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samedi 16 décembre 2017

Le papa de la mariée

Aujourd’hui Vincente Minnelli est surtout reconnu pour ses comédies musicales : de Meet me in Saint-Louis (1944) à An American in Paris (1950) en passant par Brigadoon (1954), le cinéaste d’origine italienne a su créer un style visuel unique et d’une rare élégance. De nombreux critiques comme Bertrand Tavernier, Philippe Coursodon (50 ans de Cinéma américain) ou Erick Maurel n’hésitent pas à parler d’une certaine forme de génie. Mais si Minnelli est considéré comme un surdoué du "musical", il ne faut pas pour autant en oublier qu’il fût aussi un formidable touche-à-tout. Certes, il n’a jamais œuvré dans le registre du film de guerre ou du western, mais il est l’auteur de drames inoubliables tels que The Bad and the Beautiful (1952) ou Home from the Hill (1960) ainsi que de comédies à succès, parmi lesquelles Father of the Bride.
C’est en novembre 1949 que le producteur Pandro S.Berman rencontre Minnelli et lui propose un script tiré du roman à succès d’Edward Streeter : Le Père de la mariée. Le cinéaste alors préoccupé par son projet le plus cher, An American in Paris, accepte de lire le roman et, après réflexion, pense en extraire une comédie pleine de peps et rapide à tourner. Frances Goodrich et Albert Hackett qui avaient déjà écrit le scénario du Pirate (1948) pour Minnelli adaptent le roman de Streeter pendant que les préparatifs du tournage commencent à prendre forme dans les studios de la MGM …
La réalisation de Father of the Bride démarre en janvier 1950 et dure 28 jours. Aujourd’hui une période de production et de tournage aussi courte paraît inconcevable. Mais à l’époque, filmer dans la précipitation était assez courant : outre les économies que ces productions apportaient aux studios, elles pouvaient aussi être synonymes de fraîcheur et de spontanéité dans la mise en scène. Et lorsque des réalisateurs de la trempe de Minnelli en prenaient les commandes, il en résultait fréquemment de petits chefs-d'oeuvre idéalement rythmés. 



                 

Lors de sa sortie, Father of the Bride connaît un succès retentissant et se hisse au cinquième rang du box-office de l’année avec plus de quatre millions de dollars de recettes nettes sur le territoire américain. Ces résultats sont en partie expliqués par le caractère "familial" du film : le public masculin s’identifie à Stanley Banks tandis que les mères et les jeunes filles trouvent leur double dans les rôles de Joan Bennett et Elizabeth Taylor. De plus, la popularité des comédiens, à laquelle vient se greffer le mariage très médiatique d’Elizabeth Taylor pendant la promotion du film, accentue l’engouement du public. Les salles sont combles, le film obtient trois nominations aux Oscars (dont meilleur film et meilleur scénario) et les critiques sont enthousiastes. Dans le New-York Times, Thomas Pryor écrit : "Certainement le film le plus drôle à la ronde ! L’exagération chère à la plupart des comédies est totalement absente du Père de la mariée. Elle n’est pas de mise ici, la vie de famille est déjà un argument de comédie si l’on veut bien le reconnaître…".


                               


A travers cette analyse, Pryor met le doigt sur un des points essentiels du film : en utilisant un canevas très réaliste Father of the Bride touche la majorité des Américains qui se retrouvent dans ce modèle familial type. Les situations vécues par Stanley Banks sont cocasses certes, mais elles n’en sont pas moins crédibles. Qui ne connaît pas un père hésitant à s’acheter un costume neuf pour le mariage de ses enfants ou une jeune fille rêvant d’un mariage de princesse ?
Il faut donc avouer que l’idée du film portait déjà en elle les germes du succès. La preuve en est qu’il fut l’objet d’un remake réalisé par Charles Shyer en 1991 qui connut, lui aussi, une belle carrière au box-office américain. Néanmoins, si cette relecture du roman de Streeter fait preuve de quelques qualités et met en valeur le talent de Steve Martin, l’original, lui, reste gravé dans le cœur de tous les cinéphiles et fait encore partie des films les plus diffusés sur les chaînes de télévisions anglo-saxonnes. Quels sont donc les éléments qui singularisent le travail de Minnelli et font du Père de la mariée version 1950 un classique indémodable ?
Bonus : 


                                


Pour commencer, on peut dire qu’une des principales qualités de Father of the Bride réside dans son dynamisme et dans l’enchaînement des scènes de comédie. A partir de l’annonce du mariage, une série d’évènements se succèdent, apportant leur lot de gags et permettant au drame d’avancer crescendo vers le climax de la cérémonie. Minnelli fait alors preuve d’un sens du rythme exemplaire hérité du musical.
Mais si sa comédie ne laisse aucun temps mort, elle est aussi d’une grande élégance. L’introduction du film commence par un long travelling à travers un décor de "lendemain de noces" (vaisselle éparpillée, bouteilles de champagne vidées, cotillons jonchant le sol). De ce magnifique mouvement de caméra naît l’idée du cataclysme qui vient de secouer la vie de Stanley Banks. Lorsque le cadre trouve Tracy, le mouvement s’arrête et lui laisse la parole : "I would like to say a few words about weddings, I’ve just been through one" dit-il en fixant la caméra ! Dès cette intervention, une sorte de complicité s’instaure entre le héros et le public. C’est en ami et confident que Stanley nous invite à partager son histoire. 


                                


Commence alors un long flash-back de 80 minutes duquel le spectateur sortira le sourire aux lèvres pour retrouver Monsieur Banks avachi dans son fauteuil pour la dernière scène du film. Dans cette séquence dont il est préférable de cacher le contenu, la caméra s’envole avec légèreté dans un mouvement arrière, symétrie parfaite de celui qui introduit le film. Vincente Minnelli crée ainsi un équilibre idéal dans la structure de sa comédie et atteint une forme d’harmonie qui participe à ce que certains appelleront la Minnelli’s Touch !
En dehors de cette admirable gestion de l’introduction et du final, le film offre quelques scènes de toute beauté magnifiées par la photographie de John Alton. La plus marquante reste sûrement celle du rêve de Stanley : la veille du mariage, il peine à s’endormir et lorsqu’il tombe enfin dans les bras de Morphée, nous sommes conviés à partager son imaginaire. Pour mettre en scène cette séquence, le cinéaste fait appel à Salvador Dali qui, cinq ans auparavant, avait imaginé le rêve du docteur Edwardes (Spellbound, Alfred Hitchcock, 1945). Dans le sien, Stanley Banks fait une entrée fracassante dans l’église : ses jambes s’enfoncent dans le sol, son costume se déchire, il n’arrive plus à faire le moindre pas … Pendant ce temps d’autres images se superposent et montrent la famille et les invités hurler devant ce spectacle navrant. Cette vision cauchemardesque est à la fois sublime dans sa composition et efficace d’un point de vue dramatique puisqu’elle met en exergue les angoisses du père avant la cérémonie. Une séquence qui constitue pour beaucoup le sommet du film.
Source et suite : http://www.dvdclassik.com/critique/le-pere-de-la-mariee-minnelli




