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lundi 20 mars 2017

Pétrole , rise & fall ...

Sorti en 1940, produit par la MGM et réalisé par Jack Conway, « Boom Town » est adapté d’une histoire de James Edward Grant et traite de la période de la ruée vers le pétrole aux Etats-Unis au début du XXe siècle. Son casting s’orne de quatre têtes d’affiche prestigieuses : Clark Gable, Spencer Tracy, Claudette Colbert et Hedy Lamarr. Le film s’ouvre sur une forêt de derricks, ces étranges tours en croisillons qui soutiennent les puits de forage de pétrole. Nous faisons bien vite la connaissance de Jonathan « Shorty » Sand et de John « Big John » McMasters, deux prospecteurs sans le sou qui se lient rapidement et décident de s’associer. Après quelques péripéties, nos deux compères font fortune grâce à la richesse du gisement découvert par Sand. Les derricks se multiplient, l’entente est au beau fixe. McMasters, boute en train et passionné, enchaine les conquêtes au saloon local, tandis que Shorty, plus raisonné, s’occupe des finances, et écrit régulièrement à sa dulcinée, Betsy, dont il donne le nom à l’un de ses puits. Un beau jour débarque en ville une jolie demoiselle de bonne famille, propre et bien habillée. McMasters fait sa connaissance, et ils se plaisent très vite. C’en est fini de la tranquillité à Boom Town… J’ai beaucoup d’affection pour « Boom Town » ou, et le titre français est très bien – pour une fois –, « La Fièvre du pétrole », qui traduit fidèlement le sujet du film. Le réalisateur mêle habilement les genres, et soutenu par un duo d’acteurs au top, le film est très agréable. L’histoire se construit sur un ‘rise & fall’, portant nos pétroliers au sommet avant de les voir chuter. Sauf qu’ici la formule est différente : chaque échec n’est que le prétexte à recommencer tout à zéro, en changeant de méthode, d’endroit… Je ne suis pas familier du genre, mais j’ai trouvé que « Boom Town » faisait un excellent travail pour recréer l’atmosphère de cette ruée vers l’or noir.


   

Les premiers passages, dont l’on trouve un écho certain chez Morris avec « À l’ombre des derricks », sont très énergiques, détaillés et réussis. Il se dégage une bonne humeur contagieuse chez ces prospecteurs de pétrole, liquide répugnant qui imprègne tout, coule dans les rues, et provoque chez les hommes de telles folies qu’ils en abandonnent même leurs églises. Durant toute la première partie du film, cette ambiance western est très réussie. Dans un sens, « Boom Town » est aussi un ‘buddy-movie’, un film qui célèbre l’amitié, celle qui unit deux hommes, ‘Square John’ Sand et ‘Big John’ McMasters. Deux caractères qui se complètent, la glace et le feu, deux personnages unis par l’amour de la même femme et par la fièvre du pétrole, dont ils sont tous les deux atteints de manière incurable. Malgré les hauts et les bas que toute relation d’amitié peut connaître, chacun possède un immense respect pour l’autre. Si le film est centré sur les excellents Spencer Tracy et Clark Gable, les femmes y jouent aussi un rôle important. Claudette Colbert interprète avec dignité son personnage d’épouse amoureuse et dévouée, véritable pilier de sa famille, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.




Hedy Lamarr n’apparaît malheureusement que bien trop tard dans le film, et campe une grande dame de la haute société New-Yorkaise, où elle a ses entrées. Sa beauté et son accent sont un ravissement pour les yeux et les oreilles, et elle possède beaucoup de classe. Son rôle est néanmoins assez limité. Bien sûr, « Boom Town » n’est pas parfait, et possède de nombreux petits défauts. La construction du film, sur une succession de cycles de ‘rise & fall’, pourra sembler répétitive. Cela dit, Jack Conway nous emmène, l’espace de deux heures, suivre les aventures de deux caractériels qui deviendront les meilleurs amis du monde, dans une ambiance très chouette de ruée vers le pétrole. Les acteurs sont au top, et c’est finalement un divertissement très sympathique, et un film qui gagne à être connu. Une oeuvre assez conventionnelle qui peut être un peu saoulante surtout dans la première moitié par son aspect ascension-chute-réascension-rechute-etc... c'est à dire par son côté répétitif, et par son brin de moralisme qui veut qu'on ne trompe pas sa femme (il faudrait m'expliquer comment un homme normalement constitué pourrait ne pas le faire avec la beauté volcanique d'Hedy Lamarr dans les pattes!). Mais les cinq acteurs très prestigieux (l'excellent Frank Morgan étant le cinquième!) et la griffe MGM qui allie efficacité et élégance assurent le spectacle. On s'emmerde pas, c'est déjà pas mal.(https://www.senscritique.com/film/La_fievre_du_petrole/critique/53555512)



