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vendredi 31 mars 2017

Raindrops keep falling ..

Un amour de pluie est un des films de Romy Schneider que je préfère. Parce que c'est une bouffée d'air frais dans la seconde période de sa filmographie. Entre tous ces drames complexes et exigeants, un amour de pluie peut faire pâle figure et être considéré comme une bluette sans intérêt. Il n'en est rien. C'est un film doux, pleins de grâce et de justesse, de tendresse pour ses personnages. Romy Schneider interprète une femme mariée qui part en vacances avec sa fille et qui tombe sous le charme d'un bel italien incarné par le séduisant et charismatique Nino Castelnuovo. Sa fille connaîtra elle aussi une histoire d'amour, sa première. Jean-Claude Brialy signe un film léger et c'est totalement délibéré de sa part. C'est de cette façon qu'il faut aborder ce film touchant qui nous offre une nouvelle fois une Romy Schneider magnifique et lumineuse et un Nino Castelnuovo séducteur à souhait.S'il est encore possible de tomber amoureux de Romy Schneider, ce film en est la plus parfaite occasion. Jean-Claude Brialy réalise un film simple et frais, d'une grande subtilité. Il filme la plus belle actrice de l'époque avec amour et passion qu'il transmet habilement au spectateur conquis. A voir !Une mère et son adolescente de fille partent se ressourcer à Vittel et en profitent pour se heurter chacune à une idylle. Romy Schneider est magistrale et campe à la perfection une femme de caractère aussi perdue que sarcastique. La scène où elle qualifie Jean Claude Brialy de « Petit Monsieur » est jubilatoire, celle où elle se balade dans sa robe noire, verre à la main montre toute sa grâce. A ses côtés, une jeune actrice un brin bêcheuse et dont l’intrigue est moins convaincante. Il en reste un bon petit moment avec une grande actrice.

               
               


Tourné par Romy, alors en plein divorce -difficile- d’avec son époux, l’acteur et metteur en scène allemand Harry Meyen, le père de David, entre ‘César et Rosalie’ et ‘Le train’, sous la direction de son ami Jean-Claude Brialy, ‘Un amour de pluie’ (1973, 101mn, coécrit par Yves Simon, musique de Francis Lai) fut pour elle un film de vacances, à l‘image du sujet du film : Romy, mariée à Michel Piccoli (qui ne joue pas dans le film, mais qui appelle Romy trois fois au téléphone et que l’on voit quand même sur une photo de famille), est en cure à Vittel avec sa fille ; toutes les deux y tombent amoureuses, Romy du bel italien Nino Castelnuovo (‘Rocco et ses frères’, ‘Les parapluies de Cherbourg’) -de passage lui aussi-, sa fille de Mehdi El Glaoui (le fils de l’ancien Pacha de Marrakech et de Cécile Aubry, devenu une gloire nationale grâce à ‘Poly’ et à ‘Belle et Sébastien’ dans les années 60)...


               

Avec aussi l’excellente Suzanne Flon (la propriétaire pas mal allumée de l‘hôtel, grande admiratrice de Piaf), Philippe Castelli (le réceptionniste pas allumé du tout de l’hôtel), Jean-Claude Brialy (qui fait une très courte apparition en maître d’hôtel dragueur) et un certain Mohammed Boufroura, plus connu sous le nom de Jacques Villeret (22 ans alors et dont c’était la 2° apparition à l’écran). C’est un film de vacances sur les amours de vacances, transitoires par définition. Il n’y a pas vraiment d’histoire au sens strict du terme, mais tout simplement une illustration de ces amours sur fond de ‘dépliant touristique’ pour le Vittel d’alors. Heureusement que Romy est très en beauté (et même un peu dénudée) dans le film et qu’il en émane un très léger parfum de bonheur ; sans quoi ce long-métrage extrêmement léger aurait depuis longtemps été emporté par les vents de l’oubli. Si vous avez envie d’aller faire un petit tour à Vittel dans les bagages de Romy...le père noël a glissé ça dans sa hotte pour moi .ce n 'est pas un grand film , mais il y a quand même des choses intéressantes .un film probablement tourné par une bande de copains .une récréation pour eux et pour romy schneider et jc brialy , si on a en mémoire les autres films de la même époque .le cinéma alors faisait encore rêvé et pas seulement lui .un attention a porter sur les costumes .un peu de tendresse dans ce monde de brutes .(Allociné)


   

Peu fertile dans les années 80, le cinéma de genre français a cependant proposé quelques œuvres allant de l'estimable au remarquable, que ce soit dans le domaine de l'horreur (LE DEMON DANS L'ILE de Francis Leroi, 1982 ; 3615 CODE PERE NOËL de René Manzor, 1989), de l'anticipation (LE DERNIER COMBAT de Luc Besson ; LE PRIX DU DANGER de Yves Boisset, 1983) ou du fantastique (LE PASSAGE de René Manzor, 1986 ; BAXTER de Jérôme Boisvin, 1988). Le film de Joël Santoni est un des très rares exemples de « thriller » tricolore dont une des particularités est d'être interprété par deux acteurs réputés et plutôt habitués au cinéma d'auteur, Nicole Garcia (MON ONCLE D'AMERIQUE d'Alain Resnais, 1980) et Jean-Pierre Bacri (ESCALIER C de Jean-Charles Tacchella, 1985).Quant à Joël Santoni (qui partage des origines "pieds-noirs" avec ses deux interprètes principaux), il n'a signé que quatre films pour le grand écran, MORT UN DIMANCHE DE PLUIE représente son « chant du cygne » puisque que le réalisateur ne se verra plus offrir de propositions autres que télévisuelles, à l'instar de certains de ses talentueux et turbulents confrères (Joël Séria, Serge Leroy, Yves Boisset...) Assez librement adapté d'un court roman noir de la britannique Joan Aiken, MORT UN DIMANCHE DE PLUIE appartient au genre du « thriller domestique », récit à suspense dans lequel une famille (souvent fragilisée de l'intérieur) se retrouve menacée par un danger beaucoup plus grave venu de l'extérieur et qui tente de la détruire. Il est assez étonnant de remarquer que le film de Joël Santoni semble préfigurer la véritable déferlante de « thrillers domestiques » américains qui envahira les écrans dès l'année suivante et dont on peut rappeler quelques titres représentatifs : LIAISON FATALE (Adrian Lyne, 1987), LE BEAU-PERE (Joseph Ruben ,1987), LA MAIN SUR LE BERCEAU (Curtis Hanson, 1992)... La grande force de MORT UN DIMANCHE DE PLUIE est de parvenir, dès sa séquence inaugurale, à instaurer un climat de tension et d'angoisse : sous une pluie battante, un travelling latéral suit la silhouette d'un homme boiteux au visage dissimulé par une capuche et dont une main est remplacée par un crochet ; l'individu est posté derrière la large baie vitrée d'une demeure moderne et observe ses occupants, une mère et sa fille.



   

Ce saisissant incipit permet aux scènes d'exposition qui vont suivre (la présentation d'un couple qui s'aime mais traverse une crise) de dépasser leur statut plutôt banal : nous savons qu'une menace physique plane sur le couple et sur la cellule familiale. Lorsque la menace s'incarne progressivement et insidieusement sous les traits de Bronsky (l'excellent et regretté Jean-Pierre Bisson, tout aussi terrifiant ici que dans son rôle de tueur en série dans LES MOIS D'AVRIL SONT MEURTRIERS de Laurent Heynemann, 1986, décidément...), le film plonge alors dans une atmosphère délétère qui ira s'amplifiant jusqu'au finale. Avant cela, Joël Santoni aura su conférer une identité et une puissance iconique à son long métrage en faisant de la maison d'architecte, où tous les enjeux dramatiques vont se cristalliser, un lieu à la fois symbolique (immense et presque vide, il peut figurer le désert moral que traverse le couple) et purement cinégénique : remarquablement filmé au format 2.35, son espace isole, emprisonne et réduit ses personnages. Le climat mortifère qui se développe presque entièrement en huis-clos est encore accentué par le choix esthétique d'immerger ( !) le récit dans une pluie quasi-incessante qui permet ainsi au film de flirter avec les lisières du fantastique. Cette dimension est également prégnante lors des séquences finales baignant dans l'onirisme (Nicole Garcia traquée et vêtue d'une robe rouge qui étincelle dans la nuit) et le conte de fées ; impossible également de ne pas voir en Bronsky la figure de L'Ogre et en sa femme (la remarquablement abjecte Dominique Lavanant) celle de la Sorcière.


