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dimanche 30 avril 2017

Harlem

Cotton Comes to Harlem (1970) - J'ai lancé le film sans trop savoir de quoi il s'agissait ; en fait c'est un film de blaxploitation genre que je connais peu mais que je peux apprécier. Malheureusement je ne me suis pas beaucoup amusé ici. Il y a des éléments intéressants, ne fut-ce que ces deux flics qui font penser à Starsky et Hutch mais version négro, ça me botte : ils sont cool, ils ont de l'assurance et ils n'hésitent pas à pratiquer la castagne. En plus, quand ils tirent au flingue, ça explose !! Seulement voilà, l'enquête est chiante, les scènes d'action plutôt rares, les personnages peu approfondis, mal exploités. Le méchant promettait du lourd, un black charismatique qui roule les brebis égarées en ces temps de ségrégation raciale mais fait partie justement des éléments mal exploités. La mise en scène fonctionne, pas vraiment d'embrouille à ce sujet-là : la photographie et le découpage sont typiques de la décennie, ptet moins tremblant qu'un "Dirty Harry", mais ça n'empêche pas de coller aux personnages. Les acteurs semblent tous assez contents de participer au film : ainsi donc, même si le personnage ne permet pas de s'épanouir, on sent que chacun s'implique dans son rôle, dans le film. Y a quelques donzelles plutôt mignonnes en plus, dont une qui exhibe bien ses fesses et ses seins. Bref, c'est dommage que l'histoire soit si molle.(senscritique)


   


Première réalisation plus que parfaite pour l’acteur Eddie Murphy qui a pris d’énormes risques en souhaitant mettre en scène un long-métrage alors que sa carrière n’en était qu’à ses débuts (sept films en l’espace de cinq, dont pas mal de succès), on peut dire qu’il n’a pas perdu de temps et si certains ont pu le critiquer sur le fait de s’être précipité, on peut cependant que le féliciter car Les Nuits de Harlem (1989) s’avère être un passionnant polar sur fond de bars clandestins, de pègres et de flics corrompus dans les années 20. Le film alterne aussi bien le polar noir et l’humour, le tout étant parfaitement intégré au cœur de magnifique décors et costumes (le film fut d’ailleurs nominé à l'Oscar des Meilleurs costumes), sans oublier bien évidemment une superbe distribution où l’on retrouve aux côtés d’Eddie Murphy : Richard Pryor & Redd Foxx.Un petit buddy movie tranquille avec Eddie Murphy et Richard Pryor dans une ambiance de Prohibition des années 20. Les autres acteurs sont crédibles -on retrouve des figures intéressantes du cinéma noir américain- sauf exceptions : certains surjouent tellement que c’en est insupportable (par exemple Arsenio Hall) Bref, on retrouve des figures intéressantes du cinéma noir américain tels Stan Shaw, Redd Foxx, Arsenio Hall. L’ambiance générale est donc bien sympathique et la reconstitution historique est vraiment très fidèle au niveau des costumes, des lieux (le tripot des associés Sugar et Quick est impressionnant), des voitures (on a même le droit à une petite course-poursuite)…


   

Malgré tout les extérieurs se font rares et les descentes arrivent la nuit, exclusivement. On voit également d’entrée qu’il est difficile de passer derrière des chefs d’œuvre comme ‘Les Incorruptibles’ ou ‘Il était une fois en Amérique’. Le plus gros point faible reste le rythme qui est d’une lenteur toute particulière, on s’ennuit parce qu’Eddie Murphy n’arrive absolument pas à insuffler un minimum d’intérêt dans l’histoire, non pas que les personnages sont vides de caractère mais les ‘accidents’ troublant le bon fonctionnement du club n’ont rien de terrible. On ne sent pas les deux compères profondément menacés par des gangs rivaux. Peut-être que le film aurait été meilleur si Murphy n’était pas derrière la caméra…Le résultat des "nuits de harlem" est brut.L'édulcorage et les exigences des autres réalisateurs est loin.Ici,c'est un film de Murphy est c'est le seul réalisé par Murphy.Certains vont dire qu'on s'y fait chier devant (il s'y passe pas grand chose les scènes sont longues,lentes et souvent nocturnes)et que le film n'est qu'un paquet de vulgarité.Mais moi j'adore Murphy donc j'adhere carrément à l'humour que dégage ce film.Pryor est sympathique mais l'éleve à dépasser le maitre.(Allociné)


               


Un croque mort naïf dans le collimateur de gangsters [...] Bill Duke, le Black qui apparaissait aux côtés d'Arnold Schwarzenegger dans "Commando" et surtout dans "Predator", passe en 1991 derrière la caméra pour adapter « La reine des pommes » de Chester Himes, un classique du roman policier! Sur fond de rythm and blues (Chuck Berry, Little Richard, Johnny Ace et son superbe « Pledging My Love » ), il oscille entre la violence et l'humour pour retracer une abracadabrante course au trésor où Forest Whitaker, à la tête d'une distribution entièrement composée d'acteurs noirs, interprète un croque-mort bigot! Un personnage que l'on peut définir comme un « monstre d’innocence égaré dans un monde dangereux » . Amoureux transi de la plantureuse et aventurière Robin Givens (elle eut son heure de gloire en se mariant avec un certain Mike Tyson), ce héros naïf renoue avec le regretté Gregory Hines, un frère expert en arnaques, et affronte un gang de voleurs sans scrupules dans les tripots de Harlem où Whitaker semble « voler » tel un oiseau dans la scène amusante des toits! L'invention est souvent constante, l'émotion bien dosée, la fresque divertissante, le comique extravagant! Avec sa course au trésor, sa femme fatale et son Black Mic-Mac à Harlem, "Rage in Harlem" n'est ni plus ni moins qu'un polar pour rire...Le réalisateur passe près de cinquante minutes à développer ce qui a bien pu se passer avant que l'histoire même de La Reine des pommes démarre. Un procédé à la fois intéressant et barbant, vu qu'on attend un peu que le film commence.


   

L'équipe prend le parti de montrer une Imabelle plus victime sensible que manipulatrice professionnelle et un Goldy pas du tout déguisé en femme (et qui ne meurt même pas tant qu'on y est). Forest Whitaker, à qui malheureusement on confie souvent des rôles de benêts/gentils à cause de sa légère difformité, joue parfaitement le concon, même si c'est loin d'être sa meilleure performance. Le film dilue par contre énormément le côté Harlem crade et mal-famé et ne montre que sa face (quasi-fausse d'ailleurs) joyeuse, dansante, colorée et certainement pas ségrégationniste, ce qui non seulement trahit l'un des intérêts principaux du bouquin, mais surtout ment sur le fond général du livre et sa raison d'être. Au final, on assiste à une adaptation légèrement fidèle, fortement remaniée, et pas dans le bon sens. Dommage avec un grand D. Le film a plutôt bien vieilli avec une bonne équipe d'acteurs. Le réalisateur propose une photographie soignée un peu artificiel qu'on retrouve dans pas mal de film cossu de l' époque. Par contre il s'agit bien d'une comédie et je la qualifierai de pré-Tarentinesque seulement ça ne va jamais très loin. On reste sur sa faim malgré le potentiel.(Allociné)


                  