En 1950, Vincente Minnelli adapte au cinéma un roman d’Edward Streeter intitulé Father of the bride (Le père de la mariée) avec Spencer Tracy, Joan Bennett, Elizabeth Taylor et Don Taylor (futur réalisateur de L’île du docteur Moreau ou encore de Damien, la malédiction 2) dans les rôles principaux. Cette peinture au vitriol de la famille américaine moyenne a aussitôt rencontré un immense succès qui appelait une suite immédiate. Ce fut chose faite avec Allons donc, papa !, comédie tournée dans la foulée en seulement vingt-deux jours par les mêmes équipes technique et artistique. Si le résultat est légèrement moins caustique que le volet précédent, les amateurs d’humour grinçant devraient y trouver leur compte. Effectivement, Spencer Tracy incarne une fois de plus un vieux grincheux qui commente avec cynisme tous les us et coutumes de ses contemporains, avant de se faire piéger et de se comporter exactement de la même manière que ceux qu’il vient d’égratigner. Avec un sens inné de la réplique qui tue, Tracy domine haut la main un casting parfaitement représentatif d’une certaine Amérique.
Confronté cette fois-ci à la naissance de son premier petit-fils, l’Américain moyen qu’il incarne avec jubilation regarde pour la première fois en arrière et constate avec effroi son inexorable vieillissement. Refusant de se plier aux usages en vigueur, il sème un vent de panique par son inconséquence et son insouciance. La force du film de Minnelli vient de son don d’observation de tous les détails de la vie quotidienne et de la distance jamais condescendante qu’il parvient à garder vis-à-vis de son sujet. Souvent très drôle, Allons donc, papa ! souffre sans doute de la précipitation avec laquelle il a été conçu, notamment au niveau de la réalisation, un peu trop proche du théâtre filmé. Toutefois, le festival de bons mots, de phrases accrocheuses et le plaisir de retrouver des acteurs en pleine possession de leurs moyens font de cette comédie charmante un moment joyeux, loin de toute vulgarité ou facilité d’écriture.






Suite du Père de la mariée, sorti triomphalement le 16 juin 1950 aux USA, avec une recette de 4 millions de dollar. Tous les comédiens sont encore sous contrat avec la MGM, les décors sont toujours disponibles, et rien ne s'oppose, bien au contraire, à une "sequel". Le tournage est bouclé en 22 jours, dans la joie et la bonne humeur, alors que par ailleurs Minnelli n'a pas achevé un précédent film, Un Américain à Paris dont il lui reste à mettre en scène le ballet final.
Même si le film ne jouira pas d'une postérité et d'une notoriété équivalentes au premier opus, le film rencontrera un succès aussi grand. Et recueille en prime de bonne critiques : "les admirateurs du Père de la mariée ne seront pas déçus !" conclut le New York Times.
Elizabeth Taylor, qui n'a conjugalement et familièrement rien à voir avec son partenaire Don Taylor, a épousé Conrad "Nicky" Hilton le 6 mai 1950 et elle divorce (presque) dans la foulée le 29 janvier 1951… Trois mois avant la sortie de Allons donc Papa !.
Source : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/minnelli/allonsdoncpapa.htm


                             


Peu de réalisateurs peuvent se targuer de réussir une suite à un premier opus déjà fort bien lèché ("le Père de la mariée"). C'est pourtant le cas, ici, avec ce "Allons donc papa" réalisé de main de maître par l'incontournable Vincente Minnelli. Cette suite est un véritable régal, bien supérieur en terme d'écriture scénaristique et de dialogue que son aîné. C'est bien simple, "Allons donc papa" frise la perfection en terme de comédie romantique ! Les dialogues font mouche et la voix off de Spencer Tracy atteint carrément des sommets. Résultat, Minnelli signe un film d'une drôlerie époustouflante, qui surfe sur le temps avec aisance et dextérité. Un très grand film. 
Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-11861/critiques/spectateurs/

vendredi 15 décembre 2017

Le Loup des Malveneur

La jeune Monique Valory, engagée par les Malveneur comme préceptrice de la petite Geneviève, découvre une bien étrange famille : Reginald, le châtelain, se livre à des recherches secrètes sur le rajeunissement cellulaire tandis que sa sœur revêche revendique un aïeul loup-garou ! Quand le savant disparaît, Monique mène l’enquête... Le cinéma français a été suffisamment avare en films fantastiques pour qu’on goû­te cette œuvre mineure mais sympathique. L’ambiance gothique – clairs-obscurs très travaillés, enfilade de souterrains mystérieux – est un poil mise à mal par des dialogues surécrits, mais la qualité de l’interprétation emporte le morceau : Gabrielle Dorziat est géniale en vieille fille autoritaire, et Madeleine Sologne possède, en plus de son habituel charme gracile, une jolie vivacité. Ne manquez pas, dans ce contexte inquiétant, un gag insolite (signalé par Bertrand Tavernier, qu’il en soit ici remercié) : à la gare, une dame très sourde demande un horaire : « 10 h 27 !!!, hurle l’employé. — 11 h 58 ? Oh, j’ai tout mon temps... », commente-t-elle en s’éloignant. Bref, un film atypique où frissons et humour font bon ménage ! Aurélien Ferenczi D'apparence clippesque avant même l'invention de cette forme d'art, ce fantastique se regarde agréablement; histoire métaphorique sur de troubles pulsions de villageois et/ou sur l'exclusivité d'une indispensable passion: Quant à la Bête, elle; visiblement, sort d'une chaîne de montage alpha et souffre de son teint gris tout en étant à la recherche de sa Mère.Malédiction sur Malveneur où un ancêtre serait devenu loup-garou! Avec l'aide de son garde-chasse, son descendant se livre à d'étranges recherches biologiques! Le Loup des Malveneur fait parti de ce bref courant fantastique qui illumina le cinoche français pendant les années 40! Sans recouvrir à des effets grand-guignolesques, le climat du film est souvent gothique et reprend les bonnes vielles recettes des bandes d'épouvante de l'Universal avec une demeure mystérieuse (le magnifique château d'Anjony), un savant à moitié fou (la science selon Pierre Renoir est une vielle fille à découvrir) et des paysans en colère dont la devise est: Malveneur / malheur!


                



Avec ègalement au menu une bonne distribution dont l’inquiètante Gabrielle Dorziat et surtout Madeleine Sologne qui apporte un charme indèniable à l’ensemble, avec une musique d’orgue très rèussie...Un film fantastique à la française, et pourquoi pas après tout "La Main du Diable" sorti la même année en pleine période trouble de l'Occupation était une belle réussite dans le genre. Celui-ci lorgne vers "Frankenstein" et le résultat aurait pu être bon si le scénario avait osé aller jusqu'au bout de l'ambition affichée en premier lieu. Or le résultat apparaît au final trop sage. Quand à la mise en scène, elle n'arrive jamais à créer réellement une atmosphère envoûtante si ce n'est pas intermittence, comme par exemple pour de la scène d'enterrement où la photo rappelle Dreyer et les décors Whale. Là aussi, on peut dire au final hélàs que c'est trop sage. Dommage car il y avait à l'origine beaucoup d'élements pour reproduire un film aussi réussi que "La Main du Diable". La faute en grande partie peut-être à un metteur en scène pas assez talentueux. Il est fréquent dans la production française du genre que la science fiction soit mêlée au polar (L'INVITÉ DE LA ONZIÈME HEURE de Maurice Cloche - 1945, L'ENNEMI SANS VISAGE de Robert-Paul Dagan et Maurice Cammage - 1946…) ou, comme ici, au fantastique.


