il correspond plutôt aux personnages élégants ... Outre le fait d'habiller un personnage, le chapeau à lui seul peut parler et nous faire passer un message. Mais regardez plutôt l'excellent reportage d'Arte sur le chapeau au cinéma. Vous ne verrez plus les films de la même façon maintenant ...



                 

Si dans les costumes de cinéma, il y a toujours un objet qui fait la différence, celui qui va coller à la peau du personnage à tel point qu’il s’en suivra un effet de mode, c’est bien souvent le chapeau. Qui n’a jamais joué au cow-boy ou fait des duels de fleuret après avoir enfilé son plus beau chapeau ? Car la popularité des chapeaux que nous portons aujourd’hui provient surtout du cinéma Le Chapeau de Max est un court métrage muet français réalisé par Max Linder en 1913.Max a été invité à un diner, mais pendant le trajet son chapeau est mis à rudes épreuves et il doit en racheter un à chaque fois. Arrivé chez ses futurs beaux-parents, il pose, en attendant d'être reçu, délicatement son chapeau par terre. Mais le chien de la maison vient faire ses besoins à l'intérieur. Et lorsque son futur beau-père se met le chapeau sur la tête, il éconduit prestement Max au grand désespoir de la jeune fiancée.



                  



La jeune fille au carton à chapeau (1927) de Boris Barnet Titre original : « Devushka s korobkoy » (« Девушка с коробкой »).Film muet de 61 mn) Natasha est une jeune fille pétillante qui vit à la campagne avec son grand-père. Ils fabriquent des chapeaux qu’elle va vendre à Moscou. Dans la capitale, elle tombe sur un étudiant sans le sou et décide de lui venir en aide… A 25 ans, Boris Barnet reçoit une commande du gouvernement soviétique pour promouvoir la vente de bons d’un emprunt d’état assortie d’une loterie. La jeune fille au carton à chapeau est ainsi son premier long métrage. C’est une comédie légère qui met habilement en relief certains travers de la nature humaine et qui glorifie la jeunesse.Anna Sten est vraiment adorable, éclatante de vie, parfois mutine mais toujours pleine de générosité et de sincérité. Elle a une présence folle à l’écran et illumine toutes les scènes où elle est présente. L’actrice a failli ensuite faire une grande carrière. La jeune fille au carton à chapeau est un film très amusant, avec un ton et une légèreté que l’on n’associe pas forcément avec le cinéma soviétique.Anna Sten se fera remarquer quatre ans plus tard dans Les Frères Karamasoff des allemands Erich Engels et Fyodor Otsep. En voyant le film, Samuel Goldwyn s’empressera de lui faire signer un contrat, espérant avoir découvert une nouvelle Greta Garbo ou une nouvelle Marlene Dietrich. Son agent lui retournera le contrat signé sans préciser qu’elle ne parle pas un mot d’anglais. A grands renforts de publicité, Goldwyn lui fera prendre des cours de diction et tourner trois films… qui seront trois flops. L’affaire devenant la risée d’Hollywood, il se séparera d’elle et l’actrice restera ensuite cantonnée à des rôles mineurs.


                    



L'Homme au chapeau rond est un film français de Pierre Billon, sorti en 1946. Le scénario est adapté du roman L'Éternel Mari de Fédor Dostoïevski. Michel, un quinquagénaire atteint d'une maladie de cœur, est épié en permanence par un vieil homme taciturne, vêtu d'une redingote et coiffé d'un chapeau rond de crêpe noir, qui le suit comme son ombre. Un jour, celui-ci l'accoste et se fait connaître, c'est Nicolas, un ancien magistrat qu'il a connu autrefois et dont la femme, Nathalie, est morte de tuberculose. Michel a été l'amant de cette dernière, et Nicolas le soupçonne d'être le père de leur fillette, Lisa, avec laquelle il vit actuellement dans un taudis, criblé de dettes et noyant son chagrin dans l'alcool. C'est le dernier rôle interprété par Raimu, qui meurt, des suites d'une opération chirurgicale, quelques semaines après la sortie du film1. Il est entouré de plusieurs comédiens de la Comédie-Française où il est alors sous contrat1 : Aimé Clariond, Louis Seigner, Gisèle Casadesus, Micheline Boudet et Thérèse Marney. Pour son dernier film Raimu incarne un des personnages les plus noirs et marquant du cinéma, une grande performance.