                           

Le dernier tiers du métrage, tout en utilisant de façon très efficace les ressorts et les artifices du « slasher » (une première dans le cinéma français) pour illustrer son récit de vengeance et de folie homicide, n'en perd pas pour autant son sens aigu de la caractérisation. Tous les protagonistes sont en effet parfaitement crédibles et très justement interprétés ce qui évite au film de tomber dans les écueils que son sujet extrême pouvait soulever : le manichéisme ou la caricature. Certes, les « monstres » (le couple Bronsky et leur fillette autiste) agissent de façon ignoble mais ils apparaissent aussi comme des êtres pathétiques, des victimes broyées par une classe dominante, méprisante et sans scrupules que représente le personnage interprété avec justesse par Jean-Pierre Bacri. Si MORT UN DIMANCHE DE PLUIE traite, en filigrane, de plusieurs thèmes passionnants tels que la déshumanisation, la guerre des classes ou l'enfance maltraitée, si sa narration revêt souvent une dimension métaphorique et symbolique, le film de Joël Santoni est avant tout une œuvre stylisée, viscérale, dérangeante (attention à la brève mais traumatisante séquence de la séquestration de Cric) et sans véritable équivalent dans le cinéma français de l'époque. Le film a peut être influencé le thriller américain LA PRISON DE VERRE (Daniel Sackheim, 2001) et a en tout cas fortement inspiré le duo Alexandre Bustillo/ Julien Maury pour leur radical et éprouvant A L'INTERIEUR (2007). Un peu oublié, MORT UN DIMANCHE DE PLUIE est à réévaluer au plus vite !(http://www.sueursfroides.fr/critique/mort-un-dimanche-de-pluie-2618)

Cal Tjader

Cal Tjader (né Callen Radcliffe Tjader Jr.) était un musicien de latin jazz américain né le 16 juillet 1925 à Saint-Louis (Missouri) et décédé le 5 mai 1982 à Manille (Philippines) d'une attaque cardiaque à presque 57 ans. Il jouait du vibraphone mais aussi de la batterie, des percussions et du piano. Il a travaillé avec de nombreux musiciens dont Mongo Santamaria ou Willie Bobo. Sa spécialité était d'associer des percussionnistes afro-cubains et une section de jazz.Cal Tjader, fils d’un producteur, apprend très jeune la danse avant de se tourner vers la musique, et en particulier les percussions. Le jeune Tjader étudie la musique et l'éducation au San Francisco State College avant de collaborer avec son partenaire de chambre dans la Bay Area, Dave Brubeck. Il jouera de la batterie dans le Brubeck Trio entre 1949 et 1951 : plusieurs titres et albums sont enregistrés, puis réédités pour Fantasy Records. Ce qui lui permettra plus tard de signer pour cette maison de disques. À la fin des années 1940, il joue aussi dans quelques groupes californiens. Il travaille ensuite brièvement avec Alvino Rey. Au début des années 1950, il fonde et dirige son propre groupe The Cal Tjader Trio, avec lequel il enregistre son premier album en tant que leader pour Fantasy Records. Il rejoint en 1953 le combo quintet de George Shearing alors qu'il était en pleine réussite, en tant que vibraphoniste et percussionniste jazz.


                  


Ce quintette était appelé "Wrap your troubles in drums" et Cal y jouait aussi de la batterie et des bongos. C'est alors que commence l'histoire d'amour entre Tjader et la musique latine : ce que d'autres appelleront le Latin jazz. Avec Shearing, Cal fait des voyages fréquents à New York et commence à écouter les combo latin jazz de New York de Tito Puente et de Machito.Tjader quitte Shearing en 1954 après une dernière représentation dans un jazz club de San Francisco nommé The Blackhawk. il décide alors de former de nouveau son propre groupe "The Cal Tjader Modern Mambo Quintet" qui reste dans des rythmes latins, mais qui continuait à jouer avec des instruments de jazz normaux. Le groupe enregistre de nombreux albums avec une rapide succession, incluant Mambo With Tjader. Les membres du groupe de cette époque sont : – les frères Manuel et Carlos Duran : piano et contrebasse respectivement ; – Bayardo "Benny" Velarde : timbales, bongos, et congas ; – Edgardo Rosales : congas (Luis Miranda remplacera Rosales après la première année).



                


Tjader enregistre aussi sous des groupes différents quelques straight-ahead jazz albums toujours pour Fantasy Records. Le plus connu de ces groupes éphémères est The Cal Tjader Quartet (composé du bassiste Gene Wright, du batteur Al Torre, et de Vince Guaraldi au piano). Il est considéré alors comme un membre représentatif de la "San Francisco's flourishing 1950s bebop scene". En 1956, Cal Tjader recommande Gus Mancuso à l'attention de Fantasy Records. Pour remercier Cal Tjader, Mancuso enregistrera avec lui deux LP pour ce label Introducing Gus Mancuso en 1956 et Music From New Faces en 1958. Il fera équipe avec le légendaire saxophoniste jazzman Stan Getz en 1958, pour enregistrer et produire un album très bien accueilli : The Cal Tjader-Stan Getz Sextet. En 1959, The Cal Tjader Modern Mambo Quintet ouvre le second Monterey Jazz Festival sous les acclamations du public (NB : Le premier Festival de jazz de Monterey était un échec financier. Tjader est connu pour avoir porté au plus haut les ventes de billet du second festival et pour l'avoir ainsi financièrement sauvé alors qu'il n'avait pas encore démarré). La formation continuera à exister, à enregistrer et à se produire ainsi jusqu'en 1962.


                  

Willy Bobo et Mongo Santamaría rejoignirent finalement le groupe de Tjader en tant qu'accompagnement et Vince Guaraldi devint aussi membre du groupe à certaines occasions en tant que pianiste. Considéré comme le meilleur percussionniste américain pouvant interpréter du latin jazz, Cal Tjader est accompagné dans les années 1950 par Candido, Armando Peraza, Eddie Palmieri (sur lequel il aura une influence majeure), Paul Horn (saxophoniste), Willie Bobo, Stan Getz, Al McKibbon, Johnnie Rae (percussionniste latin) et Tito Puente. La liste des personnes qui enregistre avec lui à cette époque est assez impressionnante. Tjader enregistre une longue série de plus de 20 albums de jazz - en grande partie latins - pour Fantasy du milieu des années 1950 jusqu'à 1962.En 1961, il signe chez Verve Records fondée originellement par Norman Granz mais détenue ensuite par MGM. Cette signature lui offre le luxe de budgets larges, sous la direction de Creed Taylor pour réaliser des albums très différents allant même jusqu'à enregistrer un album avec des rythmes asiatiques. Avec l'aval notamment financier de cette grande maison de disques renommée, il agrandit son domaine stylistique et joue avec des artistes comme Lalo Schifrin, Anita O'Day, Kenny Burrell et Donald Byrd. Les plus grands écarts de styles du son Latin jazz qui caractérisent la musique de Cal sont les albums Several Shades of Jade (1963) et Breeze From the East (1963). En 1965, Tjader obtient un succès public et financier avec "Soul Sauce" qui rentrera brièvement dans le Top 40 charts (il s'agit d'une nouvelle version de "Guacha Cuaro" de Dizzy Gillespie et Chano Pozo, que Tjader avait déjà enregistré pour Fantasy et réenregistrée en 1964).