                    


Le film débute en effet par une voix off qui conte la légende d’un meneur de loups. Puis la SF surgit en même temps que le spectateur apprend que le comte est un savant fou qui cherche à prolonger la vie, à faire reculer la mort, tout en « purgeant » le sang de sa race d’une malédiction… Le mélange des genres est parfaitement homogène, jusqu’au bref aspect policier de la fin du film ; quoiqu’un tout dernier propos sème à nouveau le trouble… Premier film du réalisateur Guillaume Radot LE LOUP DES MALVENEUR est particulièrement enthousiasmant (en particulier par rapport au cinéma français d’alors) en cela qu’il mêle deux grand thèmes et figures du cinéma fantastique rendus précédemment célèbre par la Universal : le loup-garou, et Frankenstein… Nous sentons aussi régulièrement au long de ce film, réellement inquiétant par endroit, la poésie angoissante du gothique anglais.Notons l’aide à la réalisation du maître Marcel L'Herbier ; son film L'Inhumaine (1924), tourné dans de spectaculaires décors très modernes pour l'époque, à l'esthétique presque abstraite, est considéré comme un chef-d'œuvre du cinéma muet mais mérite tout l’attention des amateurs d’anticipation. On apprécie un admirable travail artistique sur la photographie en noir et blanc, qui joue des ombres glissantes et de la lumière rare. Une superbe atmosphère de château hanté et de brumes… On retrouve là ce goût pour l’irréel si remarquable dans ces chef-d’oeuvres tournés pendant l’Occupation, et jusqu’à la fin des années quarante, tels LA MAIN DU DIABLE (1942) de Maurice Tourneur , LES VISITEURS DU SOIR (1942) de Marcel Carné Le Baron fantôme (1942) et LA FIANCÉE DES TÉNEBRES (1944) de Serge de Poligny, L'ETERNEL RETOUR (1943) de Jean Delannoy, LA BELLE ET LA BÊTE (1946) et ORPHÉE (1949) de Jean Cocteau.(http://www.scifi-movies.com/francais/longue-0001412-le-loup-des-malveneur-1943.htm)

jeudi 14 décembre 2017

Lonely are the Brave

"Seuls sont les indomptés" est un western moderne. Son histoire est contemporaine de son tournage. Le réalisateur joue sur les anachronismes et le choc des images lorsque des camions, des voies à grande vitesse ou des avions à réaction surgissent au milieu des paysages intemporels des plaines du Nouveau Mexique. Jack Burns, gardien de troupeau, est né avec un siècle de retard. Hors de la société, il vit en communion avec la nature, ne fréquente la ville que contraint et forcé et ne respecte aucune règle. Son plus fidèle compagnon est son cheval Whisky, qui lui permettra d’échapper à la police dans la traque qui occupe la dernière partie du film. Son mode de vie qui correspond à celui des cow-boys du XIXème siècle est aujourd’hui celui d’un sympathique marginal, d’un déclassé, dont le comportement imprudent va précipiter la disparition. Il y a beaucoup de désenchantement dans ce film qui n’exalte pas le goût de la liberté de son personnage mais en souligne les limites, et les conséquences pathétiques. Sur des thématiques proches de celles de Sam Peckinpah, qui réalisera dix ans plus tard un autre beau western moderne sur le monde du rodéo – Junior Bonner – David Miller signe un film émouvant, dont les images en noir et blanc renforcent l’âpre mélancolie et la beauté contemplative. David Miller demeure un cinéaste très méconnu. La réussite de "Seuls sont les indomptés" lui fut contestée par le producteur et la star du film, qui s’attribua le mérite de la mise en scène. Assertion qui reste encore douteuse. Miller a réalisé d’autres bons films, tandis que les deux longs métrages dirigés par Kirk Douglas n’ont pas laissé une forte impression. "Seuls sont les indomptés" bénéficie d’un scénario remarquable de Dalton Trumbo (d’après un roman d’Edward Abbey), et de l’une des meilleures interprétations de Kirk Douglas, bien entouré par la jeune Gena Rowlands et Walter Matthau.Olivier Père.





Dans ce vrai/faux western, Kirk Douglas incarne John W. Burns un cowboy inadapté à la vie moderne vivant toujours au jour le jour en harmonie avec la nature comme à la bonne vieille époque de l'Ouest. Un jour qu'il se rend en ville voir un ami en difficulté, il est provoqué, emprisonné et finalement traqué après avoir réussi à s'évader.Les cinq premières minutes laissent croire à un vrai western d'époque avant qu'une scène nous montrant Kirk Douglas traverser une autoroute à cheval nous ramène à la dure réalité et à la problématique du film. Le pitch évoque très fortement le futur Rambo (le livre de David Morell ne paraîtra qu'en 1972 et le film de Ted Kotcheff en 1980 on peut soupçonner une inspiration du film de David Miller), le personnage de Douglas s'avérant même être un ancien soldat de la guerre de Corée.Déjà une guerre honteuse où les vétérans ont du mal à se réintégrer à une vie normale donc, qui s'ajoute à une mélancolie sur un certain esprit de l'Ouest définitivement perdu. On retrouve la fibre politique de Dalton Trumbo (encore sur la liste noire) que Douglas a convoqué au scénario pour adapter un roman de Edward Abbey. Le film accompagnait ainsi une thématique récurrente à ce moment là sur le crépuscule d'un genre le western, mais aussi de l'esprit des pionniers face à la modernité tel L'homme qui tua Liberty Valance de John Ford sorti la même année.






Kirk Douglas (qui dans ses mémoires considère Seuls son les indomptés comme son meilleur film) ici également producteur a investi beaucoup de lui même dans ce touchant nostalgique incapable d'évoluer avec son époque et d'abandonner ses rêves. Ses relation sont aussi paisible et pacifique avec la nature (tel la relation qu'il entretien avec son cheval dont une scène magnifique où il refuse de l'abandonner quitte à se faire prendre) qu'orageuse et violente avec les hommes et la civilisation, hormis quelques rencontres éparses dont son premier amour incarné par une toute jeune Gena Rowlands.La traque finale en montagne est palpitante et rondement menée tandis que la dernière scène où Kirk Douglas croit toucher au but avant de tout perdre de manière dramatique est tout simplement bouleversante, Douglas exprimant tout son désespoir par la seule force de son regard. La rumeur veut d'ailleurs que Douglas peu satisfait du travail de Miller (il fut souvent un producteur omnipotent se souvenir du renvoi de Anthony Mann au profit de Kubrick sur Spartacus) ait en grande partie réalisé le film lui même. Un néo western puissant et crépusculaire, bel ode à un genre et mode de vie sur le déclin.(http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2010/08/seuls-sont-les-indomptes-lonely-are.html)

