.

.

mardi 31 janvier 2017

Edward Fox

Edward Fox est un acteur britannique né le 13 avril 1937 à Chelsea (Londres). Il est le frère aîné de l'acteur James Fox. Sa fille Emilia est également actrice.Fox a fait ses début théâtral en 1958 , et sa première apparition au cinéma eu lieu en 1962 dans the Long Distance Runner . Il figure également au générique (comme serveur) de This Sporting Life (1963). Tout au long des années 1960, il a travaillé principalement au théatre, y compris dans une tournée dans le role de Hamlet . À la fin des années 1960 et au début des années 1970, il obtient des rôles dans de grands films britanniques dont Oh! Quelle Belle Guerre (1969), La Bataille d'Angleterre (1969) et the Go between (1971). Dans ce Go-Between , il a joué le rôle de Lord Hugh Trimingham, pour lequel il a remporté un BAFTA Award pour le meilleur second rôle. Son talent d'acteur l'a également porté à l'attention du réalisateur Fred Zinnemann , qui était à la recherche d'un acteur qui n'était pas bien connu et pourrait être crédible comme l'assassin dans le film Le Jour du Chacal (1973). Fox a gagné le rôle, en battant d'autres prétendants tels que Roger Moore et Michael Caine .(Wiki)


                 


Un pont trop loin (1977) - Désormais, les films sur la Deuxième Guerre Mondiale (2WW) sont comme les pantalons à pinces : on se demande s'ils sont ringards ou pas. De plus, comme beaucoup de temps a passé depuis ce grand malheur collectif, les plus jeunes générations n'ont aucune idée de ce qu'en fut la vraie réalité, confondent avec Star Wars, Avatar, Tolkien, se demandent si Ben Affleck ou Kit Harington vaincront encore... En gros, il y a deux sortes d'approches : Les anciens films, en prise directe avec des réalités plus ou moins fantasmées, créés et réalisés par ceux qui en eurent quelque expérience ou du moins quelque récit immédiat ; et puis les récents, disons à partir de la fin des années 1980, brodant souvent sur une réalité devenue trop lointaine pour ne pas succomber à l'imaginaire. Bref, dans les deux cas, on se re-raconte de manière montrable et à peu près supportable ce qui fut au-delà du glauque, du pervers et de l'insoutenable. Mais la guerre de manière générale attire : environ deux tiers de la totalité de la production du visuel consiste en la contemplation du tuer l'autre : en effet, après le souci alimentaire (survie primaire), la fornication (reproduction de l'espèce), l'élimination du voisin est la principale activité de l'humanité. La détestation d'autrui et la violence faisant partie de l'incontournable fond de la nature humaine.En 1977 Richard Attenborough n'est pas un débutant : acteur aux quatre-vingt rôles en Grande-Bretagne comme aux Etats-Unis, réalisateur et producteur à partir de 1969, militant pacifiste opiniâtre, son principal succès, aux sept oscars est Gandhi en 1982 (G.-B./Inde).



   

Président de l'Académie britannique du cinéma (BAFTA), il fut un de ceux qui sauvèrent l'indépendance et l'originalité du cinéma anglais. A ce titre il fut anobli par la Reine en 1993. Attenborough (et son scénariste) ne font pas de cadeaux : ils dénoncent l'inutile massacre dû à l'arrogance de Montgomery, sa méconnaissance du terrain - qui amena des milliers de types à se faire exterminer dans les polders - l'ignorance réelle de la situation hollandaise, la sous-estimation des troupes allemandes en présence, de leurs panzers dissimulés. Les moyens mis en œuvre pour le film furent colossaux (tout comme Market Garden) : la préparation dura deux ans, le tournage presque autant, avec des extérieurs complexes en Hollande, sur les lieux mêmes où les faits se produisirent. Il mobilisa des milliers de figurants qu'il fallut habiller, nourrir, héberger pendant des semaines, la plupart étant des jeunes types sous les drapeaux. (http://lesmistons.typepad.com/blog/2015/11/un-pont-trop-loina-bridge-too-far-de-richard-attenborough-etats-unis-1977-ringard-ou-pas.html)


                 

Les bombardements et les destructions - saisissants - nécessitèrent moult innovations spectaculaires (dues à Tom Evans) tout comme les scènes de décollages d'avions et de planeurs (un peu longues). Les mauvaises langues dirent que le film avait coûté autant que l'opération de 1944. Il a été calculé qu'avec les moyens techniques actuels (3D, effets spéciaux, etc...) le film coûterait à peu près la moitié. La musique de John Addison est typiquement de tradition militaire britannique, entrainante, à mi chemin entre Pomp and circonstance d'Elgar et le brass-band des mineurs gallois, persillée de quelques emprunts moroses à Ludwig B. lorsque le carnage est trop affreux. Mais le grand intérêt du film vient de sa distribution : en 1977 il rassemble la « crème » (the cream) des acteurs masculins de langue anglaise de son époque. La seule actrice est Liv Ullman incarnant une hollandaise qui voit sa jolie propriété d'abord transformée en hôpital de campagne, puis en tas de cendres.


                 

Le Miroir Se Brisa est un bon film. Adaptation du roman éponyme d’Agatha Christie que je n’ai pas lu, qui met ici en scène la célèbre détective Miss Marple. L’histoire d’une équipe de cinéma et ses vedettes s'installent dans un tranquille village anglais pour y tourner un film. Mais une habitante de la localité est assassinée dans la demeure de la vedette. Miss Marple se repose dans son village natal, mais comme par hasard il faut qu’un meurtre y soit commis, l’enquête sera vite résolue. Un délicieux polar servi par une fastueuse distribution dont j’y reviendrais juste après. Un polar divertissant qui cesse de nous mener sur de fausses pistes et tire parti de la piquante confrontation entre l’environnement étriqué du village et le monde du cinéma. Même si l’enquête reste assez intéressante et passionnante, quelques petites longueurs se font ressentir mais pour autant le film est quelque peu sous-estimée ce qui est bien dommage. La bande son de John Cameron est superbe et convient parfaitement au métrage. Manque juste un petit peu de présence. Le cinéaste Guy Hamilton nous mitonne (désolé pas fait exprès^^) une très belle réalisation d’ensemble. Il parodie Hollywood en finesse avec une distribution incroyable composé des excellents Kim Novak, Rock Hudson, Angela Lansbury, Elizabeth Taylor, Tony Curtis, Geraldine Chaplin mais aussi l’excellent Pierce Brosnan qui fait sa première apparition (ici muette) au cinéma dans ce film dans un court passage. L’adaptation du miroir se brisa d’Agatha est donc une bonne œuvre au final. Adaptation réussie (mais moins connue que les autres) d'Agatha Christie. Ici, pas de Hercule Poirot, mais, à la place, l'autre héroïne de la romancière, Miss Marple, son pendant féminin et 'maison de retraite'...joué par Angela Lansbury, très convaincante.


   

Les autres acteurs (Elizabeth Taylor, etc...) sont très bons. Seul gros défaut : une durée trop courte, 90 minutes...de plus, un scénario et une fin décevantes... Bref, pas le meilleur, mais se laisse regarder.Une affiche d'une richesse impressionnante. Ce film permet de voir à l'oeuvre des étoiles d'Hollywood qui se détestent cordialement. Amusant. L'affaire en elle-même manque d'intérêt. Comme la fin du film projeté par le pasteur qui casse et qu'on ne voit pas.Le cadre de la tranquille campagne anglaise est quelque peu perturbé par un meurtre, que la brave Miss Marple, aidée par son neveu de Scotland Yard, essaie d'élucider. Dans cette univers de cinéma , tout le monde est coupable de meurtre . Avec une distribution 5 étoiles en or , et malgré tout une belle mise en scène et une belle musique . Un climat très intéressant de ces films , d 'enquêtes est tout simplement passionnant .


