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samedi 25 mars 2017

Slasher Party

Au début des années ’80, la vague du slasher déferle sur les grands écrans, suite au succès de Halloween et Vendredi 13. L’autre mode du moment, le disco, vit, pour sa part, ses derniers instants de flamboyance mais attire encore suffisamment les foules pour que de rusés producteurs continuent de s’y intéresser. Persuadés que l’équation « slasher plus disco » peut donner un hit du box office, les producteurs Richard et Peter Simpson mettent sur pied ce Bal de l’horreur recyclant tous les conventions du genre établies par John Carpenter deux ans auparavant. Heureusement, ils réussissent à convaincre Jamie Lee Curtis, promue « scream queen », de figurer en tête d’affiche. L’actrice, après son triomphe dans Halloween, capitalise sur sa récente notoriété et accepte la proposition. Tourné pour un budget serré (on parle d’un million de dollars) durant l’été 1979, Le Bal de l’horreur fonctionne joliment au box office et rapporte quinze fois sa mise. Une bonne opération. L’intrigue, elle, se montre très classique et débute en 1974, alors qu’une poignée de gamins jouent, dans un grand bâtiment abandonné, à effrayer une de leur camarade, Robin Hammond, âgée de dix ans. La petite fille, terrifiée et ne trouvant aucune échappatoire, choisit de se défenestrer pour leur échapper. Robin se tue et les autres enfants promettent de garder le silence sur les événements. Six ans plus tard, les gamins, ayant grandis, s’apprêtent à se rendre au traditionnel bal de fin d’étude. Mais un mystérieux assassin, le visage dissimulé derrière une cagoule noire, les supprime un par un… Aujourd’hui auréolé d’une petite réputation de « classique kitsch », Le Bal de l’horreur reste un slasher routinier qui se contente d’égrener, déjà, tous les clichés du genre sans la moindre imagination. Nous suivons ainsi les démêlées sentimentales d’une poignée de teenagers uniquement préoccupés par leur bal de promotion et la perspective de devenir les rois et reines de la soirée.


   

Les rivalités amoureuses et les questions existentielles (« dois je coucher avec lui ou pas ? » « quelle robe va m’avantager ? ») occupent, pratiquement à elles seules, la première heure du métrage durant laquelle il ne se passe, objectivement, strictement rien ! Le cinéaste se contente, en effet, de meubler le temps de projection en pointant quelques suspects (un voyeur, un type condamné pour faits de mœurs…rien de neuf !) avant l’attendu bal au cours duquel le tueur va, enfin, frapper. Visiblement influencé par le climax de Carrie, Paul Lynch propose alors un petit carnage mollasson entrecoupé de pénibles numéros « disco » destinés à démontrer les talents de danseur des acteurs. Les crimes, peu nombreux, s’avèrent pour leur part complètement routiniers et trop timorés pour convaincre même si la décapitation de David Mucci reste sympathique et bien amenée. Outre une Jamie Lee Curtis hébétée et visiblement peu intéressée par son jeu, le casting met en vedette le quinquagénaire Leslie Nielsen, ex jeune premier de Planète interdite à l’époque condamné à la série B (Day of the animals) et, surtout, aux séries télévisées. Il revint juste après sur le devant de la scène via Creepshow et Y a-t-il un pilote dans l’avion? avant d’acquérir une énorme popularité via des kilos de parodies plus ou moins inspirées.



Linéaire et simpliste, Le Bal de l’horreur propose toutefois quelques sous-intrigues qui meublent maladroitement le scénario et n’ont, au final, quasiment aucun intérêt. Ces digressions insignifiantes seront, finalement, résolues de la plus simple des manières : par les coups de hache de l’assassin. L’identité du meurtrier, dissimulée jusqu’aux dernières minutes, parait, elle, évidente en dépit des efforts des scénaristes pour proposer, mollement, quelques suspects potentiels visant à désorienter le spectateur. En pure perte. Le quasi débutant Paul Lynch qui, par la suite, devint un grand pourvoyeur de série télé (et signa également The keeper avec Asia Argento en 2004), emballe néanmoins le métrage avec un minimum de soin mais sans jamais transcender les flagrantes limites d’un script hâtivement gribouillé pour emboiter le pas d’Halloween. Confiant dans le potentiel commercial du métrage, les producteurs choisirent de lui donner une longue descendance. Toutefois, ils se démarquèrent de ce Bal de l’horreur pour trois séquelles plus volontiers tournées vers l’horreur teintée d’humour : Hello Mary Lou (1987), Dernier baiser avant l’enfer (en 1990) et Le bal de l’horreur IV : Délivrez-nous du diable (en 1992). Chacune peut se voir de manière indépendante et, à l’exception du théâtre de l’action (le lycée Hamilton High) et de l’acteur Brock Simpson (le fiston d’un des producteurs), incarnant chaque fois un personnage différent, n’ont rien en commun. Bien sûr, le métrage de Paul Lynch ne pouvait échapper à la folie des remakes et, comme tout titre possédant un minimum de notoriété, eut droit à une relecture en 2008.  (http://www.cinemafantastique.net/Bal-de-l-Horreur-Le-4216.html)

