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mercredi 21 décembre 2016

Michèle Morgan

Le regard aigue-marine de Michèle Morgan attire l'attention de trois hommes, le producteur André Daven, le scénariste Marcel Achard et le réalisateur Marc Allégret qui préparent Gribouille avec Raimu. Le grand et intimidant comédien fait patte de velours: «J'ai vu votre essai. Il va falloir que je me méfie», dit-il. Le succès est fulgurant pour Michèle qui, immédiatement après, tourne Orage, de Marc Allégret, avec celui qui est alors la star du cinéma mondial: Charles Boyer. Elle a dix-sept ans. Elle est déjà connue lorsque Gabin téléphone à Carné: «J'ai vu une môme très bien dans un film avec Raimu, Gribouille. Ça pourrait être ce qu'on cherche.»On avait trouvé une silhouette de jeune fille en ciré noir, coiffée d'un petit béret, un visage pur, aux yeux de rêve, au regard insondable, un personnage envoûtant de passivité. «Un soir de demi-brume au Havre, Jean Gabin qui ressemblait à mon amour vint à ma rencontre», a écrit Michèle Morgan. Ce fut Le Quai des brumes de Marcel Carné et Jacques Prévert, avec Pierre Brasseur. Plus qu'un chef-d'œuvre: en 1936, un symbole d'un monde qui va disparaître. Le couple Michèle Morgan-Jean Gabin, entré dans l'histoire du cinéma, se reforme dans Le Récif de corail puis Remorques de Grémillon. Pendant le tournage, Michèle Morgan avoue qu'elle vit avec Gabin «une jolie romance». Bientôt, c'est la guerre ; l'Occupation. Ils partent pour l'Amérique et se retrouvent à Hollywood. Mais là, le charme est rompu...(http://www.lefigaro.fr/culture/2016/12/20/03004-20161220ARTFIG00264-l-actrice-michele-morgan-s-est-eteinte-a-l-age-de-96-ans.php?pagination=7)


                

En 1941 sort Remorques, de Jean Grémillon. La France est occupée. Le film, commencé avant la guerre, a été terminé difficilement. Et les deux vedettes, couple phare du cinéma français, sont en exil à Hollywood. Remorques est le film d’une époque. Celle où Jean Gabin et Michèle Morgan incarnaient un certain romantisme, et ce depuis Quai des brumes (1938). Celle où la noirceur du film peut se lire comme l’expression du pessimisme ambiant. Celle enfin du cinéma de la qualité française, des décors impeccables et des répliques ciselées par la plume de Prévert ou Jeanson. On retrouve dans les personnages joués par Gabin et Morgan un peu de ce qui a fait le succès de leurs personnages précédents. Jean Gabin interprète André Laurent, un capitaine fort et loyal, refusant de démissionner pour éviter le licenciement de son équipage. Il est le héros, celui qui va secourir les bateaux au plus fort de la tempête. Avare de mots, il se dit « un homme simple ». Et c’est la force de Michèle Morgan que de faire basculer ce cœur droit, le faisant manquer à son devoir de capitaine et d’époux. Elle incarne la femme mystérieuse, l’amour qui pousse contre toute raison André à renier sa vie passée. Elle apparaît au milieu de la tempête pour disparaître de même, décidant de son propre destin comme de son prénom, Catherine ou Aimée.Si l’orage fait apparaître Catherine, on peut même dire que le temps est l’humeur du film et dicte leur destin aux personnages. Ainsi, le mariage qui ouvre le film est brusquement interrompu par une tempête. Les hommes doivent prendre la mer. Au bonheur, succède l’angoisse des femmes. C’est également lors de cette tempête que André rencontre Catherine. Puis vient le beau temps, la vie à terre et l’épanouissement de l’histoire d’amour.


   

Le paysage reflète alors les émotions des personnages, comme la mélancolie de la plage déserte, balayée par le vent, où se promènent André et Catherine. Enfin, un nouvel orage éclate alors que meurt la femme d’André. Résonne ici la culpabilité du mari et du marin. Le film se termine d’ailleurs sur cette tempête, augurant d’un certain pessimisme. Pourtant, on ne peut réellement parler de poids tragique, comme dans les films de Carné des années trente où Gabin meurt inévitablement. Ici, il retourne simplement à son devoir, repoussant son désir. Dans ce film très noir, les dialogues de Prévert interviennent comme à l’habitude pour relever l’ensemble de quelques bons mots. Pourtant, ici, pas de réplique culte, comme si le réalisme avait pris le pas sur le poétique. Un clin d’œil cependant : André dit après avoir dansé avec la mariée « Elle a d’beaux yeux ». On peut penser à une prise en main plus ferme que d’habitude du réalisateur sur le scénario. En effet, Serge Toubiana, dans la présentation du film, parle du désaccord de Prévert avec la fin, qu’il jugeait par trop « religieuse ».