mercredi 13 décembre 2017

Le Dernier Rivage

On the beach est vraiment intéressant dans le sens où il semblerait que ce soit l'un des premiers du genre apocalyptique mais réaliste. La planète ne se retrouve pas ici face à une avalanche de catastrophes naturels en tout genre, le mal se trouve être plus sournois, sombre, difficile à identifier. Les plans sont plutôt inhabituels, mais selon moi vraiment significatifs: certains penchent, d'autres se répètent. On a droit à un beau casting avec un Fred Astaire vraiment surprenant dans ce rôle de scientifique pessimiste et un Anthony Perkins toujours aussi convaincant. Le personnage de Gregory Peck est vraiment touchant, ce père de famille qui a perdu les êtres qui lui sont les plus chers, qui ne peut se résigner à les oublier, mais qui finalement face à la situation s'attache à une autre femme. L'amour apparaît comme salvateur. Le temps est aussi un motif très important dans ce film. Que faire quand on a plus le temps? L'atmosphère du film est pesante, lourde, on sent que la fin approche: je pense que le réalisateur exprime une profonde angoisse existentialiste dans son film. On peut noter que le choix du noir et blanc contribue à créer cette atmosphère d'un monde sans couleurs. En définitive, pour moi, c'est vraiment un film particulier, à voir absolument!C'est le film sur la fin du monde à voir absolument !! Réaliste, scénario intelligent et bien écrit, situations dramatiques, bons acteurs,... Ici, nous sommes loin de toutes stupidités dont le cinéma américain nous a abreuvés sur la fin du monde, apocalypse, invasion martienne et catastrophes en tout genre. Ici, le réalisateur nous donne une vision de l'apocalypse tout à fait crédible, réaliste et angoissante. J'ai d'ailleurs particulièrement aimé la scène où le savant scientifique essaie de donner une réponse quant à l'origine de la catastrophe nucléaire (superbement écrit le scénario de ce film). A voir pour sa culture générale et pour découvrir un film, certes un peu long, mais qui est une véritable pépite cinématographique.« There is still time… brother (Il est encore temps… mon frère) » Un ouvrage exceptionnel d'une lenteur longiligne noire et intense sur un effondrement planétaire agglutinant sur une dernière terre en sursis les derniers sursauts émotionnels d'une population condamnée à disparaitre.


   


Cinq mois pour entretenir nos principaux concepts humains consistant à ressentir tout en espérant sans trop y croire un miracle épargnant le dernier site d'une planète attaquée soudainement par un nuage atomique sans origine. Une peau de chagrin constituant tous les constats bien souvent négatifs élaborés dans les pleurs, la cigarette et l'alcool. Des existences ratées ou en devenir stoppées net par une technologie se retournant violemment contre son créateur. Du rire et des larmes, de l'espoir et de l'effondrement dans un compte à rebours impitoyable châtiant sans discernement le bon comme le mauvais. Un chef d'œuvre injustement oublié. A voir absolument malgré son parcours somnolent.Un chef-d’œuvre sur la stupidité humaine. L'homme se détruit alors qu'il n'aspire qu'à vivre. Toujours d'actualité car, il reste sur Terre pas mal d'explosifs nucléaires et surtout une masse critique d'imbécilité largement supérieure à celle capable de déclencher l'explosion de la Civilisation, ce film bénéficie d'une extraordinaire interprétation et d'une mise en scène qui emboutissent joyeusement tous les navets actuels. Le top du Cinéma d'anticipation avec "Soleil Vert" ...(Allociné)


                  

Stanley Kramer s’était un temps spécialisé dans le film à thèse, que ce soit contre le racisme, contre les rétrogrades ou, ici, contre la menace nucléaire ; mais on le sait, rien ne vieillit plus mal que ces plaidoyers que les bonnes intentions ne suffisent pas à sauver : le cinéma engagé s’embourbe souvent dans une démonstration abstraite et oublie d’incarner par des personnages les idées défendues. Hélas, c’est encore le cas avec ce Dernier rivage : la première heure en particulier est proprement insupportable de bavardages pompeux ou de dialogues sirupeux. On est triste d’ailleurs de voir une telle distribution (Gregory Peck, Ava Gardner, Fred Astaire et Anthony Perkins, pas moins !) proférer des répliques ineptes ou adresser des regards dans le vide qui se veulent sensibles mais ne sont que niais.Et pourtant, le film n’évoque pas moins que la fin du monde dans une irradiation généralisée : ici, pas de happy end artificiel, pas de deus ex machina pour combler les studios hollywoodiens. L’Australie est la dernière touchée, mais elle n’échappera pas au destin fatal. Tous les personnages se suicident ou se préparent à mourir, avec dignité et, du point de vue cinématographique, avec plus ou moins de finesse. Là encore ce sont les dialogues qui font la différence : les dernières paroles entre les deux couples portent leur lot de clichés et de regards extatiques. Mais la façon dont Fred Astaire s’enferme dans son garage et appuie sur l’accélérateur de sa voiture de course ne manque pas de panache. Et puis, Ava Gardner face au sous-marin qui s’éloigne, tout de même, ça ne saurait constituer une scène ratée. Pareillement, malgré là encore les dialogues, la fin du couple de Perkins conserve une charge émotionnelle.(https://www.avoir-alire.com/le-dernier-rivage-la-critique-du-film)

lundi 11 décembre 2017

Marked Woman

Femmes marquées (1937)- S'inspirant du procès de Lucky Luciano, Robert Rossen et Abem Finkel troussent ce solide scénario qui fait la part belle aux femmes. Unies quand il s'agit de se taire pour couvrir leur boss dont les méthodes d'intimidation sont plutôt radicales, unies pour l'accuser quand le ras-le-bol (doux euphémisme) l'emporte sur la peur, ces prostituées font corps (moui) au moment opportun... Bacon aime à les filmer marchant d'un même pas dans la rue ou assises en rang d'oignon lors d'un procès historique. Entre-temps bien sûr, il y aura la valse des hésitations mais il y a des limites aux assassinats (la chtite soeur de Bette Davis entre autres, petite universitaire voulant jouer dans la cour des grandes) et aux coups (c'est la Bette avec sa grande gueule qui morfle le plus). Pour les défendre, un Humphrey Bogart encore relativement tendre qui va devoir essuyer une première défaite avant d'être capable de remobiliser la gente féminine.Bacon signe un film dans les thirties qui a sacrément du rythme, faisant le pari de s'intéresser plutôt à ces femmes qui subissent qu'à ces gangsters qui agissent. Eduardo Ciannelli campe tout de même ce boss avec la tronche de l'emploi - il tire la gueule de bout en bout -, capable de te goupiller une baffe à la vitesse de l'éclair ; Bacon détourne toutefois pudiquement la caméra pour les passages à tabac ou les meurtres. Mais ce sont donc bien les femmes qui sont au centre de l'histoire, Davis en particulier ne cessant de la ramener en se croyant plus maline que tout le monde. Elle parvient à se faire respecter dans ce milieu malsain mais finira par tomber de très haut : touchée de plein fouet par la mort de son innocente soeur, elle décide enfin de passer le braquet supérieur pour s'attaquer à ce patron soi-disant indétrônable. Ca papote tant et plus dans cet appartement où ces femmes, au petit matin, trouvent refuge avant de retrouver l'allant pour sortir chaque soir et dragouiller des crétins de provinciaux (dixit Ciannelli) bons qu'à se faire plumer.


