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mardi 15 août 2017

Ian Hendry

Difficile de considérer Les enfants des damnés , réalisé par Anton Leader 1963, comme la suite officielle du Village des damnés, le superbe film de Wolf Rilla.
Certes, on retrouve peu ou prou la même histoire, à savoir que des enfants hostiles et aux pouvoirs effrayants, sont sur Terre suite à des événements étranges.
A ce sujet, Anton Leader reprend certains détails déjà connus.
En effet, les enfants naissent tous le même jour et cela coïncide avec une petite communauté qui est tombée en syncope il y a plusieurs années. Non,
Les enfants des damnés n'est pas la suite officielle du Village des damnés, le superbe film des années 60, même si le thème, à savoir des enfants extraterrestres envahissant la Terre, s'en rapproche.
Dans le film d'Anton Leader, il ne s'agit pas d'une invasion dans un village paumé, mais de la découverte de 5 enfants hors du commun et dotés de pouvoirs terrifiants.

Toutefois, Les Enfants des Damnés reste assez différent du film de Wolf Rilla. D'ailleurs, dans cette (fausse) suite, Anton Leader ne fait jamais mention des événements survenus dans le premier.  C'est clairement une autre histiore qui va se mettre en place. Des scientifiques étudient le cas de cinq enfants aux pouvoirs et aux facultés extraordinaires. Evidemment, les jeunes moutards blondinets ne l'entendent pas ainsi et partent se réfugier dans une église.
Toutefois, impossible de les approcher. Leurs pouvoirs télépathiques leur permettent de mettre leurs ennemis à distance



           
 
Mais contrairement à la version précédente, ces enfants ne sont pas des assassins. Ils cherchent tout simplement à vivre ensemble.
Ces enfants surdoués ne cherchent pas à détruire ou à prendre le dessus sur l'espèce humaine. Le film d'Anton Leader pose lors la question de l'évolution de l'espèce humaine. Ces enfants prodiges représentent une nouvelle race et suscitent les plus grandes interrogations de la communauté scientifique. Ici, ce sont les hommes qui sont en cause et qui vont prendre peur de ces petits êtres qui n'avaient rien demandé, si ce n'est qu'on les laisse tranquilles.
C'est la grande différence avec le Village des Damnés. Ces enfants ne cherchent pas étudier l'espèce humaine et à la dominer.



                 


Pourtant, leur arrivée fait peur à l'armée et aux différents gouvernements qui vont chercher à les détruire.  En résulte un film d'épouvante sombre, pessimiste et austère. Les enfants des Damnés se situe donc dans la logique de son prédécesseur mais en utilisant des pistes bien différentes. C'est donc une suite de qualité, plutôt surprenante dans sa narration. La fin est pour le moins étonnante et réussie. Une excellente suite.
Ian Hendry est un acteur anglais, né le à Ipswich (Suffolk, Angleterre) et décédé d'une hémorragie de l'estomac le à Londres.
Il mène l'essentiel de sa carrière dans son pays natal où, à côté de plusieurs apparitions au cinéma, il participe pour la télévision à de nombreuses séries (Destination Danger, Chapeau melon et bottes de cuir, Amicalement vôtre, Le Saint...) et à quelques téléfilms.


               

L’œuvre de Polanski est ciselée dans le marbre. D’une dureté visuelle impressionnante, le style du réalisateur ne cesse de casser, de fracturer un cadre aride. L’ouverture du film, en gros plan sur l’oeil de Carole, qui n'est pas sans rappeler le premier plan de Film de Beckett, est une indication sur la fragilité de la jeune femme. Le corps est d’emblée la zone sensitive principale du film. La sensualité du film, les cadrages à fleur de peau, manifestent la gravité corporelle du film, ancrée dans une réalité vouée à s’estomper derrière un noir et blanc de décrépitude.  L’attraction sensuelle du monde la promeut dans une compacité physique étouffante. Son corps est une densité nerveuse, une énergie frustrée de l’intérieur. Révulsée par le toucher et le contact, elle est interdite de jouissance. Tout se fait dans la pesanteur et l'hermétisme.
Les manifestations de la folie de Carole se font d'abord légères. Ce sont des répulsions pour ce qui dérange l'ordonnancement de son quotidien : une poussière, la brosse à dent de Michael rangée dans son verre à dent, l'effondrement devant la vision d'une fissure sur le trottoir en réparation. Son exaspération devant les gémissements de sa sœur lorsqu'elle fait l'amour avec Michael ne semblent exprimer qu'une simple peur de la sexualité. Les symptômes se font plus inquiétants lorsqu'apparaissent la visualisation de fissures de plus en plus larges et nombreuses dans l'appartement et les hallucinations de viol puis des mains qui sortent des murs. Le meurtre de Colin est d'abord difficile à interpréter autrement que comme une exaspération de cette intrusion dans son antre protecteur. Le meurtre du propriétaire semble en revanche inéluctable et marquer la folie.


                
      
            

Le mouvement de décadrage qui part de Carol, prostrée dans les bras de Michael vers le noir du couloir pour atteindre la chambre où sont rangés les souvenir d'enfance puis la photographie de famille sur fond sonore d'une pluie triste à mourir donnent l'origine du traumatisme de Carol. Il ne s'agit pas de la gentille famille comme le commentera un plus tard le propriétaire en se saisissant de la photographie. La vision du père au travers d'un croisillon de rotin puis de la fille dans autre croisillon qui le regarde d'un œil halluciné révèle un traumatisme bien plus inquiétant. Polanski cadre l'œil de la petite fille comme il cadrait, au premier plan du film, l'œil de Carol. Il indique ainsi un probable viol incestueux. La version française du film fait entendre, dans la brouhaha final, une voisine parlant d'un viol par son père subi autrefois par la jeune fille.


