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jeudi 26 janvier 2017

Robin Renucci

Daniel Robin-Renucci, connu sous le nom de scène de Robin Renucci, est un acteur et réalisateur français, né le 11 juillet 1956 au Creusot.Passionné de théâtre dès son enfance, Robin Renucci passe par le Conservatoire national supérieur d'art dramatique avant de débuter à l'écran en 1981 dans le rôle de Ralph dans Eaux profondes de Michel Deville. Il se fait remarquer avec le rôle de Gérard dans Invitation au voyage ou celui de Hazan, le jeune intellectuel juif de Fort Saganne (1984). Il obtient l'année suivante la consécration avec Escalier C de Jean-Charles Tacchella, où son personnage de Fortser, jeune critique d'art intransigeant, ombrageux et misanthrope montre le déploiement de ses capacités. Il enchaîne en tenant tête à Philippe Noiret avec acidité et férocité dans Masques de Claude Chabrol. Désormais reconnu et installé comme séducteur à la sensible personnalité légèrement ombrageuse, il n'hésite pas à participer à des films plus novateurs comme Vive la sociale ! de Gérard Mordillat aux côtés de François Cluzet, La Trace de Bernard Favre ou L'Amant magnifique d'Aline Issermann.(Wiki)


              

Eaux profondes est le dix-huitième long métrage de ce prolifique réalisateur français parmi les plus doués de sa génération. Michel Deville commence sa carrière en tant qu’assistant durant une bonne dizaine d’années du non moins talentueux Henri Decoin. En 1961, il crée sa propre société de production, Eléfilm, afin de financer son premier essai, Ce soir ou jamais avec Anna Karina et Claude Rich. Sa collaboratrice pour l’écriture est alors Nina Companeez avec qui il continuera à écrire tous ses films suivants pendant toute une décennie jusqu’au superbe et déchirant Raphaël le débauché, Maurice Ronet trouvant à cette occasion son rôle le plus mémorable. Ce sera à quelques exceptions (dont ce Raphaël au ton bien plus sombre) une succession de comédies (la plupart pouvant être assimilées à des marivaudages) parmi les plus ludiques, fines, grivoises et élégantes du cinéma français de l’époque, les deux titres les plus connus étant Benjamin ou les mémoires d’un puceau (1968) et L’Ours et la poupée (1969), ce dernier offrant à Brigitte Bardot l’un de ses meilleurs rôles. Le cinéaste sera également réputé pour être un de nos plus grands formalistes, inventant et innovant sans cesse tout au long de sa carrière, capable même de réaliser un film d’espionnage entièrement en caméra subjective (Le Dossier 51) ou un film avec uniquement des enfants et sans dialogues (La Petite bande). Il donnera à Patrick Bruel l’un de ses rôles les plus ambigus (Toutes peines confondues) et à Albert Dupontel son personnage le plus attachant (La Maladie de Sachs). Une filmographie riche et passionnante, mais un style parfois négativement et hâtivement critiqué (à l’instar de celui d’un autre immense formaliste, Stanley Kubrick) pour son maniérisme et (ou) sa froideur.


   

Kubrick appréciait beaucoup Michel Deville, et lui avait même demandé de s’occuper du doublage de deux de ses films, Shining et Full Metal Jacket - l'inquiétant Jack Torrance joué par Jack Nicholson dans le premier ayant d’ailleurs été doublé par Jean-Louis Trintignant qui a probablement dû se le remémorer pour son personnage de Victor.En 1974, Jean-Pierre Cassel avait fait lire à Michel Deville le roman de Patricia Highsmith. Déjà adaptés à de nombreuses reprises par des cinéastes aussi chevronnés que - pour ne citer que les plus célèbres - Alfred Hitchcock (L’Inconnu du Nord-Express - Strangers on a Train), René Clément (Plein soleil), Wim Wenders (Der Amerikanische Freund - L’Ami américain) ou Claude Miller (Dites-lui que je l’aime), ses romans étaient réputés très difficiles à mettre en images, ce qui n’était pas pour déplaire au réalisateur français qui se complaisait à relever des défis. Il se lança alors dans une première adaptation dont il n’était pas satisfait, trouvant le personnage féminin raté car trop antipathique (il disait d’ailleurs qu’il s’agissait également du point faible du roman). Il laissa donc un temps tomber le projet.



                               

Claude Chabrol eut lui aussi l’idée de porter ce livre à l’écran, proposant le rôle de Victor à Lino Ventura qui refusa, ne voulant pas se mettre dans la peau d’un mari cocu. Sept ans après sa première tentative, sur le tournage du Voyage en douce, Deville remet le projet en route avec Christopher Frank et Florence Delay. Ils accouchent tous les trois d’un scénario qui cette fois convient parfaitement au réalisateur, qui se félicite toujours aujourd’hui que le projet ne se soit pas concrétisé la première fois, estimant que personne n’aurait pu mieux personnifier Victor et Mélanie que Jean-Louis Trintignant et Isabelle Huppert, pas même Jacques Dutronc à qui le rôle avait d'abord été proposé. "Isabelle Huppert et Jean-Louis Trintignant n’avaient jamais travaillé ensemble et aussitôt est née entre eux une complicité qui était absolument nécessaire à la crédibilité du film. D’autre part, j’aime les acteurs intuitifs qui me comprennent à mi-mot. Avec ceux-là, pas besoin de longues explications ou de répétitions. J’ai veillé à saisir sur le vif leur spontanéité d’expression" disait Michel Deville lors d’un entretien au Figaro en 1981. Et effectivement, même les rares détracteurs du film à sa sortie furent unanimes pour saluer la performance de ce duo d’acteurs, formidablement accompagné par toute une bande de jeunes comédiens issus du théâtre.(http://www.dvdclassik.com/critique/eaux-profondes-deville)