                
                 

L'ensemble du film est par ailleurs solide.Olivier Barrot et Raymond Chirat analysent l'ultime rôle interprété par Raimu : « L'Homme au chapeau rond, cocu féroce conçu par Dostoïevski, qui connait son infortune, persécute l'amant, laisse mourir l'enfant dont il a légalement la garde mais qui n'est pas le sien, encaisse des avanies, rate l'assassinat de son rival et s'éloigne - éternel mari - solitaire à jamais. (Image ultime et poignante de Raimu quittant l'écran pour toujours.) ». Avec ce film dramatique, on pourra surtout admirer la qualité et la justesse de Raimu, un film émouvant et avec des dialogues percutants dans des situations dramatiques, c'est la force de ce film, et c'est delà que j'ai mis une telle note.. Du grand Raimu. À l'heure actuelle, nous n'avons plus de grands acteurs de ce niveau-là, ceux qui dévorent l'écran comme le faisaient leurs prédécesseurs. Pour en terminer, j'ai été conquis par ce film et encore une fois Raimu fait toute la différence.


                 


Ces dames aux chapeaux verts est un film français réalisé par Fernand Rivers et sorti en 1949, adapté du roman Ces dames aux chapeaux verts de Germaine Acremant.Arlette et son frère Jean se retrouvent seuls et ruinés après le suicide de leur père. Jean a trouvé un emploi au Cameroun, mais pour ne pas laisser sa sœur seule, il décide de l'envoyer chez leurs seules parentes, les quatre cousines Davernis, sœurs et vieilles filles habitant le plus vieux quartier d'une vieille ville du nord. La jeunesse espiègle d'Arlette va bousculer la triste routine des vieilles filles. Découvrant l'ancienne idylle ignorée de l'une des sœurs, Marie, Arlette va s'efforcer d'en renouer les fils tout en rencontrant elle-même l'amour. Quand une jeune parisienne sans ressources doit se retirer en province chez ses cousines, les demoiselles Davernis, ou elle meurt d'ennui, que peut-elle faire pour se distraire ? Favoriser le mariage de cousine Marie et conclure le sien avec le fils du propriétaire des Dames aux chapeaux verts.


           