                             


S'expliquent ainsi beaucoup mieux les hallucinations de Carol, sa peur panique des bruits de pas feutrés, son obsession de se barricader dans sa chambre, les fantasmes d'étreintes subies à répétition.
Polanski ne se permet ainsi aucune distraction, aucun effet gratuit dans sa mise en scène travaillant avec maîtrise la bande sonore, gouttes d'eau, bruits de pas, de mouches, de cloche de l'orphelinat comme autant d'éléments habituellement inquiétants ici paradoxalement plutôt rassurants dans l'univers toujours menacé de Carol.
La présence masculine de Michael, envahissante et non dénuée d'ambiguïté, comme celle des collègues de Colin, du propriétaire ou des amoureux de Bridget renvoient toutes au comportement prédateur masculin. Polanski leur oppose la douce blancheur de Carol, la gentillesse de Colin et le rire de Chaplin. Source : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/polanski/repulsion.htm

dimanche 13 août 2017

The End

The End : devinez le titre d'un film... avec son dernier plan !Avec le livre The End, le grand jeu du cinéma, amusez-vous à découvrir le titre d'un film... avec son dernier plan ! Un ouvrage ludique pour les passionnés de septième art, idéal comme cadeau pour les fêtes de fin d'année.Deviner le titre d'un film... avec son dernier plan ! Tel est le concept ludique de l'ouvrage The End, le grand jeu du cinéma, disponible aux Editions Télémaque. Le principe est simple : 400 images de fin et un indice pour retrouver le titre d'un long métrage, qu'il s'agisse d'un classique du septième art ou d'une oeuvre plus récente. Un livre pour les passionnés de cinéma, idéal comme cadeau pour les fêtes de fin d'année. Commencez à jouer et à titiller votre mémoire dans notre diaporama ci-dessus avec cinq derniers plans tirés de l'ouvrage The End, le grand jeu du cinéma. Saurez-vous retrouver les films correspondants ?Le Grand Jeu du Cinéma - Editions Télémaque 416 pages Prix : 20 euros. (Clément Cuyer)





The End : le grand jeu du cinéma - Aurez vous le Final Cut ? de Jean-Marie Donat et Patrick Brion aux éditions Télémaque « C?est quoi déjà la fin ?? Ça finit bien ?? Me raconte pas la fin !? La fin est fantastique !! » La fin est souvent le fil d?Ariane de nos souvenirs vers les films qu?on a vu et aimé.Ce livre vous propose un voyage incroyable qui va titiller votre mémoire et vous donner aussitôt envie de vous replonger dans ces 400 films à retrouver grâce à leur seule image de fin (et d?un indice)?! THE END : attention, ça commence ! 9782753303126 Vous pouvez commander The End : le grand jeu du cinéma sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com.Êtes-vous un cinéphile averti ? Vous le saurez en jouant au jeu de société The end, Le grand jeu du cinéma. Le principe : les joueurs doivent trouver le titre d’un film à partir de leur dernière image (final cut) et d’un indice. Vous pourrez tester vos connaissances et votre mémoire visuelle sur la base de 400 films cultes.

samedi 12 août 2017

Red Norvo

Red Norvo est un vibraphoniste, xylophoniste et joueur de marimba américain, né le 31 mars 1908 à Beardstown (Illinois) et décédé le 6 avril 1999 à Santa Monica (Californie). On ne sait où placer ce praticien d'un instrument propice à des effets de virtuosité pittoresque, et dont profita d'abord le grand orchestre jazzoïde de Paul Whiteman: le xylophone. C'est en 1943 que celui-ci résolut de substituer à ses bucoliques lames de bois les plaques de métal du vibraphone. À dix-sept ans, après avoir appris le piano, puis adopté le xylophone durant son passage au Lycée, il se rend à Chicago, où il commence sa carrière en dirigeant un petit ensemble de marimbas: The Collegians. Marquées par divers engagements et une courte période de retour aux études, la plus grande partie des neuf années suivantes verront Norvo sous la houlette de Paul Whiteman. Vers la fin de cette période, il se marie avec une chanteuse de l'orchestre, Mildred Bailey, qui restera son épouse jusqu'en 1945.


                  

Avec elle, de 1936 à 1939, il présente un ensemble de douze exécutants, extension de l'octette sans piano (une innovation à l'époque) qu'il avait conduit en 1934, et qui comprenait déjà l'arrangeur Eddy Sauter. L'effectif comme la composition de ses groupes varieront par la suite. Deux ans après être passé au vibraphone, il entre en 1945 dans l'orchestre de Benny Goodman et passe l'année 1946 avec celui de Woody Herman. Il s'établit alors en Californie, puis revient en 1949 sur la Côte Est, où il organise un trio avec Charles Mingus ou Red Mitchell à la contrebasse, Tal Farlow puis Jimmy Raney à la guitare. Entrecoupée par des tournées (l'Europe en 1954 et 1969, L'Australie en 1956) et d'autres engagements chez Benny Goodman, la carrière de Norvo se déroulera dès lors principalement en Californie, dans le Nevada et à Las Vegas, à la tête de divers petits ensembles.


                

Apparemment retiré des affaires au début des années 70, Norvo réapparut, talent intact, vers le milieu de cette période, enregistrant notamment avec Scott Hamilton, et participant à de nombreux concerts. Par l'emploi très discret des amplificateurs, le jeu de Norvo au vibraphone, a gardé quelque chose de la délicatesse et de la netteté de son du xylophone, sans jamais menacer la suprématie de Lionel Hampton ni rivaliser avec Milt Jackson. Avec des conceptions identiques, les réalisations orchestrales de Norvo n'ont pas été sans portée pour les recherches qui se développèrent, parallèlement au bebop. En 1945, on lui doit une très belle séance d'enregistrement où il réunit, avec Teddy Wilson et Slam Stewart, Charlie Parker et Dizzy Gillespie. Cette fameuse séance est gravée sur Norvo's Fabulous Jam Sessions.(Wiki)

                  

Pas étonnant que le vénérable «Old Devil Moon» soit ici exposé avec la superbe ingénuité d’«Au clair de la lune». Sorte de Peter Pan du vibraphone, Red Norvo s’est prudemment tenu à l’écart de la vie mondaine du jazz, d’où on s’est habitué à le voir surgir sans crier gare comme du fin fond de l’enfance. Sa musique est bien à l’image de ce visage éternellement poupin, même recouvert, par intermittence, d’une barbe suspecte qui n’a pas réussi à en faire une grande personne. Les compagnons de jeu qu’il s’est choisis dans ces séances des années 50 partagent en partie son credo: la guitare de Tal Farlow se surpasse en pirouettes plus ou moins maîtrisées, et la contrebasse de Red Mitchell, à peine moins casse-cou, ne fait mine de le désapprouver que pour la forme.
(https://www.letemps.ch/culture/2012/02/24/red-norvo-trio-complete-recordings)


                

Musicien autodidacte (piano et xylophone), il commença sa carrière professionnelle en 1932, en tant que xylophoniste dans l'orchestre du violoniste Paul Whiteman, avant de diriger avec Eddie Sauter une formation de douze musiciens. Après avoir formé un octette (1934) puis un sextette (1936-1939), il entra comme vibraphoniste dans l'orchestre de Benny Goodman (1945) puis dans celui de Woody Herman (1946). De 1936 à 1939, il constitua avec son épouse Mildred Bailey, le célèbre duo musical « Mr and Mrs Swing ». De ses débuts au piano et au xylophone, Red Norvo gardera au vibraphone une élégance et une virtuosité toute de fragilité, mais c'est surtout en tant que catalyseur qu'il laissera dans l'histoire du jazz une trace appréciable.


