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vendredi 6 janvier 2017

Filles de Kilimanjaro

Filles de Kilimanjaro est le sixième et dernier album de jazz du Miles Davis Quintet. Il a été enregistré en juin et septembre 1968, et est paru en 1969, chez Columbia Records. Il a été produit par Teo Macero. Avec Miles In The Sky sorti en 1968 et cet album, se fait la transition entre la dernière période acoustique de Davis et sa période électrique. Pour deux morceaux Chick Corea remplace Herbie Hancock aux claviers et Dave Holland remplace Ron Carter à la basse; c'est la fin du deuxième quintet historique et le tournant qui va bientôt conduire au jazz-rock. Apparaissent aux claviers les pianos électriques. On peut sentir l'imminence de In a Silent Way. Gil Evans, avec qui Miles Davis avait déjà travaillé, a aidé à composer, arranger et produire l'album, bien qu'il ne soit pas mentionné dans les crédits. Kilimanjaro African Coffee était le nom d'une société de torréfaction de café appartenant à Miles Davis et l'acteur Jim Brown1. La pochette et le cinquième titre de l'album sont dédiés à Betty O. Mabry la nouvelle épouse de Miles Davis qu'il a épousée en septembre 1968. Les titres sont en français dans le texte pour apporter une touche d'exotisme.Sorti en 1969, Filles De Kilimanjaro est un disque crucial pour Miles Davis. C'est en effet son premier disque vraiment orienté jazz-rock (fusion, plutôt). Sur la pochette de l'album, Betty Mabry, une jeune femme que Miles épousera en 1968, une chanteuse de rhythm'n'blues à la mode à l'époque.

En écoute ici !

Miles lui dédicace l'album, et surtout les 16,33 minutes terminales de Mademoiselle Mabry (Miss Mabry), morceau inspiré, pour la mélodie, par le The Wind Cries Mary du Jimi Hendrix Experience. En 1973, lorsque John McLaughlin enregistrera le second album de son Mahavishnu Orchestra (Birds Of Fire), il composera un morceau intitulé Miles Beyond, qui sera inspiré par Mademoiselle Mabry (Miss Mabry). Et donc, aussi par Hendrix. Fin d'un cycle.Filles De Kilimanjaro, avec ses morceaux aux titres français (concept), a été enregistré avec deux groupes. Frelon Brun et Mademoiselle Mabry (Miss Mabry) ont été enregistrés par Miles (trompette), Wayne Shorter (saxophone), Chick Corea (piano électrique), Dave Holland (basse) et Tony Williams (batterie). Tout De Suite, Petits Machins (Little Stuff) et Filles De Kilimanjaro ont été enregistrés quasiment par le même groupe, remplacez juste Chick Corea par Herbie Hancock, et Dave Holland par Ron Carter (et la basse de Carter est électrique, tandis que celle de Holland est une contrebasse acoustique). L'album a été produit par le fidèle Teo Macero, et enregistré dans les studios de Columbia.


                  


Tous les morceaux sont signés Miles Davis.En 55 minutes (une durée rare pour un vinyle de l'époque), Miles Davis nous offre un condensé parfait de jazz fusionnel. Une partie de ce qui sera enregistré pendant les sessions de l'album servira, par la suite (en 1976) à faire un album du nom de Water Babies (Two-Faced, Dual Mr Anthony Tillmon Williams Process), et c'est pendant les sessions d'enregistrement de ce disque que Miles commencera à préparer In A Silent Way (1969 aussi). D'ailleurs, dans le coffret long-box The Complete "In A Silent Way" Sessions (3 CD) se trouvent Frelon Brun et Mademoiselle Mabry (Miss Mabry) ainsi que les deux titres de Water Babies que je viens de citer, entre autres. Filles De Kilimanjaro est un disque fantastique, un des sommets de l'oeuvre de Miles Davis. Un disque tellement beau que malgré sa longue durée, on ne s'ennuie jamais. Chaudement recommandé ! (http://clashdohertyrock.canalblog.com/archives/2009/12/20/16209096.html) 
 Difficile parler de jazz sans décortiquer sa substance, sans guetter l'endroit où le soliste va chercher l'inédit et exploser les règles ou habitudes de telle ou telle école ; difficile de se souvenir, finalement, que le jazz n'est rien de plus, et rien de moins, que de la musique. Le dernier quintette de Davis est pourtant de ceux qui ont tout pété, dont les extases de chacun des membres ont laissé empreintes, il est aussi un représentant de jazz pur et ainsi apparemment hermétique aux non passionnés du genre.