               


L'album se vend à plus de 100 000 copies et rend populaire le terme Salsa en proposant une musique latine dansante. En 1966, Cal Tjader retrouve le New-Yorkais Eddie Palmieri pour produire et enregistrer El Sonido Nuevo (The New Sound). Un LP similaire sera enregistré pour le label Tico Records avec lequel Eddie Palmieri est sous contrat, et intitulé Bamboleate. Le duo offre dans cet album un son plus noir, voir sinistre (NB : On parlera plus tard d'acid jazz).En 1969, Tjader avec le guitariste Gábor Szabó et Gary McFarland, joueront un rôle clé pour fonder l'éphémère label Skye Records. Le travail de Tjader de cette époque est caractérisé par une note groovie, basé sur un son funk. Les albums Solar Heat (1968) and Tjader Plugs In (1968-69) sont précurseurs de l'acid jazz. Les années 1960 sont dans la carrière de Tjader's sa période la plus prolifique. Durant les années " Verve ", Cal Tjader travaille avec Donald Byrd, Lalo Schifrin, Anita O'Day, Willie Bobo, Armando Peraza, un jeune passionné : Chick Corea, Clare Fischer, Jimmy Heath, Kenny Burrell, et d'autres…Cal Tjader, comme beaucoup d'artiste de jazz à cette époque, souffre durant les années 1970 de la montée en puissance du rock and roll. Pour rester dans le "Coup", Tjader ajoute des instruments électroniques à sa formation et commence à employer des sons rock beats sur ses arrangements.


                  

Il revient alors chez Fantasy Records en 1970, maison de disques importante avec laquelle il va enregistrer ce qui restera peut-être comme un de ses meilleurs disques, Tambu (1973). Enregistré dans de très bonnes conditions et en collaboration avec un des meilleurs guitaristes acoustique, Charlie Byrd, parfois surnommé l’ambassadeur de la musique brésilienne aux États-Unis mais cette fois-ci, exceptionnellement, il y joue de la guitare électrique. À noter aussi son extraordinaire live performance sur le disque en public Puttin’ It Together de 1975. Son album le plus salué par la critique Amazonas, (1975) est produit par Airto. C'est pendant cette période que Tjader découvre et se lie d'amitié avec le jeune joueur de congas (=conguero) Poncho Sanchez. Sanchez parlera plus tard de Cal Tjader comme son « père musical et spirituel ». En 1976, Tjader enregistre plusieurs performances live shows à Grace Cathedral (San Francisco). Comme au Monterey Jazz Festival show, il y joue un mix de standards de jazz et des arrangements Latin. Ensuite, il part en tournée au Japon avec le saxophoniste Art Pepper qui en a terminé avec ses déboires entre l'alcool, la drogue et la prison. Plusieurs représentations sont couronnées de succès avec un retour en grâce du jazz à cette période.Il signe avec Concord Picante en 1979, et son album premier album chez eux "La Onda Va Bien" (littéralement "The Good Life" ou "La belle Vie") a été couronné par un Grammy award en 1979.



                



Cal Tjader est devenu alors indubitablement le plus "fameux" leader non latin des Latin jazz bands : une distinction extraordinaire. Pour la petite histoire, Carl Jefferson, président de Concord Records, dira qu'il a créé un label subsidiaire appelé Concord Picante pour le marché du Latin jazz. En réalité, il n'en est rien : Jefferson formera ce label spécifiquement pour promouvoir et distribuer le travail de Cal Tjader, qu'il venait juste de signer. Cette période est marquée par l'abandon des sons d'instruments électroniques et rock backbeats pour revenir à un son plus classique qui a fait son succès. Il construit alors un nouveau combo de jeunes musiciens talentueux (probablement son meilleur groupe depuis The Modern Mambo Quintet de la fin des années 1950, avec • Mark Levine : piano, • Roger Glenn : flûte, • Vince Lateano : batterie, • Robb Fisher : basse, • Poncho Sanchez : congas. Pour avoir été un grand musicien de scène, Cal Tjader est né en tournée, sa carrière prendra fin en tournée. Sur la route avec son groupe, alors qu'il se rend à Manille, il fait une attaque cardiaque et décède le 5 mai 1982.Aux côtés de Lionel Hampton et de Milt Jackson, beaucoup de vibraphonistes aujourd'hui revendiquent Tjader comme influence déterminante de leur carrière, notamment Dave Pike, Spyro Gyra's Dave Samuels, et Ruben Estrada.


                  


Ses nombreux enregistrements pour Fantasy et Verve et une longue présence dans la Francisco Bay area eurent une profonde influence sur Carlos Santana et sur le Latin rock en général. On reconnaît également à Cal Tjader la paternité de l’acid jazz et la co-fondation du label Skye Records avec ses amis Gábor Szabó et Gary McFarland. De nombreux albums ont été réédités, notamment chez Verve. La discographie actuelle disponible en CD de Cal Tjader comprend 98 CD publiés ou réédités entre 1989 et 2008. Ils témoignent de l'importance de Cal Tjader pour la musique latine et le jazz qui le considère comme l'un des plus grands vibraphonistes du xxe siècle. Des années 1950 jusqu'à sa mort, il fut et demeure quasiment le maillon central entre les deux mondes du Latin Jazz et du bop; son génie, sa rythmique et sa façon de jouer du vibraphone lui permirent de maîtriser ces deux styles. Concord, sa dernière maison de disques a édité en 2004 l'album “The Best of the Concord Years, 1979-1982,” une compilation de ses derniers enregistrements. La Los Angeles Jazz Society1 a honoré par 3 fois Cal Tjader en 1995, en 1995 avec The Estrada Brothers et en 1996.(Wiki)

mercredi 29 mars 2017

Les trains de l' épouvante

Le Monstre du train - Encore un slasher des eighties qui sort du lot. Non pas que ce soit un chef d'oeuvre de l'horreur, loin de là, car l'interprétation n'est pas top (mis à part Curtis) et l'ensemble est beaucoup trop prévisible, mais il a le mérite d'être original. Cela en grande partie grâce au lieu où se passe l'action : un train. Sorte de huit clos infernal où se promène un psychopathe assoiffée de sang.... l'idée est super et j'adhère totalement. De plus on a le droit de voir une nouvelle fois Jamie Lee Curtis aux prises avec un tueur psychopathe, chose qu'elle fait à merveille. Après le mythique Michael Myers, c'est à un maniaque qui change régulièrement de costume (ça aussi c'est sympa et d'une incroyable originalité pour le genre) qu'elle doit faire face. Les meurtres sont assez sanglants (décapitation, égorgement, etc) et la présence du magicien David Copperfield font passer la pilule assez bien. Seul le manque de rythme (environ 30 min où il ne se passe rien) handicape un peu le film du débutant Roger Spottiswoode. Pas indispensable mais à voir histoire de mettre à jour votre culture horrifique. Le Monstre du Train est un film qui tente de surfer sur la vague horrifique qui a commencé avec Halloween - La Nuit des Masques, Jamie Lee Curtis, sacrée Scream Queen grâce à ce dernier, y jouera le rôle principal encore une fois merveilleusement bien ce qui n'est pas vraiment le cas pour le reste du casting mis à part pour la présence inattendue de l'étonnant magicien David Copperfield ! Si les quelques longueurs peuvent s'avérer frustrants pour le spectateur qui assistera à un film plutôt avare en meurtres, la découverte du tueur surprenante et l'intense course poursuite finale rattrapent le tout ! Si la mise en scène reste potable, on constate qu'elle a un certain âge, s'en ressent alors un rythme un peu mou avec un ennui qui peut s'installer rapidement si l'on s'attend à un slasher violent et sans temps morts. Malgré cela, les quelques prestations de magie de David Copperfield s'avèrent sympathique à regarder.


   

Dans l'ensemble, on assiste à un film sympathique avec quelques scènes d'angoisses intéressantes, un tueur au déguisement superbe, deux acteurs qui tirent leur épingle du jeu et un twist final jouissif en dépit des quelques longueurs et de la mise en scène ancienne.Film sympathique mais sans plus ! Le seul problème c'est qu'on s'ennuie à certains passages, il y a que la fin qui est réellement agréable pour les slasherophiles. La course poursuite entre Jamie Lee Curtis et le tueur est une réussite, on stresse beaucoup et on s'amuse. C'est vraiment dommage que la première heure (où on s'ennuie) n'est pas aussi efficace que les 20-30 dernières minutes... Bien que ça reste un slasher honorable, il n'égale absolument pas les excellents et cultes : "Massacre à la tronçonneuse", "Halloween", "Vendredi 13", "Les griffes de la nuit"... qui avait marqués leurs époques ! Sinon, l'atmosphère est plutôt bien réussit, un bon point ! Par contre , les acteurs (sauf Jamie Lee Curtis) sont peu crédibles... En bref, un film vraiment pas forcément indispensable mais qui reste à voir au moins une fois pour les fans de slasher !En pleine effervescence du slasher post HALLOWEEN et VENDREDI 13, LE MONSTRE DU TRAIN se pose comme un titre attachant suffisamment muni de bonnes idées pour se hisser au dessus du lot sans pour autant atteindre les sommets du film d'angoisse.