                   


Outre l'introduction dans les orchestres de l'ère swing (et, jusqu'en 1947, dans celui de Benny Goodman) d'un instrument a priori incongru, à cause notamment de son faible volume sonore, on lui doit de s'être entouré de jeunes musiciens aussi passionnés et audacieux que les saxophonistes Dexter Gordon et Jimmy Giuffre (I'll Follow You, 1947), le contrebassiste Charles Mingus et le guitariste Tal Farlow en trio (Move, 1950), sans oublier une historique séance d'enregistrement pour laquelle Dizzy Gillespie et Charlie Parker furent ses partenaires (Slam Slam Blues, 1945), soit une généreuse et singulière façon de participer au renouvellement du langage musical et de favoriser paternellement le passage du swing au be-bop.(http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Kenneth_Norville_dit_Red_Norvo/180297)

Pat Crowley

Patricia « Pat » Crowley est une actrice américaine, née le 17 septembre 1933 à Olyphant (en) (Pennsylvanie).Au théâtre, Pat Crowley joue notamment à Broadway (New York) au début des années 1950, dans trois pièces, dont Four Twelves Are 48 de Joseph Kesselring (1951, avec Royal Dano et Anne Revere). Au cinéma, elle contribue à seulement onze films américains, les deux premiers étant Un galop du diable de George Marshall (1953, avec Dean Martin et Jerry Lewis) et L'Éternel féminin d'Irving Rapper (1954, avec Ginger Rogers et William Holden) — qui lui permettent de gagner un Golden Globe de la révélation féminine de l'année —. Le dernier à ce jour sort en 2012. Entretemps, citons encore L'Homme de San Carlos de Jesse Hibbs (1956, avec Audie Murphy et Anne Bancroft) et Les Aventures de Pot-au-Feu de Vincent McEveety (1972, avec Earl Holliman et Lew Ayres). Surtout active à la télévision, Pat Crowley apparaît dans cent-six séries entre 1950 et 2009, dont Les Incorruptibles (épisode pilote, 1959), Ne mangez pas les marguerites (en) (intégrale en cinquante-huit épisodes, 1965-1967), Police Story (quatre épisodes, 1974-1976), Joe Forrester (vingt-deux épisodes, 1975-1976), Dynastie (neuf épisodes, 1986) et Beverly Hills 90210 (trois épisodes, 1997-1998). S'y ajoutent onze téléfilms à partir de 1966, le dernier étant 61* de Billy Crystal (avec Barry Pepper et Thomas Jane), diffusé en 2001.(Wiki)


                   


Un galop du diable 1953 - Herman Nelson, adepte des courses de chevaux et surtout des paris qui les accompagnent, ne sait plus quoi faire pour rembourser ses nombreuses dettes. Il fait appel à son cousin, Virgil, un assistant vétérinaire, afin que celui-ci lui vienne en aide. En désespoir de cause, il envisage, en effet, de droguer un cheval pour que celui-ci ne remporte pas la compétition. Les choses ne se passent pas aussi bien qu'il l'avait prévu. Une rencontre amoureuse vient contrecarrer ses projets et la catastrophe n'est pas loin, d'autant plus que Virgil se montre plutôt du genre maladroit...
Comment ne pas se laisser attendrir par cet amoureux des animaux. Jusqu'à nourrir les mites avec des chaussettes !! et à baptiser chaque fourmis de sa collection ! Jerry , toujours au top de la tendresse avec sa petite véterinaire , et des cascades sur son cheval fougueux !!Je me rends compte que, même si j'en reconnais le talent comique, je ne suis pas hyper fan de Jerry Lewis quand il est seul en tête d'affiche, ayant tendance à trouver qu'il en fait trop et qu'il arrive vite à saturation. En revanche, dès qu'il est en duo avec le fabuleux Dean Martin, qui fait le contre-poids, je trouve les films du duo absolument magnifiques. C'est le cas ici, c’est drôle, léger, enjoué, déconnant, même si ça n'atteint pas le génie absolu d'"Un vrai cinglé de cinéma".(https://www.senscritique.com/film/Un_galop_du_diable/425261)


                  


Au sein de la courte filmographie de Jesse Hibbs (seulement onze films), Walk the Proud Land arrive en neuvième position. Le cinéaste mettra un terme à sa carrière cinématographique deux ans plus tard, toujours avec son acteur de prédilection en tête d'affiche, Audie Murphy. C'était déjà Hibbs qui, l’année précédente, avait mis en scène le comédien alors qu’il interprétait son propre rôle dans un film basé sur sa vie de soldat et de héros de la Seconde Guerre mondiale, L'Enfer des hommes (To Hell and Back). Avant de passer derrière la caméra, Jesse Hibbs fut footballeur avant de devenir assistant réalisateur auprès, entre autres, de John Ford et Anthony Mann. Dans le domaine du western, il avait débuté par le très plaisant Chevauchée avec le diable (Ride Clear at Diablo) qui voyait la rencontre jubilatoire entre Audie Murphy et Dan Duryea. Puis ce fut, avec John Payne, Seul contre tous (Rails into Laramie) avant qu'il ne tourne Les Forbans (The Spoilers), une cinquième adaptation du célèbre roman de Rex Beach avec le duo Rory Calhoun/Jeff Chandler, une version assez terne surtout si on la compare avec celle de Ray Enright qui mettait en scène un duo de stars bien plus prestigieuses, John Wayne et Randolph Scott. Si la critique a toujours fait la fine bouche vis-à-vis du réalisateur, Walk of the Proud Land fut au contraire généralement plutôt bien accueilli du fait qu’il s’agissait d'un western pro-Indien assez inhabituel par sa quasi-absence d'action et la non violence de son héros principal.John Philip Clum a d'ailleurs réellement existé ; sa vie de "missionnaire laïc" a été racontée dans un livre sorti en 1936 et écrit par son propre fils, celui-là même que l'on entend en voix off lors du prologue. Le très intéressant scénario des duettistes Gil Doud - La Brigade héroïque (Saskatchewan) de Raoul Walsh - et Jack Sher - Shane - est principalement basé sur cette biographie. Si ce personnage passionnant n’est jamais apparu dans aucun autre film, c’est probablement pour la simple raison qu’il n’a jamais accompli d’actes héroïques autres que par la parole ou par l’écrit, jamais par l'usage des plus "glorieuses" armes. Et c’est bien dommage qu’il ait été autant laissé de côté car au vu de sa personnalité un peu "hors du commun", il y avait de quoi faire. Heureusement, les auteurs lui ont rendu un bel hommage au travers de cet Homme de San Carlos. Venant de l’Est, ce pied-tendre, membre d’une communauté ecclésiastique, fut mandaté par le Président Ulysses S. Grant pour prendre la direction d’une réserve Apache, lui qui n’avait encore jamais vu d’Indiens de sa vie mais qui les considérait tout de même comme des citoyens à part entière.