Avec "Les Seigneurs du Harlem" (Hoodlum), Bill Duke nous emmène à New-York en pleine période de la grande dépression et plus précisément à Harlem où l'on va suivre "Bumpy" Johnson qui sort tout juste de prisons et qui va s'opposer à la montée en puissance de Dutch Schultz, mafieux juif allemand, qui réussit à s'imposer avec violence à Harlem. Bill Duke nous immerge dans cette époque post-prohibition de fort belle manière, d'abord grâce à cette superbe décoration, que ce soit au niveau des décors, des costume ou des rues de New-York, mais aussi grâce à sa bonne direction d'acteurs qui rend crédible les personnages, que ce soit Tom Roth qui ne rentre jamais dans le surjeu et qui s'avère impeccable en Dutch, Lawrence Fishburn dans le rôle de Bumpy ou encore Andy Garcia dans celui de Lucky Luciano. De plus, Bill Dukese penche sur une partie de cette histoire très peu abordé au cinéma et plus généralement peu connu, celle de grands gangsters noirs et notamment Bumpy qui n'a pas eu la même chance que Al Capone ou Lucky Luciano pour rentrer dans le rang des légendes de gangsters. L'histoire est plutôt bien écrite, le déroulement est plutôt classique mais convaincant, tout comme les personnages, Duke sait les rendre intéréssant que ce soit le fou Dutch au réaction inattendue ou Bumpy, de plus en plus froid. Il montre bien comment on peut se bruler les ailes dans ce milieu à force d'avoir trop d’ambitions et d'en vouloir toujours plus. Néanmoins on peut regretter que certains thèmes (les loteries) et personnages (Lucky Luciano) ne soient abordés qu'en surface et soient peu approfondis.


   

Quelques séquences sont vraiment très bien faite et valent le détour, notamment celle de l'explosion. Dans l'ensemble un bon film, qui aborde des thèmes intéréssant tout en étant bien interprété et réalisé, et si ce n'est pas l'un des meilleurs films du genre, on aurait tort de s'en passer.En 1934 et 35, la Grande Dépression américaine fait le lit des commerces illicites, seules bouées de sauvetage de la plupart des gens, à la tête desquels font fureur les loteries clandestines organisées par les maffias. Pour en posséder le contrôle hautement fructifiant, un gang mené par un leader juif Allemand enragé entre en guerre contre celui de Noirs de Harlem et déclenche un échiquier meurtrier arbitré par les Italiens et le pouvoir corrompu de la Police et du bureau du Procureur. Bonne petite chronique violente de guerre de gangs aux forts accents de rivalités ethniques, de corruption généralisée et de misère deshumanisante, où il fait bon retrouver des pointures sauvages et ténébreuses d’il y a 20 ans tels que Lawrence Fishburne, Andy Garcia et surtout un impressionnant Tim Roth.(Allociné)

vendredi 28 avril 2017

Sol Kaplan

Sol Kaplan est un compositeur et pianiste américain, né le 19 avril 1919 à Philadelphie (Pennsylvanie), mort le 14 novembre 1990 à New York (État de New York).D'abord pianiste-concertiste, on lui doit ensuite la composition de musiques de films de 1941 à 1979 et, pour la télévision, des musiques pour trois téléfilms et deux séries (dont plusieurs épisodes de Star Trek) entre 1967 et 1979. Pour le théâtre à Broadway (New York), il est également l'auteur de quelques musiques de scène. Dans les années 1950, sa carrière au cinéma est ralentie, car il est victime du maccarthisme et présent sur la « liste noire » des studios hollywoodiens.Il est connu pour la formidable musuque de Niagara. Sa dernière musique de film est pour Violences sur la ville, réalisé en 1979 par son fils, Jonathan Kaplan (1947-). Judith 1966 Le Golden Age recèle encore des trésors. La preuve, ce score pétaradant d’un Kaplan décidé à se mesurer à ses pairs à grands coups d’inoubliables mélodies.


                   


L’inclusion de l’album stéréo de 1966 compense ici le terne mono du score complet. Une vraie découverte.Une galette qui a largement sa place dans toute discothèque. De beaux thèmes, des ambiances procurant un plaisir d’écoute, enfin de la musique. Attention toutefois, toutes les pistes n’ont pas la même qualité d’enregistrement.Le mois dernier, Intrada proposait une autre composition de Kaplan qui déjà avait enchanté la rédaction. Judith vient enfoncer le clou avec un score dont le thème sublime du personnage principal ne vous quittera plus. THE SPY WHO CAME IN FROM THE COLD (1965) Un grand écart particulièrement acrobatique entre décontraction 60’s, jazz à l’élégance un peu désuète et une forme de dépression étouffante propre aux compositions relatives à la Guerre Froide. Pas essentiel, mais historiquement passionnant.Un thème principal qui swingue, de la source music manciniesque et un suspense oppressant, lourd de menace cuivrée et de saxophones fureteurs : toute une époque !


                

Un peu répétitif mais solide.Derrière les cascades easy listening attendues, un score plus retors qu’il n’y paraît. Cuivres ronflants, donc, mais aussi clarinettes inquiètes et percussions orageuses ou grinçantes. Le titre, d’un point de vue musical, trouve une traduction assez littérale ! Vous savez quoi ? J’aime bien. Oui, vous avez bien lu. Un score pastiche d’une époque, véritable orgie entre le jazz et James Bond. Certes plus classique, et moins fou, qu’un Barry, mais il y a largement de quoi geler les coucougnettes aux plus dubitatifs.Une chose est certaine, la musique ne souffle à aucun moment le froid ! En ces temps de standardisation galopante, on donnerait cher pour exhumer la formule qui permit à Kaplan de manger à tous les râteliers sans jamais gaver son auditoire.Des compositeurs ayant œuvré dans la musique de film d’espionnage des années 60, il en existe à la pelle. Le génie de Kaplan réside dans l’intégration à l’orchestre d’un jazz sincère au swing phénoménal.(http://www.underscores.fr/chroniques/underscorama/2014/06/judith-sol-kaplan/)

mercredi 26 avril 2017

Clifton James

Il nous a quitté il y a 10 jours ,Clifton James est né le 29 mai 1921 à New-York. Déjà célèbre pour ses rôles au cinéma et au théâtre, il marquera tous les esprits avec son interprétation comique de J.W Pepper. Le succès du shérif sudiste auprès du public dans Vivre et laisser mourir est tel que le personnage sera présent également dans le film suivant, L’Homme au pistolet d’or. Clifton James débute dans le film Sur les quais (1954) avec Marlon Brando. Au cours de sa carrière, il aura l’occasion de jouer des personnages drôles ou méchants, mais souvent des rôles de shérif sudiste qui chique le tabac. Pour lui, c’est James Bond qui l’a enfermé dans ce carcan. Toutefois, Clifton James poursuivra sa carrière parallèlement au théâtre et au cinéma, travaillant avec de nombreux metteurs en scène réputés. Clifton James a pris sa retraite à New-York. Il a cinq enfants, pratique le golf, joue au bridge et continue d’exercer son métier, même s’il a arrêté sa carrière sur les écrans. Il nous a quitté le 15 avril 2017 à l’âge de 96 ans.J.W Pepper est un Sherif en Louisiane… Mais J.W. Pepper est aussi LE shérif du Bayou ! Personne n’arnaque le Sherif J.W. Pepper. Le Sherif J.W. Pepper ne tolère pas les abus de vitesse, surtout de la part de conducteurs noirs comme Adam, l’homme de Kananga. Le Sherif J.W. Pepper sait reconnaître un malfrat quand il en voit un, surtout quand le malfrat en question s’appelle James Bond et navigue à pleine puissance au dessus des routes, ou que ses poursuivants enfoncent sa voiture en bateau. Le Sherif J.W. Pepper ne renonce jamais, et sait s’adapter aux situations critiques ! Le Sherif J.W. Pepper sait qu’il peut compter sur son cousin Billy Bob, et les troopers de la Lousiane, même si cela donne lieu à de multiples explosions et carambolages....(http://jamesbond007.net/Encyclo/j-w-pepper-clifton-james/)





