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jeudi 2 mars 2017

Russ Meyer

Lorsqu’il réalise son premier film en 1959, Russ Meyer a déjà derrière lui un passé de G.I. et de photographe pour Playboy. C’est aux côtés du général Patton qu’il a fait trois expériences déterminantes : celle de la violence, du cinéma (il filme la Libération de Paris) et du sexe (Hemingway l’emmène au bordel), qui seront les grands thèmes d’une œuvre radicale et novatrice où les soutiens-gorge sont toujours trop étroits et les hommes prêts à s’entretuer pour les dégrafer. John Waters, réalisateur de Cry-Baby avec Johnny Depp (1990), affirmera même que "Russ Meyer est l’Eisenstein du sex-film".Les films réalisés par Russ Meyer au milieu des sixties comme Lorna (1964) et Mudhoney (1965) sont une véritable révolution à leur sortie : pour la première fois, on n’utilise plus le prétexte d’un camp de nudistes pour montrer des filles à poil. Les créatures de Russ Meyer (115-45-95 est un minimum) révélent les frustrations de l’Amérique rurale, dont la libido est cadenassée par le puritanisme. En faisant exploser les braguettes des rednecks, Russ Meyer s’impose comme l’un des artificiers de la libération sexuelle. Il ne tournera pourtant jamais de pornos, préférant réaliser "des films excitants, à la limite du hardcore, avec des actrices hors du commun et des scénarios de bandes dessinées".(http://www.gqmagazine.fr/sexe/idole/articles/russ-meyer-l-homme-qui-libera-le-sexe/25850)



   


A chaque fois que j’entendais parler de ce film, archétype de la série B, peuplé de filles sexy, je trouvais les héroïnes mystérieuses, le titre encore plus. Après l’avoir finalement vu ce weekend, j’ai appris que le réalisateur, Russ Meyer, l’avait appelé comme ça parce qu’il estimait que pour marcher, il devait contenir de la vitesse (« Faster »), du sexe (« Pussycat ») et de la violence (« Kill, Kill »). C’est un peu facile, mais il avait bien raison puisque sans ce choix, je ne l’aurais peut-être jamais regardé. L’intrigue est aussi simple que fantaisiste: trois gogo danseuses avides de vitesse et de violence rencontrent un jeune couple dans le désert californien. La leader du trio, Varla (Tura Satana, mélange explosif de sang cheyenne et japonais, morte l’année dernière), tue le garçon et garde la fille en otage. Leur chemin croise ensuite celui d’un vieillard sénile et de ses deux fils, censés cacher chez eux un magot. Appâtées par l’argent, elles décident de les séduire. A l’arrivée, ça donne beaucoup de bagarres, de poitrines felliniennes et de bottes en cuir. Faster, Pussycat! Kill! Kill! n’avait pas eu de succès à sa sortie et il a aujourd’hui beaucoup vieilli, mais ses dialogues savoureux (« A soft drink? Honey, we don’t like soft drinks. Everything we do is hard. »), ses personnages bombesques et ses plans sophistiqués lui ont tout de même permis de traverser le temps. Je n’étais pas étonnée d’apprendre que Quentin Tarentino souhaite en faire le remake: on pense à lui du début à la fin du film! Quant aux costumes, je ne suis pas près d’oublier les jeans serrés de Varla et Billie, les brassières et le mini-short blanc de Linda et le maillot de bain rayé de Rosie.(http://blogs.lexpress.fr/styles/cafe-mode/2012/06/25/faster-pussycat-kill-kill-1965-film-bien-sape/)


   

Si le nom de Russ Meyer est le plus souvent assimilé à la série des Vixen et à sa fixation sur les femmes aux attributs mammaires surdéveloppés, il avait tourné avant cela plusieurs films assez provocateurs. Parmi ceux-ci, Faster Pussycat Kill Kill sort nettement du lot et le film a acquis au fil des ans un statut de film culte, l’absence de succès du film et le fait que Russ Meyer soit vilipendé de tous côtés favorisant cela. Le film raconte la virée de trois danseuses de cabaret sans foi ni loi. Vu avec le recul, le côté violent qui pouvait fortement choquer à l’époque s’est émoussé (il est même gentillet en comparaison de la violence à laquelle le cinéma nous a hélas habitués depuis) ce qui permet d’apprécier d’autant plus la façon qu’avait Russ Meyer de retourner tous les codes habituels : ses trois héroïnes se comportent tout à fait comme des mecs très basiques, querelleuses et violentes, avides et sans scrupules. Il entremêle tout cela d’un érotisme assez puissant mais sans aucune nudité, parfois même très allusif. La photographie en noir et blanc est assez éclatante, avec des cadrages parfois surprenants. Certes Faster Pussycat Kill Kill a maintenant un petit côté suranné mais il reste plaisant à regarder. Un film qui se situe totalement en dehors des sentiers battus.(http://films.blog.lemonde.fr/2007/04/21/faster-pussycat-kill/)


   