                 


Pour qu’ils soient enfin reconnus comme tels, il souhaita en toute confiance leur laisser la plus grande autonomie possible en s'auto-gouvernant, pensant ainsi leur faire retrouver leur dignité. Ces idées humanistes furent évidemment vues d’un sale œil par l’armée américaine qui fut évincée de la réserve sans plus attendre, par la plupart des civils qui avaient peur pour leur sécurité ainsi que par quelques Indiens bellicistes qui ne supportaient toujours pas cette soumission aux hommes blancs. Malgré tous ces obstacles, Clum réussit à mener à bien son projet et, plus fort encore, à arrêter Geronimo sans effusion de sang. L’armée ayant repris les rênes, relançant par là-même les guerres indiennes durant une bonne dizaine d’années, Clum se lança dans le journalisme, s’installant à Tombstone pour créer le "Tombstone Epitatph" au sein duquel il ne cessa de prendre la défense des Indiens. Il fut le premier maire de la ville, se prenant d’amitié pour le shérif qui n’était autre que Wyatt Earp. Non seulement il le soutint au sein de son journal contre les Clanton, mais c’est également lui qui narra le fameux règlement de comptes à OK Corral en 1881.A la lecture de cette courte biographie, on se rend compte de l’importance qu’eut John Philip Clum dans l’histoire de l’Ouest : un homme intègre et honnête se battant contre la politique d’extermination des Indiens prônée par l’armée, qui essaya de faire admettre le statut d'autonomie pour les Apaches et qui parvint à faire signer à Geronimo un acte de reddition, le tout sans violence.


                  

Ce dernier succès fut d’autant plus retentissant que ni l’armée ni la justice n’avaient réussi à le remporter malgré les millions de dollars dépensés chaque année pour y arriver. Un succès qui fera des jaloux et qui poussera John Clum à "démissionner". Tout cela est parfaitement narré au sein du film de Jesse Hibbs qui n’est d'ailleurs pas sans une certaine virulence envers l’armée américaine, représentée ici par un Morris Ankrum qui campe un Général va-t-en-guerre assez haïssable. Loin de ses personnages de fines gâchettes ou de hors-la-loi, Audie Murphy interprète avec honnêteté et sobriété cet agent aux affaires indiennes. Après son rôle de lâche dans le superbe film de John Huston, The Red Badge of Glory (La Charge victorieuse), le comédien prouvait une nouvelle fois, malgré les nombreuses critiques négatives lancées à son encontre (notamment concernant ses talents d'acteur dramatique), non seulement qu'il s’était souvent révélé convaincant mais qu’il fit également des choix de carrière assez courageux en acceptant d’endosser cette fois-ci la défroque de ce tendeerfoot qui n’a jamais tenu une arme et qui ne savait même pas se battre. Dans le premier combat à poings nus qui l’oppose à l’Indien interprété par Anthony Caruso, il se serait fait étrangler sans l’intervention du chef de la tribu ; lors du deuxième pugilat qui se déroule dans un saloon contre des chasseurs de scalps, il est assommé au premier coup de poing reçu.(http://www.dvdclassik.com/critique/l-homme-de-san-carlos-hibbs)

mercredi 9 août 2017

Les couleurs du désert


Les couleurs du désert - The painted desert - 1931 - Howard Higgin

1931, William Boyd n'est pas encore la grande star du petit et grand écran qu'il deviendra par la suite. Clark Gable non plus. Ils sont réunis dans cet honnête western, et c'est Clark Gable qui a les honneurs de la jaquette du DVD Bach film, bien que l'acteur ait une présence à l'écran somme toute modeste. William Boyd lui, a un rôle beaucoup plus étoffé, mais il est quasiment inconnu en France.

Les couleurs du désert est un film suffisamment ambitieux et soigné pour dépasser le cadre de la simple petite série B, d'autant qu'il dispose d'un budget conséquent: tournage en magnifiques décors naturels (Monument Valley semble-t-il), scène spectaculaire (l'explosion de la mine), convoyage de bétail, figuration importante en ville: les moyens sont là. Le scénario est également original, avec ce fils adoptif essayant de réconcilier les deux vieux hommes qui l'avaient trouvé abandonné dans un chariot. Clark Gable est le vilain traître et Helen Twelvetrees détonne un peu en jeune femme à la winchester et chemise échancrée au début du film. Dommage qu'elle rentre dans le rang ensuite et s'habille en vraie jeune fille!


              
                                 

Pour autant, le traitement de l'intrigue ne dépasse pas le niveau des pâquerettes, tout le monde est finalement gentil à part l'ignoble Clark Gable qui se rend sans même se battre. William Boyd est bien fade en ce qui me concerne, mais je me garderais bien de juger le futur grand Hopalong Cassidy sur des bases aussi branlantes. Le film datant de 1931, la sonorisation est encore rudimentaire, mais all in all, on passe un bon moment. A noter que l'un des deux pères adoptif du jeune premier est joué par William Farnum, qui comme Hart commença au théâtre et partagea la scène avec lui sur Ben Hur. Farnum devint ensuite le premier acteur à être payé 10000 dollars par semaine à Hollywood au temps du muet. A voir donc, mais pas forcément uniquement parce qu'il y a Clark Gable dedans!(Tepepa).