Avec "There Will Be Blood", Paul Thomas Anderson nous fait vivre la découverte et la montée du pétrole, ainsi que cette course pour s'en approprier au début du XXième siècle aux USA. Mais cette fresque se concentre surtout sur l'un de ses prospecteurs, Anderson va étudier sa complexité, son ambition, sa montée, sa chute.... et ce portrait va se révéler fascinant et captivant. Les relations entre cette homme et son fils ou encore ses relations sont finement écrite et intéréssante. Anderson aborde aussi des thèmes tels que la religion, la famille, l'ambition, l'avidité ou bien évidemment le pétrole, et il le fait de belle manière, intelligente et passionnante. Techniquement Anderson est une fois de plus brillant, sa mise en scène est excellente, sa maitrise technique impressionnante, son utilisation de la musique aussi ainsi que certaines scènes qui se révèlent mémorable (à l'image de cette excellente introduction, sans dialogues). Dans le rôle principal, Daniel Day-Lewis est impeccable, il nous livre une grande composition et donne vie à son personnage, les autres rôles à l'image de Paul Dano lui rendent bien la réplique. C'est une belle œuvre que Paul Thomas Anderson nous livre, un récit fascinant, doté d'une brillante maitrise et merveilleusement interprété. Époustouflant et fascinant, ca va saigner !Nouveau film et nouvelle oeuvre d'une densité, d'une complexité et parallèlement d'une absence de complexes folle pour Paul Thomas Anderson. Toujours aussi fourni en réflexions et en potentiel suggestif, le film se veut l'histoire d'un homme, mais aussi d'une Nation, d'un pays, d'un mythe, du combat entre crime et religion, de leur union aussi, du capitalisme sauvage (Daniel Plainview n'est à cet égard pas sans rappeler, dans son autodestruction, le Howard Hugues de Aviator) ; bref, c'est un film d'une densité thématique que je crois n'avoir jamais retrouvé chez un autre réalisateur de la génération auquel appartient son auteur. Riche en allégories, investi d'une vraie puissance mystique, cette oeuvre de PTA revient aux sources du pays où son récit prend place, les revisitant sous un jour noir à l'aide du mythe du "crime-fondateur" - selon lequel la religion, (du latin religio, fait de relier) fut mise en place comme moyen de canaliser les pulsions communes sous la forme d'un sacrifice. Le travail sur l'image est formidable, la photo joue admirablement avec les contrastes par moments (alternance de lumière saturée, de plans sombres ...), et le syncrétisme image/musique inhérent à l'Oeuvre de PTA est ici balayé par le choix de musiques typiques de films d'horreur ou du moins de thrillers à suspense.


   

Ce que There will be blood n'est pas, malgré son titre, par ailleurs hautement symbolique lui-aussi. Le cadrage est hiératique, et ajoute au malaise. Anderson s'est débarrassé de toute esbroufe, et pourtant There will be blood est sans doute son film le plus achevé visuellement. Oeuvre de la maturité ou pas, cette réalisation est en tout cas à nouveau très profonde. Si je ne prétendrait pas l'avoir parfaitement comprise, et si son analyse est délicate, le cinéma se vit avant tout, et There will be blood a quelque chose d'un chef-d'oeuvre. Il n'est pas sans défaut c'est certain, mais si sa vision ne m'a pas procuré un plaisir de tous les dieux, quelque chose dans sa finesse me fait éprouver le plus profond respect pour le travail qu'a fourni Paul-Thomas Anderson. Au moins un grand film, et sans doute plus. Si quelque chose peut d'ailleurs être ce plus, ce serait bien le jeu de Paul Dano, et surtout d'un Daniel Day-Lewis habité. A voir.Une chose à ajouter après avoir vu ce film, ce genre d'épopée se fait rare, ces longs films qui plongent le spectateur dans une grande histoire épique et passionante. Car c'est ce qu'est "There Will Be Blood". Epique et passionant. Mysanthrope également, à l'image de son personnage principal, Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis, toujours formidable dans ses rôles), prospecteur à la recherche de l'or noir. Anderson ne tente pas de rendre les réactions humaines droites et justes au possible, ni de faire un portrait positif et fantasmé d'un ou plusieurs personnages.


                

Ici, chaque individu a ses mauvais côtés, plus que des bons. Dans ce film, on plonge dans un monde corrompu ou se mêlent plusieurs thèmes à l'instar de l'argent, la foi, la famille et bien sur le pétrole puisque c'est autour de ce liquide que se focalise l'histoire. Comme le dit Daniel Day-Lewis à un moment: "Plus j'observe l'être humain et moins j'ai envie de l'aimer". C'est exactement ce que ressent le spectateur au fur et à mesure que l'intrigue avance et que les abus de pouvoir, les mensonges et les réactions des protagonistes surviennent. N'empêche qu'avec ce long-métrage, Paul Thomas Anderson confirme qu'il est un grand réalisateur grâce à une mise en scène lèchée et à une réalisation classique mais magnifique. En bon obsédé de la technique, Anderson effectue ici un gros travail que ce soit en terme d'écriture (l'histoire et les dialogues collent parfaitement aux situations) qu'en terme de réal (les plans, le jeu des acteurs, les travellings sont d'excellente facture). "There Will Be Blood" renoue avec ces vieilles épopées américaines que l'on pouvait voir dans les années 50-60-70, ces films qui vous prenaient aux tripes du début à la fin. Patientons maintenant pour voir ce qu'Anderson a préparé avec son "Master".(Allociné)

1 commentaire:

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