                

Un film à voir pour la qualité des grands acteurs que nous n avons plus actuellement.L'adaptation tout en subtilité d'une histoire d'Agatha Christie. Le cadre de la tranquille campagne anglaise est quelque peu perturbé par un meurtre, que la brave Miss Marple, aidée par son neveu de Scotland Yard, essaie d'élucider. Le film paraît un peu désuet maintenant, mais il reste dans l'esprit de la romancière britannique. Pas trop de vague, une enquête polie, et un final astucieux pour découvrir l'assassin. Voilà les ingrédients réunis pour passer un bon dimanche après-midi devant la télé.Une très belle enquête de Miss Marple adaptée au cinéma. L'héroïne d'Agatha Christie se fait un peu piquer la vedette par linspecteur Craddock qui mène l'enquête à sa place. Des acteurs formidables avec Taylor en tête d'affiche ainsi que Curtis, et un des premiers rôles au cinéma de notre Pierce 007 Brosnan préféré. Un réalisation très soignée sans être parfaite et un suspense qui tient la route nous font apprécier ce film.(Allociné)

lundi 30 janvier 2017

Fabio Testi

Fabio Testi débute au cinéma en tant que doublure, dans Le Bon, la Brute et le Truand, de Sergio Leone. Après avoir interprété ses premiers vrais rôles dans des western-spaghettis à petit budget, il apparaît en 1970 dans un film plus prestigieux, Le Jardin des Finzi-Contini, de Vittorio De Sica. Il donne ensuite la réplique à Charlotte Rampling dans Dommage qu'elle soit une putain et à Claudia Cardinale dans Les Gouapes. Devenu une vedette du cinéma italien des années 1970, il alterne films de genre et films d'auteur, apparaissant également, grâce au jeu des coproductions européennes, dans divers films français, comme Le Tueur, de Denys de La Patellière ou Nada, de Claude Chabrol. Il tient le rôle masculin principal de L'important c'est d'aimer d'Andrzej Żuławski, aux côtés de Romy Schneider et Jacques Dutronc.De belle prestance, Testi se retrouve très vite l'un des acteurs les plus demandés. En 1970 il est au générique d'un film de Vittorio De Sica (Le jardin des Finzicontini), ce qui lui permet d'obtenir une reconnaissance internationale et de participer à d'autres films d'auteur. A son aise surtout dans les films d'action, il donne le meilleur de lui-même dans des oeuvres signées Pasquale Squitieri, Enzo G. Castellari, Tonino Valerii, Stelvio Massi et Sergio Sollima. Il a travaillé souvent avec des réalisateurs étrangers (Lelouch, Zulawski, Chabrol, Vasquez Figueroa et Monte Hellmann).(http://www.cinefil.com/star/fabio-testi)


                


En 1972, la mode du Giallo bat son plein. Les film sortent à un rythme pratiquement hebdomadaire, avec ce que cela implique comme risques de dégénérescence du genre, de redite et de lassitude du public. Pourtant, cette année-là sort MAIS QU'AVEZ-VOUS FAIT A SOLANGE ?, un des classiques du genre. Comme d'autres Giallos, il s'agira d'une co-production entre un producteur italien et un partenaire allemand. Ce pays aimait en effet exploiter ces films comme des successeurs de leurs Krimi alors en plein déclin. Le scénario sera ainsi vaguement basé sur un roman d'Edgar Wallace et produit par la firme germanique Rialto, deux noms incontournables pour ce style de film policier qui connut une très grande fortune public dans la RFA des années 60. MAIS QU'AVEZ-VOUS FAIT A SOLANGE ? n'en reste pas moins tourné par une équipe artistique italienne menée par le réalisateur Massimo Dallamano, ex-chef-opérateur de Sergio Leone qui venait de tourner LE DEPRAVE, une adaptation de "Le portrait de Dorian Gray" mettant en vedette Helmut Berger. Aux côtés de Dallamano, le poste de directeur de la photographie est occupé par Aristide Massaccesi, alias Joe D'Amato ! En vedette, nous trouvons Fabio Testi, jeune premier alors en train d'émerger et dont la carrière oscillait entre Bis (surtout de westerns) et films plus sérieux (LE JARDIN DES FINZI-CONTINI de De Sica, DOMMAGE QU'ELLE SOIT UNE PUTAIN de Giuseppe Patroni Griffi).Comme nous l'avons vu, MAIS QU'AVEZ-VOUS FAIT A SOLANGE ? entretient de nombreux liens avec le genre du Krimi, les spécialistes n'hésitant d'ailleurs pas à le classer comme un des derniers "Edgar Wallace" officiels produits par l'Allemagne.


   

Il est exact que nous en retrouvons certains éléments typiques. L'action se déroule à Londres, Scotland Yard mène l'enquête, le Tower Bridge fait régulièrement son apparition à l'écran, il est vaguement question de sociétés secrètes... Quant à cette histoire de crimes terribles commis dans le cadre d'un pensionnat de jeunes filles, il nous rappelle des intrigues de ces films, en particulier celle de DER UNHEIMLICHE MONCH dans lequel un assassin sévissait au sein d'un tel établissement. Des acteurs allemands habitués à la saga des Edgar Wallace sont aussi de la partie, tels la blonde Karin Baal (LES MYSTERES DE LONDRES) ou surtout Joachim Fuchsberger, grand spécialiste de cette série, qui mène ici l'enquête pour le compte de la police britannique.Malgré tout cela, MAIS QU'AVEZ-VOUS FAIT A SOLANGE ? reste avant tout un marqué par le pays de son réalisateur. Il s'agit définitivement d'un Giallo dans une tradition assez pure et dure. Nous y retrouvons les incontournables protagonistes aux origines cosmopolites.


               

L'atmosphère de luxe passablement décadente et érotique est bien présente. Le thème des perversions sexuelles répond bien à l'appel, tout comme celui du voyeurisme. Le tueur (en soutane !) porte des gants de cuir noir et tue à l'arme blanche ou à mains nues, parfois au cours de plans subjectifs relevant dans la plus pure tradition d'un Dario Argento. Les victimes sont jolies, les meurtres peu ragoûtants et empreint d'une brutalité parfois spectaculaire. Pour la musique, Ennio Morricone, encore lui, revient aux stridences expérimentales qu'il avait commencé à expérimenter dans L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL. Enfin, bien qu'elle se déroule en Grande-Bretagne, pays protestant, l'action s'inscrit dans une école tout ce qu'il y a de plus catholique, la mécanique de la confession étant même un élément incontournable de l'intrigue. Bref, même à Londres, nous sommes un peu en Italie !(http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1446&NamePage=mais-qu--avez-vous-fait-a-solange----cosa-avete-fatto-a-solange---)


                 



