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mercredi 21 décembre 2016

Vigo et Ed

Dans une précédente critique sur "Cosmopolis" de David Cronenberg, j'ai fait une allusion, que dis-je, un compliment, sur un autre de ses films, à savoir "A History of Violence", dont vous lisez la critique en ce moment même. Sauf que voyez-vous, contrairement à "Cosmopolis", métrage où Robert Pattinson tenait le rôle titre, "A History of Violence" n'est ni long ni ennuyeux, ou même plat. Non, là, il se passe presque tout le temps quelque chose, à une ou deux exceptions prêts, et il n'y ni longueurs ni lenteurs. Seulement deux scènes ne servent pas à grand chose, si ce n'est à rajouter de la durée à ce film d'une heure et demie, donc j'y reviendrai plus tard. C'est surtout une fois passées les vingt premières minutes que vous rentrerez dans le fil de l'histoire, et pourrez alors profiter du scénario tortueux et des divers retournements de situation qui s'offriront généreusement à vous. Car oui, moi qui pensait ne voir qu'un métrage sur les médias et le procès d'un père de famille ayant usé de légitime défense pour tuer deux hommes, je peux vous dire que j'ai été bien plus que surpris! Agréablement, cela va de soi. Je ne vous dirai pas de quoi parle "A History of Violence", pour ne pas vous spoiler l'intrigue, puisque trop vous en dire serait vous gâcher, d'une certaine façon, le plaisir de visionner cet excellent film. Une fois de plus, David Cronenberg apporte sa propre touche à son oeuvre. A la manière de la réalisation de "Cosmopolis", celle ci est tout aussi maîtrisée et, tout de même, assez "virtuose", surtout lorsque l'on peut assister aux scènes de combat, divinement bien tournées. Et justement, on retrouve ici une violence plutôt présente qui, sans être trop poussée, sera suffisamment là pour rendre le tout assez dur. Bon, il ne l'est pas autant que "Les Promesses de l'ombre" du même réalisateur, mais quand même! Quand on s'attend à un film lent et plat, on ne peut qu'être surpris par de l'action et du sang qui gicle à quelques reprises. Argument imparable, "A History of Violence" est tellement bien pensé, scénarisé et réalisé que sa violence n'est jamais exagérée. En effet, elle demeure, durant toute la durée du film, crédible et réaliste.


   

Outre une action plutôt bien gérée, ce long-métrage possède une autre qualité imposante. Laquelle? Son casting. Ceux qui connaitront ou auront vu le très bon "Appaloosa" comprendront aisément que Viggo Mortensen, Aragorn du "Seigneur des anneaux", et Ed Harris, acteur principal d' "Abyss" et réalisateur de ce même "Appaloosa", forment un duo aussi impressionnant qu'imposant à l'écran. Les deux sont charismatiques, et je dois dire que je préfère légèrement Viggo Mortensen. Je ne parle pas sur un point de vue de jeu d'acteur, puisque tous deux sont au même niveau, au niveau le plus haut, non. Je les juge plutôt sur les films auxquels ils ont participé et qui ont marqué mon enfance. Pour Viggo Mortensen, il y a "Lords of the Rings", que j'ai cité plus haut, mais aussi "The Road", lui aussi marquant, ou encore "Les Promesses de l'ombre".


                

Pour Ed Harris, je n'en retiens pas des masses, mise à part "Appaloosa" et "Abyss", et comme je n'ai pas grandi avec ce dernier, cet acteur n'a pas eu le même impact sur moi. Pour ce qui est des autres interprètes, c'est parfait aussi, surtout pour William Hurt, très crédible dans son rôle, et Maria Bello, qui nous livre une prestation engagée et dramatique. Plus haut, j'ai dit que deux scènes ne trouvaient pas leur utilité dans le film. C'est simple, ce sont les deux seules séquences de sex, qui, je trouve, et ce n'est que personnel, ne servent à rien. Dans un film, généralement, pour montrer les liens indissociables entre le héros et sa femme, il y a une ellipse, et on les voit directement dans leur lit, dans les bras l'un de l'autre. Au moins, avec cette technique, on passe une scène qui n'aurait servit à rien, surtout sans aucune sensualité, comme dans cette oeuvre, et on rentre dans l'histoire beaucoup plus vite. Ici, elles m'ont surtout laissé penser qu'elles avaient été tournées pour que le métrage ne dure pas 1h25 au lieu d'1h30. Disons juste que pour cinq pauvres minutes de film, on a droit à quelque chose d'inutile et qui ne fait nullement place à la sensualité et à la suggestion ( "Basic Instinct", quand tu nous tiens ! ). Vous l'aurez donc compris, "A History of Violence" est tout le contraire de "Cosmopolis", qui partait bien mais qui, au final, s'est lamentablement planté. Là, on a droit à une oeuvre passionnante, maîtrisée et tellement bien filmée! Un futur classique.(Allociné)