Outre le décor original du train, posant un huis-clos claustrophobique rappellant agréablement une ambiance à la Agatha Christie (LE CRIME DE L'ORIENT EXPRESS), l'histoire propose également un tueur plus malin qu'à l'accoutumé qui profite d'un bal costumé pour endosser les déguisements de ses nombreuses victimes, rendant plus difficile encore son démasquage (à ce titre la révélation finale est assez surprenante et vraiment inattendue). Des petites pointes d'originalités que viennent renforcer quelques meurtres cruels et diversifiés (bien que suggérés pour la plupart) et la présence charismatique de la reine du cri Jamie Lee Curtis qui en impose, encore une fois, en affrontant efficacement un autre psychopathe (après ceux d'HALLOWEEN et du BAL DE L'HORREUR). Le scénario a néanmoins quelques ratés, souffrant d'un certain déjà vu (les motivations du tueur calquées sur d'autres modèles antérieurs), de personnages carricaturaux et de baisses de rythmes flagrantes en milieu de métrage (heureusement les prestations de David Copperfield, même si elles font évidemment bouche-trou, sont agréables à suivre). Néanmoins, LE MONSTRE DU TRAIN demeure un honnête divertissement bourré de charme qui se voit sans déplaisir malgré ses prétentions modestes. Les slasherophiles tout comme les fans de miss Curtis devraient apprécier...(Allociné)






Massacres dans le train fantôme - Tobe Hooper a déjà 37 ans et seulement trois films derrière lui lorsqu’on lui propose de réaliser Massacres dans le train fantôme pour Universal : l’expérimental et confidentiel Eggshells (1970), Le Crocodile de la mort (1977) et surtout Massacre à la tronçonneuse (1974) qui fera sa renommée et contribuera avec quelques autres classiques de l’époque au renouveau du genre horrifique - et ce malgré une interdiction sur de nombreux territoires. Hooper est censé livrer un slasher à la compagnie. Le genre est alors à l’apogée de sa popularité et rapporte généralement bien au box-office. La recette est simple et a déjà prouvé de nombreuses fois qu’elle permettait de rentabiliser au maximum un investissement limité. A titre d’exemple, pour un budget déjà ridicule pour l’époque de 300 027 $, le Halloween (1978) de John Capenter rapporta plus de 47 000 000 $ rien que sur le sol américain. Deux ans plus tard, le Vendredi 13 de Sean S. Cunningham en rapportera près de 40 à la Paramount pour une mise de départ de seulement 550 000 $. Le genre n’inspire pas fort le réalisateur qui accepte cependant, attiré par l’idée de travailler dans l’atmosphère d’une fête foraine d’autant que le budget débloqué s’avère confortable.Le script signé Lawrence « Larry » Block s’écarte pourtant par plusieurs points des codes d’un genre « parfaitement codifié et qui a pour principe de base la rencontre entre un tueur, qui décime un par un les membres d’un petit groupe d’adolescents, et une jeune femme » comme le définit bien Stéphanie Vandevyver dans sa courte mais pertinente étude. En effet, si l'on est bien en présence d’un tueur qui va éliminer un groupe de jeunes venus prendre leur pied en douce dans le train fantôme, Hooper et Block ne font pas du tueur un prédateur iconique à l’image d’un Mike Myers ou d’un Jason Vorhees, pas plus qu’ils ne vont résumer leur film à un banal jeu de massacre ayant pour seul enjeu la surenchère dans l’horreur. A aucun moment leur tueur ne se montre volontairement sadique, pas plus qu’il ne cherche réellement à se venger d’un mal qui lui aurait été fait, pour reprendre la définition du Mad Movies.


   

Le tueur ici ne tue pas pour le plaisir du geste, mais bien sur le coup de la frustration (ou sur ordre de son père). On est loin de l’exécution sommaire de rigueur dans le genre. Il est intéressant ici de se pencher sur le choix de Tobe Hooper de faire arborer à son tueur un masque de la créature de Frankenstein. Si le réalisateur a expliqué en interview que ce choix avait été dicté par le fait que Universal détenait les droits sur le design que Jack P. Pierce avait mis au point pour le film de James Whale, la vision du film suggère que la filiation va bien au-delà d’une simple coïncidence issue d’une histoire de copyright.Il est en effet difficile de ne pas faire de parallèle entre ces deux "monstres" si "humains" et "enfantins", tant leurs réactions peuvent s’apparenter à celles qu’un petit enfant pourrait avoir s’il n’a pas ce qu’il désire (la puissance et la dangerosité en moins). Ce sont tous deux des monstres souffrants, en recherche désespérée d’une certaine affection ou d’une reconnaissance au travers du regard de l’autre, non des prédateurs. Ici comme dans l’œuvre de Mary Shelley, le monstre n’est pas nommé, il demeure anonyme. Tous deux tuent un peu par accident ou en tout cas en réponse à une agression, par manque de maîtrise de soi. Hooper a d’ailleurs beaucoup d’empathie pour son monstre et fait preuve de beaucoup de sensibilité le temps de quelques scènes cruciales.La scène avec Madame Zena (Sylvia Miles) évidemment, mais également celles décrivant les relations d’amour/haine que celui-ci entretient avec un père partagé entre amour filial, qui le poussera envers et contre tout à défendre son fils, et dégoût pour la difformité de celui-ci.




Kevin Conway est remarquable dans le rôle du père...De même, si le masque dans le slasher a pour objet l’inspiration de la terreur par l’identification du tueur, ici, le masque est là pour dissimuler au monde sa condition de monstre (paradoxalement ici sous un masque de monstre), pour approcher un tant soit peu une certaine "normalité" - du moins aux yeux des autres. Le tueur tombera d’ailleurs le masque au moment de commencer le massacre là où, généralement, c’est le contraire. Autre différence, le monstre tue ici essentiellement à mains nues contrairement au slasher classique où il se doit d’utiliser généralement l’arme blanche. Enfin, comme le souligne Stéphanie Vandevyver : « la notion de sexualité est une des composantes majeures du slasher. En effet, plus l’adolescent(e) a une sexualité reconnue plus il/elle a des chances de se faire tuer rapidement. Le tueur et l’héroïne ont quant à eux une sexualité ambiguë, totalement inexistante. » Or force est de constater que cette grille de lecture ne s’applique de nouveau pas tout à fait ici. Amy est tout sauf une ingénue. Si elle est bien présentée comme vierge au début du film, elle laisse sous-entendre qu’elle n’a pas l’intention de le rester. Des deux personnages féminins, elle est la seule à se dénuder. Quant au tueur, si sa sexualité est loin d’être satisfaisante, on ne peut pas dire qu’elle est inexistante. On le voit, le film de Hooper s’éloigne sur un certain nombre de points des canons du genre dont il voudrait se revendiquer, ce qui en fait un slasher un peu à part. Ou pour paraphraser le livret un faux slasher, mais un vrai film de monstre.(http://www.dvdclassik.com/critique/massacres-dans-le-train-fantome-hooper)

Cinématomic

En 1938, Fritz Lang écrivit un scénario intitulé Hommes sans patrie où il était question d'espions allemands, de savants et d'armes secrètes à la puissance terrifiante. Le ton est y était nerveux, invraisemblable et rythmé, dans l'esprit de ses serials muets. Prévu pour être tourné chez Paramount, le projet capota pour raison(s) inconnue(s). Nulle doute que quand le cinéaste se lança dans Cape et poignard, il garda en tête ce précédent scénario qui en reproduit les grandes lignes. Mais entretemps, il y a eu Pearl Harbor, des millions de morts, les camps de concentration et évidement Hiroshima et Nagasaki. L'approche ne pouvait plus posséder la naïveté et la dimension pulp d'avant-guerre. Elle devait s'ancrer dans une époque qui annonçait les prémices de la guerre froide. C'est cette noirceur qui étonne le plus dans ce film peu connu et pas toujours apprécié dans la carrière du cinéaste. On peut pourtant estimer qu'il s'agit de l'un de ses meilleurs films, bien plus personnel et atypique qu'il n'y paraît.Loin des films de guerre propagandistes de cette période, Cape et poignard ne possède rien d'héroïque, de romanesque, d'exaltant ou de patriotique. Sur un canevas assez proche, on est par exemple dans l'antithèse total du trépidant Sabotage à Berlin de Raoul Walsh et ses rebondissements en pagaille. Ce registre grave est annoncé dès les premières minutes lors de la présentation du personnage interprété par Gary Cooper, un scientifique écœuré par les directions prises par son activité, dont le financement privilégie désormais la destruction et les armes de guerre plutôt que le progrès comme la guérison du cancer et de la tuberculose. Il va pourtant être forcé de s'engager dans le conflit. L'originalité du récit - et de l'approche de Fritz Lang - est de ne pas s'écarter de la nature du personnage, un homme qui ne connaît de la guerre que ses jeux d'enfants de huit ans. On ne devrait donc pas être surpris par son incompétence qui le fait se trahir immédiatement aux yeux des espions nazis, lui font commettre plusieurs bévues et qui ne parvient pas à sauver les personnages auxquels il tient.