Tom Gries, réalisateur de l'excellent 100 fusils, nous offre ici un western tout à fait différent de ceux de son époque et, je dirais même, en avance sur son temps. Peu d'action, beaucoup de dialogues... mais de la profondeur et un grand souci d'authenticité. Charlton Heston est ici dans un de ses plus beaux rôles au cinéma, Joan Hackett joue ici un des meilleurs rôles féminins jamais vu dans le western et Donald Pleasence incarne un méchant absolument génial. Le ton donné est intimiste, l'Ouest est recrée avec réalisme, il y a beaucoup d'émotions notamment dans les scènes entre Joan et Charlton. Donc, franchement, Will Penny est dix fois mieux que la plupart des westerns spaghetti parfois fauchés qui sévissaient à l'époque. Il est vraiment regrettable qu'il n'ait toujours pas la notoriété des grands classiques du western car c'est un film qui les égale sans problème. Un des plus beaux films sur la vie de cow-boy, presque un documentaire.Un western très réaliste sur la vie des cowboys avec une histoire d'amour très touchante. Charlton Heston est très bon, c'est peut être un de ses meilleurs rôles. Ce western est magnifique.Un beau western magnifiquement interprêté . La musique est nostalgique et agréable à entendre . Le moment ou le garçon court vers Heston dans ses bras est un des plus beau passage du film . A remarquer le présence du jeune Lee Majors dans le rôle de " Blue " .Dès le début, les dialogues sont ciselés au couteau entre les cowboys qui convoient le bétail. Après la vente du bétail, trois d'entre eux, dont Will Penny, partent ensemble et sont pris à parti par Quint (Donald Pleasence) et sa bande. Les trois amis tuent Romulus, le frère de Quint. A ce stade, le spectateur est plongé dans l'action. Puis la tension retombe sans jamais laisser place à l'ennui. Les séquences s'enchaînent avec fluidité. Tom Gries s'est entouré d'une belle distribution, outre les deux stars déjà citées, on trouve la belle Joan Hackett et le solide Ben Johnson, le patron du ranch Flat Iron. Le cinéaste, d'abord et avant tout réalisateur TV, nous livre un western à la fois âpre et humain, avec un grand souci d'authenticité.


   

Très beau film auquel il manque cependant une musique qui aurait donné plus de relief au scénario.
Saison morte, ou la face cachée du cowboy, une fois qu'il a fini de gambader avec les boeufs dans les grandes étendues. On réalise que le bouvier est touché par la précarité, qu'il se demande comment assurer son gagne-pain pendant l'hiver. Charlton Penny déniche, lui, un job de gardien de territoire pour un ranchman sourcilleux. Mais il n'arrivera dans son poste-cabane de montage qu'à demi-mort, torturé par une famille abâtardie et illuminée (qu'il avait provoqué). Il est alors recueilli par la veuve et l'orphelin, qui en font peu à peu un brave père de famille (c'est la partie "magie de noël" un peu pénible). Heureusement, le gang des tarés va revenir pour mettre un terme à la romance. Alors que le film fait miroiter plein de possibilités (l'éléphant pour Gyzmo, le dépeçage d'élan pour Torpenn, la fille nymphomane pour Pruneau...), la trame est finalement assez simplette. Même si le choix final de Penny évite (heureusement) un happy end embarrassant. A l'actif de ce western tardif: un vrai souci du quotidien et du détail vestimentaire (lire critique complète de Senscritchaiev). Passif: trop de quotidien tue le cowboy, non?(Allociné et Senscritique)





Si les titres français des films américains sont souvent risibles et parfois en contresens total avec l’esprit de l’œuvre, le cas des Flics ne dorment pas la nuit fait exception. Tout y est : les personnages, des policiers ordinaires, le décor, la nuit de Los Angeles, et l’expression d’un quotidien à la fois morne et destructeur exprimé dans une formule portant toute la banalité et toute la mélancolie qu’inspirent les destins portés à l’écran par Richard Fleischer. Ce programme était également celui de Joseph Wambaugh, auteur du livre qui a inspiré le film. Policier alors en service à Los Angeles lorsqu’il écrivait, Wambaugh avait pour volonté de décrire sa vie et celle de ses confrères bien plus que de rechercher le spectaculaire et le suspense. Selon ses propres mots, ce qui l’intéresse n’est pas l’effet des flics sur la rue, mais celui de la rue sur les flics. Une intention qui sera parfaitement respectée par l’adaptation cinématographique de son œuvre, Fleischer étant évidemment le réalisateur idéal dans cet exercice. Filmer à hauteur d’homme est la spécialité du cinéaste, particulièrement lorsqu’il s’agit de s’intéresser à des personnages ordinaires. S’il a rarement imposé ses propres scénarios, force est de constater qu’il a très régulièrement filmé le destin d’hommes de petite condition tout au long de sa carrière. Et il l’a fait avec un respect et une humanité sans égal. Une chronique sur des flics en uniforme était donc le sujet parfait pour lui. Il en fera son chef-d’œuvre.


   
               

Les Flics ne dorment pas la nuit se présente comme un récit du quotidien, sans trame scénaristique véritable sinon l’idée d’une transmission entre les générations symbolisée par les trois paires constituées entre jeunes et vieux flics en début de récit. Nous pourrions y voir ainsi une sorte de proto-buddy movie, anticipant de quelques années la véritable éclosion du genre incarnée par Les Anges gardiens, l’excellent film de Richard Rush, et précédant de près d’une décennie ses multiples triomphes publics dans les années 80. Toutefois chez Fleischer, les aspects archétypaux du genre ne sont pas encore présents. Pas de superflic qui réformera la ville à la seule force de son calibre, de ses muscles ou même de ses méninges. Pas non plus d’exploitation humoristique de la relation entre le mentor et son sidekick. Ici, la question qui intéresse est celle de l’apprentissage et de la découverte, celle des aspects les plus grisants mais aussi les plus terribles du métier de policier. Voici finalement le sujet : des hommes au travail, ceux qui le connaissent et ceux qui l’apprennent. Fleischer affronte le genre policier avec un point de vue tranché et très particulier. Sans rechercher de climax ni de séquence d’action particulièrement spectaculaires, Fleischer crée une singularité dans un genre souvent strictement codifié.