Dino Risi occupe une place particulière dans la cinématographie italienne. Certaines de ses œuvres, comme Une Vie difficile (1961), La Marche sur Rome (1962), Le Fanfaron ou encore Les Monstres (1963) sont des réussites éclatantes, tandis que d’autres, par exemple Le Bon roi Dagobert (1984), sont des navets monumentaux. Risi réalise en 1985 Le Fou de guerre, un film inattendu produit par Claude Berry. La narration débute en 1940. Le sous-lieutenant Marcello Lupi (Beppe Grillo) est un médecin qui désire se spécialiser en psychiatrie. Il est incorporé dans la 31e section du Service de santé de l'armée italienne, stationnée en Libye. Il y rencontre le capitaine Pilli (Coluche), dont les troubles psychologiques le passionnent rapidement. Dino Risi, réputé pour être le spécialiste de la comédie italienne, réalise un vaudeville dont l'intérêt principal est de présenter une féroce satire de l’armée. Les militaires sont allégrement caricaturés à travers une galerie de personnes pittoresques. Le soldat sarde est un berger analphabète, le commandant Belucci (Bernard Blier) est obsédé par l’idée de retourner à Rome pour retrouver sa jeune épouse, tandis que Pilli, cleptomane et fétichiste, est le personnage le plus farfelu de la troupe. Il collectionne les bouchons de limonade, aime danser le tango avec des hommes, fait l’amour avec les mouches, se déguise en fatma pour amuser ses compères et exerce accessoirement la profession de chirurgien. L’institution militaire est constamment tournée en dérision. Les officiers sont présentés comme des cocus et des paresseux. Certains dialogues restent d’anthologie. Marcello regarde la photographie de l’actrice italienne Alida Valli. Pilli exprime alors son admiration : « C’est ma femme préférée, après ma mère bien évidemment, et après le Duce ! ».


   

On retrouve également les gags scatologiques que Risi emploie régulièrement dans ses films. Les officiers ont été conviés à la table du seigneur de l’oasis. Pilli a cependant été consigné par ses camarades et ne peut participer au repas. Pour se venger de cet affront, il fait livrer au seigneur un flan, qu’il a confectionné à partir de ses déjections. On se souvient, dans Le bon roi Dagobert, que le monarque (également interprété par Coluche) demandait à ses favorites de renifler l’odeur répugnante de ses selles du matin. Parfois, quelques nouvelles de l’offensive italienne sur le front libyen parviennent aux soldats, qui ne semblent pas pressés de prendre part au combat. Un événement notable se produit néanmoins lorsque Pilli remplace le commandant Belucci, ravi d’être enfin muté à Rome. Le scénario donne alors au personnage certains traits tyranniques qui rappellent la figure de Caligula.


               

Un matin, le nouveau commandant se rend compte que le chacal, qui hurlait toutes les nuits autour du camp, a été abattu. Sa colère est terrible, et il ordonne que la bête soit enterrée avec les honneurs militaires. Cet épisode est une référence fameuse au cheval que Caligula voulut faire consul. Pilli, à l’instar de l’empereur romain, désacralise un privilège normalement réservé aux hommes de valeur. Il révèle ainsi la vacuité des artifices militaires, n’hésitant pas non plus à malmener ou à humilier les plus gradés. L’absurdité de la guerre est directement évoquée lorsque Marcello réintègre le front. Un travelling horizontal suit le protagoniste qui sort d’une tranchée, puis la caméra descend et montre en plongée un alignement de corps anonymes qui sont recouverts. Seules les bottes des soldats sont apparentes. Les Italiens meurent ainsi inutilement loin de leur patrie d’origine. Pour la gloire d’un régime agonisant…(http://www.iletaitunefoislecinema.com/critique/970/le-fou-de-guerre)

samedi 28 janvier 2017

Blue ahead

Cela faisait presque dix ans qu’un film sur Miles Davis trottait dans la tête de l’acteur Don Cheadle. Flashback. En 2006, à l’issue de la cérémonie qui avait inscrit Miles Davis au Rock And Roll Hall Of Fame, Vince Wilburn, neveu du trompettiste, avait annoncé sans consulter Cheadle qu’un projet de film était en cours et que l’acteur y aurait le rôle titre. Propulsé dans l’aventure à son insu, Cheadle finira par la transformer en une entreprise personnelle. Travaillant avec la famille de Miles, s’acoquinant avec Herbie Hancock, son conseiller, l’acteur fera de Miles Ahead son premier film en tant que réalisateur et optera pour une production indépendante fondée sur le financement participatif. Résultat d’une aventure originale, Miles Ahead est un film intelligent, parfois foutraque, mais profondément audacieux. Audacieux parce qu’il n’a rien d’un biopic traditionnel. Au lieu d’opter pour un récit chronologique ou d’insister sur un épisode de la vie de l’artiste, le film se construit autour de deux fils narratifs. Une première trame, parfois un peu caricaturale, faite de flashbacks, montre Miles version 1950-1960. On le voit jouer avec Gil Evans, son second quintette, et surtout vivre une histoire mouvementée avec son épouse d’alors, Frances Taylor. Cheadle y interprète Miles avec révérence, en fan sobre et admiratif.Un deuxième fil narratif nous propulse en 1978. Miles vit reclus dans sa maison de New York, où il est harcelé par un journaliste, joué par Ewan McGregor  . Le film balance entre réalité et fiction, dessinant un Miles Davis héros d’un polar blaxploitation, dans lequel, courses poursuites à l’appui, il part à la recherche d’une bande volée par des producteurs véreux. Dans cette deuxième trame, le jeu de Cheadle change. Il n’est plus seulement Miles : il joue Miles Davis qui fait l’acteur dans un film. Ce dispositif, qui depuis la projection déroute une partie de la critique américaine, permet à Miles Ahead de ne pas sombrer dans le principal défaut des biopics : mal montrer ce qu’un documentaire aurait pu parfaitement faire.


   
   

Avec Miles Ahead, on est au coeur d’un projet cinématographique qui, via des allers-retours entre fiction et réalité, essaie de s’approcher au plus près des marques de fabrique de la figure qu’il traite : sa liberté, son sens de la remise en question permanente et son humour. Le tour de force de Miles Ahead réside aussi dans son traitement de la musique. Là aussi, le film ne croule pas sous les restitutions de concerts, de séances d’enregistrement, où l’interprétation de Cheadle ne sera jamais aussi passionnante que la vision documentaire du vrai Miles Davis au travail. Si la musique est présente dans Miles Ahead, c’est surtout par le son. Le film est nappé par la musique de Miles Davis, dans toutes ses époques et toutes ses tendances. La band-son, en nous plaçant dans la tête du héros, nous confronte à ce que Cheadle imagine être son regard sur le monde, un regard profondément déterminé par ses productions musicales passées et à venir. Pour ce travail, Don Cheadle, luimême saxophoniste, a demandé à Robert Glasper de composer des musiques supplémentaires et de réadapter certains morceaux de Miles Davis pour l’écran. « L’enjeu, explique Cheadle, était aussi de montrer la modernité de la musique de Miles, son actualité ». La scène ultime du film, tout en héritage, est à ce titre explosive.


              

Un biopic à l’image de ce qui se fait depuis quelques temps pour les artistes musicaux (comme ceux de Jimi Hendrix, James Brown ou Hank Williams dernièrement par exemple), un projet alléchant sur le papier mais maigrichon niveau production, toujours très classique dans sa mécanique scénaristique, ici présenté en trois axes distincts : une période trouble où Miles Davis met sa carrière en stand by fin 70s, l’âge d’or des années 50 et sa relation tumultueuse avec son épouse Frances Taylor ainsi que ses soucis de santé. Le montage est suffisamment malin pour donner un certain relief romancé au parcours du génie du jazz, personnage plutôt bien incarné par Don Cheadle, le tout garde une cohérence mélancolique nappée de compositions marquantes, mais il manquera tout de même ce soupçon punchy, causé sans doute par une réalisation trop timide et une empreinte technico-visuelle quasi inexistante, petit péché de modestie dirons-nous. À noter également le retour en forme de Ewan McGregor qui semblait se perdre quelque peu depuis "The Ghost Writer", le timing tombe forcément très bien avant les très attendues suite de "Trainspotting" et saison 3 de "Fargo", affaire à suivre pour cet acteur que j’apprécie particulièrement. Globalement "Miles Ahead" se regarde bien sans forcément être remarquable, que l’on soit un aficionado du trompettiste ou non, ça reste instructif et suffisamment divertissant, et en petit cadeau un live final avec Herbie Hancock comme clin d’oeil sympathique qui fait plaisir.


