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samedi 14 janvier 2017

Frankenstein bis

Frankenstein Junior est ce que l’on peut appeler une pure réussite comique de Mel Brooks dans laquelle il ne cesse de parodier le mythe créé par Mary Shelley à travers des gags à gogo et des répliques souvent drôles avec un respect total de l’œuvre originale à l’aide d’une photographie somptueuse en noir et blanc rendant clairement hommage au classique de la Hammer datant de 1931. Et même si certaines séquences sont humoristiquement un peu lourdes, les prestations absolument parfaites du déjanté Gene Wilder et du freak Marty Feldman ainsi que les nombreuses idées déjantées impeccablement mises en scène (comme le flic mouvant son faux bras) élèvent ce Frankenstein Junior au titre d’essentiel de Mel Brooks.Mel Brooks se paie la tête de la franchise "Frankenstein" des 30's, avec cette parodie où le petit-fils du célèbre baron plonge dans les expériences de son ancêtre. Mais "Young Frankenstein" est avant tout un hommage aux classique de la Universal, avec un énorme travail pour reconstituer l'ambiance de ces films : décors et accessoires similaires, maquillages et photographie expressionnistes, nombreuses séquences détournées, etc. Puis le tout est mouliné à la sauce Mel Brooks, avec pas mal d'idées amusantes, des dialogues bien trouvés, et des acteurs en forme. Gene Wilder est démentiel en savant tantôt flegmatique, tantôt passionné et halluciné, tandis que Marty Feldman campe une version exagérément comique du serviteur difforme de Frankenstein. Notons également Gene Hackman, qui joue le rôle du vieil ermite le temps d'une scène ! Ainsi, "Young Frankenstein" est une parodie réussie, qui témoigne également d'un profond respect envers les "Frankenstein" originaux.

   
   

Petit hommage au passage au regretté Gene Wilder et bonne occasion de revoir ce classique de la comédie dont ma première vision date de Mathusalem... Une oeuvre qui ne va pas me guérir de ma nostalgie, loin de là... ah l'époque où on pouvait faire une comédie sans gags scatos inutiles, avec des références en-dessous de la ceinture sans virer dans le gras. Et comble du comble, une mise en scène aux petits oignons, par un véritable metteur en scène qui avait une véritable vision, ici à travers une reconstitution, autant hommage que parodie des classiques Universal Pictures des années 30 autour de Frankenstein (mais prononcez ici Fronkensteen SVP !!!), jusque dans les vrais décors du laboratoire qui ont été repris. La musique assure aussi...


               

Et puis des comédiens exceptionnels à qui on peut relier des classiques comme "Rencontres du Troisième Type", "Tootsie", "Taxi Driver", "La Dernière Séance" et bien sûr pour aller en plein dans le Mel Brooks-Gene Wilder "Les Producteurs" et "Le Shérif est en prison" (le nombre de films plus drôles que ce dernier ne doivent se compter que sur les doigts d'une seule main !!!). Impossible de ne pas tomber dans les méandres de la nostalgie avec "Frankenstein Junior", à cause de son époque mais aussi bien sûr à cause de, enfin plutôt grâce à, son contenu, "Abby Normal?" "Wait Master, it might be dangerous... you go first." "SEDA-GIVE?" Rien que ça, ça suffirait à mon bonheur... Mais en plus, cerise sur le gâteau, il y a une séquence avec Gene Hackman, qui est une véritable tuerie pour les zygomatiques... Rien à ajouter à part : "It's pronounced "Fronkensteen.""(Allociné)


                