                

J'ai revu le film assez bien restauré par Bach-Films, avec des sous-titres français, très lisible, ce qui n'est souvent pas le cas. Ce film aurait dû être tourné en Technicolor pour montrer les spectaculaires couleurs des rochers du Petrified Forest National Park dont le Painted Desert est intégré en Arizona. Malheureusement les films couleurs n'étaient pas encore à l'ordre du jour en 1931. Je ne pense pas que des décors de Monument Valley ayent été utilisés, puisque ce Painted Desert est pourvu aussi de beaux rochers. Ce film rappelle encore les films muets, vu la lente évolution des scénarios, et les discours tenus sans hâte. En somme une belle histoire.(Lasso)

mardi 8 août 2017

La Femme en vert

Pour enquêter sur une série de meurtres de jeunes femmes, Scotland Yard fait une nouvelle fois appel à l'inusable Sherlock Holmes. Les victimes n'ont rien en commun, si ce n'est qu'elles ont toutes été retrouvées amputées de leur index droit. Le célèbre détective londonien, violoniste à ses heures, soupçonne presque aussitôt l'infâme Professeur Moriarty, son ennemi de toujours, d'être à l'origine de ces crimes odieux. Réalisé aux alentours de 1946 par un certain Roy William Neill, La Femme en vert (The Woman in green, à l'origine) fait suite à une longue série de films muets ou parlants, mettant en scène le plus célèbre habitant de Baker Street. Sir Arthur Conan Doyle a beau lui avoir dédié une soixantaine de nouvelles et de romans pour répondre aux demandes incessantes de son public, près de deux cent soixante films lui ont été consacrés à ce jour : ce qui fait de Sherlock Holmes le personnage le plus souvent porté sur grand écran depuis la création du cinéma (il devancerait ainsi Dracula, Frankenstein et même Jésus-Christ). Même si ces films ne sont pas toujours restés fidèles aux aventures et aux personnages créés par Conan Doyle (et La Femme en vert fait partie de ceux-là), le théâtre et le cinéma ont permis d'étoffer le personnage et ont largement contribué à son triomphe aux quatre coins du monde. Imaginez donc : la casquette à double visière, le manteau écossais et la pipe recourbée sont autant de détails inventés par de simples metteurs en scène. Même le célèbre "Elémentaire, mon cher Watson" est à mettre à l'actif des auteurs qui ont ensuite tenté de perpétuer le mythe "Sherlock Holmes" à la mort de son créateur, c'est dire (je veux parler d'Adrian Conan Doyle et de John Dickson Carr, entre autres). D'entrée de jeu, La Femme en vert (un titre est ô combien surprenant pour un film en noir et blanc) a de nombreux mérites. L'un d'eux est de nous présenter des interprètes relativement crédibles, en particulier Basil Rathbone, qui est à ce jour et sans nul doute l'une des meilleures incarnations du détective, et Henry Daniell. 


                                  
          

Ce dernier s'est également révélé être l'un des "Professeur Moriarty" les plus conformes à l'original. En revanche, je passerai sous silence la prestation de Nigel Bruce, qui transforme le Docteur Watson en un personnage d'un grotesque... Heureusement, la structure du film demeure assez classique : une cliente se rend à Baker Street pour faire appel aux services du détective ; Holmes mène l'enquête et recueille les indices qui serviront à ses déductions finales. La première rencontre, toute en sous-entendus, entre Sherlock Holmes et le Professeur Moriarty est particulièrement bien orchestrée. Enfin, le thème de l'hypnotisme est finalement abordé par le bon bout, et donne lieu à des situations tout à fait pertinentes : la première séquence d'hypnotisme passant presque inaperçue ; la seconde, tendant à ridiculiser le Docteur Watson ; et la troisième, mettant aux prises Sherlock Holmes et son adversaire du jour.


                                



Le niveau de ces déductions demeure néanmoins assez peu élevé. On ne peut pas dire que le détective fasse véritablement preuve de génie ce coup-ci. La résolution de l'énigme semble davantage le fruit du hasard, ce qui ne manquera pas de décevoir les adeptes d'enquêtes policières. Il ne s'agit pas là de l'adaptation d'une histoire originale, mais bien d'une libre exploitation des personnages créés par Conan Doyle : on reconnaît bien l'épisode de l'attentat visant à éliminer Sherlock Holmes décrit dans La Maison vide (celui-ci survient dans un tout autre contexte si l'on s'en réfère aux écrits de l'irlandais). Autre provocation : cet épisode-ci ne crédite pas le Professeur Moriarty d'une fin à la hauteur du personnage imaginé par Conan Doyle. Enfin, bien que relativement court, le film ne dissimule pas bien longtemps ses quelques défauts de vieillesse, parmi lesquels l'ultra théâtralité caractérisant le jeu de certains de ses acteurs. Néanmoins, ce dernier élément, ainsi que l'extrême pudeur avec laquelle ont été réalisées les scènes d'amour et de violence, donnent à la version originale de La Femme en vert ce charme si indescriptible que la plupart des films anciens ont en commun. Bien qu'il ne s'agisse là que d'une adaptation parmi tant d'autres, je vous recommande le visionnage de cette dernière.(http://cinema.krinein.fr/sherlock-holmes-femme-vert/)

Mort à l'arrivée

L’essence du film noir est celle de l’inéluctable ; et si bien des films auront essayé de restituer cette sensation de frayeur lucide expérimentée par l’individu tentant d’échapper (souvent vainement) à son destin - sensation décrite par Dashiell Hammett, le maître du roman noir "hard-boiled", avec sa métaphore limpide de la « clé de verre » -, rares sont ceux qui l’auront à ce point adoptée comme condition initiale. D.O.A. est donc l’histoire d’un homme qui découvre les bris de verre dans sa paume et qui cherche, plutôt qu’une impossible survie, à comprendre le pourquoi du comment. On aime l’évidence, puissante et tragique, de ce postulat ; et c’est d’ailleurs probablement cette fabuleuse idée de départ, plus que la réussite du film en elle-même, qui aura permis au fil des années à D.O.A. de trouver sa place dans l’histoire du film noir. Selon Noël Simsolo, à travers ce sujet « radical », « on touche le fantasme paranoïaque et le cauchemar ultime : se voir mourir sans savoir pourquoi. » C’est à Russell Rouse et à Clarence Greene que l’on doit le scénario du film, le premier étant décrit par Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon comme « le roi du gimmick », remarque destinée à ses réalisations ultérieures mais qui n’est ici pas illégitime (l’exemple du « poison phosphorescent » est ici assez révélateur). Il semblerait toutefois que D.O.A. soit en partie inspiré d’un film allemand de Robert Siodmak, Der Mann, Der Seinen Mörder Sucht (au scénario duquel auraient participé Curt Siodmak ou Billy Wilder), dont la traduction littérale du titre (« L’homme qui recherchait son propre meurtrier ») laisse en effet penser qu’il contenait déjà l’essentiel...


