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mercredi 18 janvier 2017

Miles in the Sky

"Miles in the Sky" est un album déterminant dans la promesse qu'il nous délivre. C'est la première fois en effet que Miles pousse réellement son formidable quintette à s'essayer à de nouvelles formes... disons, pour le moins, extensibles ! De "E.S.P." à "Nefertiti", il nous a été démontré que son groupe possédait une qualité d'écriture qui confine au sublime (les premières plumes étant celles de Wayne Shorter et Herbie Hancock, suivis de près par un Anthony Williams aux dents longues, et un Ron Carter discret mais solide). À l'heure de ce cinquième disque, ils n'ont déjà plus rien à prouver. Alors, au lieu de perdre leur temps à confirmer ce que d'aucun sait déjà, la voie est ouverte aux expérimentations. Herbie Hancock, fasciné par les possibilités du piano électrique, arrive à imposer l'instrument auprès d'un Miles qui, plus que jamais, ne se fie qu'à son intuition, la même qui fait de lui un homme serein et confiant dans tous les choix qui peuvent bien être pris au sein de cette association inédite de fortes personnalités. 


Paradoxalement, c'est au moment où Miles reprend les choses en main (deux des quatre titres ont sa signature) que le résultat apparaît pour la première fois moins consistant. "Miles in the Sky" est juste un avant goût, un coup d'essai, avant le saut de géant qu'il s'apprête à faire sur "In a Silent Way", puis "Bitches Brew". La guitare de George Benson sur "Paraphernalia" ne fait rien d'autre que de préparer, elle aussi, le terrain pour le providentiel John McLaughlin. Perdu entre l'excellence de "Nefertiti" et les premières failles du quintette mises à jour sur "Filles de Kilimanjaro" à venir, "Miles in the Sky" n'est jamais parvenu à s'imposer réellement. Plutôt que de continuer à voir en lui le maillon faible de la série, il serait plus juste de lui rendre sa place de chaînon manquant ; ce 17 mai 1968, le jazz électrique venait de naître !(https://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=4609)


   


Sorti en 1968, Miles In The Sky est le premier album de Miles Davis a incorporer une guitare électrique (jouée ici par Georgez Benson) dans son univers musical. Si ce n'est pas encore du jazz-rock comme Miles le fera par la suite avec In A Silent Way, Bitches Brew ou On The Corner, Miles In The Sky marque quand même une date dans la musique du trompettiste de jazz. Vendu sous une pochette éminemment colorée, bariolée et psychédélique (et qui me fait penser un peu au décor d'une des scènes du film La Montagne Sacrée de Jodorowsky, mais c'est une coincidence, le film datant de 1973, et Jodorowsky ne s'est évidemment pas inspiré de cet artwork), ce disque propose, pour 50 minutes, 4 morceaux pour la plupart très longs. On notera un agencement des titres assez barbare : quasiment 30 minutes pour la face A, et 21 minutes pour la B. Stuff dure 17 minutes, et Paraphernalia, sur lequel on entend la guitare de Benson, en dure 12,35. Miles a composé la moitié de l'album (Stuff et les presque 14 minutes du final Country Son), tandis que Paraphernalia est signé du saxophoniste Wayne Shorter, et Black Comedy (titre le plus court, 7,25 minutes) par le batteur Tony Williams. 

Les autres musiciens du quintet (Benson n'en fait pas partie, il n'apparait que brièvement sur l'album) sont le bassiste Ron Carter et le pianiste Herbie Hancock. Produit par Teo Macero, Miles In The Sky mérite bien son nom, tant la musique de Davis, ici, semble planer haut, très haut dans le ciel. Est-ce l'influence du rock psychédélique alors en plein rush (1968, année importante pour ce courant musical, même si 1967 l'a été encore plus) ? Toujours est-il que les morceaux pulsent, vibrent, emballent (Paraphernalia, Country Son). Presque difficile d'accès en raison de l'extrême longueur des morceaux (mais bon, il y aura nettement plus long par la suite ; on notera juste que Stuff dure quand même un petit peu trop longtemps, 13 ou 14 minutes auraient été préférables à 17), Miles In The Sky est un des disques charnière de Miles Davis. La même année, il sortira le superbe, encore plus réussi Filles De Kilimanjaro, qui posera définitivement les bases de son nouveau style. Les puristes jazz gueuleront, les plus jeunes apprécieront. Sans être mon préféré, Miles In The Sky est un disque que j'apprécie énormément, et que je conseille à tous !(Barthel Damien)


   


4 des 5 plages de ce CD ont été enregistrées en Mai 68. Habités par on ne sait quel esprit révolutionnaire, mais en tout cas par une capacité à créer hors du commun (le style hyperbolique a ses limites-exceptionnel, génial, impressionnant-mais il n'existe pas de mots équivalents aux notes sorties de la trompette de Miles-eh !oui, un ami-du sax de Wayne Shorter, des baguettes de Tony Williams (totalement....mettez- le mot que vous voudrez)des claviers d'Herbie Hancock et de la basse de Ron Carter), le quintette de Miles Davis explore des chemins, des routes, des univers qui nous donneront ensuite "In a silent way" et le révolutionnaire-au sens de briser les règles, créer de nouvelles façons, inventer un style "ex nihilo", ce qui fait dire-"On n' a jamais entendu ça avant", "Ca s'impose comme quelque chose en soi"...bref "Et il vint beau comme le Génie"-"Bitches Brew. Dans ce disque proprement nouveau (on parle d'un cru de 40 ans d'âge et qui est aussi beau qu'un beau bébé joufflu bien rose-je pense que Miles aurait apprécié toute la pertinence de ces comparaisons-) il y a "Paraphernalia", morceau authentiquement neuf tout en rupture de cadence, de tempo, accélerant, ralentisssant, changeant brutalement d'orientation, se ramassant sur lui-même pour vous sauter ensuite à la face. Je ne sais pas où étaient les musiciens l'après-midi, le soir, la nuit où ils ont enregistrés cela, mais ça devait être bien.(Bagration)

1 commentaire:

  1. http://www.mediafire.com/file/82z8juh58x531zp/Miles+In+The+Sky.rar

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