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mercredi 21 décembre 2016

Nefertiti

Nefertiti est un album de jazz hard bop du Miles Davis Quintet sorti en 1968.Miles Davis gravera deux disques très importants en l'espace de deux mois Sorcerer et Nefertiti. Ils sont inventifs avec un recours à l'ostinato qui met particulièrement en exergue les mouvements improvisés. C'est le quatrième album du second quintet pour Columbia. Miles Davis laissa la place de compositeur à ses jeunes musiciens en ne proposant aucune composition personnelle.Derrière ce nom évoquant l'Egypte ancienne se cache l'un des meilleurs albums du second grand quintet de l'ange noir. Dernier album avant le grand saut électrique, Miles Davis se permet (encore) de s'extraire du langage jazz traditionnel pour inventer le sien. Le morceau titre en est un bon exemple : trompette et saxophone jouent le même thème pendant presque 8 minutes tandis que le reste du groupe, notamment Tony Williams qui une fois de plus se révèle être l'un des meilleurs batteurs jazz de l'époque, embellit la mélodie cuivrée qui s'élève au dessus des autres instruments, imperturbable. Le second titre, Fall, est également d'un bon niveau, la musique est de velours, agréable et souple. Pourtant chaque note est ici marquée d'une certaine noirceur, et comme peut le laisser suggérer la pochette, la musique commence à s'orienter vers le continent africain, même si le quintet reste sur les bases qui ont fait la réussite de ses précédents efforts.


                 

Les ambiances de ces deux premières compositions signées Shorter sont à la fois sombres et évidentes, souples et mystérieuses, annonçant dans une certaine mesure l'arrivée imminente de la révolution électrique. Sauf que comme énoncé plus haut, le quintet reste pour l'instant pleinement acoustique. L'entente presque télépathique entre les 5 musiciens, celle qui a fait la renommée de cette formation, est toujours au rendez-vous. Que ce soit dans les ruades rythmiques de Tony Williams, dans les accompagnements subtils d'Herbie Hancock, dans les solides notes de basse de Ron Carter, dans l'inventivité de Wayne Shorter ou bien encore dans la maîtrise totale de la trompette et du groupe qui caractérise Miles Davis, les éléments qui font de la période du milieu des années 60 de ce musicien une des plus appréciée sont là. Les morceaux s'enchaînent, démontrant à chaque écoute une excellente maîtrise de la part de chacun des participants ainsi que le talent de composition des membres du groupe.


                 

Cependant, le trompettiste ne signe absolument aucun titre ici, c'est son saxophoniste qui assure une fois de plus l'écriture de la majorité des morceaux, appuyé par Herbie et Tony. Et pourtant chacun des titres se fond bien dans l'ensemble, peut être trop, si bien qu'aucun ne sort vraiment du lot, excepté le morceau titre, de par sa structure inhabituelle. Album trop souvent oublié, Nefertiti joue une fois de plus avec nos sentiments, avec une simplicité seulement apparente. Madness le puissant, Riot le fugace, Pinocchio l'enjoué, tous les titres nous font voyager dans le temps et dans l'espace, pour nous retrouver dans un studio Columbia, en compagnie de Miles Davis et de son quintet en juin 1967, là où les murs résonnent encore de ces rythmes souples et bondissants, de ces thèmes envoûtants et de ces leads innovants. Un album rempli de cette virtuosité qui ne lasse pas, propre à cette époque, mais aussi de cet esprit toujours en avance sur son temps, toujours prêt à repousser les limites, et qui lui est propre à ce fameux quintet.(http://fp.nightfall.fr/index_1820_miles-davis-nefertiti.html)


                

Lanscinant, balancier, "Nefertiti" ouvre l'album avec une outrageuse facilité, une évidence cinglante. Avant "Hand jive" et sa suite endiablée, "Fall" et le morceau titre nous amènent en ce lieu distendu et ouaté où seul le jazz nous mène. Le calme, une rythmique ronde et souple, contrebasse apaisée, et les notes de Hancock qui perlent sur la batterie comme la rosée sur l'herbe ; Miles Davis et Shorter racontent et pleurent ensemble, un vague à l'âme léger aux senteurs de beau temps qui vous fait vibrer l'âme comme le vent dans les fleurs. Premier quart d'heure passé, le quintet nous emporte alors dans la transe et le rythme, parfois jusqu'au délire, par un jazz qui déjà percute les conventions et s'extrait des sagesses. Puissant, vif, exigeant et libertaire, le jazz de ce deuxième quintet est aussi l'accomplissement d'une musique et d'un genre, ourdie dans la maîtrise. Un morceau comme "Madness" tient à la fois de l'épure et de l'ouvrage précieux, de la pièce étalon comme de la pièce d'auteur, il conforte ET explose le langage mélodique du jazz de cette époque, l'imprégnant d'évidence et de simplicité, comme d'harmonicisme forcené. Des rythmes comme ceux-là, des soli et des leads d'une telle force musicale, ça s'écoute avec tout, la tête et les épaules, les jambes et les oreilles, exigence et laxisme.(http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=4548)

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