   

La mise en scène de D.O.A. est assurée par Rudolph Maté, lequel, comme bien d’autres cinéastes ayant œuvré simultanément pour donner au genre ses lettres de noblesse (on a cité Siodmak ou Wilder, ajoutons Lang ou Preminger…) était d’origine européenne. Né à Cracovie, Maté mena ses études à Budapest avant de devenir un chef opérateur extrêmement réputé, aussi à l’aise dans le dépouillement "dreyerien" (La Passion de Jeanne d’Arc, Vampyr…) que dans la stylisation du film de genre américain (La Maison des sept pêchés, Gilda…). Passé à la réalisation en 1946, il se spécialisera un temps dans le film policier à petit budget, avant d’aborder plusieurs autres genres (science-fiction, western, mélodrame…) avec des succès très relatifs. Toujours selon Tavernier et Coursodon, « cet admirable photographe soigne rarement l’aspect plastique de ses propres films et ne tente aucune recherche visuelle », et il est ainsi délicat de parler de « style » pour un cinéaste dont la première caractéristique de la mise en scène est la fonctionnalité… 


                                            
Plusieurs films cependant, dont Union Station (Midi Gare Centrale), ou D.O.A. donc, révèlent une certaine habileté dans l’approche réaliste d’une captation à la limite du documentaire : l’un des plus spectaculaires plans de D.O.A., un travelling latéral arrière dans les rues de San Francisco, aura par exemple été pris sur le vif, au milieu de la foule des passants. De manière générale, D.O.A. est un film offrant un lot non négligeable de scènes en extérieur, au milieu de la foule des anonymes ou des ruelles étroites, qui viennent appuyer le caractère anxiogène de l’intrigue : avec l’obscurité qui se fait progressivement de plus en plus présente, cela renforce la sensation d’étouffement du personnage, originaire d’une petite bourgade paisible et soudain enserré dans cet étau urbain et nocturne… 


                                
 
Dès son arrivée à l’hôtel, il est soumis à une tentation permanente (belles femmes, argent, alcool…) ; le bar où il pensait s’amuser est un lieu sombre et angoissant où sa fin sera signée ; toutes les personnes qu’il croisera ensuite sur son chemin seront porteurs de mauvaises nouvelles, lui mentiront ou tenteront de le manipuler ; et dans cet environnement aliénant, la mort n’aura de cesse de rôder pour récolter son dû… Indéniablement, le personnage de Frank Bigelow possède une intéressante dimension spectrale, dans cette manière qu’il a d’assister aux événements sans influer sur leur cours. N’avoue-t-il pas, d’ailleurs, à la veuve Philipps qu’il n’est déjà « plus en vie », et qu’il n’a donc plus rien à perdre. C’est finalement au parcours d’un fantôme que nous assistons, et il nous semble parfois que, dans cette grande ville déshumanisée, il ne soit pas le seul… D.O.A. comporte son lot de séquences assez impressionnantes, qui parviennent à retranscrire cette menace invisible et constante soit par la photographie, soit par le montage, soit même par la musique de Dmitri Tiomkin : les premiers plans, par exemple, suivant la silhouette de Frank jusque dans le commissariat où il vient annoncer sa propre mort, sont d’une grande efficacité. Dans un registre semblable, la scène du drugstore ou celle de la fusillade dans l’usine désaffectée font preuve d’une redoutable efficacité. Pour autant, le film ne parvient pas à tenir le fil tragique de son intrigue suffisamment tendu, et il souffre de défauts assez rédhibitoires...
Suite et source : http://www.dvdclassik.com/critique/mort-a-l-arrivee-mate

dimanche 6 août 2017

Cathleen Nesbitt

Cathleen Nesbitt débute au théâtre, où elle sera très active durant sa longue carrière (qu'elle partagera entre le Royaume-Uni et les États-Unis), et s'y produit pour la première fois dans son pays natal en 1910. Ayant pour partie des origines irlandaises, elle fait partie (comme Una O'Connor ou Sara Allgood) de la troupe The Irish Players qui effectue en 1911 une tournée aux États-Unis et y donne deux pièces à Broadway. Cathleen Nesbitt jouera là plusieurs fois, et pour la dernière fois en 1981, dans une reprise de My Fair Lady. Elle avait déjà participé aux premières représentations de cette comédie musicale à succès (adaptée au cinéma en 1964, mais sans elle), de 1956 à 1962. Observons ici qu'en 1938, elle figure au générique d'un film britannique, Pygmalion (avec Leslie Howard et Wendy Hiller), d'après la pièce éponyme de George Bernard Shaw, mise en musique avec My Fair Lady. Aux États-Unis, Cathleen Nesbitt débute au cinéma dans deux films muets, en 1919 et 1922. Elle attendra ensuite 1930, donc après l'arrivée du parlant, pour revenir au cinéma, d'abord au Royaume-Uni, puis à nouveau aux États-Unis à partir de 1954, jusqu'à un dernier film en 1980. Deux de ses films américains notables sont Elle et Lui de Leo McCarey (version de 1957, avec Cary Grant et Deborah Kerr), ainsi que Complot de famille d'Alfred Hitchcock (1976, avec Karen Black et Bruce Dern). Et outre Pygmalion pré-cité, un autre de ses films britanniques notables est L'Homme fatal d'Anthony Asquith (1944, avec Phyllis Calvert, Stewart Granger et James Mason). Enfin, elle apparaît également à la télévision, la première fois dans deux téléfilms britanniques en 1938, puis régulièrement de 1952 à 1981, dans des séries et téléfilms.(Wiki) 



               

                   
Elle et lui, à l’instar de L’Homme qui en savait trop d’Hitchcock, est le remake d’une œuvre de son propre réalisateur. En 1938, McCarey tournait en effet une première version de la même histoire, avec Irene Dunne et Charles Boyer dans les rôles principaux. Près de vingt ans plus tard, il décide de lui donner un nouveau souffle, et confère, par l’utilisation subtile du Cinémascope et des couleurs, une douce flamboyance à la rencontre drôle et émouvante entre Cary Grant et Deborah Kerr. Préparez vos mouchoirs (en dentelle, de préférence).L’introduction de l’intrigue par des présentateurs mondains américain, italien et britannique, noyant les clichés nationaux dans une tranquillité pince-sans-rire, rappelle Blake Edwards et son comique plan-plan, presque laborieux mais toujours prompt à la fulgurance. Cette drôle de mise en place annonce une singulière approche des tons et donne le coup d’envoi d’une savoureuse screwball comedy : cet équivalent verbal du burlesque où les protagonistes s’envoient vacheries et traits d’esprits à la vitesse du ping-pong. Pour la première fois peut-être de sa vie, le playboy notoire Nickie Ferrante se heurte à la résistance d’une femme. Cary Grant – un peu vieillissant, le teint cramé, le front luisant, mais irrésistible comme toujours – met sa science du jeu légèrement distancié au profit du désarçonnement de son personnage. « Oui, ben moi je vais me promener avec mon ego », réplique-t-il, un peu abasourdi, pour maintenir à flot le peu de panache qui lui reste, à Terry McKay (Deborah Kerr, délicatement distinguée), la jeune femme mûre et élégante qui, avec ironie, s’excuse de l’avoir heurté, son ego... 