                

Born to be blue c’est un classique du jazz, interprété ou chanté par les plus grands, dont Chet Baker trompettiste virtuose de la cote ouest, musicien blanc qui se confrontera aux musiciens noirs de la cote est, Miles Davis, Dizzy Gillespie entre autres...C’est à ce trompettiste que Robert Budreau consacre son film Born To Be Blues…c’est l’histoire d’un ange déchu, né en Oklahoma dans une famille de prolo, père alcoolique et violent, vaguement musicien country qui lui offre pour ses treize ans une trompette…s’étant cassé bêtement une incisive il va surmonter cet handicap, en principe rédhibitoire pour la trompette en jouant dans les registres médiums et se forgeant un style et un son particulier…tout en se refusant au moindre apprentissage de la musique…dans la vie, il sera comme James Dean un rebelle sans cause… en 1953 il est nommé meilleur trompette devant Armstrong, Gillespie et Miles Davis..Hélas il tombera vite dans l’héroïne et devient un de ces musiciens junkies errant entre gloire et prison…je pense à The Rose et Bette Midler et au film de Mark Rydell…Le film commence en 1966, quand le producteur italien Dino De Laurentis le tire de prison pour lui faire tourner son propre rôle à l’écran. Une jeune actrice, Jane, jouera le rôle de son ex-femme. Rattrapé par son passé, Chet se fait massacrer la mâchoire par des hommes de mains d’un dealer auquel il doit de l’argent, tirant un trait sur le film et sur sa possibilité de rejouer de la trompette. Nous assistons à la quête de résurrection de Chet, aidé par l’amour de Jane, qui veille à ce qu’il reste clean...le film alterne des séquences en noir et blanc, retraçant le passé, et le présent dans des teintes sépia…Ethan Hawke qui joue Chet est véritablement habité par le rôle, fragile, luttant contre ses démons, souvent au bord de la rupture…interprétant lui-même un My Funny Valentine à donner la chair de poule…Le montage présente quelques maladresses qui peuvent nuire à la compréhension de l’histoire…mais le film réjouira les amateurs de jazz, la bande son est extraordinaire et doit beaucoup au quatuor formé de David Braid au piano, Kevin Turcotte à la trompette, Steve Wallace à la basse et Terry Clarke à la batterie ...et cette histoire d’un homme qui lutte pour revenir sur le devant de la scène malgré son addiction et sa blessure physique, doublée d’une histoire d’amour intense, fascinera tous les autres…(Allociné)


   

Quelques exemples récents (Steve Jobs, Miles Ahead) nous ont soufflé que la forme strictement linéaire et édifiante du genre biopic, en vigueur au moins depuis 2000, était frappée de ringardise jusqu’au cœur du système hollywoodien. A la place, des films en friche, moins inféodés au fil des vies dépeintes, tentés de les saisir par métonymie, par ellipses, par désarticulations temporelles, et Born to Be Blue vient d’une certaine manière vérifier cette impression. Etonnamment fragmentaire, centré sur la traversée du désert de Chet Baker après une rixe qui lui coûta en 1966 quelques dents et un réapprentissage de la trompette, le film fait une drôle de chose du mythe du playboy fifties : il s’ouvre sur le tournage d’un film autobiographique que Baker aurait tourné au début des années 1960, et joue sur l’ambiguïté entre cette vie rejouée, très stéréotypée, et la vie réelle.Ironie : ce tournage est une pure invention du scénario. Dans toute la suite du film, Budreau joue ainsi de l’aura du prince of cool comme d’une pure virtualité du personnage, dont on ne sait si c’est lui qui la poursuit ou l’inverse – et où il ne parviendra à se fondre pour de bon que pour en faire, in fine (troublante dernière scène de live au Birdland), son cercueil. (http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/born-to-be-blue/)


                


Il est très rare que le cinéma de fiction parvienne à filmer le jazz d’une manière qui échapperait à la fois à la naïveté publicitaire et au cliché romantique. Dire que le film de Robert Budreau contournerait cet écueil serait sans doute mensonger. On y trouve, certes, quelques cartes postales visiblement obligatoires dès lors qu’il faut figurer au cinéma le jazz et ses artistes. Pourtant, en prenant comme sujet un moment, quelques mois, de la vie du trompettiste Chet Baker – son retour aux Etats-Unis après son incarcération en Italie et sa tentative de désintoxication et de come back –, Robert Budreau semble moins passionné par la singularité de l’art du musicien que par le récit d’une résurrection et d’une rédemption possible. Le film organise dès lors un suspens qu’il nourrit par un certain nombre de scènes d’une trivialité parfois prenante. Le trompettiste prodige, devenu, hélas, une icône pour midinettes à la fin de sa carrière, y prend une dimension humaine indiscutable. Les moments sentimentaux (va-t-il conserver la femme qu’il aime ou sombrer à nouveau dans la drogue ?) y sont lestés d’une intensité plutôt réussie. Intensité qui marquera la séquence finale avec un tact appréciable.(Le monde)

vendredi 27 janvier 2017

James Glickenhaus

James Glickenhaus, né en 24 juillet 1950 à New York, est un financier américain qui a été réalisateur, scénariste et producteur dans les années 1980 et 90. Il est connu pour son film Le Droit de tuer (The Exterminator) sorti en 1980 et ses productions Maniac Cop de William Lustig (1988) et Frankenhooker de Frank Henenlotter (1990). C'est aussi un collectionneur de voiture de course, en particulier de Ferrari; il est ainsi célèbre pour être le propriétaire de la Ferrari P4/5 by Pininfarina.(Wiki)




                 

Surfant sur la vague des fameux "Death Wish", "Exterminator : le droit de tuer" est avant tout un ersatz bis de "Taxi Driver". Mais contrairement à Scorcese, James Glickenhaus n'attend pas le dernier tiers du film pour faire tomber les corps et faire parler la poudre ! Du pur cinoche d'exploitation donc, et bien violent bien comme il faut. Inutile de se fier aux affiches U.S. et françaises : eh non, vous ne verrez pas de guerrier de l'enfer musclé en train de nettoyer les rues de la Grande Pomme à coups de lance-flammes, le tout coiffé d'un casque de moto (renvoyant d'ailleurs très fortement au tueur du slasher "Les yeux de la terreur"). Cependant, le film compte bien une moto, et aussi un lance-flammes, à peine utilisé justement, mais il faudra attendre la nanardeuse séquelle "Exterminator 2", pour pouvoir assister à un festival de voyous cramés au Napalm. S'il n'a pas forcément le charisme d'un Bronson ou les muscles d'un Stallone, le grand vengeur de l'histoire, ici le bien sympathique Robert Ginty, cache sous une apparence des plus banales, les stigmates laissés par la guerre du Vietnam, se laissant contaminer par une inquiétante folie sourde, qui le poussera à aller bien au-delà d'une simple vengeance : tel un super héros, il liquide les vilains qui pourrissent NY, devenant ainsi "l'exterminateur". Cette spirale de violence sera une sorte de nouveau Vietnam pour John, réutilisant une grande partie de l'arsenal militaire qu'il tient en sa possession pour balayer la crasse de la jungle urbaine. Film d'exploitation 70's oblige, le NY filmé ici est glauque et sans concessions : junkies, prostituées, pédophiles, gangs, quartiers chauds fourmillant de sex-shops et de cinés pornos malfamés…