   


Il n'est guère plus surprenant de le voir essayer de menacer maladroitement un sbire en imitant George Raft manipulant une lourde pièce de monnaie dans Scarface (autre souvenir de son enfance ?). Quand il se retrouve livré à lui-même, il ne peut d'ailleurs s'empêcher d'écrire des équations mathématiques. Difficile de faire plus anti-héros.La confrontation avec la dure réalité du conflit sera donc cruelle, violente et pleine de désillusions. Et c'est bien là que réside la qualité du scénario qui parvient à régulièrement placer le spectateur sur un terrain a priori connu et balisé pour mieux retourner les stéréotypes, en particulier l'atmosphère paranoïaque de la première partie dans laquelle l’utilisation de miroirs (et du double jeu) se révèle une fausse piste. Le meilleur exemple est tout ce qui tourne autour d'un simple chat quand Cooper doit se cacher dans l’appartement de Lilli Palmer. Ce félin apparaît initialement au début de la séquence comme deux yeux menaçants dans l'obscurité, laissant croire à une espion.Plus tard, il permettra à Cooper de mieux saisir le quotidien des civils en temps de guerre où, contrairement aux Etats-Unis, on ne peut nourrir les animaux de compagnie qui finissent plutôt dans les assiettes des enfants affamés.




Enfin, ce même chat sera à la base d'une péripétie qui donnera une raison à Cooper et à sa partenaire de devoir prendre la fuite puisqu'ils viennent d'être repérés par un voisins. A l'inverse de quantité de films du même genre, le scénario et la réalisation ne laissent pas de place aux hasards accommodants, aux twists arrangeants ou aux péripéties improbables. La rigueur et la logique demeurent implacables, d'où ce fatalisme présent dans les meilleures œuvres du cinéaste. L'échec et sa culpabilité sont souvent les moteurs dramatiques de nombreuses scènes où l'amertume demeure inéluctable. Avec son économie de moyens habituel, Fritz Lang transcende le film d'espionnage (dont le titre renvoie au genre même) avec une fluidité et une sécheresse qui donnent toute la mesure de la difficulté à accomplir cette périlleuse mission. Le point d'orgue demeure un combat d'anthologie entre Cooper et un Allemand dans un hall d'immeuble, couvert par une chanson populaire qui se joue dans la rue. Un affrontement muet, violent, sec, tendu, au découpage d'une modernité époustouflante (et dont le dénouement avec un ballon est une auto-citation ironique à M le maudit).(http://www.dvdclassik.com/critique/cape-et-poignard-lang)




Les Maîtres de l'ombre - Ce qu’il manque à ce film c’est une dimension politique. C’est à dire le moment où à la Maison Blanche sous le président Roosevelt a été prise la décision de faire la course à l’arme nucléaire avec l’Allemagne de Hitler. Puis au long du film l’impatience qui a bien du les tarauder au début de l’année 1944 (pour s’éviter un débarquement), puis en décembre 1944 quand l’armée allemande faisait une redoutable contre offensive dans les Ardennes. Mais ceci dit le film est très intéressant. Il embrasse plusieurs aspects de cette terrible invention. Par exemple la perception de délais très très courts (19 mois) en partant de rien et tout inventer avec les problèmes en avalanche que déclenche chaque avancée. Ou encore les soucis éthiques que suscite en chaque savant la création de cette bombe infernale. Sans parler de la paranoïa militaire qui brime les uns et les autres contraints au silence, et s’ils parlent aux écoutes, et s’ils écrivent à la censure. La bonne surprise du film est la prestation très convaincante de Dwight Schultz, acteur plutôt spécialisé dans les séries télévisées ou des téléfilms et qui aujourd’hui vend sa voix aux jeux vidéo. Il est d’une crédibilité qui m’a surpris. Je ne pensais pas cet acteur à ce niveau. Ce qui fait qu’il tient bien le coup face à Paul Newman avec lequel il a de nombreuses scènes. rueducine.com-les-maitres-de-l-ombre-photo. Paul Newman est un peu maigrichon par rapport au véritable général Groves mais il sert à merveille ce personnage rigide, et qui a tendance à prendre sa mission pour un accomplissement divin. Il est étonnant d’entendre ses paroles à connotation religieuses pour inciter les savants à créer ce qui détruit l’image de Dieu : l’homme. C’est le personnage de John Cusack qui est le moins bien dessiné, il est la caution morale du film mais le film aurait très bien pu s’en passer ainsi que de la bluette avec l’infirmière.


    
La réalisation de Roland Joffé ne manque pas de souffle. La photographie est superbe. Sur la fin du film la scène de la réunion qui avalise le tir de la bombe manque de clarté. Car des personnages prennent la parole sans que l’on sache qui il est et ce qu’il représente. Roland Joffé a de nouveau fait appel, après « Mission » (1985) au maestro Ennio Morricone qui trouvent quelques superbes mélodies. Il n’atteint pas cependant le niveau du film précédemment cité.Je n'avais jamais entendu parler de ce film avant qu'il ne le passe à la télévision il y a quelques semaines et c'est bien dommage car "Les Maîtres de l'ombre" est un très bon film sur la création des bombes atomiques qui ont anéanti Hiroshima et Nagasaki. Un film historique plaisant à la réalisation quelque peu impersonnelle de Roland Joffé mais parfaitement interprété par un gallerie d'acteurs saisissants, Dwight Schultz en tête, ce qui est d'autant plus étonnant qu'il était surtout connu pour interprété Looping dans la série "L'Agence tous risques". Du cinéma intelligent et intéressant, que demander de plus? (http://www.rueducine.com/maitres-lombre-les-1989/)

lundi 27 mars 2017

Philippe Adler


Si le grand public ne le connaissait pas forcément, le milieu professionnel lui, en revanche, le connaissait bien. Philippe Adler a notamment été chroniqueur musical, spécialisé dans l'univers du jazz (il présentait la soirée événementielle Les Nuits du Jazz à Nantes) et a collaboré pour des médias comme RTL, Jazz Magazine ou Rock & Folk. La musique, il l'a aussi abordée via l'écriture de textes de chansons et on lui doit par exemple Papa Tango Charlie pour Mort Shuman et le tube culte Destinée chanté par Guy Marchand (popularisé grâce au film Le Père Noël est une ordure).L'un des meilleurs spécialiste de jazz en France, présente, pour la 12e année consécutive, les Nuits du Jazz à la Cité des Congrès. Il a répondu à nos questions. Presse Océan : Philippe, comment se porte le jazz en France aujourd’hui ? Philippe Adler : « Le jazz se porte bien. Les festivals font un carton dans tout l'hexagone, les tournées affichent souvent complet, les clubs fonctionnent et surtout des générations entières de jeunes talents se lèvent aux quatre coins de la planète pour y faire souffler des vents nouveaux. « Malheureusement, cette musique manque de visibilité. Il n'y a plus personne pour proclamer l'évidence artistique de cet art majeur. J'ai eu le plaisir et l'honneur de pouvoir présenter pendant 17 ans l'émission "Jazz 6" sur M6.