On peut à la limite rattacher Les Flics ne dorment pas la nuit au sous-genre du procedural qui était en vogue à la fin des années 40 et au début des années 50, mais avec un intérêt plus nettement porté aux moyens qu’à la fin. C’est le travail que filme Fleischer, et donc les hommes qui l’exécutent. Aucune intrigue ne dirigeant le film, nous nous intéressons à quelques faits du quotidien comme cette scène mémorable où Kilvinski et son disciple Roy Felher consacrent leur nuit à s’occuper de la prostitution. Mais eux ne mettent en prison aucun souteneur ni aucune prostituée. Simplement, selon l’une des « lois de Kilvinski », ils en embarquant quelques-unes dans leur fourgon, leur fournissant lait et alcool, pour les préserver le temps d’une nuit de la misère du trottoir. Puis ils les relâchent. Aucune action fracassante dans cette séquence. Simplement beaucoup d’humanité et un héroïsme discret qui seront celui de ces hommes tout au long du récit. Spécialiste du film noir depuis le début de sa carrière, Fleischer atteint avec Les Flics ne dorment pas la nuit une forme d’aboutissement. En épurant totalement le genre, il le fait basculer dans une nouvelle dimension, purement humaine.(http://www.dvdclassik.com/critique/les-flics-ne-dorment-pas-la-nuit-fleischer)(Merci Sara pour l'idée...)

Ca monte ,ça monte !!

Frank Borzage est un cinéaste qui, s'il a dénoncé les horreurs de la guerre et décrit les conditions misérables de la classe populaire, n'en reste pas moins assez apolitique. C'est pourtant lui, le chantre de l'amour fou, qui réalise avec The Mortal Storm l'un des premiers films  à dénoncer le nazisme et à évoquer les exactions commises contre le peuple juif et ceux qui, en Allemagne, essayent de lutter contre la barbarie. La France et le Royaume Uni sont entrés en guerre mais Hollywood, qui fait sienne la position isolationniste des Etats-Unis, demeure toujours réticente à parler de ce qui se déroule en Europe et à condamner ouvertement les agissements du gouvernement allemand. Les grands studios ont tendance à penser que le public des salles attend de leur part du pur entertainment et non des œuvres qui parleraient de la marche du monde, aussi ils rechignent à produire des films trop politiques ou engagés. La position isolationniste du Congrès sied donc parfaitement à Hollywood mais l'afflux d'artistes fuyant le nazisme vient changer la donne. Des comités antinazis se forment (la "Hollywood Anti-Nazi-League" pour l'industrie du cinéma) et le désir d'évoquer la politique allemande se fait de plus en plus pressant dans l'enceinte des studios.C'est ainsi qu'arrive sur le bureau de Louis B. Mayer un roman antifasciste signé Phyllis Bottome, l'écrivaine parcourant au même moment l'Amérique afin de livrer des conférences sur le péril que représente l'idéologie nazie. Un des producteurs de la MGM, Sidney A. Franklin, profite du mouvement antifasciste frémissant pour pousser Mayer à accepter de mettre en chantier un film tiré de ce roman. Il engage deux exilés - Paul Hans Rameau et George Froeschel - pour en écrire le l'adaptation, le duo étant bientôt rejoint par Claudine West qui se charge des dialogues.



                  

Le nom de Borzage, qui a déjà réalisé deux films se déroulant en Allemagne (Et demain ? et Trois camarades), s'impose rapidement et grâce au concours de Margaret Sullavan, James Stewart et Robert Young (un fidèle du cinéaste), le tournage peut rapidement démarrer. Le fait que la MGM et quatre de ses stars s'engagent dans une grande production évoquant les ravages du nazisme va être un déclic au sein de l'industrie hollywoodienne, un véritable soutien à tous ceux qui pensent qu'il est plus que temps de briser le silence.Frank Borzage nous offre avec ce film la vision lucide et terrible d'une population basculant dans le fascisme. Mais, comme il est d'usage dans son cinéma, ce fond social, politique et historique est porté par cette forme mélodramatique et lyrique qu'il n'a cessé de travailler depuis ses chefs-d'œuvres du muet. Comme toujours chez Borzage, la grande histoire est vécue à hauteur d'homme, vécue à travers une histoire d'amour aussi belle que tragique. Le film débute par la peinture d'une petite ville tranquille et la description d'une famille unie et heureuse.


                

Seulement, le spectateur a été préparé dès le générique à voir derrière les apparences, à scruter ce mal que l'on devine tapi dans l'ombre. En effet, les noms du générique s'inscrivent sur de lourds nuages qui défilent au son d'une partition inquiétante qui ne s'ouvre qu'à la fin sur quelques notes d'espoir, annonçant par là-même la construction du film. Une voix sépulcrale évoque la peur de l'homme face à la nature et les sacrifices qu'autrefois il a fait aux Dieux en espérant les calmer. Et si l'homme a depuis appris à maîtriser le monde qui l'entoure, cette « peur de l'inconnu » reste profondément ancrée en lui, peur qui - poursuit la voix - le pousse encore et toujours à « tuer son prochain ». La voix annonce que le film est un conte et, effectivement, Borzage reprend dans l'ouverture de son film quelques images qui nous ramènent aux livres illustrés de notre enfance : un petit village recouvert par la neige qui symbolise l'innocence, un lourd nuage qui se détache de la blancheur presque virginale des montagnes avoisinantes et vient peser sur cette vision idyllique. Car l'orage annoncé lors du générique approche et, en quelques minutes, le rêve d'une humanité réconciliée avec elle-même et le monde va basculer dans l'horreur.(http://www.dvdclassik.com/critique/la-tempete-qui-tue-borzage)


                 

La Nef des fous (Ship of Fools) est un film américain réalisé par Stanley Kramer et sorti en 1965.Drames sociaux et sentimentaux se multiplient sur un paquebot qui part du port de Veracruz au Mexique, vers l'Allemagne en 1933... Un groupe de personnes de different milieu social fait la traversée Mexique-Allemagne. Pendant deux heures et demie le film aborde plusieurs sujets:le nazisme,la lutte des classes, le courage, les remords... On y trouve des très bons dialogues. Remarquable l'intérpretation de Simone Signoret. Regrettable la présence espagnole stéréotypée comme d'habitude dans des "bailaores flamencos". Le film a obtenu deux oscar en 1966.Un film original qui a du inspirer la série la croisière s'amuse sauf qu'ici on rit jaune. Une très bonne réalisation et un casting intéressant, je trouve néanmoins Oskar werner plutôt léger face à Simone Signoret. Le scénario comporte des hauts et des bas. L'ensemble apparait finalement assez superficiel malgré les sujets abordés.Une bonne surprise que ce petit film tiré d'un bouquin que j'ai vraiment envie de lire maintenant. Si vous ne supportez pas les films bavards, il y a peu de chance que ce film vous plaise : l'action se déroule au travers du verbe, la tension monte au rythme des sentences, les affrontements psychologiques sont de vraies batailles navales. J'ai trouvé ce film fort, ce film qui est du genre choral en fait, un genre que je n'apprécie que très rarement mais qui trouve tout son sens ici, sur un bateau, isolé du reste du monde et pourtant si représentatif de cet extérieur.