   


Les victimes de l'exterminateur ne sont pas cependant toutes issues des bas quartiers : un mafieux cupide et un sénateur amateurs de petits garçons passeront également à la casserole. L'exterminateur remet les pendules à l'heure, narguant une police aussi impuissante que les victimes, et incapable de stopper qui que ce soit. Sadique à souhait, le brave exterminateur ne manque pas d'idées pour éliminer ses cibles : balles trafiquées au mercure, mitrailleuse, hachoir à viande, essence…ça reste assez spectaculaire (belle poursuite nocturne), le tout baignant dans une ambiance nauséeuse où le malaise n'est jamais très loin ; en témoigne cette virée chez un proxénète pédophile où une prostituée se fait torturer au fer à souder (le spectateur ne verra rien certes, mais c'est loin d'être du propre) et la superbe séquence d'introduction au Vietnam, nous offrant l'une des plus hallucinantes décapitions de l'histoire du cinéma, rapide et cradingue.


                

On regrette cependant une amourette entre la doctoresse incarnée par Samantha Eggar (l'heureuse maman mutante de "chromosome 3") et le flic solitaire (Christopher Georges, qui accompagnait alors Catriona MacColl dans "Frayeurs" l'année précédente), qui fait hélas bien tâche (elle amènera cependant l'inspecteur à rencontrer l'exterminateur) et un montage carrément approximatif (on passe d'une scène émouvante à une torture au lance-flammes !!), sans doute corrigé dans la version director's cut disponible en DVD zone 1. Faut dire les films d'exploitations ne sont jamais à l'abri d'une maladresse… Que reste t-il alors au final ? De l'excellent vigilante movie comme on n'en fait plus, et c'est bien suffisant.(http://www.horreur.com/?q=nid-3000/exterminator-le-droit-de-tuer-exterminator-1980-james-glickenhaus)


               


Le Soldat, sous ce titre minimaliste, cache un film d’action peu connu de Glickenhaus, et qui s’avère plutôt décevant. D’abord les acteurs ne sont pas égaux. Ken Wahl est pas trop mauvais dans le rôle principal, même s’il ressemble quand même beaucoup à un sous héros d’action, si l’on considère qu’à la même époque émergée des Stallone et des Willis, autrement plus charismatiques dans le registre. Son personnage est par ailleurs trop hésitant, sorte de mix improbable entre James Bond, Rambo et le personnage de Tom Cruise dans Top Gun. A ses cotés il y a du mieux. Alberta Watson certes, mais je retiendrai surtout l’excellent William Prince, clairement l’acteur qui se démarque le plus du lot. A noter également quelques bons seconds rôles habituels, comme Steve James, qui fait toujours plaisir à voir, et nous gratifie de quelques scènes sympa. Dans l’ensemble néanmoins, un résultat assez faiblard. Je précise que la place de Klaus Kinski ici ne présente aucun intérêt, n’apparaissant finalement que fort peu. Le scénario est en délicatesse. En fait le film part sur une bonne idée, mais qu’il développe trop mal. Il faut dire qu’1 heure 20 pour une histoire de ce genre c’est faible. De l’action certes, mais un scénario qui peine à tenir la route en mêlant là aussi les genres sans maitrise (espionnage, action, aventure…), et en offrant des rebondissements prévisibles, et parfois incongrus. Les incohérences sont par ailleurs nombreuses (la solidité des Porsche est tellement remarquable qu’elles peuvent défoncer une rampe en ciment sans la moindre égratignure !), et il y a des passages à la limite du ridicule (le final avec les 6 péquenauds qui débarque en parachute au milieu du désert est risible).


   


La mise en scène est laborieuse. Glickenhaus appuie beaucoup trop sa réalisation. Les gros plans systématiques sur les blessures des personnages finissent par être trop redondants, les fusillades manquent d’allure, l’ensemble est par ailleurs trop figé. En dehors d’une course poursuite en voiture honorable, et à la limite une descente de ski passable, Le Soldat ne parvient guère à ressembler à autre chose qu’à une petite série B d’action filmée sans grande conviction. Reste heureusement pour lui une photographie élégante, et d’indéniables décors réussis. On voyage autour du monde, et à l’image du plan final sur la statue de la liberté, le film dégage une belle authenticité. Quelques loupés cependant pour les intérieurs, faiblards, mais surement du à un budget limité. Je précise que Le Soldat est un film d’action violent, avec des armes qui font de vrais dégâts. C’est vraiment très marqué années 80, et cela est plutôt un bon point car ça atténue la fadeur de l’ensemble. Enfin bonne bande son, quoiqu’utilisé un peu à outrance, et souvent répétitive. En conclusion Le Soldat est un film d’action qui déçoit tout de même. Certes il n’est plus tout jeune, certes il n’est pas une superproduction, mais il maitrise mal son histoire, ses acteurs ne sont pas suffisamment convaincants, et il y a de vrais ratés de mise en scène.


               

Je lui donne 2 du fait de son âge et parce qu’il ne démérite pas complètement face à nombre de DTV foireux actuels, mais il est dans le ventre mou du registre action des années 80.Si le héros de Ian Fleming apportait une certaine dose d’humour à ses aventures internationales, son ersatz se prend, quand à lui, très au sérieux. Le film opte en effet pour un ton résolument réaliste, pointant les contradictions des positions américaines notamment envers Israël, pour la survie de son économie, préférant laisser agir seuls ses agents secrets, sans se « mouiller ». L’approche peu paraitre simpliste, voire invraisemblable mais elle reflète malgré tout un contexte stratégique des plus compliqués. C’est donc avec un certain intérêt que l’on suit ce film, peu avare en scènes d’action spectaculaires et très réussies (notamment la superbe séquence à ski et le très bon final à Berlin.). Ken Wahl (le héros de la série « Un Flic dans le Mafia ») incarne cet agent secret avec efficacité, entouré d’une équipe de gros bras que les fans bisseux reconnaitront sans peine : Steve James vu dans la série des « American Warrior » ou Peter Hooten dans « Une Poignée de Salopards » de Enzo G Castellari.(Allociné et http://www.cinemadequartier.com/le-soldat-de-james-glickhenhaus-1982/)

jeudi 26 janvier 2017

Robin Renucci

Daniel Robin-Renucci, connu sous le nom de scène de Robin Renucci, est un acteur et réalisateur français, né le 11 juillet 1956 au Creusot.Passionné de théâtre dès son enfance, Robin Renucci passe par le Conservatoire national supérieur d'art dramatique avant de débuter à l'écran en 1981 dans le rôle de Ralph dans Eaux profondes de Michel Deville. Il se fait remarquer avec le rôle de Gérard dans Invitation au voyage ou celui de Hazan, le jeune intellectuel juif de Fort Saganne (1984). Il obtient l'année suivante la consécration avec Escalier C de Jean-Charles Tacchella, où son personnage de Fortser, jeune critique d'art intransigeant, ombrageux et misanthrope montre le déploiement de ses capacités. Il enchaîne en tenant tête à Philippe Noiret avec acidité et férocité dans Masques de Claude Chabrol. Désormais reconnu et installé comme séducteur à la sensible personnalité légèrement ombrageuse, il n'hésite pas à participer à des films plus novateurs comme Vive la sociale ! de Gérard Mordillat aux côtés de François Cluzet, La Trace de Bernard Favre ou L'Amant magnifique d'Aline Issermann.(Wiki)