                 

Ce fut alors une vraie vitrine pour le jazz et ses artistes. Depuis son arrêt, en 2003, personne n'a pris le relais. Les grands média se taisent et c'est un vrai scandale. L'émission a été enterrée avec moi ! D'accord, c'est flatteur pour mon ego mais franchement, j'aurais préféré la voir continuer. « J'avais suggéré des pistes, des noms. En vain. Pourquoi une autre chaîne n'a-t-elle pas alors relevé le défi ? Et que fait le service public ? A part être aux abonnés absents ! ». Quelles en sont les valeurs sûres aujourd’hui ? « Comme cela, très vite et sans reprendre mon souffle (rires). Le pianiste Martial Solal, le violoniste Didier Lockwood, l'accordéoniste Richard Galliano, le trompettiste Eric Truffaz, le saxophoniste Daniel Huck, le batteur André Ceccarelli, le bassiste Henri Texier, le guitariste Birelli Lagrène et parmi les "Jeunes Turcs" des gens comme Laurent de Wilde, Géraldine Laurent, Stéphane Huchard, Baptiste Trottignon, Jean-Michel Pilc, les frères Moutin, Manuel Rocheman, Nguyen Le, Fabien Mary, les frères Belmondo et d'autres encore ! ». Que représentent pour vous les Nuits du jazz, dont vous assurez la présentation depuis leur création, il y a 12 ans ? « J'adore cette manifestation ! Jean-Philippe Vidal a eu une idée de génie : reconstituer la grande époque des clubs américains, celle où l'on dinait en musique, et quelle musique (Duke Ellington! Count Basie! Cab Calloway !). Et, pour remplir sa salle, il a su convaincre les grandes entreprises de la région nantaise d'inviter leurs meilleurs clients. Ce type est génial. Ou, plus précisément. pénible comme le sont les génies ! Sur scène, l'on s'envoie des vannes "graves" mais l'on s'adore. Sinon, il y a longtemps que, l'un comme l'autre, nous aurions "changé de monture" ! ».


                 

Pouvez-vous nous dire quelques mots du programme de cette 12e édition ? « En plus de ses qualités de musicien et d'orchestrateur, Jean-Philippe est un vrai découvreur de talents. Il a le chic pour dénicher avant tout le monde des artistes "encore inconnus en France" mais qui sont toujours de spectaculaires entertainers, des pros qui savent assurer le show. Vendredi et samedi, ce sera le frisson glamour avec Camilla Formica, une chouette petite séquence chanson française avec la belle Veronika Rodriguez - une voix exceptionnelle, méconnue à Paris, adulée à New-York et à Tokyo - en duo avec Arnaud Guille qui me semble avoir bien du talent et puis du Rhythm'n'Blues torride avec Sax Gordon, un saxophoniste ténor américain qui me semble avoir écouté tous les grands ténors "velus" de l'histoire du jazz. Big Dez, je l’ai simplement découvert hier et le spectacle a été au rendez-vous. Vous ne serez pas déçu, croyez-moi ». Et connaissiez-vous ce jeune pinaiste Greg Evain ? « Bonne question. C'est Jean-Philippe qui me l'a fait découvrir. Greg n'a même pas vingt ans, il m'a l'air de swinguer comme une montagne, il connaît l'hstoire du jazz, joue du piano comme un fou, chante bien, est mignon. C'est typiquement le genre d'artiste que l'on devrait voir à la télé. J'espère sincèrement que ce sera pour très bientôt ». Propos recueillis par Philippe Corbou(http://www.nantes.maville.com/sortir/infos_-Philippe-Adler-Le-jazz-manque-trop-de-visibilite_29-2030375_actu.Htm)

dimanche 26 mars 2017

Dave Pike

David Samuel –Dave– Pike naît à Detroit, dans le Michigan, le 23 octobre 1938. Il commence à 8 ans l'étude de la batterie, mais lui préfère bientôt le vibraphone et le marimba. Il travaille ces instruments en autodidacte, et suit les modèles que sont Lionel Hampton et Milt Jackson. Il a 16 ans en 1954 lorsque sa famille s'installe à Los Angeles. Il débute immédiatement sur la scène californienne avec Curtis Counce, Harold Land, Carl Perkins, Elmo Hope, Dexter Gordon et Paul Bley présent quelque temps sur la Côte Ouest. Même s'il joue beaucoup en Californie, Dave Pike part en 1960 vers New York, où il ajoute l'amplification à son vibraphone, et il intègre pour plusieurs années le groupe d'Herbie Mann. Il s'ouvre durant cette période à la musique latine. Il enregistre plusieurs disques sous son nom tout en continuant à enregistrer avec Herbie Mann. En 1966, il enregistre un disque personnel qui va changer son parcours pour quelques années.




The Doors of Perception est un album qui flirte avec plusieurs musiques, le free jazz, le rock psychédélique et l'expérimentation. Evoquant le livre d'Aldous Huxley qui rapporte des expériences avec des psychotropes, la musique perturbe beaucoup Atlantic qui dépose les bandes sur ses étagères et finit par sortir le disque sur son label Vortex en 1970. Mais Dave Pike n'est plus aux Etats-Unis. En 1968, il est parti pour l'Europe où il pense que sa musique peut être mieux comprise. Il signe alors avec le label MPS avec lequel il enregistre six disques en quatre ans. Après quatre ans passé en Europe où il joue avec le big band de Francy Boland et Kenny Clarke et mêne une carrière où se mêle mélodie et expérimentation, Dave Pike rentre aux Etats-Unis. Sa carrière désormais connaît des hauts et des bas.



Il signe pour six albums avec Muse Records, mais la maladie ne lui permet d'en donner que quatre. Après quelques albums supplémentaires, il quitte définitivement la scène en 2010. Gros fumeur depuis son adolescence, il souffre alors d'emphysème, et il décède le 3 octobre 2015 à Del Mar dans une Californie qu'il n'a quittée que par intermittence. Longtemps partenaire du flûtiste Herbie Mann, Dave Pike avait également joué avec Bill Evans, Paul Bley, Kenny Clarke. Issu du bebop, il avait exploré différentes voies du jazz, se liant aussi bien avec la musique latine qu'avec l'avant-garde. En effet, son album, The Doors of Perception, enregistré en 1966, retraçait en musique les expériences décrites par Aldous Huxley dans son livre éponyme. Conservé sur les étagères d'Atlantic pendant plusieurs années avant de sortir sur le label Vortex, ce disque précipita le départ pour l'Europe du vibraphoniste. Il signe ALORS chez MPS et poursuit en Europe une carrière très ouverte, du free jazz à la world music. Rentré aux Etats-Unis, il reprend une carrière que la maladie interrompt en 2010, avant son décès le 3 octobre 2015.(http://www.jazzhot.net/PBEvents.asp?ItmID=30868)

samedi 25 mars 2017

Slasher Party

Au début des années ’80, la vague du slasher déferle sur les grands écrans, suite au succès de Halloween et Vendredi 13. L’autre mode du moment, le disco, vit, pour sa part, ses derniers instants de flamboyance mais attire encore suffisamment les foules pour que de rusés producteurs continuent de s’y intéresser. Persuadés que l’équation « slasher plus disco » peut donner un hit du box office, les producteurs Richard et Peter Simpson mettent sur pied ce Bal de l’horreur recyclant tous les conventions du genre établies par John Carpenter deux ans auparavant. Heureusement, ils réussissent à convaincre Jamie Lee Curtis, promue « scream queen », de figurer en tête d’affiche. L’actrice, après son triomphe dans Halloween, capitalise sur sa récente notoriété et accepte la proposition. Tourné pour un budget serré (on parle d’un million de dollars) durant l’été 1979, Le Bal de l’horreur fonctionne joliment au box office et rapporte quinze fois sa mise. Une bonne opération. L’intrigue, elle, se montre très classique et débute en 1974, alors qu’une poignée de gamins jouent, dans un grand bâtiment abandonné, à effrayer une de leur camarade, Robin Hammond, âgée de dix ans. La petite fille, terrifiée et ne trouvant aucune échappatoire, choisit de se défenestrer pour leur échapper. Robin se tue et les autres enfants promettent de garder le silence sur les événements. Six ans plus tard, les gamins, ayant grandis, s’apprêtent à se rendre au traditionnel bal de fin d’étude. Mais un mystérieux assassin, le visage dissimulé derrière une cagoule noire, les supprime un par un… Aujourd’hui auréolé d’une petite réputation de « classique kitsch », Le Bal de l’horreur reste un slasher routinier qui se contente d’égrener, déjà, tous les clichés du genre sans la moindre imagination. Nous suivons ainsi les démêlées sentimentales d’une poignée de teenagers uniquement préoccupés par leur bal de promotion et la perspective de devenir les rois et reines de la soirée.