On a un peu de mal à comprendre ce qui a poussé Alain Jessua a réalisé FRANKENSTEIN 90. Sorti des semi échecs publics successifs des CHIENS et de PARADIS POUR TOUS, il entreprend une modernisation du roman de Mary Shelley, Frankenstein, avec la complicité scénaristique de Paul Gegauff (ancien scénariste de Claude Chabrol, sur NADA ou LES NOCES ROUGES). Malgré une campagne publicitaire massive, le film ne rencontra pas du tout son public à l’époque et la critique l’assassina. Plus de vingt ans après, force est de constater qu’il y a de nombreuses raisons à cela.Alain Jessua tente à la fois un hommage à Mary Shelley mais aussi aux oeuvres de James Whale, faisant la jonction entre sa version de FRANKENSTEIN en 1931 et de LA FIANCEE DE FRANKENTEIN en 1935. Ainsi le Dr Victor F. (Jean Rochefort plutôt apathique), brillant cybernéticien, tente de suivre les pas de ses ancêtres en créant un être à partir de morceaux humains et doté d’un cerveau électronique. Si l’opération est un succès, il n’en reste pas moins que la créature (Eddy Mitchell) se sent seule, laide et désire comme Victor, une fiancée.La créature ainsi que divers morceaux humains vus dans le laboratoire au début du film sont dus aux maquilleurs Reiko Kruk et Dominique Colladant. Ils officièrent également sur la version de NOSFERATU de Werner Herzog ainsi que sur le GWENDOLINE de Just Jaeckin. On ne peut que louer leur travail de maquillage sur Eddy Mitchell ou les créatures cybernétiques (dont un Marc Lavoine au début de sa carrière) à la fin du film.Cette volonté de moderniser le propos et de contrebalancer la gravité de l’enjeu passe aussi par le choix d’Armando Trovajoli pour la partition musicale. Le ton léger, des mélodies décalées et parfois joyeuses apportent une note curieuse au film.


   

Ce qui n’est pas sans rappeler la musique, à consonance brésilienne, que Jessua avait composé lui-même pour TRAITEMENT DE CHOC ou celle, argentine, d’Astor Piazzolla pour ARMAGUEDON. Mais cette musique indique dès le générique que la peur ne passera pas. Dès le début, le ton est donné. Il traitera un sujet sérieux par un biais plus léger. Hélas, le point d’équilibre ne se trouvera pas. De frissons, point. De la gaudriole, plein.L’entreprise aurait nécessité une crédibilité que peu de choses étayent dans le film. Tout d’abord l’interprétation de niveau médiocre de l’ensemble du casting. Rochefort, oscillant généralement entre truculence et gravité, reste désincarné et peu concerné par ce qu’il fait. La scène de cauchemar du début est symptomatique : Jean Rochefort parait peu à l’aise dans un rôle pourtant audacieux. Devant jouer sur plusieurs registres, celui de l’effroi second degré ne passe pas. Et Eddy Mitchell joue mal, très mal. Sa tentative de créer une autre version du monstre au coeur tendre, mêlant candeur, naïveté déconcertante et violence tombe à côté de la plaque.


                   

Le couple Rochefort / Fiona Gélin pose problème aussi : on n'y croit pas un seul instant. Fiona Gélin gourgandine totale, génère le quota (sans Michèle) seins nus requis. La scène de viol par Eddy Mitchell semble plaquée, sortie de nulle part. Et le jeu mécanique de l’actrice, dépourvue d’émotions, n’explique en rien le fait qu’elle soit si peu affectée après avoir été violée. Ahurissant ! Le pompon est décroché par Herma Vos, à poil et encore à poil puis toujours à poil et rien d’autre en vue. Piètre excuse commerciale, même sa prestation de kickboxing en pleine rue prête à sourire.L’humour, confinant au grotesque, rate aussi le coche. Les gags sont pratiquement tous pathétiques et on assiste, impuissant, au naufrage comique du film. Et presque à regretter la pantalonnade bis du FRANKENSTEIN ALL’ITALIANA d’Armando Crispino avec Aldo Maccione. Qu’il s’agisse de la scène où la créature se fait attaquer par un petit chien en pleine nature ou, encore celle ou elle tente de se maquiller (26mn38) pour montrer la confusion des genres, rien ne marche. La mort de la bonne reste à cet effet ce qu’il y a de pire. Pauvre Anna Gaylor ! Interprète régulière chez Jessua, on la préfère largement en infirmière inquiétante dans TRAITEMENT DE CHOC qu’en bonne étrangère.  (http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1177&NamePage=frankenstein-90)

3 commentaires:

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  2. Je suis totalement folle de ce "Frankenstein Junior" que je place au plus haut dans le panthéon de mes comédies préférées......A bientôt Corto.....

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    1. Certainement supérieur au deuxième malgré la présence de Mr Eddy , mais bon ...à bientot !

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