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vendredi 10 février 2017

Rutger Hauer

Rutger Hauer est le fils de deux acteurs de théâtre. Ses parents étant souvent en tournée, Rutger et ses trois sœurs sont principalement élevés par une nurse. Adolescent rebelle, il est réfractaire à l'autorité et, à l'âge de 15 ans, il passe un an à travailler sur un cargo. Mais il ne peut pas faire une carrière de marin car il est daltonien et, à son retour aux Pays-Bas, il travaille dans le bâtiment et ses parents lui font intégrer des cours de théâtre1. Il s'engage brièvement dans la Marine royale néerlandaise avant de se rendre compte qu'il n'est pas fait pour la vie militaire et de se faire volontairement réformer pour problèmes psychiatriques. Il reprend ses cours de théâtre en 1964 et se joint à une troupe itinérante expérimentale puis obtient son diplôme en 19671. En 1969, il obtient son premier rôle dans la série télévisée Floris de Paul Verhoeven où il interprète le rôle titre, équivalent d'un Thierry la Fronde néerlandais. Acteur fétiche de Paul Verhoeven à ses débuts, en particulier dans le sulfureux Turkish Délices (1973), il fait ses débuts dans le cinéma américain en interprétant un terroriste opposé à Sylvester Stallone dans Les Faucons de la nuit (1981). Il devient célèbre avec Blade Runner de Ridley Scott, où il joue le rôle du réplicant Roy Batty. Ce personnage est classé à la 86e place des 100 plus grands personnages du cinéma par le magazine Empire.(Wiki)


   


Sam Peckinpah est mort peu de temps après la fin du tournage du Convoi. Ou presque. C’est à peu près l’opinion des producteurs hollywoodiens en cette fin des années 70, tant le réalisateur traîne une réputation d’épave. Sitôt son dernier film en boîte, Peckinpah rejoint le Mexique et retombe dans les excès d’alcools et de cocaïne, passant la majeure partie de son temps dans les bordels où il lui arrive de refuser de rémunérer les prostituées. Lors des rares moments où son esprit est à peu près clair, il s’aventure à ébaucher des projets de films - The Door in the Jungle, une sorte de remake du Trésor de la Sierra Madre à ce qu’on dit -, et même à envisager la création d’une maison de production indépendante. Mais les financiers n’ont pas confiance et hésitent à s’engager. Peckinpah reprend alors le chemin des Etats-Unis, et s’installe dans une cabane construite sur un terrain acheté à Warren Oates. Les choses continuent ainsi, jusqu’au 15 mai 1979. Peckinpah est alors frappé par une crise cardiaque. Après la pose d’un stimulateur et quelques semaines de repos, il est contraint à la désintoxication. Soutenu par quelques amis, le cinéaste est encore très faible. Il se voit même contraint de refuser le poste de réalisateur de deuxième équipe que son admirateur Michael Cimino lui offrait sur le tournage de La Porte du paradis. C’est pourtant l’une des rares fois où Hollywood pensera à faire appel à ses services durant cette période, marquée par le décès de nombreux proches du cinéaste : Jerry Fielding, Warren Oates, Steve McQueen... ainsi que par l’instabilité sentimentale - il se sépare de Marcy Blueher un mois seulement après leur mariage.Les projets qu’on lui soumet ne sont en effet pas légion.


   

En 1980, Albert Ruddy lui fait lire un vieux scénario de John Milius intitulé The Texans, l’histoire d’un fils de PDG texan conduisant un troupeau afin de prouver sa valeur à son père. Peckinpah doit réécrire le script, en échange de la promesse de réaliser le film. Il envisage d’engager William Holden. Mais ses prises de cocaïne effrénées l’empêchent de travailler correctement, et il rend son second jet avec six mois de retard. Le contrat est rompu. En 1981, il a l’occasion de travailler pour United Artists sur l’adaptation d’un roman d’Elmore Leonard, City Primeval. Dans cette optique, il parvient à réduire sa consommation d’alcool et de drogue. Mais ce projet sera annulé lors du rachat de la United Artists par la MGM. Sa seule activité concrète sera de diriger la seconde équipe de Jinxed, réalisé par son vieux complice Don Siegel, pour lequel il tourne la quasi-totalité des séquences d’action. La carrière de Sam Peckinpah est alors dans une totale impasse.



Peter Davis et William Panzer possèdent les droits d’un roman de Robert Ludlum, Le Week-end Osterman. A la recherche d’un metteur en scène capable de le porter à l’écran, ils se laissent convaincre par Martin Baum d’engager Sam Peckinpah, celui-ci se portant garant de l’efficacité retrouvée du cinéaste. Mais les conditions sont draconiennes : outre qu’il ne peut toucher au scénario, il n’a aucun pouvoir sur le casting, Dennis Hopper, John Hurt, Rutger Hauer et Burt Lancaster ayant déjà été engagés. La production impose également son monteur, David Rollins. Peckinpah ne peut donc s’adjoindre les services de Lou Lombardo mais obtient le droit de retravailler avec John Coquillon, déjà responsable de la photographie de Pat Garrett et Billy the Kid, Les Chiens de Paille et Croix de fer. Les prises de vues commencent très rapidement à l’automne 1982, dans une villa louée au chanteur Robert Taylor.(http://www.dvdclassik.com/critique/osterman-weekend-peckinpah)


   