              

Eaux profondes est le dix-huitième long métrage de ce prolifique réalisateur français parmi les plus doués de sa génération. Michel Deville commence sa carrière en tant qu’assistant durant une bonne dizaine d’années du non moins talentueux Henri Decoin. En 1961, il crée sa propre société de production, Eléfilm, afin de financer son premier essai, Ce soir ou jamais avec Anna Karina et Claude Rich. Sa collaboratrice pour l’écriture est alors Nina Companeez avec qui il continuera à écrire tous ses films suivants pendant toute une décennie jusqu’au superbe et déchirant Raphaël le débauché, Maurice Ronet trouvant à cette occasion son rôle le plus mémorable. Ce sera à quelques exceptions (dont ce Raphaël au ton bien plus sombre) une succession de comédies (la plupart pouvant être assimilées à des marivaudages) parmi les plus ludiques, fines, grivoises et élégantes du cinéma français de l’époque, les deux titres les plus connus étant Benjamin ou les mémoires d’un puceau (1968) et L’Ours et la poupée (1969), ce dernier offrant à Brigitte Bardot l’un de ses meilleurs rôles. Le cinéaste sera également réputé pour être un de nos plus grands formalistes, inventant et innovant sans cesse tout au long de sa carrière, capable même de réaliser un film d’espionnage entièrement en caméra subjective (Le Dossier 51) ou un film avec uniquement des enfants et sans dialogues (La Petite bande). Il donnera à Patrick Bruel l’un de ses rôles les plus ambigus (Toutes peines confondues) et à Albert Dupontel son personnage le plus attachant (La Maladie de Sachs). Une filmographie riche et passionnante, mais un style parfois négativement et hâtivement critiqué (à l’instar de celui d’un autre immense formaliste, Stanley Kubrick) pour son maniérisme et (ou) sa froideur.


   

Kubrick appréciait beaucoup Michel Deville, et lui avait même demandé de s’occuper du doublage de deux de ses films, Shining et Full Metal Jacket - l'inquiétant Jack Torrance joué par Jack Nicholson dans le premier ayant d’ailleurs été doublé par Jean-Louis Trintignant qui a probablement dû se le remémorer pour son personnage de Victor.En 1974, Jean-Pierre Cassel avait fait lire à Michel Deville le roman de Patricia Highsmith. Déjà adaptés à de nombreuses reprises par des cinéastes aussi chevronnés que - pour ne citer que les plus célèbres - Alfred Hitchcock (L’Inconnu du Nord-Express - Strangers on a Train), René Clément (Plein soleil), Wim Wenders (Der Amerikanische Freund - L’Ami américain) ou Claude Miller (Dites-lui que je l’aime), ses romans étaient réputés très difficiles à mettre en images, ce qui n’était pas pour déplaire au réalisateur français qui se complaisait à relever des défis. Il se lança alors dans une première adaptation dont il n’était pas satisfait, trouvant le personnage féminin raté car trop antipathique (il disait d’ailleurs qu’il s’agissait également du point faible du roman). Il laissa donc un temps tomber le projet.



                               

Claude Chabrol eut lui aussi l’idée de porter ce livre à l’écran, proposant le rôle de Victor à Lino Ventura qui refusa, ne voulant pas se mettre dans la peau d’un mari cocu. Sept ans après sa première tentative, sur le tournage du Voyage en douce, Deville remet le projet en route avec Christopher Frank et Florence Delay. Ils accouchent tous les trois d’un scénario qui cette fois convient parfaitement au réalisateur, qui se félicite toujours aujourd’hui que le projet ne se soit pas concrétisé la première fois, estimant que personne n’aurait pu mieux personnifier Victor et Mélanie que Jean-Louis Trintignant et Isabelle Huppert, pas même Jacques Dutronc à qui le rôle avait d'abord été proposé. "Isabelle Huppert et Jean-Louis Trintignant n’avaient jamais travaillé ensemble et aussitôt est née entre eux une complicité qui était absolument nécessaire à la crédibilité du film. D’autre part, j’aime les acteurs intuitifs qui me comprennent à mi-mot. Avec ceux-là, pas besoin de longues explications ou de répétitions. J’ai veillé à saisir sur le vif leur spontanéité d’expression" disait Michel Deville lors d’un entretien au Figaro en 1981. Et effectivement, même les rares détracteurs du film à sa sortie furent unanimes pour saluer la performance de ce duo d’acteurs, formidablement accompagné par toute une bande de jeunes comédiens issus du théâtre.(http://www.dvdclassik.com/critique/eaux-profondes-deville)


              

Le critique d'art Foster Lafont habite l'escalier C d'un immeuble parisien du XIV°, où d'intenses relations unissent les habitants. Le film décrit la transformation de ces relations, et l'évolution intérieure de Lafont. A partir d'une chronique de tous les jours, Tacchella sait recréer la vie de cet immeuble, mêlant avec bonheur les scènes hilarantes et celles où surgit l'émotion. Il parvient à nous intéresser à ces destins croisés, à ces personnages meurtris aux rapports ambigus. Si l'œuvre débute sur un rythme jubilatoire, et si le tragi-comique final doit être salué, le film perd son souffle dans la partie médiane, se traînant quelque peu, et montrant à l'occasion combien cette question du tempo est primordiale dans ce type de comédie dramatique. Un satisfecit pour Robin Renucci, capable d'être odieux ou bouleversant avec la même qualité de jeu; des félicitations à l'ensemble des acteurs, excellents à l'exception de Bacri, qui lui est très en deçà de ce qu'il a fait ultérieurement; un bon point enfin pour le dialoguiste, qui a créé un texte sonnant juste et souvent percutant. Une production douce-amère paradoxalement assez réjouissante, et donc conseillée.Film représentatif des années 80. Les grandes illusions héritées des années 60 se sont évaporées avec les seventies et tous ces trentenaires semblent un peu étriqués dans leur appartement. Cette vie semi communautaire n’a rien à voir avec l’utopie hippie. Pas d’idéal commun, juste une cohabitation pour éviter la solitude. Le personnage joué par Renucci trimballe une morgue servant de paravent à une kyrielle de frustration dont une homosexualité non assouvie que lui renvoie à la figure le personnage joué par Bonnafé. Il faudra le suicide d’une voisine pour que le jeune dandy prenne conscience du monde qui l’entoure.


   

Tacchella termine son film par un joli moment quand Renucci fidèle à sa promesse répand les cendres de la vieille dame sur la terre d’Israël. A noter une apparition charmante dans le plus simple appareil de Fiona Gélin.Des personnages finement gratinés pour un scénario subtil, au délicieux arrière-goût de théâtre de boulevard... Dans l'espace exigu de cet ESCALIER C, la folie n'est pas loin ! Folie douce ou véritable hystérie, une manière aussi sagace que réjouissante de traiter le contexte social préoccupant d'une époque, servi par des acteurs épatants : Robin Renucci, Jean-Pierre Bacri, Jacques Bonnaffé, Catherine Frot.Une chronique subtile des relations entre plusieurs locataires d'un immeuble parisien durant les années 80. Un des meilleurs films français de cette époque, malheureusement méconnu, qui fit découvir de nombreux jeunes acteurs (Renucci, Bacri, Frot, Bonaffé...) et dont les seconds rôles sont tenus par des ténors du cinéma hexagonal (Aumont, Rish...). Tacchella n'est certes pas l'artiste du siècle, mais avec ce film, il parvient tout de même parfois à de bien jolies choses, à commencer par cette façon attachante de capter l'air du temps : Escalier C est une sorte d'archétype du film social des 80's en France, une espèce de film en costumes, si vous voulez.