   

Les rivalités amoureuses et les questions existentielles (« dois je coucher avec lui ou pas ? » « quelle robe va m’avantager ? ») occupent, pratiquement à elles seules, la première heure du métrage durant laquelle il ne se passe, objectivement, strictement rien ! Le cinéaste se contente, en effet, de meubler le temps de projection en pointant quelques suspects (un voyeur, un type condamné pour faits de mœurs…rien de neuf !) avant l’attendu bal au cours duquel le tueur va, enfin, frapper. Visiblement influencé par le climax de Carrie, Paul Lynch propose alors un petit carnage mollasson entrecoupé de pénibles numéros « disco » destinés à démontrer les talents de danseur des acteurs. Les crimes, peu nombreux, s’avèrent pour leur part complètement routiniers et trop timorés pour convaincre même si la décapitation de David Mucci reste sympathique et bien amenée. Outre une Jamie Lee Curtis hébétée et visiblement peu intéressée par son jeu, le casting met en vedette le quinquagénaire Leslie Nielsen, ex jeune premier de Planète interdite à l’époque condamné à la série B (Day of the animals) et, surtout, aux séries télévisées. Il revint juste après sur le devant de la scène via Creepshow et Y a-t-il un pilote dans l’avion? avant d’acquérir une énorme popularité via des kilos de parodies plus ou moins inspirées.



Linéaire et simpliste, Le Bal de l’horreur propose toutefois quelques sous-intrigues qui meublent maladroitement le scénario et n’ont, au final, quasiment aucun intérêt. Ces digressions insignifiantes seront, finalement, résolues de la plus simple des manières : par les coups de hache de l’assassin. L’identité du meurtrier, dissimulée jusqu’aux dernières minutes, parait, elle, évidente en dépit des efforts des scénaristes pour proposer, mollement, quelques suspects potentiels visant à désorienter le spectateur. En pure perte. Le quasi débutant Paul Lynch qui, par la suite, devint un grand pourvoyeur de série télé (et signa également The keeper avec Asia Argento en 2004), emballe néanmoins le métrage avec un minimum de soin mais sans jamais transcender les flagrantes limites d’un script hâtivement gribouillé pour emboiter le pas d’Halloween. Confiant dans le potentiel commercial du métrage, les producteurs choisirent de lui donner une longue descendance. Toutefois, ils se démarquèrent de ce Bal de l’horreur pour trois séquelles plus volontiers tournées vers l’horreur teintée d’humour : Hello Mary Lou (1987), Dernier baiser avant l’enfer (en 1990) et Le bal de l’horreur IV : Délivrez-nous du diable (en 1992). Chacune peut se voir de manière indépendante et, à l’exception du théâtre de l’action (le lycée Hamilton High) et de l’acteur Brock Simpson (le fiston d’un des producteurs), incarnant chaque fois un personnage différent, n’ont rien en commun. Bien sûr, le métrage de Paul Lynch ne pouvait échapper à la folie des remakes et, comme tout titre possédant un minimum de notoriété, eut droit à une relecture en 2008.  (http://www.cinemafantastique.net/Bal-de-l-Horreur-Le-4216.html)

Slasher typique des années 80 sorti juste après les succès de Halloween et Vendredi 13, ce Meurtres à la Saint Valentin se déroule dans un petit bled nommé Valentine vivant essentiellement de l’exploitation minière. Or, en 1960, sept mineurs se retrouvent accidentellement coincés au fond de la mine. Un seul survivra, Harry Warden, après avoir dévoré ses compagnons décédés. L’année suivante, au cours de la traditionnelle fête de Saint Valentin, Harry, devenu fou furieux, massacre une poignée de fêtard avant d’être interné. Vingt ans plus tard la petite ville vit toujours dans la peur mais les jeunes décident néanmoins d’organiser une grande soirée le samedi 14 février. Mal leur en prend… Tourné alors que la mode des tueurs fous commençaient à déferler sur les écrans, Meurtres à la Saint Valentin constitue un archétype du slasher de cette époque et en reprend, avec plus ou moins de bonheur, tous les poncifs. Nous trouvons donc la petite ville hantée par le souvenir d’un accident traumatisant, un dingue échappé de l’asile (à moins que le coupable ne soit tout autre ?), une rivalité amoureuse, des jeunes désireux d’organiser une grande fête où la bière coule à flots, des scènes de sexe terminées par la mort des deux partenaires et un vieux tenancier de bistrot qui déblatère sur la malédiction pesant sur les lieux. Bref difficile de faire plus classique et plus prévisible. Pourtant le métrage parvient à faire un tant soit peu illusion, en particulier durant sa première moitié. L’ambiance de cette petite ville isolée où rien ne se passe jamais se révèle plutôt bien rendue et les personnages disposent d’un tout petit peu plus de consistance que de coutume. Le cinéaste refuse apparemment les facilités des jeunes premiers beaux gosses et des demoiselles apprenties top-modèles pour se concentrer sur des protagonistes beaucoup plus crédibles. Dommage toutefois que l’interprétation ne suive pas ces bonnes intentions, certains passages voulus effrayant étant parfois presque risibles vu la platitude des acteurs. Le tout manque également d’un peu de budget pour donner davantage d’ampleur à la menace, le cinéaste paraissant filmer inlassablement les mêmes acteurs déambulant dans un décor réduit. Heureusement, le look du tueur se montre bien plus convaincant.


   

Tout de noir vêtu, armé d’une pioche menaçante, le visage dissimulé derrière un masque à gaz surmonté d’un casque pourvu d’une lampe torche qui troue les ténèbres à la façon de l’œil monstrueux d’une créature mythologique, notre maniaque impressionne et reste dans les mémoires. Et, pour un métrage de ce style, il est primordial d’offrir un cinglé iconique. Ce qui est le cas ici même si cet Harry Warden ne se hisse pas au niveau de Michael Myers ou Jason. La montée du suspense s’avère elle aussi assez réussie et ménage l’une ou l’autre scène qui, à défaut de surprendre les habitués, restent efficaces. Quelques touches d’humour habillement distillées donnent un intérêt supplémentaire au scénario, sinon assez peu imaginatif il faut bien l’avouer. Dommage que dans la seconde partie George Mihalka ne parviennent pas toujours à éviter les écueils du film de couloirs (ou plutôt devrait on dire de tunnels miniers) tant l’ensemble tourne un peu à vide. Mais ce défaut est coutumier de nombreux slashers.



Néanmoins, toutes ces faiblesses ne nous empêchent pas de nous consacrer aux points positifs, en particuliers les maquillages sanglants confectionnés par Tom Burman. Jadis totalement censuré au point de friser l’incompréhensible (« qui meurt là, on voit rien ? »), Meurtres à la Saint Valentin récupère aujourd’hui, via une édition DVD uncut (mais zone 1) la quasi-totalité de ces plans sanglants. Seuls le traditionnel empalement d’un couple manque à l’appel mais nous pouvons enfin découvrir une tête éclatée à la pioche (ressortant par l’œil), une poitrine transpercée, un corps pendu finissant décapité, un membre rageusement sectionné, etc. De manière générale tous les meurtres sont donc bien plus graphiques et redonnent un peu de tonus à un slasher sympathique. Meurtres à la Saint Valentin constitue donc un divertissement acceptable qui saura plaire aux nostalgiques du slasher des années 80. En dépit de certaines longueurs et d’un évident manque de moyens et de rythme la personnalité du tueur et la qualité des meurtres gore emportent l’adhésion même si le film peine à s’élever au-dessus d’une honnête moyenne.(http://www.cinemafantastique.net/Meurtres-a-la-Saint-Valentin.html)