Quelle différence y a-t-il entre un film devenu culte et un chef-d’œuvre ? En réalité, un fossé gigantesque se dresse entre les deux catégories. Le culte ne se dresse qu’au fil du temps, généralement suite à la découverte d’une œuvre inédite et assez méconnue qui ne méritait pas un tel statut (pensons à des films comme Bad taste ou encore Carnival of souls). Le chef-d’œuvre est en général en phase avec son époque et se voit estampillé dès ses premières visions, sans devoir attendre une redécouverte quelconque. L’amalgame est pourtant fréquent. Ainsi, on pourra rapidement considérer des films comme cultes dans la mesure où ils entretiennent avec leur époque un certain anachronisme (dans leur caractère prédictif). The Hitcher est le meilleur exemple de cette différenciation. Devenu culte au fil des années, le métrage doit son succès à de nombreux aspects tout à fait inédits et assez jouissifs. Poursuites madmaxiennes dans le désert californien, multiples péripéties et angoisse omniprésente suffisent à rendre ce film incontournable. Dans la lignée des road trips à la Mad Max et autres Duel, The Hitcher nous entraîne dans une folle cavalcade dont il est impossible de sortir indemne. Pas avare en rebondissements, le scénar nous implique continuellement dans cette traque interminable où proie et chasseur ne cessent de se croiser et de se recroiser pour le plus grand bonheur du spectateur. Chasseur et proie sont en l’occurrence les éléments essentiels du film. Alors, pour marquer un peu plus le coup, le réal décide de les doter d’une vraie personnalité. La personnalité de John Ryder a beau n’être qu’esquissée de bout en bout du film, il n’en est pas moins dépeint de la manière la plus concise et drastique qui soit : le traqueur a l’air d’être un manipulateur sérieusement burné. Ryder, assassin dans l’âme et sans âme, ne se complait pas seulement à liquider des gens à la pelle, faisant passer au pilori hommes, femmes et enfants. Il jouit en effet à maintes reprises de la possibilité de zigouiller le jeune Jim à la personnalité lisse et aux agissements juvéniles. Mais c’est que le chasseur (au fait hitcher ou hunter ?) a d’autres ambitions : pousser dans ses derniers retranchements le jeune homme pour l’amener à ressentir la peur primale qui le fera passer à l’acte, l’acculer dans une situation de non-retour qui l’amènera à adopter une violence destructrice.



   

Le jeu auquel s’adonne Ryder n’est pas celui du chat et de la souris mais plutôt celui du disciple et de son mentor. Violence physique certes, mais psychologique surtout. D’ailleurs, les propos de Robert Harmon vont dans ce sens puisqu’aucune scène de meurtre ne nous est vraiment dévoilée grâce à l’utilisation du hors-champ (lors de l’écartèlement) ou de la découverte postérieure (oh, mince, y a plein de morts ici et j’ai rien vu !). Personnalités esquissées mais de main de maître. Le doute quant aux motivations de Ryder n’est pas permis : dès l’entrée, Harmon nous le présente comme un individu étrange aux pratiques décalées (ben oui, faire du stop sous un soleil de plomb pour occire entre deux portions de nationale, c’est pas courant). Le jeune Jim quant à lui nous est montré dans sa posture adulescente (stade obligatoire entre l’adolescence et l’âge adulte) : désemparé, sans repère, tout fier de son nouveau boulot et de ses premières responsabilités, Jim est incapable de réagir face à ce monstre sanguinaire trop sûr de lui.Pourtant, au contraire des trop fréquents thrillers qui ne prennent pas la peine de s’intéresser un tant soit peu à leurs héros, The Hitcher met en ostentation l’élévation progressive du héros qui devient tout à tour homme, protecteur de la gente féminine et justicier vengeur. Une densité évolutive qui va à l’encontre de la personnalité monochrome du tueur, taciturne et inflexible.


   

Impossible au passage de ne pas saluer l’extraordinaire interprétation de Rutger Hauer qui signe là l’un des meilleurs rôles de sa carrière, formidablement aidé par les prestations honorables de C. Thomas Howell et Jennifer Jason Leigh. Cependant, comme je l’avais mentionné lors de mon introduction, The Hitcher souffre de quelques défauts qui ne viennent en aucun cas amoindrir sa portée et son importance mais font balancer l’équilibre qui semblait régner sur le statut irréprochable du métrage. Démarrant sur les chapeaux de roue (à l’instar des nombreux bolides qui parsèment l’intrigue), l’œuvre s’offre quelques longueurs à mi-chemin, débordant souvent dans le too much. « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » disait Corneille et Harmon de renchérir en prenant des risques scénaristiques fatals. Et vas-y que le meurtrier et la proie se rencontrent sempiternellement malgré les vastes étendues qu’ils recouvrent, et vas-y que la jeune et jolie Nash embraie et risque sa vie auprès d’un illustre inconnu à la gueule tailladée et aux vêtements en lambeaux et couverts de sang, et vas-y que ce tueur implacable peut mesurer au centième près les faits et gestes de tout le monde et ainsi foutre le boxon quand il l’entend… The Hitcher mérite donc incontestablement son statut de film-culte mais n’en est pas pour autant la plus grande réussite de tous les temps. Généreux, décomplexé et complètement frappé, le modèle se situe toutefois à mille bornes (et dans le désert, c’est long) de la copie nouvellement formatée par le clippeur Dave Meyers (http://www.cinemafantastique.net/Critique-de-The-hitcher-Ryder-ne-s.html)

1 commentaire:

  1. http://uptobox.com/qbme2g31d5ro
    http://www.vostfr.club/films/1983-the-osterman-weekend.html
    http://www.datafile.com/d/TVRNNU9URTFPRGcF9/T.H.r.86.h7p.rar
    https://les-soustitres.fr/tt0091209/Hitcher

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