                        



Appaloosa (2008) - Le western que l’on dit souvent mourant renaît régulièrement de ses cendres grâce à quelques nostalgiques du genre, le plus souvent des acteurs. Ici c’est Ed Harris qui s’y colle. Son western est du genre « qui prend le tend de s’installer ». Les deux « gunfights » qui prennent le contrôle juridique d’une petite bourgade terrorisée par un Jeremy Irons qui vient de tuer le dernier shérif sont plutôt du genre cool. Leur couple fonctionne bizarrement car quoique de force égale les deux hommes obéissent à une hiérarchie bien établie jamais remise en cause. On sort très vite de l’intrigue initiale pour s’intéresser au problème de cœur d’Ed Harris qui s’éprend brutalement de la jolie étrangère qui vient de débarquer en ville. Peu macho – qualité plutôt rare pour l’époque- Harris accepte de bon cœur que sa dulcinée ait la cuisse alerte. Les deux hommes entre deux règlements de compte philosophent sur l’amour et c’est au final ce qui rend le film attachant. Le film est sans prétention mais filmé avec soin et surtout on sent que les deux héros ont pris plaisir à évoluer ensemble sous la caméra bienveillante d'Ed Harris.Pour son deuxième passage derrière la caméra après Pollock, Ed Harris se penche sur le western, le vrai, celui à l'ancienne, celui des années 50. Accompagné d'une galerie d'acteurs et de techniciens aux petits oignons, l'acteur-réalisateur nous offre une virée dans l'Ouest du plus bel effet. À ses côtés, l'excellent Viggo Mortensen, toujours aussi ténébreux, la pétillante Renée Zellweger et le désormais discret Jeremy Irons dans la peau du bad guy de service. Derrière la caméra, il s'entoure du directeur de la photographie Dean Semler (Oscarisé pour Danse avec les Loups) et du compositeur Jeff Beal avec qui il a déjà collaboré sur son précédent film ; autant dire que Harris est bien entouré pour ce western réussi en tout point ou presque...


   

Harris incarne donc Virgil Cole, un shérif juste et téméraire qui, accompagné de son fidèle ami Everett Hitch, va faire régner l'ordre dans la petite ville d'Appaloosa sujette au crime et à la décadence. Mais la rencontre avec une veuve très volage va tout bouleverser, surtout l'amitié alors indestructible entre Cole et Hitch... Le scénario sent bon le vieux western avec ses classiques codes et sa simplicité d'écriture. Pourtant, Harris va nous entrainer dans un film passionnant où, entre deux fusillades et une pointe d'humour bien placée, il va filmer la vie d'hommes, des vrais, des mecs qui en ont dans le pantalon et qui aiment le montrer, que ce soit pour impressionner la galerie ou pour conserver ses valeurs. Des hommes qui n'hésitent jamais et qui puent la virilité. Et Appaloosa transpire ce côté macho si bien présenté pour ne pas tomber ni dans la vulgarité ni dans le ridicule. Peut-être un poil trop propre (ou pas assez sale, au choix), le long-métrage manque aussi de répliques badass, de passages vraiment marquants, de ce petit quelque chose qui en fait un film culte. Tout de même réussi et mémorable pour qui aime le genre, Appaloosa s'inscrit dans la lignée directe des récents westerns apparus depuis les années 2000 (Open Range, 3h10 pour Yuma, la série Deadwood...).


                

Et si Ed Harris n'a pas encore la fibre nécessaire pour nous livrer un film au panthéon des westerns, il parvient néanmoins à nous livrer un vrai bon film de cow-boys bien plus sombre et sentimentaliste qu'il n'y parait.Appaloosa est un bon western, qui a surtout le mérite de s’être appuyé sur d’excellents arguments, tout en proposant un film au schéma à la fois classique et innovant. L’interprétation est clairement le meilleur argument du métrage. Le duo Mortensen-Harris fonctionne fort bien. Leurs personnages ont visiblement été pensés, travaillés, et non seulement on sent une réelle symbiose, mais aussi une vraie complémentarité. De surcroît, même si ce sont les héros, ils ne sont pas aussi lisses que cela, et c’est franchement bienvenu. A leurs cotés, Renée Zellweger. Elle assure une prestation honnête, bien qu’inférieure à celles de Mortensen et d’Harris, mais elle bénéficie elle aussi d’un personnage original, parfaitement ciselé, qui en surprendra plus d’un dans le cadre d’un western. Enfin, je ne peux m’empêcher de parler d’Irons, toujours génial dans ses rôles de méchant, qui prend ici un malin plaisir à être détestable.(Allociné)

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