 

Elles semblent persuadées, vu leur peu de bagages, de ne pas avoir le choix pour continuer à mener une vie "décente" - en gros ne pas avoir à se priver de mangeailles pour pouvoir s'offrir leurs toilettes... Seulement voilà, à trop vivre sur le fil du rasoir... Exact. La Bette en fait comme d'hab parfois un peu trop avec ses yeux globuleux - je suis enfin parvenu malgré tout à la trouver très mimi (pour une fois qu'elle vire sa sale coupe de cheveux) lorsqu'elle est... en prison - mais s'assagit (faut voir cela dit la rouste qu'elle se prend) dans la dernière partie du film. Le final est particulièrement réussi - et touchant - avec ce Boggy, à la fin du procès, un peu emprunté, cette Bette terriblement lucide et sans illusions et ces femmes, une fois de plus en grappe, qui disparaissent dans un épais brouillard... Un Bogart - qui m'avait jusque-là échappé - au secours des femmes... et également amoureux d'elles puisque, pour la petite histoire et pour Nelson Monfort, il rencontrera sur le plateau celle qui deviendra sa troisième femme, Mayo Mathot. Trop fort ce Boggy.(http://shangols.canalblog.com/archives/2013/08/07/27802398.html)


                


Réalisateur à tout faire de la Warner, Llyod Bacon signe là un film policier mettant en relief l’influence de la pègre : un ganster puissant qui « domine la ville » va être mis en péril par cinq hôtesses de charme qu’il emploie dans l’un de ses tripots mondains. Femmes Marquées met en présence deux grands acteurs, Bette Davis et Humphrey Bogart, mais l’un et l’autre sont à des moments bien différents de leur carrière. Femmes marquées Bette Davis a atteint le sommet de son art et montre dans Femmes Marquées une capacité à jouer avec une intensité rare et dans des registres très variés. Pour Bette Davis, cette femme téméraire et décidée est un beau rôle où elle peut vraiment exprimer son talent. De son côté, Humphrey Bogart n’en est qu’à ses débuts et ce rôle de procureur ne lui convient guère. Sa prestation est nettement plus terne et loin d’être remarquable. Un film à voir plus pour Bette Davis, donc.(http://films.blog.lemonde.fr/2007/08/20/femmes-marquees/)

On Murmure dans la Ville


"People will talk" est centré sur un "Docteur Miracle" joué par le toujours génial Cary Grant, jalousé par un collègue sans doute zélé (le genre qui "plaque son fringuant diplôme devant la porte de son Cabinet", comme le fait remarquer Cary Grant), mais mesquin et hypocrite, qui a décidé de fouiller son passé pour le faire tomber. A côté du Dr Bonheur, on a un personnage imposant par son physique et mystérieux par son côté taciturne qui semble être son valet, qui se révélera absolument bouleversant, car c'est une sorte de "fantôme". Son récit final est un moment d'anthologie qui m'a mis les larmes aux yeux la 1ère fois que j'ai vu ce film, en tout cas c'est beaucoup plus beau que la confession de John Doe, parce que c'est tellement inattendu. Il y a beaucoup d'humour et de chaleur humaine dans ce film : Quand Shunderson fait son speach final, au lieu de le faire larmoyant, JLM le ponctue de phrases tragi-comiques comme "Je commence par ma 1ère ou ma 2ème condamnation ?", "Alors vous vous êtes enfuit pour échapper à votre condamnation à mort ? - Mais non, j'ai été exécuté !", sans oublier les interventions du Pr Parker. Il y a aussi la scène des trains et les bip-bip-bip, très réussie. JLM attaque aussi le conformisme petit-bourgeois (une constante dans son oeuvre) avec la romance entre Cary Grant et Jeanne Crain, enceinte et qui a d'ailleurs tenté de se suicidé lorsqu'elle a appris la nouvelle, et le personnage de l'oncle de Crain. Ce film est une Ode à la Vie, commençant par la dissection d'un cadavre dans un cours de médecine, et la "survie" d'un autre, sans aucune forme de démagogie, comme peut l'être "Le Vie est Belle" de Capra. Une bonne surprise pour moi ! Le troisième Mankiewicz que je découvre, et encore une fois j'ai passé un bon moment avec ce réalisateur. Cary Grant que j'appréciais moyennement avant, m'a ici totalement ému dans son personnage de médecin, d'époux et de défenseur. Il forme un joli petit couple avec Jeanne Crain, qui est splendide. L'histoire est sincère et touchante. Le personnage de Shunderson incarné par Finlay Currie est celui auquel je me suis le plus attaché. Voici un film au scénario génial ! Mankiewicz distille tout les éléments de l’histoire d’une façon excellente et arrive à captiver le spectateur de la première à la dernière minutes. Cary Grant tient ici le rôle d’un docteur qu’on rêve probablement tous (et surtout toutes) de rencontrer : attentif, doué, instruit et pour ne rien gâcher, très séduisant.




L’histoire d’amour qui se tisse entre lui et une étudiante de l’université dans laquelle il travaille est non seulement crédible, mais également prenante et charmante. J’ai bien apprécié Jeanne Crain (actrice que je ne connaissais pas), mais je retiens plus encore les prestations d’Hume Cronyn dans son rôle de petit fouineur, ainsi que celle de Finlay Currie, qui joue un Shunderson… pardon, un monsieur Shunderson fort sympathique. Comme je l’ai déjà dit plus haut, l’intrigue est rondement menée et très accrocheuse. Elle est centrée sur le monde médical, mais aussi sur une maladie très répandue de part le monde (aussi bien hier qu’aujourd’hui) : la rumeur ! La rumeur ne tue peut-être pas (quoique, dans ses cas les plus extrêmes, elle le pourrait), mais elle peut certainement ruiner une vie… Le film reste cependant assez léger, et ce grâce à un humour fin, fait de répliques souvent savoureuses. Mais le film ne fait pas de l’humour sont point fort… il n’en a pas besoin !(http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?t=14584)


                


C'est l'oeuvre de Mankiewicz à voir si l'on veut ressortir d'un film épanoui, sans fatigue aucune à n'importe quelle époque, suffit d'apprécier le noir et blanc des années cinquante en v.o. sous-titrée. Tourné en plein maccarthysme... Il s'agissait de forcer sur l'optimisme en traitant de la grossesse accidentelle, du collègue malveillant, ou pire, d'aberrations judiciaires, sujets scabreux... Une légèreté rappelant Woody Allen, les drames à la moulinette afin d'arracher un sourire au spectateur le plus austère. Espiègleries de l'enfance, (bonbons du docteur, scènes du train électrique), si après ça les défenses ne sont pas tombées ! Résultat, on n'a qu'une crainte dans la salle, que l'euphorie cesse d'un coup entre les pincés et les trop sûrs d'eux, il resterait bien ce "Shunderson", trop dévoué pour être honnête... Quand le tac au tac verbal culmine autour d'une table, un genre de procès à huis-clos, on s'attend à un massacre... A noter que Cary Grant et Jeanne Crain sont irrésistibles de drôlerie, tous les acteurs ravis d'être là. Mention spéciale au contrebassiste et au chien hypnotisé ! Gloire au théâtre populaire (Curt Goetz) d'avoir permis cette adaptation à l'écran, délectable en 2009 si on aime les beaux textes !(Allociné)

