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mercredi 26 avril 2017

Ca monte ,ça monte !!

Frank Borzage est un cinéaste qui, s'il a dénoncé les horreurs de la guerre et décrit les conditions misérables de la classe populaire, n'en reste pas moins assez apolitique. C'est pourtant lui, le chantre de l'amour fou, qui réalise avec The Mortal Storm l'un des premiers films  à dénoncer le nazisme et à évoquer les exactions commises contre le peuple juif et ceux qui, en Allemagne, essayent de lutter contre la barbarie. La France et le Royaume Uni sont entrés en guerre mais Hollywood, qui fait sienne la position isolationniste des Etats-Unis, demeure toujours réticente à parler de ce qui se déroule en Europe et à condamner ouvertement les agissements du gouvernement allemand. Les grands studios ont tendance à penser que le public des salles attend de leur part du pur entertainment et non des œuvres qui parleraient de la marche du monde, aussi ils rechignent à produire des films trop politiques ou engagés. La position isolationniste du Congrès sied donc parfaitement à Hollywood mais l'afflux d'artistes fuyant le nazisme vient changer la donne. Des comités antinazis se forment (la "Hollywood Anti-Nazi-League" pour l'industrie du cinéma) et le désir d'évoquer la politique allemande se fait de plus en plus pressant dans l'enceinte des studios.C'est ainsi qu'arrive sur le bureau de Louis B. Mayer un roman antifasciste signé Phyllis Bottome, l'écrivaine parcourant au même moment l'Amérique afin de livrer des conférences sur le péril que représente l'idéologie nazie. Un des producteurs de la MGM, Sidney A. Franklin, profite du mouvement antifasciste frémissant pour pousser Mayer à accepter de mettre en chantier un film tiré de ce roman. Il engage deux exilés - Paul Hans Rameau et George Froeschel - pour en écrire le l'adaptation, le duo étant bientôt rejoint par Claudine West qui se charge des dialogues.



                  

Le nom de Borzage, qui a déjà réalisé deux films se déroulant en Allemagne (Et demain ? et Trois camarades), s'impose rapidement et grâce au concours de Margaret Sullavan, James Stewart et Robert Young (un fidèle du cinéaste), le tournage peut rapidement démarrer. Le fait que la MGM et quatre de ses stars s'engagent dans une grande production évoquant les ravages du nazisme va être un déclic au sein de l'industrie hollywoodienne, un véritable soutien à tous ceux qui pensent qu'il est plus que temps de briser le silence.Frank Borzage nous offre avec ce film la vision lucide et terrible d'une population basculant dans le fascisme. Mais, comme il est d'usage dans son cinéma, ce fond social, politique et historique est porté par cette forme mélodramatique et lyrique qu'il n'a cessé de travailler depuis ses chefs-d'œuvres du muet. Comme toujours chez Borzage, la grande histoire est vécue à hauteur d'homme, vécue à travers une histoire d'amour aussi belle que tragique. Le film débute par la peinture d'une petite ville tranquille et la description d'une famille unie et heureuse.


                

Seulement, le spectateur a été préparé dès le générique à voir derrière les apparences, à scruter ce mal que l'on devine tapi dans l'ombre. En effet, les noms du générique s'inscrivent sur de lourds nuages qui défilent au son d'une partition inquiétante qui ne s'ouvre qu'à la fin sur quelques notes d'espoir, annonçant par là-même la construction du film. Une voix sépulcrale évoque la peur de l'homme face à la nature et les sacrifices qu'autrefois il a fait aux Dieux en espérant les calmer. Et si l'homme a depuis appris à maîtriser le monde qui l'entoure, cette « peur de l'inconnu » reste profondément ancrée en lui, peur qui - poursuit la voix - le pousse encore et toujours à « tuer son prochain ». La voix annonce que le film est un conte et, effectivement, Borzage reprend dans l'ouverture de son film quelques images qui nous ramènent aux livres illustrés de notre enfance : un petit village recouvert par la neige qui symbolise l'innocence, un lourd nuage qui se détache de la blancheur presque virginale des montagnes avoisinantes et vient peser sur cette vision idyllique. Car l'orage annoncé lors du générique approche et, en quelques minutes, le rêve d'une humanité réconciliée avec elle-même et le monde va basculer dans l'horreur.(http://www.dvdclassik.com/critique/la-tempete-qui-tue-borzage)


                 

La Nef des fous (Ship of Fools) est un film américain réalisé par Stanley Kramer et sorti en 1965.Drames sociaux et sentimentaux se multiplient sur un paquebot qui part du port de Veracruz au Mexique, vers l'Allemagne en 1933... Un groupe de personnes de different milieu social fait la traversée Mexique-Allemagne. Pendant deux heures et demie le film aborde plusieurs sujets:le nazisme,la lutte des classes, le courage, les remords... On y trouve des très bons dialogues. Remarquable l'intérpretation de Simone Signoret. Regrettable la présence espagnole stéréotypée comme d'habitude dans des "bailaores flamencos". Le film a obtenu deux oscar en 1966.Un film original qui a du inspirer la série la croisière s'amuse sauf qu'ici on rit jaune. Une très bonne réalisation et un casting intéressant, je trouve néanmoins Oskar werner plutôt léger face à Simone Signoret. Le scénario comporte des hauts et des bas. L'ensemble apparait finalement assez superficiel malgré les sujets abordés.Une bonne surprise que ce petit film tiré d'un bouquin que j'ai vraiment envie de lire maintenant. Si vous ne supportez pas les films bavards, il y a peu de chance que ce film vous plaise : l'action se déroule au travers du verbe, la tension monte au rythme des sentences, les affrontements psychologiques sont de vraies batailles navales. J'ai trouvé ce film fort, ce film qui est du genre choral en fait, un genre que je n'apprécie que très rarement mais qui trouve tout son sens ici, sur un bateau, isolé du reste du monde et pourtant si représentatif de cet extérieur.


            

Les différents thèmes y sont développés avec finesse, cruauté, humour, joie, tristesse... de façon très humaine en somme. Les personnages sont très bien construits. D'ailleurs il est rare qu'autant de personnages me plaisent dans un film en comportant un si grand nombre. Les acteurs sont très bons, car ils parviennent à amener leur personnalité au travers des dialogues plein de sous-entendus ; une simple intonation suffit à transmettre énormément de choses, c'est là qu'on voit où est le talent. La mise en scène est très agréable : la caméra n'en fait pas trop en terme de mouvements, la photographie est léchée (certaines scènes, dont de baisers, sont à tomber par terre), les passages musicaux permettent de digresser un peu, de reposer toute cette animosité. Bref, voilà un tout grand film, très riche mais qui dont l'intrigue se déroule principalement au travers du dialogue et des personnages.(https://www.senscritique.com/film/La_Nef_des_fous/critique/40432926)

3 commentaires:

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  2. Merci pour cet énorme super blog, je vais pouvoir découvrir des tas de films que je cherchai à voir

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    1. Merci ! Et longue vie à lebonfilmleblog !!

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