Maud Linder n’a pas connu son père, disparu tragiquement alors qu'elle n’était encore qu’une enfant en bas âge. Et c’est avec les jeunes gens de son âge qu’elle a découvert un jour son image, pour s’étonner de l’allure de ce moderne héros des temps héroïques du cinéma et du peu d’intérêt qu’il suscitait de nos jours. Des décennies durant, Maud Linder s’est attachée à retrouver ce qui pouvait subsister d'une œuvre abondante, aussi peu protégée, aussi mal explorée que possible en dépit des témoignages et de l’admiration des historiens et des plus grands cinéastes, qui ne se sont jamais cachés d’avoir subi son influence (Keaton et Chaplin, on sait que la plupart des films de Max Linder précèdent ceux de l’école comique américaine). Sur les quelque cinq cents films dont il a été d’abord le simple interprète, puis l’interprète et le réalisateur, les recherches ont permis, pour l’instant, d’en retrouver quatre-vingts qu'il n’est pas possible de reconstituer tous intégralement. Dès les toutes premières années du siècle, l'homme au huit-reflets se produisait dans des comédies filmées au jour le jour et qui nous surprennent encore par leur richesse d'invention. Invention étant le mot juste : Max se trouvait un couvre-chef avant Chaplin, il sautait, avec autant d’agilité qu'un Lartigue sur toutes les nouveautés du monde moderne, s’emparant du volant d’un roadster ou des commandes d’un aéroplane voisin, il créait la comédie musicale filmée, soucieux de la synchronisation de ses gestes et de l'accompagnement d'orchestre, l'oeil attentif aux partitions. Acceptant très vite de le laisser diriger ses films, Charles Pathé avait posé des conditions draconiennes : un film par jour, commencé le matin et bouclé le soir, prêt à l'exploitation dans un minimum de temps. Et le plus merveilleux, c’est que Max ait trouvé le loisir de créer un personnage d’une extrême élégance et d’une insaisissable poésie au sein de cette exubérance industrieuse. Un personnage d'une vie si intense que sa renommée franchissait bientôt les frontières, provoquant d'épiques bousculades en Russie et séduisant Hollywood, où il abandonnerait définitivement le court film quotidien pour les longs métrages qui devaient achever de consacrer sa gloire, l’immortel Sept ans de malheur, le bouillonnant Soyez ma femme ou l’impayable parodie des Trois Mousquetaires de Douglas Fairbanks (qui, bon prince, lui avait prêté ses décors), L'Etroit mousquetaire.


                               


Maud Linder n’a pas voulu faire un film d’historien, elle s'est contentée de raconter l’histoire de ce père inconnu mondialement célèbre en se servant des images de ses films. Des cartes postales, des prises de vues d'actualité fournissant les liaisons et Max ayant parfois fait jouer sa propre famille, filmé ses propres tournages ou mis en scène des tournages fictifs (inventant, par la même occasion, le cinéma dans le cinéma) il a été possible de donner une certaine cohérence à cette restitution du temps perdu. Il en résulte que nous regardons ce portrait mouvant avec un émerveillement où l'on sent peu à peu sourdre l'angoisse des échéances et des jamais plus. Il y a là, peut-être, quelque chose de fitzgeraldien avant la lettre chez cet homme comblé, séducteur (le seul des grands acteurs comiques dont le physique ait été irréprochable), bondissant à la rencontre de la vie, plus soucieux de ses fantaisies que de ses misères et chez lequel se dessine lentement la fêlure dont on sait qu'elle s'élargira aux dimensions d'un gouffre. A quarante-trois ans, marié depuis peu à une jeune femme ravissante, père d’une petite fille, encensé par l'Amérique et sur le point de commencer une production importante, il se donne la mort avec son épouse sans qu’on ait jamais pu trouver une explication plausible a cette décision. Le retour en arrière nous oblige à scruter ce visage ou ce masque dont on voudrait percer le mystère. C’est une banalité d’affirmer que les amuseurs les plus fous sont souvent les hommes les plus tragiquement désespérés. Et ce n’est pas le moindre mérite de Maud Linder de se garder de cette banalité pour se limiter à laisser parler les images. Images, rigoureusement contrôlées, certes (Max s'opposera à la sortie d 'Au secours, la très curieuse parodie grand-guignolesque d'Abel Gance qui le montre en larmes et lançant des appels pathétiques), mais dont la vitalité nous rappelle sournoisement que tout élan connaît sa retombée et que toute perfection trouve les sources de son déclin dans sa propre plénitude." Michel Perez, 23/09/1985

3 commentaires:

  1. http://hdwon.info/watch?v=bmeeBXfw1cg
    https://www.cinemapublic.org/IMG/pdf/La_Jeune_fille_au_carton_a_chapeau.pdf
    http://uptobox.com/0wfa5oq5mkow
    http://uptobox.com/6ukm3zmymu25
    http://uptobox.com/122ljx5itzy9
    (Liens Francomac !!)

    RépondreSupprimer
  2. Réponses
    1. Merci , à toi aussi ! Ravi de ta visite !

      Supprimer