            

Les différents thèmes y sont développés avec finesse, cruauté, humour, joie, tristesse... de façon très humaine en somme. Les personnages sont très bien construits. D'ailleurs il est rare qu'autant de personnages me plaisent dans un film en comportant un si grand nombre. Les acteurs sont très bons, car ils parviennent à amener leur personnalité au travers des dialogues plein de sous-entendus ; une simple intonation suffit à transmettre énormément de choses, c'est là qu'on voit où est le talent. La mise en scène est très agréable : la caméra n'en fait pas trop en terme de mouvements, la photographie est léchée (certaines scènes, dont de baisers, sont à tomber par terre), les passages musicaux permettent de digresser un peu, de reposer toute cette animosité. Bref, voilà un tout grand film, très riche mais qui dont l'intrigue se déroule principalement au travers du dialogue et des personnages.(https://www.senscritique.com/film/La_Nef_des_fous/critique/40432926)

dimanche 23 avril 2017

Robert et Ella

Phantom Lady est le premier « film noir» hollywoodien de Robert Siodmak. Le futur réalisateur des Tueurs trouve avec l'histoire de William Irish un thème exemplaire : un innocent injustement condamné à mort, des témoins qui mentent, une jeune femme courageuse menant sa propre enquête, et parallèlement, un criminel aussi séduisant qu'impitoyable. Nous sommes en 1943, Robert Siodmak vient de finir Cobra Woman, avant de réaliser ce film, il a tourné Le fils de Dracula d’après une histoire de son frère Curt. A cette époque, il souhaite passer à autre chose, quelque chose qui soit plus digne de ce qu’il a fait en France avec Pièges ou Mollenard. A Los Angeles, il se trouve un jour à une terrasse de café avec des immigrés allemands, parmi eux une jeune femme, productrice et scénariste : Joan Harrison. Elle a fait ses études à la Sorbonne et à Oxford, elle a été la secrétaire particulière d’Alfred Hitchcock, ensuite sa scénariste (La Taverne de la Jamaïque) pour l’accompagner par la suite aux Etats Unis dans les studios Universal (Rebecca, Soupçons, Correspondant 17, Cinquième Colonne). Joan Harrison veut devenir indépendante, elle devient productrice et cherche un sujet intéressant puis elle se lie d’amitié avec Siodmak. A eux deux, ils représentent les « intellectuels européens » et souhaitent s’imposer à Hollywood. C’est ainsi que commence le projet de Phantom Lady…Le peu de personnalité d'Alan Curtis, chargé de jouer l'innocent injustement soupçonné, contribue à renforcer le caractère de Carol, incarnée par la troublante Ella Raines que Richard Thorpe venait de diriger dans l'excellent Cry Havoc et que Robert Siodmak réutilisera, par la suite, à plusieurs reprises, dans The Suspect, The Strange Affair of Uncle Harry et Time out of Mind. De même, comparé au fade Alan Curtis, Franchot Tone - à contre-emploi par rapport à ses rôles précédents - possède une ambiguïté et un charme propres à certains des héros maléfiques chers à Alfred Hitchcock. LE FILM NOIR – Patrick Brion


                           


Un élément remarquable, Phantom Lady est le premier projet de Joan Harrison, la productrice la plus éminente (là encore, elles ne sont pas nombreuses) de l’âge d’or du Noir. Certes, l’idée qu’une femme sauve le protagoniste masculin ou lui apporte une aide essentielle apparaît dans d’autres films Noirs. L’un des exemples les plus anciens et les plus étranges est Tueurs à gages (This Gun fot hire, 1942), où la chanteuse itinérante Ellen Graham (Veronica Lake) finit par aider son ravisseur, le tueur à gages Raven (Alan Ladd). Plus inhabituel encore, Et tournent les chevaux de bois (Ride the pink horse, 1947) est une production de Joan Harrison réalisée et interprétée par Robert Montgomery où l’on voit Pila (Wanda Hendrix), une adolescente indienne faussememnt naïve, sauver la vie d’un mystérieux ancien combattant. Mais le plus typique de ces personnages est peut-être celui de Kathleen Stewart (Lucille Ball), la secrétaire débrouillarde qui aide son patron désemparé, le détective privé Bradford Galt (Mark Stevens), dans L’impasse tragique (The Dark Corner, 1946). Bien que tous ces personnages féminins, et d’autres encore, contribuent largement) à tirer leurs partenaires d’une mauvaise passe, aucune ne va aussi loin que Carol Richman, allias « Kansas » (Ella Raines) dans Phantom Lady. Même si son nom figure en dessous de celui de Franchot Tone (alors que Lucille Ball est en tête d'affiche dans L'Impasse tragique), c'est sur le personnage d'Ella Raines que repose tout le film. FILM NOIR 100 ALL-TIME FAVORITES – Paul Duncan, Jürgen Müller 




C’est un film sur la ville et dans ce sens là c’est déjà quelque chose de nouveau à l'époque. Ce que Siodmak souhaitait faire : c’est à la fois le portrait d’une ville (n’importe laquelle) d’une ville en été avec une chaleur étouffante. C’est une ville où toute sa crasse devient tout d’un coup représentative d’une certaine morbidité de la société. Siodmak voulait montrer des pans de ville qui littéralement émergent de la nuit.Siodmak va engager un chef opérateur, que personne ne connaît : Elwood « Woody » Bredell, c’est un cameraman anglais. Il a commencé comme acteur dans des films muets, il tourne depuis la fin des années 1920 mais il ne s’est jamais fait remarquer, il a participé à un tas de petits films oubliés. Pour la Universal, il a fait quelques « Momies » et quelques « Frankenstein », Siodmak fait donc appel à Bredell et va le coacher. Siodmak fait partie de ces rares réalisateurs, comme Josep Von Sternberg, qui maîtrisent parfaitement la technique du chef opérateur. Il avait été lui-même formé par Schüfftan un grand chef opérateur de la UFA en Allemagne.Siodmak insiste pour que son chef opérateur Woody Bredell s'inspire de Rembrandt et de l'école d'Utrecht, pensant que l'œil se détourne toujours de la tâche la plus claire pour chercher dans l'obscurité un point de repos.(http://moncinemaamoi.over-blog.com/2015/08/phantom-lady-les-mains-qui-tuent-robert-siodmak-1944-ella-raines-franchot-tone-et-alan-curtis-9.html)






The Strange Affair of Uncle Harry est un film américain de Robert Siodmak réalisé en 1945, avec George Sanders, Geraldine Fitzgerald et Ella Raines.C’est vrai que pour de nombreux nouveaux spectateurs la minute finale gâche tout le scénario. Pour ma part j’aimerais pouvoir l’effacer de mon DVD. Elle peut même être considéré comme du mépris puisque aucun indice visuel ne peut la laisser prévoir ni même la soupçonner. Il faut alors savoir que ce fut le ‘’code Hays’’ qui obligea Siodmak à prolonger le film au delà de sa logique. Il le fit sans doute avec la plus mauvaise volonté possible. Une fois compris et admis, ce renseignement permet de juger le film avec sérénité. C’est la mise en scène qui compte avant tout, elle créait une atmosphère étouffante accentuée par l’ennui qui se dégage de la ville et de ses habitants dont les seules distractions sont les messes, l’ancienne maison de Washington et le base-ball féminin. George Sanders est éblouissant passant en douceur du statut de mollasson irrécupérable à celui d’assassin sans le moindre scrupule. Vu comme cela Siodmak est bien un des grands maitres du film noir.Le twist final n'est pas très convaincant ou du moins n'arrive pas au bon moment, c'est dommage car autrement "The Strange Affair of Uncle Harry" serait un excellent film noir ; on doit se contenter d'un très bon film noir. Mais si on arrive à s'en contenter, on prend du plaisir à voir ce portrait très critique à l'égard de la vie d'une petite ville de province américaine où le conservatisme et la frustration sont maîtres. Pointe d'audace qui contraste fortement dans un cinéma américain très surveillé par une censure puritaine, le désir incestueux refoulé de la sœur envers son frère est très suggéré.