          
           
Ce qui est magnifique, dans ces scènes de comédie versant parfois dans le pur burlesque lorsque les personnages sont observés par des spectateurs (le plan où ils ignorent s’être assis dos-à-dos au restaurant, la "partie de tennis" de regards à l’arrivée à New York), c’est que toutes les répliques, jusqu’aux plus brillantes, paraissent profondément assumées par les personnages. Qu’est-ce à dire ? D’habitude, dans les screwball comedies, tout se passe comme si une force spirituelle supérieure les faisait parler, compulsivement, presque malgré eux. Ici, les personnages endossent cette force ; ils sont désabusés, vulnérables, touchants... mais vifs et intelligents. Le délicieux jeu de séduction, bridé par les attaches respectives des protagonistes, est vite rattrapé par un amour sincère qui s’impose comme un inexorable imprévu, une évidence inopinée. Splendide plan du premier baiser, laissé hors champ : McCarey préfère filmer leurs pieds dans l’escalier... C’est, littéralement, le risque du dérapage qui imprime là sa marque. Leur parcours amoureux ne consiste pas à faire sauter les tabous dans un joyeux chaos, mais à composer lucidement avec la réalité.


                                 


La réalité, c’est, en premier lieu, les conjoints : une jet-setteuse encombrante et un brave magnat texan, esquissés avec efficace, vite abandonnés et pourtant traités avec un sens superbe de la dignité. La réalité, c’est aussi son lot de vilains coups du sort. Le film entame sa pente douce vers le mélodrame, et comme tout mélodrame, se révèle douloureusement conscient du temps qui passe – tout en restant très porté sur la responsabilité des individus. C’est son côté conservateur, si on veut, ou plutôt pétri de principes, ce qui ne veut pas dire bêtement rigide : « Personne d’autre à Hollywood n’a mieux compris les gens » disait Renoir de McCarey. Les gens et la grandeur des esprits décalés quand ils font preuve de respect et de compréhension (voir la scène de la chapelle, où Nickie ne croit manifestement pas à la prière qu’il mime, mais respecte la croyance de Terry). Les gens et la part d’aveuglement que recèle peut-être, tout admirable soit-elle, leur fierté (Terry refusant de revoir Nickie avant sa complète convalescence). 



 

Ils s’étaient donnés rendez-vous dans six mois, au sommet de l’Empire State Building, au plus près du paradis... Sauf que le paradis ne s’atteint pas comme ça, en un trajet d’ascenseur. On le mérite peut-être quand on a bien vécu, comme Janou, la grand-mère française de Nickie, sorte de vieille Colette honorable, pudique et sage, coulant des jours paisibles dans une villa des hauteurs de Villefranche-sur-Mer. En attendant, il faut, aidé par le « boy-scout qui regarde au-dessus de notre épaule » (thème d’une chanson apprise par Terry à des enfants trognons), tracer son chemin vers Tomorrowland (idem), peindre des croûtes pour gagner sa croûte parce que l’amour c’est bien beau, mais on ne vit pas facilement d’amour et d’eau fraîche quand on évolue dans la haute new-yorkaise... Le film a bien un petit côté « pauvres riches » et gentiment bigot, face auquel on aurait pourtant tort de se formaliser, tant sont beaux les personnages et tant on se priverait d’écraser une larme de bonheur après avoir eu le cœur bien gros. Raphaël Lefèvre.


                 
                 


Séparées très jeunes lors du divorce de leurs parents, les jumelles Sharon et Susan se rencontrent accidentellement lors d'un camp de vacances. Déterminées à rester unies pour la vie, les soeurs se mettent et tête de tout faire pour que leur parents, Mitch et Maggie, revivent ensemble. Mais c'est sans compter sur la présence de Vicky bien décidée à épouser Mitch et son argent...Débutant sur les chapeaux de roue par un générique très créatif, remarquable notamment à sa technique d'animation" image par image" appuyée d'une chanson titre "The parent Trap" interprétée par  Annette Funicello et  Tommy Sands,  La fiancée de papa déroule, sans temps mort, son scénario, il est vrai, cousu de fil blanc mais bénéficiant, à plein, d'effets spéciaux bluffants pour l'époque. Le film est  d'ailleurs très drôle  tant il enchaîne des situations cocasses, moins convenues que dans son bien fade remake de 1998, A nous quatre .La fiancée de papa est d'ailleurs, à bien des égards, remarquable dans la filmographie des studios Disney. Première grosse production des frères Sherman (qui en ont écrit les trois chansons), il n'est pas, ainsi, à proprement parler, une comédie musicale ! Mais qui sont les frères Sherman ? Remarqués par Walt Disney lors de leur première chanson pour le studio (la chanson titre de Monte-là d'ssus),  ils écrivent, dans La fiancée de papa,  leur premier tube yéyé "Let's get together", interprété par Hayley Mills. Ils deviendront, par la suite, pendant prés de dix ans, les compositeurs officiels des studios. La fiancée de papa donnera d'ailleurs  à Walt Disney l'idée de faire de vraies comédies musicales à l'image de sa toute première réalisée Babes in Toyland.