dimanche 10 décembre 2017

Capitaine Black Jack

Un film rare de Duvivier (1950) : Le Dernier Témoin (Black Jack).Connu également sous les titres de "Capitaine Black Jack" et "Jack Le noir", ce film de 1950 vient de tomber dans le domaine public et commence à circuler sur la toile avec, chance pour nous francophones, des sous-titres en français.la moindre des choses dans la mesure où il a été réalisé par un de nos plus grands cinéastes de la première moitié du 20e siècle, Julien Duvivier. Selon les mémoires de George Sanders, le tournage fut particulièrement fastidieux (voir son livre de souvenirs intitulé "Mémoires d'une fripouille"). Sous son apparence de distingué yachtman, Mike Alexander (George Sanders) se livre à de multiples trafics avec l’objectif d’amasser une fortune lui permettant de vivre ensuite aisément le restant de ses jours. Ses rêves vont être compromis lorsque, au cours d’une de ses expéditions, il provoque accidentellement le naufrage d’un navire et la noyade de ses passagers… Sous son apparence de distingué yachtman, Mike Alexander se livre à de multiples trafics avec l’objectif d’amasser une fortune lui permettant de vivre ensuite aisément le restant de ses jours. Ses rêves vont être compromis lorsque, au cours d’une de ses expéditions, il provoque accidentellement le naufrage d’un navire et la noyade de ses passagers… Duvivier est revenu d'Hollywood après la Seconde Guerre mondiale. Son premier film était l'adaptation de Simenon Panique (1946). C'est l'un de ses meilleurs , et c'était un échec du box-office. Il est allé en Angleterre pour faire Anna Karenina (1948) pour Alexander Korda, retourné en France pour faire Au Royaume des Cieux / The Sinners (1949) et ensuite fait Black Jack en 1950. Nous ne savons pas quelles sont les conditions de cette la production n'était même pas la raison pour laquelle Duvivier devait s'y lancer, au-delà peut-être de la nécessité de payer le loyer. (Depuis quelques années, chaque fois que je vois un film comme celui-ci, je me rappelle irrésistiblement le mémoire / journal de Bruce Beresford de 2007 "Josh Hartnett veut vraiment faire ça ..." avec sa riche histoire d'histoires sur la bêtise de l'industrie cinématographique Le producteur de coproductions internationales est une créature particulièrement malveillante.) (La critique antérieure de Max Berghouse sur ce film est sur http://filmalert101.blogspot.com.au/2015/08/the-duvivier-dossier -14-black-jack-1950.html).


             


Vous voudriez savoir où cette entreprise a commencé. Selon les crédits, Duvivier a produit le film. Il semble plus probable que l'argent pour la production a été concocté par Alexander Salkind. (Son Alsa Productions reçoit le crédit d'ouverture.) Salkind a passé sa vie à réunir des coproductions internationales, grandes et petites. Certains, comme Orson Welles The Trial (1962) ont une réputation durable et certains, surtout son Superman (1978) et les deux pour le prix d'un des films Three & Four Musketeers (1973 & 1974) ont été extrêmement réussis avec la foule. Le principal crédit d'écriture revient à Charles Spaak, un collaborateur de Duvivier dans sa série d'or au milieu des années trente qui commença avec La Bandera (1935). Dans les années trente, Spaak travailla également avec Feyder, Renoir, Gremillon, Allegret et L'Herbier. Il a été une figure majeure du cinéma français et a finalement contribué à plus d'une centaine de scénarios.(http://filmalert101.blogspot.fr/2015/09/black-jack-julien-duvivier.html)

samedi 9 décembre 2017

La vipère

Little Foxes est un des sommets de la collaboration entre William Wyler et Bette Davis, une adaptation de la pièce de Lillian Hellman jouée en 1939 et dans laquelle on retrouve une grande part du casting scénique (Patricia Collinge, Dan Duryea, Charles Dingle, Carl Benton Reid et John Marriott). Le titre original quelque peu nébuleux évoque en fait la parabole biblique selon laquelle « des petits renards iront manger la vigne du voisin », symbole de la thématique de la cupidité et de l'appât du gain au cœur du film. En effet si les premières images évoquent rappellent L'insoumise (1938 et autre fameux titre Wyler/Davis) par son imagerie classique du Sud des Etats-Unis, l'époque est différente (ici 1900) et aux enjeux romanesque du film précédent succèdent d'autres plus pragmatiques liés au capitalisme moderne. C'est précisément ces questions qui déchirent les familles Giddens et Hubbard. Les personnages du film peuvent se diviser en loups et agneaux. Regina (Bette Davis) avec ses frères Ben (Charles Dingle) et Oscar (Carl Benton Reid) se sont enrichis en exploitant et dupant leur entourage, le mariage d'intérêt faisant partie des moyens employés. Birdie (magnifique et touchante Patricia Collinge) épouse d'Oscar et Horace (Herbert Marshall) mari de Régina, brisé moralement et physiquement par ce rapport cruel sont donc les agneaux subissant la loi des loups auxquels ils se sont liés. Cette même division opère chez leurs enfants avec la douce et innocente Alexandra (Teresa Wright) et le peu recommandable Leo (Dan Duryea fourbe comme à son habitude). Lorsqu'une affaire juteuse nécessite pour Regina de presser son époux malade pur qu'il y amène son support financier, rien ne l'arrêtera ainsi que ses frères les plus faibles étant condamné à être écrasé ou à se révéler. Wyler instaure une atmosphère de plus en plus claustrophobe et étouffante où sa mise en scène souligne la violence des rapports de force. 


               
               
Regina et ses frères figure toujours une meute face à un frêle adversaire, une entité unique et solidaire prête à séduire (l'entrevue avec l'investisseur Marshall au début) où fondre sur sa proie. Les trois écartent ainsi instinctivement Birdie lorsqu'ils parlent affaire dans les premières scènes où elle semble toujours légèrement isolée dans le cadre lors de leurs scènes communes. De même la silhouette frêle d'Horace semble être un gibier idéal lorsqu'ils le harcèlent pour obtenir son apport. Ben figure la pire des fourberies sous ses allures avenant, Oscar et son fils l'absence total de scrupule et Bette Davis se déshumanise de façon croissante au fil du récit où s'estompe même son supposé amour filial. La mise en scène joue également sur la profondeur de champ pour représenter ce rapport dominant/dominé, les plus faibles s'effaçant et se fondant en arrière-plan notamment le moment le plus dramatique où Bette Davis laisse son époux s'écrouler, frappé par une crise cardiaque. 