                    
   


Niveau casting, c'est du morceau de choix. Le toujours classe et élégant George Sanders est excellent en type trop bonne pâte qui veut sortir de sa vie abyssalement chiante, Ella Raines, belle et rayonnante à souhait, est un choix très pertinent pour le rôle de la femme désirable et désirée, et Geraldine Fitzgerald est glaçante en frangine castratrice, tellement convaincante qu'elle arrive même à avoir la part du lion au final (ce qui est loin d'être évident quand on est face à Sanders !!!). Intéressant pour sa distribution et pour son côté critique sur la médiocrité de la vie provinciale américaine.Y'a-t-il quelque chose à sauver dans ce film ? En effet la mise en scène de Siodmak ne se remarque pas particulièrement, guère de plans qui nous rappelle qu'il est un maître du clair obscur et des angles tarabiscotés. Seuls les acteurs et les actrices donnent un peu de vie à cette histoire.




D'abord George Sanders qui est oncle Harry, un vieux garçon qui va se réveiller au contact d'une jeune femme délurée et entreprenante. Ensuite Geraldine Fitzgerald qui passe par toutes les facettes d'une femme à la fois malade, roublarde et profondément malheureuse. Egalement Ella Raines est très bien, quoique le scénario ne lui ménage pas une bien grande place. Donc ça se regarde assez bien parce que les acteurs sont bons. Si on voulait trouver quelque indulgence à ce film on dirait que c'est une histoire d'inceste, en avance sur son temps puisqu'elle dévoile des pulsions secrètes que la morale bourgeoise a enfoui, ou encore que les femmes martyrisent beaucoup ce pauvre Harry. Mais ce freudisme bien léger ne suffit guère à élever le niveau général de l'œuvre. Cependant comme ça ne dure qu'une heure et vingt minutes, finalement on s'en tire bien et on a amélioré notre connaissance de l'œuvre de Siodmak, ce qui n'est pas rien tout de même !(http://alexandreclement.eklablog.com/the-strange-affair-of-uncle-harry-robert-siodmak-1945-a114844752)


vendredi 21 avril 2017

Monsieur Patron

Un grand patron est un film français réalisé par Yves Ciampi en 1951, d'après un scénario de Pierre Véry et sur une musique de Joseph Kosma.Ce film dresse le portrait d'un grand chirurgien parisien, joué par Pierre Fresnay. Cela sert de support à une charge sans concession de la grande bourgeoisie française. À sa sortie en 1951, le film obtient un grand succès public. La scène de fête dans la salle de garde oú une fille danse sur une table a fait l'objet de pressions de la part d'associations défendant les « bonnes mœurs », qui ont voulu faire interdire le film. A première vue la réalisation parait un peu poussiéreuse avec un petit coté documentaire d'époque sur l'hopital, finalement le scénario s'avère assez profond avec un Fresnay solide comme d'habitude. Un film intéressant.Plusieurs histoires gravitent autour de celle du Professeur Delage (Pierre Fresnay). Sa femme Florence (Renée Devillers) totalement dévouée et sacrifiée aux succès de son illustre époux et qui aurait tellement voulue avoir un enfant. Son filleul Georges (Philippe Mareuil), qui est l'un de ses étudiants, qui se demande s'il est fait pour la médecine alors qu'il se trouve mal à la vue du sang. Son adjoint, Marillac (Jean-Claude Pascal), un très bon chirurgien qui drague toutes les étudiantes et les infirmières. Yves Ciampi conduit sa réalisation avec la maîtrise et les compétences d'un médecin qu'il est aussi. Il n'est pas rare qu'un professionnel passe derrière la caméra comme l'a également fait André Cayatte qui, lui, était avocat (Nous sommes tous des assassins). Yves Ciampi se décidera à choisir le cinéma en 1946. Il tournera encore deux films sur les problèmes de la médecine : Un sujet sur la drogue « L'Esclave » et un autre sur la médecine illégale « Le guérisseur ».


   

Gros succès de l'année 1951, ce film est généralement peu cité dans les histoires du cinéma. Pourtant, une nouvelle vision est une nécessité. Le scénario signé Yves Ciampi et Pierre Véry (l'auteur des Disparus de Saint-Agil et autre Assassinat du père Noël) est plus complexe qu'il n'y parait et apparait in fine comme un tableau pour le moins critique du monde médical et, à travers lui, d'une certaine bourgeoisie française. Le personnage de mandarin, remarquablement interprété par le génial Pierre Fresnay, se situe au centre de plusieurs histoires ayant chacune leur enjeu: faire de son neveu un héritier ou, à défaut, un médecin; obtenir son entrée à l'Académie en faisant valoir la réussite de sa nouvelle méthode chirurgicale dans la greffe rénale; prendre soin d'un enfant orphelin dont la tante est décédé peu après une de ses interventions. Porté par Pierre Fresnay, qui dans cette partie de sa carrière incarna beaucoup de personnages héroïques et humanistes, le film est passionnant du début à la fin et témoigne de la réalité de la profession médicale dans les années 50. Ancêtre des séries TV se déroulant dans cet univers, mais bien supérieur à elles, UN GRAND PATRON est sans doute le meilleur film d'Yves Ciampi, la carrière ultérieure de ce réalisateur n'ayant pas tenu toutes les promesses de ce coup d'éclat."Dieu nous garde des demi-dieux" lance l'épouse du grand patron, dans un des rares moments où elle juge son génie de mari.Cette épouse est jouée par Renée Devillers. En femme sacrifiée, mais toujours supérieure à sa souffrance, elle tient ici un rôle assez semblable, quoique moins dramatique, à celui qu'elle interprète au côté de Louis Jouvet, dans un très joli film appelé "Les Amoureux sont seuls au monde". 




Cette belle et émouvante actrice, que certains dictionnaires du cinéma oublie purement et simplement, mérite bien un petit hommage, avant même Pierre Fresnay, inégalable bien sûr, avant Jean-Claude Pascal, dans un des rares rôles dignes de lui, avant Pierre Etaix, Georgette Anis, ou ce pauvre Maurice Ronet, dont le beau visage n'apparaît qu'un instant dans un rôle de comateux. Il faut également rendre la place qu'il mérite à Yves Ciampi, réalisateur dédaigné - "Typhon sur Nagasaki" avec Jean Marais et Danielle Darrieux, film-catastrophe avant la lettre, ainsi que "Qui êtes-vous Monsieur Sorge ?", fascinant portrait d'espion, devraient être reconnus et sortir en DVD -. Ses films ont un aspect documentaire, genre pour lequel il eût toujours beaucoup de goût, qui les rend plus précieux encore à mesure que le temps passe. Docteur en médécine, dûment diplômé, Ciampi avait écrit un scénario appelé "Le Patron", souvenir de ses études et de son internat, que tous les producteurs avaient refusé, le trouvant trop dur. C'est Pierre Véry qui le rendit acceptable, en y introduisant les deux enfants à la recherche de l'"Homme invisible" auquel le grand patron ressemble lorsqu'il a mis son calot et son masque blancs pour opérer. Jolie trouvaille qui relie des séquences qui auraient pu paraître arbitrairement amenées, et qui, surtout, permet des moments d'humanité adoucissant un peu le portrait du professeur Delage joué par Pierre Fresnay. (https://www.amazon.fr/Grand-patron-Pierre-Fresnay/dp/B000UZD4KS)