Slasher typique des années 80 sorti juste après les succès de Halloween et Vendredi 13, ce Meurtres à la Saint Valentin se déroule dans un petit bled nommé Valentine vivant essentiellement de l’exploitation minière. Or, en 1960, sept mineurs se retrouvent accidentellement coincés au fond de la mine. Un seul survivra, Harry Warden, après avoir dévoré ses compagnons décédés. L’année suivante, au cours de la traditionnelle fête de Saint Valentin, Harry, devenu fou furieux, massacre une poignée de fêtard avant d’être interné. Vingt ans plus tard la petite ville vit toujours dans la peur mais les jeunes décident néanmoins d’organiser une grande soirée le samedi 14 février. Mal leur en prend… Tourné alors que la mode des tueurs fous commençaient à déferler sur les écrans, Meurtres à la Saint Valentin constitue un archétype du slasher de cette époque et en reprend, avec plus ou moins de bonheur, tous les poncifs. Nous trouvons donc la petite ville hantée par le souvenir d’un accident traumatisant, un dingue échappé de l’asile (à moins que le coupable ne soit tout autre ?), une rivalité amoureuse, des jeunes désireux d’organiser une grande fête où la bière coule à flots, des scènes de sexe terminées par la mort des deux partenaires et un vieux tenancier de bistrot qui déblatère sur la malédiction pesant sur les lieux. Bref difficile de faire plus classique et plus prévisible. Pourtant le métrage parvient à faire un tant soit peu illusion, en particulier durant sa première moitié. L’ambiance de cette petite ville isolée où rien ne se passe jamais se révèle plutôt bien rendue et les personnages disposent d’un tout petit peu plus de consistance que de coutume. Le cinéaste refuse apparemment les facilités des jeunes premiers beaux gosses et des demoiselles apprenties top-modèles pour se concentrer sur des protagonistes beaucoup plus crédibles. Dommage toutefois que l’interprétation ne suive pas ces bonnes intentions, certains passages voulus effrayant étant parfois presque risibles vu la platitude des acteurs. Le tout manque également d’un peu de budget pour donner davantage d’ampleur à la menace, le cinéaste paraissant filmer inlassablement les mêmes acteurs déambulant dans un décor réduit. Heureusement, le look du tueur se montre bien plus convaincant.


   

Tout de noir vêtu, armé d’une pioche menaçante, le visage dissimulé derrière un masque à gaz surmonté d’un casque pourvu d’une lampe torche qui troue les ténèbres à la façon de l’œil monstrueux d’une créature mythologique, notre maniaque impressionne et reste dans les mémoires. Et, pour un métrage de ce style, il est primordial d’offrir un cinglé iconique. Ce qui est le cas ici même si cet Harry Warden ne se hisse pas au niveau de Michael Myers ou Jason. La montée du suspense s’avère elle aussi assez réussie et ménage l’une ou l’autre scène qui, à défaut de surprendre les habitués, restent efficaces. Quelques touches d’humour habillement distillées donnent un intérêt supplémentaire au scénario, sinon assez peu imaginatif il faut bien l’avouer. Dommage que dans la seconde partie George Mihalka ne parviennent pas toujours à éviter les écueils du film de couloirs (ou plutôt devrait on dire de tunnels miniers) tant l’ensemble tourne un peu à vide. Mais ce défaut est coutumier de nombreux slashers.



Néanmoins, toutes ces faiblesses ne nous empêchent pas de nous consacrer aux points positifs, en particuliers les maquillages sanglants confectionnés par Tom Burman. Jadis totalement censuré au point de friser l’incompréhensible (« qui meurt là, on voit rien ? »), Meurtres à la Saint Valentin récupère aujourd’hui, via une édition DVD uncut (mais zone 1) la quasi-totalité de ces plans sanglants. Seuls le traditionnel empalement d’un couple manque à l’appel mais nous pouvons enfin découvrir une tête éclatée à la pioche (ressortant par l’œil), une poitrine transpercée, un corps pendu finissant décapité, un membre rageusement sectionné, etc. De manière générale tous les meurtres sont donc bien plus graphiques et redonnent un peu de tonus à un slasher sympathique. Meurtres à la Saint Valentin constitue donc un divertissement acceptable qui saura plaire aux nostalgiques du slasher des années 80. En dépit de certaines longueurs et d’un évident manque de moyens et de rythme la personnalité du tueur et la qualité des meurtres gore emportent l’adhésion même si le film peine à s’élever au-dessus d’une honnête moyenne.(http://www.cinemafantastique.net/Meurtres-a-la-Saint-Valentin.html)

1 commentaire:

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    https://mega.nz/#!0EVlkTAI!JtNnEEM94ZyrgtB7mfEmwndHqAc2cYjP-vckm-ZSmmA
    https://mega.nz/#!tJsQADjS!Y88GOFwBlZlSZN-zdAdv_lsb_xIdZvYrOMVgAjhvA4w
    http://www.vostfr.club/films/1981-my-bloody-valentine.html#subs

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