Vixens est le premier d’une série de quatre films qui va s’étaler sur une durée de dix ans, tout un pan de son cinéma, un véritable tournant artistique. Le nudie préfigurait en 1965 ce que serait la catégorie ‘straight’, à savoir le porno traditionnel que nous connaissons aujourd’hui, à l’aube de la révolution sexuelle et de la libération des mœurs, la marmite ‘Meyerienne’ est prête à exploser, le cinéaste se révélant de plus en plus ambitieux. Il le fait d’abord en s’associant au scénariste et critique américain Roger Ebert, sommité nationale, respecté et reconnu de ses pairs, chose d’autant plus singulière quand on lit certains de ses articles à venir, et lorsqu’on les confronte à ce qu’il va co-écrire avec le réalisateur de Mr Teas. Meyer opte pour la "sacralisation" du cadre au travers de son film Beyond the Valley of Dolls, son plus abouti du point de vue formel, utilisant pour la première fois le Scope, le 2.35 qu‘il délaissera par la suite. Le film met en scène Charles Napier aussi surnommé ‘Square Jaw’ , qui pourtant tient ici un rôle très mesuré. Si Beyond… est très beau et très réussi pour son visuel, son montage et son trio d’actrices, il est aussi un des plus atypiques, et un des moins passionnants qu’il ait tourné. Une relative déception qui n’empêche pas le film d’être le plus gros succès commercial du réalisateur à l’époque et pour tout le reste de sa carrière à venir, car il ne le réitèrera pas de façon aussi prodigieuse. Plus de cinq ans après, à 53 ans, il décide de réaliser entre deux films qui appartiennent à la même série, celui qui est aujourd’hui encore, le plus abouti, le plus frénétique, le plus drôle, celui qu’on peut aisément qualifier de film-somme, d’œuvre clé. Il s’occupe de la partie technique et financière, il produit, écrit, réalise et monte le film, s’octroyant le contrôle total de son œuvre.


   

Emblématique de toute une époque, Supervixens est l’aboutissement de sa carrière et est devenu un film culte, ouvrant parfois pour certains festivals. Les thématiques récurrentes, obsessionnelles explosent littéralement à l’écran : libération des mœurs et de la sexualité, vitesse, etc.. Tous ses fantasmes réunis pour le meilleur. Les créatures qui hantent la pellicule sont des femmes superbes et plantureuses qui derrière une sexualité débordante cachent une nature plus complexe qu’à l’accoutumée. L’obsession mammaire qu’a toujours porté Russ Meyer est ici poussée à son paroxysme, bien aidée il est vrai par les poses lascives des actrices qui n’hésitent pas à mettre leurs charmes en avant.A l’inverse des films des années 60, Supervixens est une œuvre chaleureuse, érotique, sulfureuse, osée, qui appelle au désir de la chair et non plus à une forme de revanche des femmes sur les hommes. Les hommes sont ici catapultés objets de désir, inversant ainsi le stéréotype féminin, bien que toutes les femmes du film soient magnifiques, désirables et séductrices, voire vamps. Elles ne se laissent vraiment pas faire, rendant aussi ridicule que datée l’expression ‘sexe faible’. Leur force vient non seulement de leur caractère en acier mais aussi de leur volonté de jouir de leur liberté, de leur sexualité bouillonnante et de leurs fantasmes.




A côté les hommes paraissent bien tièdes, et Meyer se moque de tous ces messieurs qui ne savent pas répondre aux attentes féminines, lesquelles sont la cause de bien des problèmes. Figure d’un certain cinéma d’exploitation qui alimentait les salles de quartiers aux côtés des filmsd‘horreur, des pornos et du bis italien, Supervixens est à la croisée de plusieurs univers cinématographiques : il convoque à la fois Tex Avery et le classicisme hollywoodien dans son rapport à une Amérique profonde, à un décor de western. Ici sont poussés dans leurs retranchements les notions de montage et de découpage que Meyer dynamite à l’envie pour créer son propre langage ou plutôt le perfectionner de façon plus subtile qu’elle n’apparaît de prime abord avec un cadrage hors du commun. Il se plonge aussi dans la Mythologie américaine plus qu’il ne l’avait jamais fait auparavant. Alors qu’il réalisait Mondo Topless dans les années 60 ( nom qui donnera naissance à un genre de cinéma très confidentiel, appelé le Mondo), il a aussi mûri, pour aboutir à des films dont la forme possède une profonde analogie avec le récit et pas ou plus seulement une exploitation frontale de l’érotisme sans autre décor que celui du sexe. C’est en cela qu’il n’a jamais réalisé la moindre œuvre classée X pour la simple et bonne raison qu’il s’arrête tout le temps à la suggestion, en filmant les ébats avec un angle qui empêche de voir les organes sexuels, ne franchissant pas la frontière qui sépare l’érotisme du porno, représentation du sexe non simulé: « Le hard n’est pas à mon goût, il ne laisse pas de place à l’imagination. De plus les filles sont plutôt plates » disait-il.(http://www.dvdclassik.com/critique/supervixens-meyer)

1 commentaire:

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