                


A l'inverse l'éveil des agneaux se fait de manière moins sophistiquée, Wyler le capturant avec une simplicité égale à l'innocence de ses personnages, à l'image de la magnifique scène où Birdie s'avoue le désastre qu'est sa vie et le futur s'annonçant pour Alexandra. Si Richard Carlson est un peu fade en prétendant et révélateur pour Alexandra, celle-ci est interprétée avec charme et détermination par Teresa Wright qui prend de l'assurance. Leur scènes romantiques sont tombent parfois un peu à plat quand celles entre Alexandra et son père sont très touchantes amorçant la prise de conscience et la rébellion finale. Le final reprend ainsi ce motif de la meute où Alexandra stupéfaite découvre les manigances de sa mère mais cette fois Wyler ne la place pas au centre en proie du trio de méchants, elle sera en arrière-plan les laissant à leur négociations et l'image nous soulignant bien toute la différence avec eux. Une rupture se manifestant dans la conclusion où Alexandra choisit l'amour sincère et s'écarte de la solidarité familiale ne reposant que sur le profit. Là seulement, dans ces derniers instants, le doute semble traverser la froide détermination de Bette Davis. Un drame puissant et sans doute la matrice de pas mal de grands soap financiers et familiaux à la Dallas. (http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2015/03/la-vipere-little-foxes-william-wyler.html)

jeudi 7 décembre 2017

Sait-on jamais...

Sait-on jamais... est un film franco-italien réalisé par Roger Vadim et sorti en 1957.À Venise, le reporter Michel Lafaurie tombe amoureux de Sophie, une jeune Française. Celle-ci est la protégée d’Eric Von Bergen, un énigmatique baron allemand suspecté par Interpol d’être à la tête d’un réseau de faux-monnayeurs. Lorsque Sophie quitte le baron pour vivre avec Michel, Von Bergen demande à son homme de main, Sforzi (qui a été l’amant de Sophie par le passé), d'user de l'emprise sexuelle qu'il a toujours sur elle pour lui faire réintégrer sa demeure, car il en a fait son unique héritière. Sforzi, convoitant alors la fortune de Von Bergen, va échafauder un plan pour faire revenir Sophie et s’approprier une partie du magot… Dans la veine du célèbre "Et dieu créa la femme",la très belle Françoise Arnoul suscite la convoitise et la passion des hommes qui l'entourent,jusqu'à les pousser aux pires extrèmités!Outre le charme de la belle et l'interprétation de Robert Hossein,salaud favori de Roger Vadim,ce chassé croisé mortel sur fond de trafic de devises vaut aussi par son étonnant décor de Venise enneigé et sa bande originale mêlant jazz du "Modern Jazz Quartet" et musique du XVIIème siècle!Un film sophistiqué,interprété par une séduisante Françoise Arnoul...Un ratage complet : On n'y comprend rien, il y a plein de types qui se ressemblent, c'est mou. Ni la présence de la très belle Françoise Arnoul, ni la très belle envolée de pigeons sur la Place Saint-Marc ne saurait sauver ce film du naufrage.





Sait on jamais ? est au cinéma ce qu'un roman de gare est à la littérature : une histoire divertissante, pas vraiment profonde (avec des personnages stéréotypés) où se mêlent une intrigue policière, une romance contrariée et même un peu d'humour (incarné ici par un duo de gardes du corps aussi improbables que débiles), le tout dans un décor d'exception qui n'évite pas les clichés : Venise. Vite vu, vite oublié avec une histoire policière aussi peu crédible qu'incompréhensible. On peut se consoler avec quelques scènes brillamment mises en scène : moins le morceau de bravoure sur le palais des doges que le meurtre du baron von Bergen , où Vadim sait user des bons cadrages et du montage idoine pour en traduire la tension. C'est peu.Que je voulais voir pour Françoise Arnoul et pour Venise. Alors oui, on voit les deux, et les deux pourraient être beaucoup mieux filmer que cela, mais c'était oublier que Vadim fut un piètre metteur en scène, et au résultat ce film sent la poussière et l'ennui. Beau gâchis.





Passion, trahison et manipulation. Des constantes dans l'univers du grand Vadim, ici pour une histoire efficace mais qui finira mal... Comme toujours dans ses films, les actrices sont belles et c'est ici l'occasion de revoir la pétillante Françoise Arnoul toute jeune, mais surtout un Venise tellement oublié qu'il en est fantasmé. Un glorieux combo technicolor - cinémascope pour ce film aux allures de séquence touristique patrimoniale, le coté technique est par contre exécrable, l'image n'a pas été restaurée (bon, c'est précisé) et l'on se retrouve ni plus ni moins devant une vhs.Le fim est moyen,bien sûr,daté,la copie n'a pas été remastérisée,mai le images de Venise hivernale et presque toujours déserte,sont superbes et méritent le visionnement.Je me demande comme on pourrait aujourd'hui,dans une Venise soumise continuellement à l'envahissante pollution touristique produire un travail semblable.

Big Brown Eyes

Empreintes Digitales (1936). L’avantage de mettre quelqu’un comme Raoul Walsh aux commandes d’une comédie policière, c'est qu'il va la diriger comme un film d’action ou un western. Donc,« EMPREINTES DIGITALES » (traduction quasi-littérale de « DE GRANDS YEUX BRUNS ») démarre sur les chapeaux de roue, enchaîne les séquences à vitesse Grand-V, les bonnes répliques crépitent, les acteurs jouent en perpétuel état d’urgence et malgré la minceur du scénario, on ne s’ennuie pas une seconde. Bien sûr, le choix des deux vedettes est pour beaucoup – presque tout – dans le plaisir qu’on a à voir le film : Cary Grant est drôle et distancié en flic ventriloque (sic !) et obstiné même s’il n’est pas particulièrement doué et Joan Bennett est un véritable délice en manucure-journaliste (sic, aussi !) peroxydée, futée et à la langue bien pendue. Leur tandem fonctionne à plein régime et donne tout son sel à l’action. On pense parfois à Fresnay et Delair dans « L’ASSASSIN HABITE AU 21 » en beaucoup plus ‘glamour’. Mais l’esprit est le même et c'est un bon esprit ! Autour d’eux, un excellent casting où se distinguent Walter Pidgeon en gangster en col blanc, Lloyd Nolan en malfrat amoureux des belles fleurs et le jeune Henry Brandon en porte-flingue sans état d’âme. Le film est bien réalisé, truffé d’idées visuelles, il se permet des ruptures de ton étonnantes (la mort d’un bébé tué par une balle perdue) et laisse un souvenir plaisant et enjoué.(http://wild-wild-western.over-blog.com/article-empreintes-digitales-1936-116369081.html)


                


On avait quitté le gars Raoul dans une petite forme, il nous revient avec une bien sympathique screwball-detective story avec un Cary Grant et une Joan Bennett en pleine bourre. Il est flic et enquête sur un vol de diamants, elle est manucure et se fait journaliste pour aider son si beau boyfriend. Puis survient un drame terrible : des types impliqués dans le recel des diamants tuent un bébé lors d'une d'une fusillade dans un parc, damn it ! Grant et Bennett allient leur force pour coincer le coupable mais ce dernier, jugé, est relaxé. Pour les deux c'en est trop, ils démissionnent chacun de leur taff ; Grant part sur les traces de ce sombre assassin bien disposé à régler l'affaire d'homme à homme. Le final, dans le salon de manucure, mettra en scène nos deux courageux héros.Nan, ce n'est pas un chef d'oeuvre du gars Raoul mais on ne s'ennuie pas, grâce notamment à nos deux lovers qui passent leur temps à se lancer des petites vannes à bout portant : Grant, imitant une donzelle, n'a pas peur du ridicule (mais on peut tout lui pardonner) et prouvera que ses dons de ventriloque peuvent lui sauver la vie. Bennett est plus jalouse que ma mie mais cherchera toujours à prendre des risques pour sauver son homme (quitte à faire un titre complétement bidon en une d'un journal et à voler le flingue du Cary pour effrayer le complice de l'assassin).