vendredi 24 mars 2017

Francis Carco


François Carcopino-Tusoli, dit Francis Carco, est un écrivain, poète, journaliste et auteur de chansons français d'origine corse, né le 3 juillet 1886 à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) et mort le 26 mai 1958 à Paris. Il était connu aussi sous le pseudonyme de Jean d'Aiguières.Carco passe ses cinq premières années en Nouvelle-Calédonie, où son père travaille comme Inspecteur des domaines de l'État. Chaque jour, il voit passer, sous les fenêtres de la maison familiale de la rue de la République, les bagnards enchaînés en partance pour l'île de Nou. Il restera marqué toute sa vie par ces images qui lui donneront le Goût du Malheur. Son père est nommé en Métropole. Il réside alors avec sa famille à Châtillon-sur-Seine. Confronté à l'autoritarisme et à la violence paternelle, il se réfugie dans la poésie, où s'exprime sa révolte intérieure. En 1901, la famille s’installe au 31, avenue de la République, à Villefranche-de-Rouergue, puis, au gré des mutations du père, à Rodez de 1905 à 1907. Il fait de fréquents séjours chez sa grand-mère au 4, rue du Lycée, à Nice. Il fait quelques séjours à Agen, où il est pion durant 4 mois avant de se faire « virer » par le proviseur, ayant été surpris laissant sans surveillance les élèves dont il avait la charge, puis à Lyon et Grenoble, des villes dont il parcourt et observe les bas-fonds. Au cours de ces séjours, il rencontre les jeunes poètes qui fonderont avec lui, dès 1911, l'École fantaisiste : Robert de la Vaissière, qui est son collègue au lycée d'Agen, Jean Pellerin, Léon Vérane, Tristan Derème, .... Carco monte à Paris en janvier 1910. Il a 23 ans.






Carco commence à fréquenter Montmartre. Un bon de consommation en poche, qu'il a découpé dans une revue, il se rend au « Lapin Agile », où il croise notamment Pierre Mac Orlan, Maurice Garçon et Roland Dorgelès. Après avoir poussé avec succès la goualante (chantant des chansons des Bat d'Af) à l'invitation du père Frédé, maître des lieux, il est immédiatement accueilli à la grande table où se réunissent les bohèmes de ce temps. Il est aussi l'ami d'Apollinaire, Max Jacob, Maurice Utrillo, Gen Paul, Modigliani, Pascin, Paul Gordeaux. Il assure également la critique artistique dans les revues L'Homme libre et Gil Blas. Sentant qu'il risque sa perte dans ce Montmartre des plaisirs et du crime, il rejoint Nice où sa grand-mère lui « donne la croûte et fournit un ameublement soigné ». Il publie son premier recueil, La Bohême et mon cœur, en 1912. Au début 1913, Carco retourne à Paris. Il s'installe au 13, quai aux Fleurs. Il rencontre Katherine Mansfield, compagne de John Middelton Murry, journaliste londonien. « Rebelle et pure jeune fille » originaire de Nouvelle-Zélande, Katherine quitte quelques mois le domicile conjugal. Il entame avec elle une relation troublante, inaboutie, un « amour voué au désastre », comme il le disait lui-même, qui le marquera jusqu’à la fin de ses jours. Il prête son appartement à Katherine pendant qu'il effectue son service militaire à Gray, près de Besançon. Il dira que cette dernière, dans les lettres qu'elle lui adressera alors de Paris, lui a donné toute l'inspiration et les descriptions de Paris qu'il utilisera lorsqu'il publiera Les Innocents en 1916. En 1914, il publie au Mercure de France, grâce à l'appui de Rachilde, femme d'Alfred Valette le patron de la revue, Jésus-la-Caille, histoire d’un proxénète homosexuel, dont il a écrit la plus grande partie lors de son exil-refuge chez sa grand-mère à Nice.


            


Ce premier roman est applaudi par Paul Bourget. Mobilisé en novembre 1914 à Gray en tant qu'intendant des postes (il a pour habitude d'écrire des poèmes sur les enveloppes des courriers qu'il distribue aux soldats), il rejoint, grâce à l'aide de Jean Paulhan, un corps d’aviation à Avord, près de Bourges, puis à Étampes et enfin à Longvic près de Dijon. Il aura très peu l'occasion de voler et de mettre en valeur son brevet d'aviateur (brevet no 5016) obtenu le 10 décembre 1916, se blessant au genou gauche et étant assez vite démobilisé. Il rencontre Colette dans les couloirs du journal L'Éclair en 1917 : « J'ai rencontré une grrrande dame » écrira-t-il à son ami Léopold Marchand. Leur amitié durera jusqu'à la mort de Colette. Ils passeront des vacances ensemble en Bretagne. Il la conseillera pour ses achats de tableaux. D'autres livres suivront, notamment L'Homme traqué (1922) distingué, grâce au soutien de Paul Bourget, par le Grand prix du roman de l'Académie française. Exprimant dans une langue forte et riche des sentiments très violents, L'Homme traqué est un des romans les plus émouvants de Carco. Viendront ensuite L’Ombre (1933), Brumes (1935) dont il dira à la fin de sa vie que ce fut son meilleur roman. Citons également l'Équipe, Rue Pigalle, les Innocents, Rien qu'une femme, Perversité, Vérotchka l'étrangère, la Lumière noire, l'Homme de minuit, Surprenant procès d'un bourreau. Il a aussi écrit ses Souvenirs sur Toulet et Katherine Mansfield, Maman Petitdoigt illustré par le peintre et graveur André Deslignères, De Montmartre au Quartier latin, À voix basse, Nostalgie de Paris, des reportages sur le Milieu, et des biographies romancées de Villon, Verlaine, Utrillo (1938), et Gérard de Nerval (1955).



  



Son œuvre est riche d'une centaine de titres, romans, reportages, souvenirs, recueils de poésie, mais aussi pièces de théâtre comme Mon Homme qui lancera la rue de Lappe à la Bastille. Il réside successivement à Cormeilles en Vexin où il rachète le Château Vert, domaine d'Octave Mirbeau, avec les espèces nombreuses gagnées avec Mon Homme, puis revient aux pieds de la Butte, rue de Douai, puis au 79 quai d'Orsay. En 1932, à l'occasion de conférences qu'il donne à Alexandrie, en Égypte, il fait la connaissance d'Éliane Négrin, épouse du Prince du coton égyptien Nissim Aghion. C'est le coup de foudre, il n'hésite pas à quitter sa première femme, Germaine Jarrel (ils divorcent le 6 novembre 1935), au grand dam de ses amis de la Butte, pour accueillir à ses côtés Éliane, qui laisse son mari, ses richesses et ses trois enfants en Égypte. Très gentleman, Nissim leur adressera un télégramme de félicitations lors de leur mariage le 11 février 1936. En septembre 1939, le couple emménage à L'Isle-Adam, avant de s'exiler à Nice, puis en Suisse (Éliane est en effet d'origine juive), où il retrouve son ami, le peintre Maurice Barraud, qui a illustré en 1919 Au coin des Rues, et se lie d'amitié avec Jean Graven, valaisan, poète à ses heures, et éminent criminologue « dans la vie publique », qui représentera la Suisse au procès de Nuremberg, puis inventera, à la conférence de Rome qui suivra la Seconde Guerre mondiale, le terme de « Crimes contre l'humanité ». Après la guerre, il s'installe à nouveau à L'Isle-Adam. De 1948 à son décès due à la maladie de Parkinson, Carco habitera au 18, quai de Béthune, sur l'île Saint-Louis, à Paris. Il meurt le 26 mai 1958 à 20 heures, en écoutant L'Ajaccienne jouée par la Garde républicaine, qui passait sous ses fenêtres.


   


Il est inhumé au cimetière parisien de Bagneux. Son frère, Jean Marèze, qui s’est suicidé en 1942, et sa seconde femme, Éliane, décédée en 1970, reposent à ses côtés. Carco a été élu membre de l'Académie Goncourt le 13 octobre 1937 au fauteuil de Gaston Chérau. Surnommé Le romancier des Apaches, il réalisa les plus forts tirages d'édition de l'entre-deux-guerres.Il définit lui-même son œuvre comme « un romantisme plaintif où l’exotisme se mêle au merveilleux avec une nuance d’humour et désenchantement ». Dans ses livres transparaît l'aspiration à un ailleurs : « Des rues obscures, des bars, des ports retentissant des appels des sirènes, des navires en partance et des feux dans la nuit ». L'enfant battu par son père corse consacra sa vie aux minorités et en fera souvent le sujet de ses romans : Canaques, témoins de ses premières années à Nouméa, prostitués, mauvais garçons.(https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Carco)