Monsieur Fabre est un film français réalisé par Henri Diamant-Berger, sorti en 1951.Film sur la vie de l'entomologiste Jean-Henri Fabre, consacrée entièrement à l'étude passionnée des mœurs des insectes. D'Avignon à Paris, de Paris à Sérignan où il finira ses jours, et honoré par Raymond Poincaré, alors président de la République. Sa patience, son obstination, son savoir seront reconnus par Napoléon III, l'éditeur Delagrave, le philosophe Stuart Mill et trouveront leur aboutissement dans ses Souvenirs entomologiques.Jean-Henri Fabre est donc un individu hors du commun. Entomologiste passionne, il passe le plus clair de son temps a etudier les moeurs des insectes. Napoleon III ou encore le philosophe Stuart Mill vont s'incliner devant les travaux de ce scientifique. La France a honoré plusieurs savants dans des longs-métrages très intéressants dont "Monsieur Fabre" d'Henri Diamant-Berger, film drôle, émouvant et sensible! Pierre Fresnay qui campe un excellent entomologiste n'en croit ni ses yeux ni ses oreilles en 1951! C'était bien la première fois qu'on osait lui tenir tête sur un plateau de cinéma! En acceptant de passer le costume de Jean-Henri Fabre, il n'imaginait pas qu'un gamin haut comme trois pommes puisse en ces termes "J'veux pas! J'veux pas! C'est pas mon père!" l'envoyer sur les roses! Ce gamin de 4 ans, c'était Patrick Dewaere (dans son premier rôle au cinéma) qui n'a que faire de la caméra et, de plus, il n'ètait guère à l'aise dans son habit! il le trouvait ridicule et avait même l'impression d'être vêtu comme une fille! Hormis cette anecdote, dans le domaine de la biographie filmée, "Monsieur Fabre" est une réussite avec un Pierre Fresnay qui offre ici de beaux numéros d'acteurs...





C'est Pierre Fresnay qui réalise une excellente interprétation de Fabre. Le scénario développe très bien l'étude de ce personnage particulier au fort caractère ainsi que sa vie de famille qui était très importante pour lui. Le film est illustré par d'intéressantes séquences documentaires sur les insectes étudiés par Fabre : la mante religieuse, les papillons, les fourmis ... Fabre est très connu pour la qualité des textes qu'il a rédigé sur la vie des insectes et notamment pour ses souvenirs d'entomologie paru chez Delagrave un éditeur qui l'a soutenu dans ses travaux. Le film fait de nombreuses références à ces textes. L'un des principaux attraits du film est de montrer Fabre au travail, dans son laboratoire et sur le terrain. Certaines parties de sa vie sont passées sous silence ou juste effleurées. Le scénario n'est pas réellement captivant mais il ne peut que passionner tous les amateurs d'entomologie. La mise en scène est quelconque sauf les scènes concernant directement les insectes, rarement filmés au cinéma.(https://www.senscritique.com/film/Monsieur_Fabre/critique/35675710)

mercredi 19 avril 2017

Bill Evans

Bill Evans (William John Evans), né le 16 août 1929 à Plainfield dans le New Jersey, aux États-Unis et mort le 15 septembre 1980 à New York, est un pianiste de jazz américain.Bill Evans est né le 16 août 1929 à Plainfield (New Jersey). Son père, d'origine galloise, et sa mère, d'origine ruthène, sont mélomanes. Ils lui font étudier le piano et, en second instrument, le violon (qu'il abandonnera au bout de deux ans) puis la flûte. Adolescent, il commence à s'intéresser au jazz, et en particulier à Bud Powell, Nat King Cole, George Shearing et Lennie Tristano ; il joue dans des orchestres amateurs locaux. Il poursuit ses études musicales au Southern Louisiana College dont il sort primé en 1950. Après un bref passage dans l'orchestre du clarinettiste Herbie Fields, il passe trois ans dans l'armée, comme flûtiste, en garnison à Fort Sheridan. Il gardera longtemps de ces années un souvenir amer. Démobilisé en 1954, il commence à jouer et à enregistrer avec des orchestres new-yorkais mineurs (le plus connu étant l'orchestre de « variétés » dirigé par Jerry Wald), tout en prenant des cours de composition à la Mannes School of Music. En 1955, il est remarqué par le compositeur et théoricien du « concept lydien » George Russell qui fait appel à lui pour l'enregistrement de l'album The jazz workshop avec son « jazz smalltet » (1956) puis du titre All about Rosie sur l'album collectif Brandeis Jazz Festival (1957).




Russell et Evans se retrouveront ultérieurement pour d'autres albums : New York, N.Y. (1959), Jazz in the space age (1960), Living time (1972). En septembre 1956, il enregistre sous son nom, pour le label Riverside (avec pour producteur Orrin Keepnews), New jazz conceptions en trio avec Teddy Kotick à la contrebasse et Paul Motian à la batterie. Si Bill Evans n'a pas encore trouvé « l'interplay » qui caractérisera son approche du trio jazz, il fait déjà montre dans cet album de sa technique d'harmonisation novatrice. Cet album et son travail avec Russell l'ayant fait connaître, Bill Evans devient un musicien de studio très demandé et de nombreux musiciens font appel à ses services dont Tony Scott, Don Elliott, Eddie Costa, Jimmy Knepper, Helen Merrill, Sahib Shihab et Charles Mingus. Entre février et novembre 1958, il fait partie, aux côtés de John Coltrane et Cannonball Adderley du sextet régulier de Miles Davis. En 1959, le trompettiste le rappelle pour l'enregistrement du célèbre album Kind of Blue. Miles Davis a toujours reconnu l'importance de l'apport d'Evans pour ce disque phare du jazz modal. Après cet intermède chez Miles Davis, Bill Evans reprend une intense carrière de sideman – qu'il n'arrêtera qu'en 1963, date de son contrat avec Verve – enregistrant avec, entre autres, Cannonball Adderley, Michel Legrand, Art Farmer, Chet Baker, Lee Konitz, John Lewis, Oliver Nelson, Kai Winding, J.J. Johnson et Bob Brookmeyer.



Parallèlement, bien que n'ayant pas de trio régulier, il enregistre sous son nom des albums utilisant cette formule : Everybody digs Bill Evans (1958) et On Green Dolphin Street (1958 - non publié à l'époque). En 1959, il forme un trio régulier avec le contrebassiste Scott LaFaro et le batteur Paul Motian. Les trois partenaires, rompant avec la tradition où contrebassiste et batteur se cantonnaient à un rôle d'accompagnement, se livrent à une véritable « improvisation à trois ». C'est cet « interplay » – cette synergie constante entre les trois musiciens – qui fait la spécificité et la modernité de ce trio. Les trois complices enregistrent quatre disques : Portrait in Jazz (1959), Explorations (1961) et surtout deux albums mythiques issus d'une même séance au Village Vanguard de New York : Waltz for Debby et Sunday at the Village Vanguard (25 juin 1961). Malheureusement, Scott LaFaro trouve la mort dans un accident de la route dix jours après l'enregistrement de ces disques. Profondément affecté par la mort de LaFaro, Bill Evans, même s'il continue sa carrière de sideman (albums comme accompagnateur de Mark Murphy, Herbie Mann, Tadd Dameron, Benny Golson...), n'enregistre rien en trio pendant presque un an. Sous son nom, il enregistre, en duo avec Jim Hall, l'album Undercurrent.