          

La fiancée de papa marque également la deuxième participation de la jeune actrice britannique Hayley Mills pour la Compagnie aux grandes oreilles. Elle a en effet capitalisé sur son premier film Disney, Pollyanna, avec lequel elle réussit le tour de force de se faire apprécier aussi bien de la critique que du public et de remporter un Oscar honoraire !
La fiancée de papa est un film "musical et chanté" à redécouvrir d'urgence tant il mérite d'être vu et écouté. Excellente comédie qui malgré son âge avancé n'a pas pris une ride et conserve sa modernité ambiante. Un scénario bien ciselé, très drôle et dynamique. C'est véritablement un très bon film, tout comme le remake plus récent qui a été réalisé !!( http://www.chroniquedisney.fr/film/1961-fianceepapa.htm)

Gábor Szabó

Gábor Szabó, né Gábor István Szabó le 8 mars 1936, est un guitariste hongrois de jazz connu pour son mélange de jazz, musique pop rock et musique folklorique hongroise. Il est mort le 26 février 1982. Gábor Szabó a aussi joué sur un de ses disques du sitar (Jazz raga - Impulse, 1966).Gábor Szabó est né à Budapest. Il commence l'apprentissage de la guitare à quatorze ans, inspiré par le jazz qu'il écoute sur la radio Voice of America. Il rejoint les États-Unis en 1956 et entre à la Berklee School of Music à Boston. En 1958 il se produit au Newport Jazz Festival, et fait partie du quintet de Chico Hamilton de 1961 à 1965. À la fin des années 1960, Gábor Szabó fonde avec Cal Tjader et Gary McFarland le label éphémère Skye Records3, chez qui il enregistre son album avec Lena Horne, en octobre et novembre 1969. Il faisait déjà partie de son orchestre lorsqu'elle chantait au Nugget's dans le Nevada en novembre 1966, et avec Harry Belafonte) au Caesar's Palace à Las Vegas en septembre 1969. Son jeu comporte certains éléments repris à la musique folklorique hongroise, ainsi que des effets larsen inspirés par le rock.




                  


Sa composition Gypsy Queen est devenue célèbre après que Carlos Santana l'a reprise en 1970 dans son album Abraxas. Son album pour Impulse!, Wind, Sky And Diamonds, est enregistré en 1967 avec le groupe The California Dreamers, un ensemble vocal avec Ron Hicklin (en), Al Capps, Loren Farber, John Bahler (en), Tom Bahler (en), Ian Freebairn-Smith, Sally Stevens, Sue Allen et Jackie Ward (en)3. Au cours de sa carrière solo, il a joué avec de nombreux artistes comme Ron Carter, Paul Desmond, Lena Horne, Charles Lloyd, Gary McFarland et Bobby Womack. Gábor Szabó avait le sentiment d'être difficilement accepté dans le milieu du jazz américain. Lors d'un concert en 1977 au Catamaran Hotel à San Diego, il se plaint du succès de George Benson, Breezin' (composé par Bobby Womack) ; il expliqua au public qu'il avait enregistré cette chanson bien avant Benson, et que ce dernier lui avait tout simplement volé ses arrangements. On peut écouter sa version sur l'album High Contrast (1971) avec Bobby Womack. Il meurt en 1982 à Budapest, de retour chez lui à la suite de problèmes rénaux et hépatiques.


                  



Il a quatorze ans lorsqu’il reçoit de son père sa première guitare. (Guitares : Martin D-45, Martin D-285, Ovation "Custom Legend Acoustic", Gibson "1965 J160E", Howard Roberts Epiphone, Fender Stratocaster. Amplificateurs : Toby "Circular", Fender "Twin Reverb" - 100 Watt", Benson 1.)II travaille en autodidacte quatre années, s’initiant au jazz par les disques et les émissions de la « Voix de l’Amérique ». De 1954 à 1956, Gabor Szabo se produit dans sa ville natale au sein de formations locales, accompagne des chanteurs et compose pour le cinéma et la radio. Le 22 novembre 1956, il décide de s’expatrier aux États-Unis. Il se fixe à Boston, étudie à la Berklee School of Jazz (1957-5?) tout en jouant avec de nombreux orchestres dont celui de Toshiko Akyoshi. En 1958, Gabor Szabo fait partie du Newport International Band. Membre du quartette de Chico Hamilton de 1961 à 1964, il travaille ensuite avec Charles Lloyd (1965), Gary McFarland et dirige son propre groupe (1966-68). Etabli à Los Angeles, Gabor Szabo exerce ses activités à la télévision et fonde le Perfect Circle formation dont le répertoire va de là (pseudo) musique classique au jazz-rock.


                  


L’émergence du rock (notamment George Harrison, Eric Clapton et Jimi Hendrix) permet à Szabo d’expérimenter des formes de jazz plus accessibles. Durant les années 70, Gabor Szabo se produit régulièrement le long de la côte ouest, hypnotisant le public avec son style enchanteur et fascinant mêlant jazz, pop, musique gypsy et indienne. Souffrant de troubles hépatiques et rénaux, il revient à Budapest pour y être hospitalisé en décembre 1981. Gábor Szabó meurt à Budapest en février 1982. Gabor Szabo a remporté le référendum de la revue « Down Beat », catégorie « New Star », en 1964. Après avoir œuvré dans le plus pur style hard bop (lignes mélodiques capricantes parsemées de fulgurances, phrasé rugueux foisonnant d’audaces harmoniques et rythmiques), Gabor Szabo, touché par le mysticisme, oriente son art vers la musique indienne, s’efforçant de faire sonner son instrument à la manière du sitar. A la fin de sa carrière, Gabor Szabo utilise talentueusement les multiples ressources offertes par l’électronique (distorsion, réverbération, larsen, etc…). Technicien habile, il improvise avec une verve et une intelligence remarquables.(http://www.musiqxxl.fr/gabor-szabo/)


                    


Bacchanal, album de 1968 enregistré avec des pointures américaines, est le seul album que je connaisse de l'artiste. On me l'avait conseillé en pointant la ressemblance entre la musique de Gábor Szabó et certains des moments les plus mélodiques de l'œuvre de John Zorn (Bar Kokhba, Dreamers, etc...). Et, sur une piste, que je vous laisse dénicher par vous-mêmes, il est vrai que le cousinage est évident. Pour le reste, on oscille entre jazz et pop de la fin des années 60 sans que jamais l'album ne ressemble trop à de la muzak ou ne semble se compromettre dans le mainstream le plus gluant. A noter un jeune Jim Keltner (qui deviendra une des pointures les plus respectées de la batterie) particulièrement en forme sans être démonstratif mais tout le groupe est à l'avenant réussissant la fusion jazz/pop tout en servant les influences hongroises de leur leader qui viennent enluminer cette musique de saveurs tsiganes et est-européennes. En bref, un bel album d'un artiste disparu en 1982 mais dont la musique est toujours aussi vivante, en particulier sur cet exquis Bacchanal.