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mercredi 29 mars 2017

Les trains de l' épouvante

Le Monstre du train - Encore un slasher des eighties qui sort du lot. Non pas que ce soit un chef d'oeuvre de l'horreur, loin de là, car l'interprétation n'est pas top (mis à part Curtis) et l'ensemble est beaucoup trop prévisible, mais il a le mérite d'être original. Cela en grande partie grâce au lieu où se passe l'action : un train. Sorte de huit clos infernal où se promène un psychopathe assoiffée de sang.... l'idée est super et j'adhère totalement. De plus on a le droit de voir une nouvelle fois Jamie Lee Curtis aux prises avec un tueur psychopathe, chose qu'elle fait à merveille. Après le mythique Michael Myers, c'est à un maniaque qui change régulièrement de costume (ça aussi c'est sympa et d'une incroyable originalité pour le genre) qu'elle doit faire face. Les meurtres sont assez sanglants (décapitation, égorgement, etc) et la présence du magicien David Copperfield font passer la pilule assez bien. Seul le manque de rythme (environ 30 min où il ne se passe rien) handicape un peu le film du débutant Roger Spottiswoode. Pas indispensable mais à voir histoire de mettre à jour votre culture horrifique. Le Monstre du Train est un film qui tente de surfer sur la vague horrifique qui a commencé avec Halloween - La Nuit des Masques, Jamie Lee Curtis, sacrée Scream Queen grâce à ce dernier, y jouera le rôle principal encore une fois merveilleusement bien ce qui n'est pas vraiment le cas pour le reste du casting mis à part pour la présence inattendue de l'étonnant magicien David Copperfield ! Si les quelques longueurs peuvent s'avérer frustrants pour le spectateur qui assistera à un film plutôt avare en meurtres, la découverte du tueur surprenante et l'intense course poursuite finale rattrapent le tout ! Si la mise en scène reste potable, on constate qu'elle a un certain âge, s'en ressent alors un rythme un peu mou avec un ennui qui peut s'installer rapidement si l'on s'attend à un slasher violent et sans temps morts. Malgré cela, les quelques prestations de magie de David Copperfield s'avèrent sympathique à regarder.


   

Dans l'ensemble, on assiste à un film sympathique avec quelques scènes d'angoisses intéressantes, un tueur au déguisement superbe, deux acteurs qui tirent leur épingle du jeu et un twist final jouissif en dépit des quelques longueurs et de la mise en scène ancienne.Film sympathique mais sans plus ! Le seul problème c'est qu'on s'ennuie à certains passages, il y a que la fin qui est réellement agréable pour les slasherophiles. La course poursuite entre Jamie Lee Curtis et le tueur est une réussite, on stresse beaucoup et on s'amuse. C'est vraiment dommage que la première heure (où on s'ennuie) n'est pas aussi efficace que les 20-30 dernières minutes... Bien que ça reste un slasher honorable, il n'égale absolument pas les excellents et cultes : "Massacre à la tronçonneuse", "Halloween", "Vendredi 13", "Les griffes de la nuit"... qui avait marqués leurs époques ! Sinon, l'atmosphère est plutôt bien réussit, un bon point ! Par contre , les acteurs (sauf Jamie Lee Curtis) sont peu crédibles... En bref, un film vraiment pas forcément indispensable mais qui reste à voir au moins une fois pour les fans de slasher !En pleine effervescence du slasher post HALLOWEEN et VENDREDI 13, LE MONSTRE DU TRAIN se pose comme un titre attachant suffisamment muni de bonnes idées pour se hisser au dessus du lot sans pour autant atteindre les sommets du film d'angoisse.





Outre le décor original du train, posant un huis-clos claustrophobique rappellant agréablement une ambiance à la Agatha Christie (LE CRIME DE L'ORIENT EXPRESS), l'histoire propose également un tueur plus malin qu'à l'accoutumé qui profite d'un bal costumé pour endosser les déguisements de ses nombreuses victimes, rendant plus difficile encore son démasquage (à ce titre la révélation finale est assez surprenante et vraiment inattendue). Des petites pointes d'originalités que viennent renforcer quelques meurtres cruels et diversifiés (bien que suggérés pour la plupart) et la présence charismatique de la reine du cri Jamie Lee Curtis qui en impose, encore une fois, en affrontant efficacement un autre psychopathe (après ceux d'HALLOWEEN et du BAL DE L'HORREUR). Le scénario a néanmoins quelques ratés, souffrant d'un certain déjà vu (les motivations du tueur calquées sur d'autres modèles antérieurs), de personnages carricaturaux et de baisses de rythmes flagrantes en milieu de métrage (heureusement les prestations de David Copperfield, même si elles font évidemment bouche-trou, sont agréables à suivre). Néanmoins, LE MONSTRE DU TRAIN demeure un honnête divertissement bourré de charme qui se voit sans déplaisir malgré ses prétentions modestes. Les slasherophiles tout comme les fans de miss Curtis devraient apprécier...(Allociné)