               


  Un ptit couple qui fonctionne donc relativement bien malgré les légères chamailleries pour la galerie, toujours prêts à allier leur force... même pour ouvrir un tiroir. En seconds couteaux, il y a également du bon avec Walter Pidgeon en dandy-ponte de la mafia et ses deux assistants, l'imperturbable Lloyd Nolan qui te tue un gamin sans avoir aucun remords et le dragueur trouilloux Douglas Fowley qui ne fait pas le malin à sa sortie de prison.Walter Pidgeon est un parfait beau salop qui n'hésitera pas à sacrifier ses propres hommes pour se protéger mais qui sera trahi par ses empreintes digitales (c'est pas bon d'avoir une cicatrice sur le pouce) ; il est parfait dans son rôle de truand-gentleman ; c'est d’ailleurs avec un flegme tout britannique que, lors d'une balade dans un musée, il annonce à deux tueurs aussi peu cultivés qu'un champ mohélien leur mission : descendre un type pour s'assurer une bonne marge. Cynique, traître, cool, Walter est forcément à l'opposé d'un Cary, speed, honnête, droit. Un ptit poil de manichéisme pour la bonne cause, puisqu'il permet au couple Grant/Bennett de briller entre deux scènes de ménages et de mignons ptits bisous rapidement échangés. Un film des thirties déjà bien huilé.(http://shangols.canalblog.com/archives/2014/08/24/30464532.html)

mardi 5 décembre 2017

Hellzapoppin'

N'ayons pas peur des mots, nous tenons là le chef d'œuvre de l'absurde, arrivant même à supplanter les Marx Brothers (c'est dire !). Le rythme est effréné, les gags (souvent très inventifs) s'enchaînent comme s'il en pleuvait, le film ne s'essouffle pas, bien au contraire puisque la dernière partie est encore plus délirante que le reste. Martha Raye fait une prestation extraordinaire, Mischa Auer en exilé russe extravagant n'est pas mal non plus, la musique est excellente.. Bref 80 minutes de pur bonheur.Une ébouriffante comédie burlesque, toujours drole, sans temps mort et pleine de trouvailles. On ne s'ennuie jamais et quelques scènes sont incroyables. Un film vraiment a part dans le paysage de la comédie américaine.Lorsque au début du film le message "Toute ressemblance entre Hellzapoppin' et un film est une pure coïncidence." s'affiche, la couleur est déjà annoncée... Allez à ce point dans le non-sens le plus total, il faudra aller du côté de Tex Avery pour revoir une telle audace. Il y a bien une vague histoire de triangle amoureux mais on s'en fout en fait... Les deux personnages principaux se retrouvent les jambes en haut et le reste du corps en bas ou carrément à l'envers parce que le projectionniste tripatouille n'importe comment la pellicule, ils se retrouvent à moitié ou complètement invisibles, ou dans un western avec des indiens. Pendant une chanson interprétée par le couple d'amoureux, un carton s'affiche disant qu'un petit garçon dans la salle doit rejoindre sa mère, il ne s'exécute pas alors l'actrice interrompt le numéro musicaux pour lui dire d’obéir à sa maman. Un porteur se trimbale avec une plante pour Mr Jones qui grandit à la vitesse de la lumière... Des exemples parmi tant d'autres d'un gros n'importe quoi général. Côté interprétation, Ole Olsen et Chic Johnson sont les vedettes du film mais on retient surtout Mischa Auer dans le rôle d'un vrai prince russe qui se fait passer pour un faux prince russe escroc et Martha Raye en nymphomane qui essaye de séduire celui-ci pour le plus grand malheur de ce dernier. 


   

On peut regretter un numéro de swing qui coupe le rythme d'ensemble mais devant l'apothéose du film, le ballet final, surtout au moment où du papier tue-mouche perturbe le spectacle, on rigole comme des grands malades. Bref aussi jubilatoire que nonsensique...L'âge d'or du burlesque pour l'époque, le combe du ridicule pour celle d'aujourd'hui. Seul enseignement : une toute autre façon de rigoler il y'a un temps fort lointain....Inspiré d'un succès de Broadway, cette petite perle du burlesque, au rythme effréné – au moins deux gags par minutes – explore avec audace et facétie toutes les possibilités offertes par le cinéma (personnages disparaissant ou se transformant, cadre mouvant, discussion directe avec le spectateur, film dans le film...). Véritable OVNI pour l'époque, ses nombreuses trouvailles loufoques ont certainement inspiré plusieurs générations de réalisateurs de comédie. Rafraîchissant, singulier et irrésistiblement drôle.Cette comédie burlesque est un magnifique joyaux artistique. Une excellente comédie mise en scène par H.C. Potter, qui offre un superbe travail de montage hallucinant. 


                

Du jamais vu. Grâce au montage, ce film est unique. Les comédiens sont impeccables et les situations burlesques, inventives et à mourir de rire. "Hellzapoppin" est un pure chef-d’œuvre. Parfait et débordant d'énergies.Le carton dès le début du film donne le ton : "toute ressemblance entre "Hellzapoppin'" et un film est une pure coïncidence" ! Et pour cause, "Hellzapoppin'" ne ressemble à aucun autre film. Joyeux foutoir où l'on pratique la mise en abyme (les personnages s'adressent au projectionniste), le running-gag, les jeux de mots, l'absurde et les références ("Je croyais qu'on l'avait brûlé" dit un des personnages quand il aperçoit la luge de "Citizen Kane") sur un rythme fou, le film ne comporte qu'un maigre scénario, prétexte pour des gags que Tex Avery n'aurait pas renié. Si cela finit par devenir étourdissant et un peu longuet dans les parties musicales, on ne peut que saluer l'ensemble, d'une modernité étonnante pour le début des années 40 ! Un petit bijou.Film tout ce qu'il y a de plus plaisant, Hellzapoppin est le film-somme de la comédie burlesque. 


                 


Avec ses trouvailles permanentes et sa bande originale entraînante ce classique du début des années 40 fonctionne encore assez bien pour le spectateur que je suis. Il est incontestable que ce pot-pourri comique fut une influence considérable pour certains grands cinéastes américains actuels... Woody Allen en tête avec son très iconoclaste Zelig, ce dernier partageant les mêmes intentions disparates que Hellzapoppin : trucages pelliculaires, jeux sur le langage cinématographique, mélange de plusieurs réalités au coeur d'une même scène... On pense à des films aussi divers que The Mask, La Rose Pourpre du Caire, Phantom of the Paradise, Les Triplettes de Belleville ou Soupe aux Canards... Rétro, cocasse, tantôt raté, tantôt réussi, parfois lourd voire vulgaire mais aussi très sympathique Hellzapoppin est un réservoir à qualificatifs, sorte de galerie d'excès en tous genres. Pas un chef d'oeuvre pour autant, mais c'est un film qui fait du bien... et c'est déjà pas mal !(Allociné)