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vendredi 6 janvier 2017

Michael Beck

Michael Beck, belle gueule des années 80, avait tout pour réussir : un début fracassant dans "The Warrior" de Walter Hill, et la télésuite "Holocaust". Mais c’était sans compter sur des choix de carrière carrément aléatoires. Car il apparaît difficile d’être crédible après avoir enchaîné "Xanadu", Battletruck, "Megaforce" et "The Last Ninja". Il se tourna alors vers la télévision, où il apparut dans un honnête téléfilm signé Wes Craven, "Chiller", et une série dans laquelle il tenait la vedette en compagnie d’un autre "has been", Michael Paré. De son côté, l’actrice Annie McEnroe, croisée dans plusieurs Oliver Stone ("The Hand", "Wall Street", "The Doors"), se compromit dans l’inénarrable Hurlement / Howling 2 où elle ne faisait pas le poids face aux pare-chocs de l’aérodynamique Sybil Danning. Ensuite, on la retrouvera sporadiquement dans quelques productions comme "Manhunter" (même pas créditée), Beetlejuice ou "Cop"... une carrière bien étrange.(http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/1511-camion-de-la-mort-le)


                 


Si l’on se fie à son scénario minimaliste et à son appartenance à un certain genre codifié, Les Guerriers de la nuit a tout du petit film d’exploitation fort sympathique et suffisamment spectaculaire pour remporter les suffrages de tous les jeunes spectateurs avides de sensations fortes et d’identification délicieusement malsaine. A y regarder de plus près, le troisième film de Walter Hill réserve pourtant bien plus de richesses thématiques que l’on pouvait suspecter, transmet une vision extrapolative mais juste de l’ordre social américain et, ce qui n’est pas rétrospectivement sa moindre qualité, conserve une certaine valeur nostalgique pour une catégorie de téléspectateurs des années 1980 pour lesquels la "libération" du paysage audiovisuel coïncidait avec ses multiples diffusions à l’antenne de feu La 5. Le film fut d’ailleurs interdit en France à sa sortie en salles avant que les accusations d’incitation à la haine et à la violence dont il fut bizarrement l’objet se dégonflent comme une baudruche. L’excitation de la découverte n’en fut d’ailleurs que plus grande... Avec le recul, il apparaît difficile d’affirmer que les changements brutaux de l’espace audiovisuel français confiés au magnat télévisé et futur Président du Conseil italien Silvio Berlusconi furent majoritairement bénéfiques. Mais il faut bien avouer que le pays dans ce domaine revenait de loin, si l’on s’essaie à la comparaison avec nos voisins européens. Pour les plus jeunes d’entre nous, la télévision française de papa apparaissait sclérosée, fermée sur ses petites habitudes et manquant singulièrement de sang neuf. Les films diffusés, quel que furent leur qualité intrinsèque, peinaient à satisfaire l’envie de découvrir d’autres formes de cinéma, plus spectaculaires, plus délirantes, plus violentes et plus subversives. Seule Canal + se proposait alors d’y remédier mais il fallait souscrire un abonnement, chose qui n’était pas à la portée de tous les portefeuilles. Arrive alors La 5, chaîne qui fera l’objet de débats futurs et d’incessants reproches (souvent justifiés), avec son cortège de films fantastiques et d’action la plupart inédits à la télévision. Un pan entier d’une forme de cinéma tristement boycottée s’ouvrait enfin à nos yeux.


   

Le film symbole de cette irruption jouissive d’énergie salvatrice et de mauvais goût affiché (selon l’avis parental) fut The Warriors, dont on ne comptait plus les diffusions qui s’avérèrent propices aux discussions enflammées de cours d’école ! Il est enfin révélateur pour notre univers occidental aux idéologies déclinantes et trompeuses que ce relatif sentiment de libération se fut accompli par l’entremise d’un film dont les seuls protagonistes sont des membres de gangs en guerre avec la société.« I say the future is ours » clame solennellement Cyrus, sorte de messie autoproclamé au magnétisme quasi mystique. Il est amusant de voir comment est détournée l’imagerie hippie au début des Guerriers de la nuit avec ses rassemblements de masse dans un parc du Bronx. Fin des années 1970, le temps n’est plus à l’espoir d’un monde meilleur et fraternel. La parenthèse pacifique a fait long feu et l’Amérique s’affirme toujours comme une terre de paradoxes et de violence : sous les fondations de la grande métropole vivent des marginaux, des animaux de nuit qui promettent la mort et la destruction.