             


Tout ça bien sûr sombre très souvent dans le ridicule, et a pris de sérieuses rides. Le scénario est sur-signifiant et lourd : un critique d'art cynique et méchant va découvrir la beauté des choses simples à travers le suicide de sa voisine de palier et les tableaux de Renoir. Pour nous amener à cette révélation, Tacchella dessine outrancièrement des personnages stéréotypés, d'un seul bloc : le critique dandy et fêlé de l'intérieur, le couple qui passe son temps à s'engueuler, la directrice de galerie aux dents longues, l'homo SM, surtout, comble du ridicule, un peintre sauvage mais amoureux de la vie campé par un Jacques Weber hilarant avec ses traces de peinture colorées sur son torse (c'est bien connu, les artistes peignent torse nu et s'en foutent partout). Le scénario est ainsi hyper-balisé par des évènements qu'on devine largement à l'avance. Heureusement, la petite troupe d'acteurs est talentueuse, Renucci en tête, jeu sensible et original. On retrouve les acteurs français montants de l'apoque : Bacri très drôle dans ses premières tentatives de misanthropie dont il abuse aujourd'hui, Bonnaffé très physique et toujours attachant, Frot plus absente mais rigolote...(Allociné et http://shangols.canalblog.com/archives/2008/11/09/11292415.html )

mercredi 25 janvier 2017

The New Miles Davis Quintet

The New Miles Davis Quintet est un album de jazz de Miles Davis sorti en 1955.Enregistré lors de la séance du 16 novembre 1955 au studio Van Gelder à Hackensack, New Jersey. Le titre original de l'album était "MILES" C'est le premier disque à paraitre du quintet historique qui rassembla Miles et John Coltrane. Quatre standards avec de fulgurants solos de Coltrane tandis que Miles utilise une sourdine pour accentuer la fragilité de sa sonorité et toute l’émotion qui s’en dégage.

La pochette originale représente un paysage monochrome sur fond vert (voir l'illustration sur l'article anglophone) avec un seul mot "MILES" (d'où le premier nom de l'album). Le vert était une des couleurs préférées de Miles. Dans les rééditions de chez Fantasy la couleur est devenue bleue." En novembre, je suis entré en studio pour honorer mes obligations envers Prestige. Au cours de cette séance, on a enregistré que des standards. L'ensemble a été intitulé "Miles". Pendant très longtemps, tout le monde a cru que c'était le premier disque de notre groupe, la première séance Columbia ayant été tenue secrète. Ce disque pour Prestige n'était pas mal, mais loin de valoir ce que nous allions faire pour eux dans les séances suivantes. " " La musique que nous faisions ensemble est devenue incroyable. C’était si bon, que ça me donnait des frissons, comme au public. C’est rapidement devenu effrayant, tellement que je me pinçais pour m’assurer que j’étais bien là ". MILES L'AUTOBIOGRAPHIE. Miles Davis avec Quincy Troupe. Presses de la Renaissance. 1989 (Wiki)


   

Le Quintet de Miles Davis accompagné de John Coltrane, Red Garland, Paul Chambers et Philly Joe Jones est fraîchement formé lorsque paraît cet album enregistré en 1955. Ce groupe semble encore en rodage lors de cette session, mais la qualité est déjà très grande sans toutefois atteindre les sommets qui viendront dés l'année suivante... John Coltrane, encore un peu hésitant, n'est pas encore au niveau de Miles Davis, il y arrivera rapidement avant de prendre une autre voie dans les années 60 avec son quartet de légende, mais c'est une autre histoire. Ceux qui désirent se concentrer sur le meilleur peuvent se tourner vers les phénoménaux Workin', Relaxin', Cookin' et Steamin' du Quintet. Ceux qui se passionnent pour les géants que sont Miles Davis et John Coltrane, ou tout simplement pour l'histoire de la musique, se doivent de posséder cet opus en CDthèque car il constitue une étape importante dans la carrière de ces deux monstres du Jazz.(Thierry)

Bonus :
   


Mis à part les enregistrements réalisés en secret pour Columbia fin octobre 1955 et qui ne sortiront qu'en 1956, ceci est le premier disque studio commercialisé du quintet magique (Davis, Coltrane, Garland, Chambers et Jones). Le disque, composé de 4 standards et de 2 originaux, est agréable sans valoir pourtant les chefs d'oeuvre qui seront réalisés par la suite. Si la trompette de Miles, munie de sa sourdine, a déjà bien le son délicat et évanescent qui fera sa célébrité (particulièrement sur les deux ballades Just Squeeze Me et There Is No Greater Love), le style de Coltrane reste proche du be-bop, à mi-chemin entre Dexter Gordon et Sonny Stitt.(https://www.dragonjazz.com/kindofbl.htm)

lundi 23 janvier 2017

Valerie French

Un clin d'oeil à cette actrice merveilleuse qui fut l'interprète de cinq westerns dont quatre sont de véritables petites merveilles L'homme de nul part, Le vengeur agit au crépuscule. Elle fut l'égérie temporaire des studios Columbia. En effet, elle termina sa carrière éphémère très rapidement laissant derière elle le souvenir qu'elle aurait pu devenir une grande actrice. Valerie French tournera pour de bons réalisateurs.Valerie French (pseudonyme) débute au théâtre dans son pays natal puis, installée aux États-Unis, joue à Broadway et Off-Broadway (New York) entre 1965 et 1981. Au cinéma, elle contribue seulement à onze films, majoritairement américains. Le premier est le film italien Une fille nommée Madeleine (en) d'Augusto Genina (avec Märta Torén et Gino Cervi), sorti en 1954. L'ultime est le western germano-britannique Shalako d'Edward Dmytryk (avec Sean Connery et Brigitte Bardot), sorti en 1968. Entretemps, mentionnons L'Homme de nulle part de Delmer Daves (1956, avec Glenn Ford et Ernest Borgnine) et Racket dans la couture de Vincent Sherman et Robert Aldrich (1957, avec Lee J. Cobb et Kerwin Mathews). À la télévision, Valerie French apparaît entre 1956 et 1982 dans dix-neuf séries, dont Le Prisonnier (un épisode, 1968, avec Patrick McGoohan).(http://biographie.westernmovies.fr/actr/valerie-french-291-biographie.html)


   