                 

Mais après "Frelon brun" la bopienne percutante, qu'est-ce donc que ce magnifique quart d'heure, "tout de suite", cet interminable chant aussi doux que secrètement rythmé, une lente plainte lascive et groove tendue d'à-coups soudains, de piano électrique entêtant et sorcier, si ce n'est une longue pièce d'atmosphères distillées avec soin, qui use de la distorsion rythmique comme pinceau à couleur et du miracle harmonique comme pourvoyeur d'étoiles. On peut aisément sentir l'imminence des Silent way et Bitches brew dans cette gestion de plus en plus légère, libre et narcotique du principe d'aventure jazz. Commencée dans la nostalgie la plus classique, "Filles de Kilimanjaro" s'embarque rapidement dans cette transe un peu folle, tempérée mais solide, sur laquelle les piano, saxophone et trompette dansent jusqu'à l'abandon, subtil et retenu, mais au pouvoir hypnotisant irrésistible et lourd. Holland ou Corea apparaissent sur ce disque qui marche sans équivoque sur la piste d'un jazz atmosphérique, sans doute riche et virtuose, mais avant tout mené par la main inquiétante du feeling tout puissant. Sur "Mademoiselle Mabry" les toms de la batterie deviennent déjà ces tams-tams africains, et sur le thème léger qui revient en souriant, la basse inquiète, lourde et sombre.


               
                  
J'ai beaucoup de mal à parler longuement de jazz, et cela se trouve bien car le genre est bavard et n'a pas besoin de moi. Mais Miles Davis, on le sait, est celui qui mena le jazz à ses épures les plus fascinantes, par sa trompette limpide, comme par sa vision soudaine d'une musique hybride et possédée qui s'exprimera bientôt par injection secrète et poudre de sortilèges. Là où le jazz voyait ses musiciens parler un peu tous en même temps, Davis qui ne souhaitait pas se priver des rencontres apprit à ses comparses à jouer en chuchotant.(http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=4894)
Avec ma précédente chronique concernant l'album "A Tribute To Jack Johnson" enregistré en février et en avril 1970, je tentais de vous faire part de mon amour immodéré pour la musique avant-gardiste du génialissime Miles Davis. Un tel métissage de rock et de jazz n'avait encore jamais été osé, à tel point que la Columbia ne croira pas à son succès et en bâclera la publication en 1971. 40 ans plus tard, ce disque (comme bon nombre d'autres) figure parmi les plus apprécié des amateurs et constitue un témoignage incontournable pour quiconque souhaite appréhender la musique du trompettiste.


                 

En 2 ans (de 68 à 70), Miles est passé par de nombreux états créatifs et s'est appliqué à constamment rechercher de nouveaux sons, toujours plus révolutionnaires, capables d'exprimer ce que personne n'avait encore jamais envisagé. Ce changement de direction est en partie dû au tout nouveau patron de Columbia, Clive Davis, qui a su prendre la mesure de la montée des musiques pop, rock et folk. Dès 1967 il presse les jazzmen de son catalogue d'évoluer ou de partir. Miles aspire à relever le défi face à ces musiques blanches qui l'intriguent autant qu'il les méprise, et veut sortir du ghetto les musiques noires populaires (soul - funk) dont il estime le rock redevable. Cette même année, il expérimente avec sa formation de nouvelles techniques d'enregistrement, laissant tourner les bandes en continu pour les laisser aux montages de son producteur Teo Macero, et impose les claviers électriques à son pianiste Herbie Hancock (il adorait ce qu'en faisait Joe Zawinul avec Cannonball Adderley). C'est également à cette époque qu'il décide d'incorporer de la guitare à sa musique (Joe Beck - George Benson). A force d'écouter James Brown, il commence à aimer de plus en plus le son de cet instrument, et jusqu'à la fin, il aura presque toujours un guitariste dans son orchestre. Guitare plus électricité: une combinaison qui va changer sa musique. Un nouveau jazz était né, et avec lui une nouvelle ère extrêmement prolifique se faisait désormais sentir.(http://audiocity.over-blog.com/article-miles-davis-filles-de-kilimanjaro-56483382.html)

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