              

Le critique d'art Foster Lafont habite l'escalier C d'un immeuble parisien du XIV°, où d'intenses relations unissent les habitants. Le film décrit la transformation de ces relations, et l'évolution intérieure de Lafont. A partir d'une chronique de tous les jours, Tacchella sait recréer la vie de cet immeuble, mêlant avec bonheur les scènes hilarantes et celles où surgit l'émotion. Il parvient à nous intéresser à ces destins croisés, à ces personnages meurtris aux rapports ambigus. Si l'œuvre débute sur un rythme jubilatoire, et si le tragi-comique final doit être salué, le film perd son souffle dans la partie médiane, se traînant quelque peu, et montrant à l'occasion combien cette question du tempo est primordiale dans ce type de comédie dramatique. Un satisfecit pour Robin Renucci, capable d'être odieux ou bouleversant avec la même qualité de jeu; des félicitations à l'ensemble des acteurs, excellents à l'exception de Bacri, qui lui est très en deçà de ce qu'il a fait ultérieurement; un bon point enfin pour le dialoguiste, qui a créé un texte sonnant juste et souvent percutant. Une production douce-amère paradoxalement assez réjouissante, et donc conseillée.Film représentatif des années 80. Les grandes illusions héritées des années 60 se sont évaporées avec les seventies et tous ces trentenaires semblent un peu étriqués dans leur appartement. Cette vie semi communautaire n’a rien à voir avec l’utopie hippie. Pas d’idéal commun, juste une cohabitation pour éviter la solitude. Le personnage joué par Renucci trimballe une morgue servant de paravent à une kyrielle de frustration dont une homosexualité non assouvie que lui renvoie à la figure le personnage joué par Bonnafé. Il faudra le suicide d’une voisine pour que le jeune dandy prenne conscience du monde qui l’entoure.


   

Tacchella termine son film par un joli moment quand Renucci fidèle à sa promesse répand les cendres de la vieille dame sur la terre d’Israël. A noter une apparition charmante dans le plus simple appareil de Fiona Gélin.Des personnages finement gratinés pour un scénario subtil, au délicieux arrière-goût de théâtre de boulevard... Dans l'espace exigu de cet ESCALIER C, la folie n'est pas loin ! Folie douce ou véritable hystérie, une manière aussi sagace que réjouissante de traiter le contexte social préoccupant d'une époque, servi par des acteurs épatants : Robin Renucci, Jean-Pierre Bacri, Jacques Bonnaffé, Catherine Frot.Une chronique subtile des relations entre plusieurs locataires d'un immeuble parisien durant les années 80. Un des meilleurs films français de cette époque, malheureusement méconnu, qui fit découvir de nombreux jeunes acteurs (Renucci, Bacri, Frot, Bonaffé...) et dont les seconds rôles sont tenus par des ténors du cinéma hexagonal (Aumont, Rish...). Tacchella n'est certes pas l'artiste du siècle, mais avec ce film, il parvient tout de même parfois à de bien jolies choses, à commencer par cette façon attachante de capter l'air du temps : Escalier C est une sorte d'archétype du film social des 80's en France, une espèce de film en costumes, si vous voulez.



             


Tout ça bien sûr sombre très souvent dans le ridicule, et a pris de sérieuses rides. Le scénario est sur-signifiant et lourd : un critique d'art cynique et méchant va découvrir la beauté des choses simples à travers le suicide de sa voisine de palier et les tableaux de Renoir. Pour nous amener à cette révélation, Tacchella dessine outrancièrement des personnages stéréotypés, d'un seul bloc : le critique dandy et fêlé de l'intérieur, le couple qui passe son temps à s'engueuler, la directrice de galerie aux dents longues, l'homo SM, surtout, comble du ridicule, un peintre sauvage mais amoureux de la vie campé par un Jacques Weber hilarant avec ses traces de peinture colorées sur son torse (c'est bien connu, les artistes peignent torse nu et s'en foutent partout). Le scénario est ainsi hyper-balisé par des évènements qu'on devine largement à l'avance. Heureusement, la petite troupe d'acteurs est talentueuse, Renucci en tête, jeu sensible et original. On retrouve les acteurs français montants de l'apoque : Bacri très drôle dans ses premières tentatives de misanthropie dont il abuse aujourd'hui, Bonnaffé très physique et toujours attachant, Frot plus absente mais rigolote...(Allociné et http://shangols.canalblog.com/archives/2008/11/09/11292415.html )

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