Massacres dans le train fantôme - Tobe Hooper a déjà 37 ans et seulement trois films derrière lui lorsqu’on lui propose de réaliser Massacres dans le train fantôme pour Universal : l’expérimental et confidentiel Eggshells (1970), Le Crocodile de la mort (1977) et surtout Massacre à la tronçonneuse (1974) qui fera sa renommée et contribuera avec quelques autres classiques de l’époque au renouveau du genre horrifique - et ce malgré une interdiction sur de nombreux territoires. Hooper est censé livrer un slasher à la compagnie. Le genre est alors à l’apogée de sa popularité et rapporte généralement bien au box-office. La recette est simple et a déjà prouvé de nombreuses fois qu’elle permettait de rentabiliser au maximum un investissement limité. A titre d’exemple, pour un budget déjà ridicule pour l’époque de 300 027 $, le Halloween (1978) de John Capenter rapporta plus de 47 000 000 $ rien que sur le sol américain. Deux ans plus tard, le Vendredi 13 de Sean S. Cunningham en rapportera près de 40 à la Paramount pour une mise de départ de seulement 550 000 $. Le genre n’inspire pas fort le réalisateur qui accepte cependant, attiré par l’idée de travailler dans l’atmosphère d’une fête foraine d’autant que le budget débloqué s’avère confortable.Le script signé Lawrence « Larry » Block s’écarte pourtant par plusieurs points des codes d’un genre « parfaitement codifié et qui a pour principe de base la rencontre entre un tueur, qui décime un par un les membres d’un petit groupe d’adolescents, et une jeune femme » comme le définit bien Stéphanie Vandevyver dans sa courte mais pertinente étude. En effet, si l'on est bien en présence d’un tueur qui va éliminer un groupe de jeunes venus prendre leur pied en douce dans le train fantôme, Hooper et Block ne font pas du tueur un prédateur iconique à l’image d’un Mike Myers ou d’un Jason Vorhees, pas plus qu’ils ne vont résumer leur film à un banal jeu de massacre ayant pour seul enjeu la surenchère dans l’horreur. A aucun moment leur tueur ne se montre volontairement sadique, pas plus qu’il ne cherche réellement à se venger d’un mal qui lui aurait été fait, pour reprendre la définition du Mad Movies.


   

Le tueur ici ne tue pas pour le plaisir du geste, mais bien sur le coup de la frustration (ou sur ordre de son père). On est loin de l’exécution sommaire de rigueur dans le genre. Il est intéressant ici de se pencher sur le choix de Tobe Hooper de faire arborer à son tueur un masque de la créature de Frankenstein. Si le réalisateur a expliqué en interview que ce choix avait été dicté par le fait que Universal détenait les droits sur le design que Jack P. Pierce avait mis au point pour le film de James Whale, la vision du film suggère que la filiation va bien au-delà d’une simple coïncidence issue d’une histoire de copyright.Il est en effet difficile de ne pas faire de parallèle entre ces deux "monstres" si "humains" et "enfantins", tant leurs réactions peuvent s’apparenter à celles qu’un petit enfant pourrait avoir s’il n’a pas ce qu’il désire (la puissance et la dangerosité en moins). Ce sont tous deux des monstres souffrants, en recherche désespérée d’une certaine affection ou d’une reconnaissance au travers du regard de l’autre, non des prédateurs. Ici comme dans l’œuvre de Mary Shelley, le monstre n’est pas nommé, il demeure anonyme. Tous deux tuent un peu par accident ou en tout cas en réponse à une agression, par manque de maîtrise de soi. Hooper a d’ailleurs beaucoup d’empathie pour son monstre et fait preuve de beaucoup de sensibilité le temps de quelques scènes cruciales.La scène avec Madame Zena (Sylvia Miles) évidemment, mais également celles décrivant les relations d’amour/haine que celui-ci entretient avec un père partagé entre amour filial, qui le poussera envers et contre tout à défendre son fils, et dégoût pour la difformité de celui-ci.




Kevin Conway est remarquable dans le rôle du père...De même, si le masque dans le slasher a pour objet l’inspiration de la terreur par l’identification du tueur, ici, le masque est là pour dissimuler au monde sa condition de monstre (paradoxalement ici sous un masque de monstre), pour approcher un tant soit peu une certaine "normalité" - du moins aux yeux des autres. Le tueur tombera d’ailleurs le masque au moment de commencer le massacre là où, généralement, c’est le contraire. Autre différence, le monstre tue ici essentiellement à mains nues contrairement au slasher classique où il se doit d’utiliser généralement l’arme blanche. Enfin, comme le souligne Stéphanie Vandevyver : « la notion de sexualité est une des composantes majeures du slasher. En effet, plus l’adolescent(e) a une sexualité reconnue plus il/elle a des chances de se faire tuer rapidement. Le tueur et l’héroïne ont quant à eux une sexualité ambiguë, totalement inexistante. » Or force est de constater que cette grille de lecture ne s’applique de nouveau pas tout à fait ici. Amy est tout sauf une ingénue. Si elle est bien présentée comme vierge au début du film, elle laisse sous-entendre qu’elle n’a pas l’intention de le rester. Des deux personnages féminins, elle est la seule à se dénuder. Quant au tueur, si sa sexualité est loin d’être satisfaisante, on ne peut pas dire qu’elle est inexistante. On le voit, le film de Hooper s’éloigne sur un certain nombre de points des canons du genre dont il voudrait se revendiquer, ce qui en fait un slasher un peu à part. Ou pour paraphraser le livret un faux slasher, mais un vrai film de monstre.(http://www.dvdclassik.com/critique/massacres-dans-le-train-fantome-hooper)

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