                

Une nouvelle population sort de l’ombre quand la lune se lève, et prend possession de l’espace urbain. L’analogie avec les rats est clairement affichée par le réalisateur quand il nous montre la police fondre sur les jeunes suite à l’assassinat de Cyrus : pris dans les lumières des torches et des phares de voiture, les gangs paniquent et fuient dans une pagaille monstre. Plus tard, sur un plan à l’intérieur d’un couloir de métro, les fuyards seront justement mis sur la même échelle à l’image qu’un gros rat. Le cinéma américain des années 70 a parfaitement su retranscrire la violence intrinsèque de la cité en faisant de la jungle urbaine le sujet principal des préoccupations sociales. Les films, réalistes ou futuristes, bons ou mauvais, pullulent et tracent le portrait peu reluisant d’un monde occidental civilisé (au sommet duquel trône les Etats-Unis) soumis à des forces telluriques inquiétantes, déstabilisatrices et ravageuses.(http://www.dvdclassik.com/critique/les-guerriers-de-la-nuit-hill)


                

Suite au succès mondial de Mad Max et de sa suite Mad Max 2, aka "The Road Warrior", les routes du futur deviennent bien vite encombrées d’ersatz plus ou moins fidèles. Cette mode, appelée affectueusement "post nuke" (et qui croîtra en parallèle avec l’héroïc fantasy), donnera naissance à de fulgurants navets souvent cultivés en Italie. Le seul intérêt que l’on pouvait trouver à ce genre de productions était les magnifiques affiches, qui essayaient de cacher un manque évident de moyens et d’idées. En 1982, une petite surprise débarqua de Nouvelle Zélande, et réussit même à escalader les sommets enneigés d’Avoriaz. Battletruck, alias Le camion de la mort, arrivait donc chez nous, très influencé par le camion citerne de Mad Max 2 (même si le réalisateur affirme avoir eu l’idée du film bien avant). Il faut avouer que l’engin avait de la "gueule", et semblait bien parti pour supplanter ses confrères transalpins, même si dans la réalité la machine ne dépassait pas les 80 km/h. Rien de neuf dans le futur, comme nous l’annonce joyeusement une voix off. Les puits de pétrole des émirats sont en train de brûler, les réserves mondiales de pétrole diminuent dangereusement et les villes sont livrées au pillage. Pendant ce temps, une partie de la population s’exile à la campagne, pensant échapper à la folie ambiante. Mais c’était sans compter sur Straker, un colonel renégat qui sillonne la campagne, terrorisant et pillant aux commandes de son camion blindé. A ses côtés, sa fille, qui ne partage guère la passion de son père pour la rapine et la violence gratuite, réussit à lui échapper et croise le chemin d’un mystérieux motard appeler Hunter.


   
          

Celui-ci l’amène dans une communauté agricole vivant paisiblement sans savoir qui elle est vraiment. Evidemment, le "papounet", un rien contrarié, va s’empresser de débarquer histoire de foutre le bordel. Seulement cette fois, il y a un os qui s’appelle Hunter.Inférieur à la trilogie australienne de George Miller, dont il n’arrive jamais à retrouver le punch, le film de Cokeliss n’a cependant pas de mal à surpasser ses nombreux concurrents italiens de l’époque, se plaçant largement au dessus de la mêlée. Comme dit le proverbe, "au pays des aveugles, les borgnes sont rois !". Et en effet, Battletruck part sur une idée intéressante mais très mal exploitée. Le duel entre le motard et le monstre d’acier aurait pu prendre des proportions homériques ; hélas le réalisateur ne réussit jamais à se départir de son budget, et exploite très mal son fameux camion. Heureusement, la campagne néo-zélandaise nous change des décharges de la banlieue milanaise, et quelques scènes d’action viennent nous tirer de notre torpeur. En fait, il n’y en a vraiment que deux : l’attaque du camp des méchants par Hunter, au volant d’un véhicule bricolé digne d’un épisode de "L’agence tous risques" ; et l’affrontement final avec le camion.


                

Le reste consiste en des scènes d’exposition parfois intéressantes, comme la relation limite incestueuse entre Straker et sa fille, ou les apparitions du même Straker (James Wainwright, le seul qui s’en tire bien). Pour le reste, Michael Beck est inexistant et Annie Mc Enroe est complètement nulle ; elle est, de surcroît, moche comme un pou ! On a l’impression que seul le camion joue juste !Le réalisateur Harley Cokeliss ne laissera pas non plus de grands souvenirs, après avoir été réalisateur de la seconde équipe sur L’Empire contre-attaque. Il réalise ce Camion de la mort, puis enchaîne sur la voiture de "Black Moon Rising", d’après une idée de John Carpenter. Il réalise également l’un des derniers bons Burt Reynolds ("Malone") et un film d’horreur intitulé "Dream Demon", avant de rejoindre la télévision, où il s’occupera des aventures de "Hercule" et "Xena". Terriblement mou du genou, ce Battletruck se laisse pourtant regarder. C’est sûrement un coup de nostalgie envers un film qui n’a de mythique que le titre, et qui faisait rêver les rats de vidéothèque que nous étions.(http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/1511-camion-de-la-mort-le)

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