Jubal est le troisième western réalisé par Delmer Daves après l'honnête et sensible La Flèche brisée (Broken Arrow) ainsi que le plus bancal mais tout aussi honorable L’Aigle solitaire (Drum Beat), deux westerns de la vague dite "pro-indienne". Avec ce dernier film (toujours inédit en DVD, messieurs les éditeurs), le cinéaste débutait une série quasi ininterrompue de 7 westerns (seul le très bon mélo de guerre Kings Go Forth - Les Diables au soleil viendra s'intercaler en son milieu) avant qu'il ne finisse sa carrière par un autre ensemble non moins passionnant, celui consacré à ses mélodrames sur la jeunesse. Par rapport à ses précédents westerns, changement de registre pour Jubal puisque nous n’y croisons aucun Indien, que l’action est réduite à portion congrue et que l'essentiel de l’intrigue repose avant tout sur une sorte de romanesque psychologique à propos de l’adultère et d’une touchante histoire d'amitié. Hormis le cadre (la vie de cow-boys dans un ranch du Wyoming), l’histoire aurait très bien pu être transposée au sein d’un film noir (pour son personnage de femme fatale et le fatum qui pèse sur la tête de son héros) ou d’un mélodrame familial. Et Delmer Daves de nous servir un western à la fois tendu et sensible, auquel il manque cependant un peu d’ampleur et de rigueur (une baisse de régime dans la dernière demi-heure) pour pouvoir faire partie des chefs-d’œuvre du genre. En l’état, c'est néanmoins une très belle réussite que ce Jubal, qui mériterait instamment d’être redécouvert et remis sur le devant de la scène tellement il pâtit aujourd'hui de la comparaison avec les autres westerns plus réputés du réalisateur. En tout cas, voici un film de plus confirmant l’immense talent de ce trop discret cinéaste hollywoodien à la sensibilité unique : sa filmographie au sein de laquelle il reste pas mal d'oeuvres à découvrir (messieurs les éditeurs bis) est pourtant fabuleuse, éclectique et d’une richesse inouïe.Mélange de western et de tragédie shakespearienne (sorte de version westernienne d'Othello), l'histoire de Jubal repose avant tout sur quatre personnages principaux, trois hommes et une femme.


   

Une femme mal mariée que son époux dégoûte et qui se jette à la tête de tous les cow-boys du ranch pour pouvoir assouvir ses désirs et oublier l'échec de sa vie conjugale ; l'époux naïf toujours fortement épris de sa charmante femme, seul aux alentours à ne pas se rendre compte de son amour non partagé et de son cocufiage ; un étranger qui va se voir tiraillé entre les avances de l'épouse et l'amitié qu'il voue au mari de cette dernière ; et enfin un homme de main jaloux des avances de la femme au nouvel arrivant alors que jusqu'à présent c'est lui qui profitait de son féroce appétit sexuel. Un western donc déjà très original par son intrigue, qui ne repose sur aucun élément historique et qui n'a pour moteur ni l'action ni le mouvement. Pour résumer brièvement, ce western adulte et d'une sensibilité à fleur de peau raconte la tragédie qui découle de la solitude d'une femme mal mariée qui conduira à la mort de plusieurs protagonistes,


                   

tout en brossant le portrait psychologique d'un homme qui traîne sa malchance derrière lui tel un boulet et la naissance d'une amitié qu'il va éprouver pour celui qui va lui faire confiance pour la première fois. Le tout magnifiquement filmé par Delmer Daves, somptueusement photographié par Charles Lawton Jr. au sein des grandioses et changeants paysages du Wyoming - devant (entre autres) les majestueuses montagnes du Grand Teton que l'on pouvait déjà voir dans L'Homme des vallées perdues (Shane) et que Daves réutilisera à nouveau dans un de ses derniers films, le superbe Spencer's Mountain (La Montagne des neuf Spencer) - et enfin soutenu par une des plus belles partitions de David Raksin, tour à tour sombre et légère (le thème principal), ample et poignante.(http://www.dvdclassik.com/critique/l-homme-de-nulle-part-daves)


                 

Une malédiction semble frapper l’estimée famille Drake. En effet, à l’aube de leur soixantième anniversaire, tous les représentants mâles se voient décéder de manière mystérieuse. Encore plus terrible, et macabre, les jours suivant leur mort, leur tête se retrouve séparée de leur corps et étrangement subtilisée…Bien qu'il soit peu connu en Europe, Edward L Cahn compte parmi les cinéastes les plus productifs (en matière de réalisations,) des années 50 - et sa carrière a même largement débordée sur les sixties. Ses spécialités ? La série B de science-fiction et le western. En fait, Edward L. Cahn est surtout connu des cinéphiles pour avoir mis en forme quelques nanars désopilants qui sont restés gravés dans les mémoires, comme Invasion of the Saucer Men ou The She Creature. Hors, cet homme a pourtant réalisé quelques films intéressants. Dans le genre fantastique, je pourrai citer IT! The Terror from Beyond Space ou The Four Skulls of Jonathan Drake, le film qui nous intéresse plus particulièrement. The Four Skulls of Jonathan Drake tourne autour d’une sombre malédiction ayant été jetée par un sorcier Jivaro sur la descendance d’un explorateur. Le film mêle en fait des éléments propres aux films de zombies vaudous et aux pratiques rituelles de la tribu Jivaro, comme la conception des tsantas, des têtes humaines embaumées et réduites. Il faut dire que le scénario ne s’encombre guère de détails, faisant parfois fi de la logique (jusqu’alors, personne dans l’entourage de la famille Drake ne s’était étonné de la mort étrange du grand-père et de l’arrière-grand-père de Jonathan). Le but de Edward L. Cahn étant de nous montrer l’acharnement de créatures mortes vivantes à accomplir leur vengeance à travers des cérémoniaux vaudous et des manipulations de têtes humaines, il simplifie au maximum la trâme de son intrigue. Le film débute avec la mort du frère aîné de Jonathan Drake. Ce dernier, arrivé sur lieux lors de la veillée funèbre, fait ouvrir le cercueil et découvre le cadavre de son frère privé de sa tête. A partir de ce moment, il est persuadé que sa fin est proche. Il n’a pas tort car, non loin, l’énigmatique docteur Emil Zurich et son domestique muet lui préparent un mauvais sort. Entre alors en jeu un brave inspecteur de police, appelé par la fille de Jonathan, la jolie Alison.


   


Filmé de manière très classique et élégante, doté d’un noir et blanc parfaitement adapté à ce type de récit, The Four Skulls of Jonathan Drake est une œuvre vraiment agréable à suivre, même un demi-siècle après sa sortie dans les salles américaines. Organisé durant sa première heure à la manière d’une enquête policière – dans le pur style Le Chien des Baskervilles -, le métrage bascule dans sa dernière partie dans le film d’épouvante. En effet, sachant son identité dévoilée, Emil Zurich laisse alors libre cour à ses tendances maléfiques - n’hésitant pas une seconde à éliminer un brave médecin de famille un peu trop curieux. Dans ces moments, on est invité à visiter le lieu où le démoniaque docteur Zurich éxécute ses horribles besognes. On assiste au processus de création d’un tsantas (comme quoi, le fantastique a également une fonction pédagogique) avant d’apprendre la véritable nature de ce personnage plein de haine (on s’en doutait quand même un peu). Evidemment, en ce 21ème siècle, ces séquences horrifiques ont perdu de leur efficacité, néanmoins, elles restent agréables à visionner. 


                

The Four Skulls of Jonathan Drake présente quelques effets visuels sympathiques. On retient surtout les hallucinations de Jonathan Drake, qui, dans son délire provoqué par une injection de curare, voit flotter devant lui quatre crânes qui sont le sien et ceux de ses proches parents. Puis il y aussi ces apparitions d’empreintes digitales bien particulières sur les crânes des membres de la famille Drake, à l’occasion de leur examen par les forces de police. Par contre, les maquillages sont assez rudimentaires et il faut bien avoué que Zutai, le zombie serviteur de Zurich, n’est guère impressionnant. Du coté de la distribution des rôles, pas de grands noms mais des comédiens confirmés comme Eduard Franz – qui interprète Jonathan Drake -, et Henry Daniell, qui incarne le vil docteur Zurich. Quand au rôle féminin, il échoie à l’élégante Valerie French, une actrice britannique ayant eu une très brève carrière hollywoodienne.(http://www.scifi-universe.com/critiques/4940/the-four-skulls-of-jonathan-drake)