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lundi 27 mars 2017

Philippe Adler


Si le grand public ne le connaissait pas forcément, le milieu professionnel lui, en revanche, le connaissait bien. Philippe Adler a notamment été chroniqueur musical, spécialisé dans l'univers du jazz (il présentait la soirée événementielle Les Nuits du Jazz à Nantes) et a collaboré pour des médias comme RTL, Jazz Magazine ou Rock & Folk. La musique, il l'a aussi abordée via l'écriture de textes de chansons et on lui doit par exemple Papa Tango Charlie pour Mort Shuman et le tube culte Destinée chanté par Guy Marchand (popularisé grâce au film Le Père Noël est une ordure).L'un des meilleurs spécialiste de jazz en France, présente, pour la 12e année consécutive, les Nuits du Jazz à la Cité des Congrès. Il a répondu à nos questions. Presse Océan : Philippe, comment se porte le jazz en France aujourd’hui ? Philippe Adler : « Le jazz se porte bien. Les festivals font un carton dans tout l'hexagone, les tournées affichent souvent complet, les clubs fonctionnent et surtout des générations entières de jeunes talents se lèvent aux quatre coins de la planète pour y faire souffler des vents nouveaux. « Malheureusement, cette musique manque de visibilité. Il n'y a plus personne pour proclamer l'évidence artistique de cet art majeur. J'ai eu le plaisir et l'honneur de pouvoir présenter pendant 17 ans l'émission "Jazz 6" sur M6.


                 

Ce fut alors une vraie vitrine pour le jazz et ses artistes. Depuis son arrêt, en 2003, personne n'a pris le relais. Les grands média se taisent et c'est un vrai scandale. L'émission a été enterrée avec moi ! D'accord, c'est flatteur pour mon ego mais franchement, j'aurais préféré la voir continuer. « J'avais suggéré des pistes, des noms. En vain. Pourquoi une autre chaîne n'a-t-elle pas alors relevé le défi ? Et que fait le service public ? A part être aux abonnés absents ! ». Quelles en sont les valeurs sûres aujourd’hui ? « Comme cela, très vite et sans reprendre mon souffle (rires). Le pianiste Martial Solal, le violoniste Didier Lockwood, l'accordéoniste Richard Galliano, le trompettiste Eric Truffaz, le saxophoniste Daniel Huck, le batteur André Ceccarelli, le bassiste Henri Texier, le guitariste Birelli Lagrène et parmi les "Jeunes Turcs" des gens comme Laurent de Wilde, Géraldine Laurent, Stéphane Huchard, Baptiste Trottignon, Jean-Michel Pilc, les frères Moutin, Manuel Rocheman, Nguyen Le, Fabien Mary, les frères Belmondo et d'autres encore ! ». Que représentent pour vous les Nuits du jazz, dont vous assurez la présentation depuis leur création, il y a 12 ans ? « J'adore cette manifestation ! Jean-Philippe Vidal a eu une idée de génie : reconstituer la grande époque des clubs américains, celle où l'on dinait en musique, et quelle musique (Duke Ellington! Count Basie! Cab Calloway !). Et, pour remplir sa salle, il a su convaincre les grandes entreprises de la région nantaise d'inviter leurs meilleurs clients. Ce type est génial. Ou, plus précisément. pénible comme le sont les génies ! Sur scène, l'on s'envoie des vannes "graves" mais l'on s'adore. Sinon, il y a longtemps que, l'un comme l'autre, nous aurions "changé de monture" ! ».


                 

Pouvez-vous nous dire quelques mots du programme de cette 12e édition ? « En plus de ses qualités de musicien et d'orchestrateur, Jean-Philippe est un vrai découvreur de talents. Il a le chic pour dénicher avant tout le monde des artistes "encore inconnus en France" mais qui sont toujours de spectaculaires entertainers, des pros qui savent assurer le show. Vendredi et samedi, ce sera le frisson glamour avec Camilla Formica, une chouette petite séquence chanson française avec la belle Veronika Rodriguez - une voix exceptionnelle, méconnue à Paris, adulée à New-York et à Tokyo - en duo avec Arnaud Guille qui me semble avoir bien du talent et puis du Rhythm'n'Blues torride avec Sax Gordon, un saxophoniste ténor américain qui me semble avoir écouté tous les grands ténors "velus" de l'histoire du jazz. Big Dez, je l’ai simplement découvert hier et le spectacle a été au rendez-vous. Vous ne serez pas déçu, croyez-moi ». Et connaissiez-vous ce jeune pinaiste Greg Evain ? « Bonne question. C'est Jean-Philippe qui me l'a fait découvrir. Greg n'a même pas vingt ans, il m'a l'air de swinguer comme une montagne, il connaît l'hstoire du jazz, joue du piano comme un fou, chante bien, est mignon. C'est typiquement le genre d'artiste que l'on devrait voir à la télé. J'espère sincèrement que ce sera pour très bientôt ». Propos recueillis par Philippe Corbou(http://www.nantes.maville.com/sortir/infos_-Philippe-Adler-Le-jazz-manque-trop-de-visibilite_29-2030375_actu.Htm)

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