Il faut attendre mai 1962 pour le retrouver en studio en trio avec cette fois Chuck Israels à la contrebasse et Paul Motian à la batterie. Sont issus de ces séances les albums How my heart sings ! et Moon beams. Si la musique est toujours magnifique, le trio est moins novateur, Chuck Israels ayant une approche plus traditionnelle du rôle du contrebassiste que son prédécesseur. Fin 1962 - début 1963, il enregistre ses derniers albums pour le label Riverside : Interplay (en quintet avec Freddie Hubbard et Jim Hall), Loose blues (en quintet avec Zoot Sims et Jim Hall - non édité à l'époque), At Shelly's Manne-Hole (en trio avec Chuck Israels et Larry Bunker), et 13 titres en solos (The solo sessions. vol. 1 et 2 - non édités à l'époque). Rompant le temps d'un album avec son trio régulier, il enregistre en 1962 pour Verve, alors qu'il est encore sous contrat chez Riverside, le disque en trio Empathy dont Shelly Manne est le coleader. Evans signe avec Verve-MGM. Pour Verve, Bill Evans va continuer à enregistrer avec ses trios réguliers, mais Creed Taylor, alors producteur du label, va le pousser à diversifier sa production : albums avec d'autres vedettes de la marque (Stan Getz, Gary McFarland...), en solo, en re-recording, avec orchestre symphonique... Entre 1962 et 1969, le personnel du trio « régulier » d'Evans est assez souvent remanié.




Entre 1962 et 1965, Chuck Israels est parfois ponctuellement remplacé à la contrebasse par Gary Peacock (Trio '64) et le vétéran Teddy Kotick. À partir de 1966 et pour 11 ans, c'est Eddie Gomez qui occupera le poste de contrebassiste. Comme batteurs se succèdent, entre autres, Larry Bunker (Live (1964), Trio '65), Arnold Wise (Bill Evans at Town Hall, 1966), Philly Joe Jones (California, here I come, 1967), Jack DeJohnette (Bill Evans at the Montreux Jazz Festival, 1968) et, plus brièvement, Joe Hunt et John Dentz. En 1969, le batteur Marty Morell rejoint le trio pour y rester jusqu'en 1975. Durant cette période, lors de tournées européennes, Evans se déplace parfois sans ses accompagnateurs réguliers et fait appel alors à des musiciens « locaux » : Palle Danielsson, Niels-Henning Ørsted Pedersen, Rune Carlsson (1965), Alex Riel (1966)... Pendant sa période Verve, Evans enregistre avec d'autres formules que son « trio régulier ». En solo, Alone (1968). En re-recording, le remarquable Conversations with myself (1963), puis Further conversations with myself (1967). Avec orchestre à cordes (sous la direction de Claus Ogerman) et trio, Bill Evans trio with symphony orchestra (1965). Avec d'autres musiciens, Gary McFarland (1962), Stan Getz (1964), Monica Zetterlund ("Waltz for Debby, 1964), Jim Hall (Intermodulation, 1966), Shelly Manne (A simple matter of conviction - 1966), Jeremy Steig (What's New, 1969).



La « période Verve » se termine par l'album From Left to Right (1970), un enregistrement à la frontière entre le « easy listening » et le jazz, où Bill Evans, accompagné par un orchestre à cordes, utilise pour la première fois le piano électrique « Fender Rhodes ». Il est à noter que les derniers albums d'Evans pour Verve ne sont plus produits par Creed Taylor mais par Helen Keane (agent artistique d'Evans depuis 1962). À partir de la fin du contrat avec Verve, c'est Helen Keane qui va « coacher » intégralement la carrière du pianiste. C'est elle qui sera la productrice des disques qu'Evans enregistrera pour Columbia, CTI, Fantasy et Warner Bros. Entre 1969 et 1975, Bill Evans se produit essentiellement avec Eddie Gomez et Marty Morell. Ce trio enregistre de nombreux albums : entre autres, Jazzhouse, You're Gonna Hear From Me (1969), Montreux II (1970), The Bill Evans album (1971), The Tokyo concert, Half Moon Bay (1973), Since we met, Re : person I knew, Blue in green (1974). Si la musique reste excellente, voire souvent sublime, force est de constater, qu'au fil des années, une certaine routine s'installe .



Durant cette période, Bill Evans participe à deux enregistrements assez éloignés de ses productions habituelles : Living time, une composition expérimentale pour piano et grande formation de George Russell (1972) et Symbiosis (1974), un concerto pour piano et orchestre de « Third stream music » composé par Claus Ogerman. Il enregistre aussi à cette époque deux albums en duo avec Eddie Gomez (Intuition - 1974, Montreux III - 1975 ) et un solo (Alone (Again) - 1975). Evans enregistre aussi deux sessions (The Tony Bennett: Bill Evans Album - 1975, Together again - 1976) avec le crooner Tony Bennett. Enfin, Evans signe son ultime disque en overdubbing, New conversations (1978). En 1976, Marty Morell est remplacé à la batterie par le discret mais subtil Eliot Zigmund. Le trio ainsi composé retrouve un second souffle et enregistre I will say goodbye (1977, édité en 1980, après la mort du pianiste) et l'élégiaque You must believe in spring (1977, édité en 1981). Les trois hommes enregistrent aussi Crosscurrents (1977) avec Lee Konitz et Warne Marsh. Eddie Gomez quitte Evans en 1978. Après avoir testé de nombreux contrebassistes (Michael Moore, Michel Donato...), Evans engage le jeune Marc Johnson. C'est à cette époque qu'est enregistré l'album en quintet Affinity avec Toots Thielemans et Larry Schneider.




En 1979, Il retrouve Larry Schneider mais avec cette fois Tom Harrell, pour un autre album en quintet, We will meet again. Pendant une brève période, le « vétéran » Philly Joe Jones occupe, une fois de plus, le poste de batteur, avant qu'Evans embauche un autre jeune musicien, Joe LaBarbera. L'association Evans-Johnson-LaBarbera est le dernier trio du pianiste et l'un des meilleurs. Bill Evans qui, par ailleurs, a considérablement modifié son style pianistique, retrouve, avec ses jeunes nouveaux complices, « l'interplay » qui manquait parfois à certains des trios précédents. Il n'existe pas d'enregistrement en studio de cette formation ; par contre, le trio a été très abondamment enregistré en clubs ou en concerts (Homecoming, The Paris concert. ed. 1 & 2, Turn out the stars : the final Village Vanguard recordings, The last waltz, Consecration...). Tous ces enregistrements n'ont été publiés qu'après le décès du pianiste. La musique de ce trio est le « chant du cygne » du pianiste. Il se produit pour l'avant-dernière fois en août 1980 au Molde Jazz Festival. Le 15 septembre 1980, à cinquante-et-un ans, souffrant d'une hépatite mal soignée, le corps usé par une trop longue addiction à la drogue (héroïne dans les années 1960-70, cocaïne à la fin de sa vie), Bill Evans meurt des suites d'une hémorragie interne.(Wiki)