               

Un splendide mélodrame qui prend pour cadre Brest et pour protagoniste l'équipage d'un remorqueur, avec comme capitaine Jean Gabin en personne. Forcément héroïque dans son travail, mais maladroit en amour, délaissant sa gentille épouse pour suivre les sentiers plus hasardeux d'une liaison passionnelle. Par une belle utilisation des décors et des éléments naturels Gremillon magnifie les hommes dans leur travail, tout autant que la partie romance, la mer jouant un rôle essentiel dans le déroulement du récit. Dans une formidable scène de tempête, le travail sur l'image et le son transforme un immense cargo en détresse en animal blessé. Le rendez-vous secret Gabin/Morgan quant à lui a pour décors une immense plage balayée par le vent, amplifiant l'aspect lyrique et tragique de cet adultère. On peut regretté que ce genre de film ait totalement disparu du cinéma français laissant place à un cynisme généralisé plutôt désagréable.(Allociné)


 


Maxime est un film français réalisé par Henri Verneuil, sorti en 1958, adaptation du roman éponyme d'Henri Duvernois.Un aristocrate ruiné se retrouve professeur de bonne conduite pour son ami plutôt rustre. Ce dernier lui demande de le réconcilier avec l'amie par laquelle il s'est fait éconduire.Paris, 1914. Quinquagénaire sans fortune mais irréprochablement élégant, Maxime Cherpray enseigne les belles manières. Son élève, Hubert, a succombé aux charmes hautains d'une femme du monde, Jacqueline Monneron, et le prie d'intervenir en sa faveur auprès d'elle. Maxime est chargé, moyennant une forte somme, d'aborder la jeune femme afin de la présenter ensuite à Hubert. Mais il s'éprend d'elle et se met à la courtiser. Celle-ci, le croyant fortuné, ne reste pas insensible à ses avances. Ils deviennent amants. De son côté, Hubert, trahi, tente de conquérir la belle coûte que coûte. Un jour, Jacqueline découvre que Maxime s'est ruiné pour satisfaire ses caprices... Un vrai chef d' oeuvre dramatique, voire tragique; un scénario, une mise en scène, des dialogues brillantissimes. Des acteurs et un réalisateur prestigieux; bref, du cinéma comme on ne sait guère plus en faire. Le film n' a pris aucune ride.Une comédie légère. Trop légère. Un film futile réalisé avec la lourdeur des studios des années 50. Du cinéma à papa, du genre sur lequel la "nouvelle vague" tirera à boulet rouge. Et il est vrai que ce film manque sérieusement de fraicheur.Je pensais, en regardant ça, tomber sur un agréable nanard des années Cinquante, que sauverait – à mes seuls yeux – la bienveillance habituelle que je déploie à qui mieux-mieux pour les œuvrettes françaises de cette période ; en d’autres termes, je ne voyais pas trop qui ça pouvait intéresser, à part les fondus de mon genre. Eh bien, j’ai, dès les premières images, été agréablement surpris par l’intéressant cynisme de l’anecdote et la (relative) imprévisibilité du scénario.


   

Tout cela se passe aux derniers mois avant la Grande Guerre ; c’est un parti-pris assumé, on danse sur un volcan… et la dernière image du film est celle d’un quotidien glissé sous une porte : à Sarajevo, l’Archiduc François-Ferdinand vient d’être assassiné ; on est donc au lendemain du crime, le 29 juin 1914, mais, évidemment, on ne se rend pas bien compte de tout ce qui va se passer durant tout le mois de juillet, jusqu’à la déclaration de guerre du 3 août… Donc, on est à la Belle époque, et les personnages sont assez vite ciselés : Maxime Cherpray (Charles Boyer) est un homme du monde léger, élégant, raffiné, mais que sa désinvolture même, sa paresse sans doute, et une certaine veulerie de caractère ont conduit sinon au dénuement, du moins à la dèche ; il vit du souvenir de ses belles années, de parasitisme, mais aussi et surtout de la mensualité et des cadeaux en nature que lui alloue Hubert de Tréffujean (Félix Marten), trentenaire affairiste qui gagne beaucoup d’argent, est doté d’un infernal culot, adore les jolies femmes et charge son ami Maxime, contre rétribution, donc, de les lui…préparer (parce qu’il n’a pas le temps, parce qu’il sait que sa vitalité un peu brutale peut les effaroucher, parce qu’il juge que c’est plus commode…).


                  

Ce sont donc là deux assez tristes cocos, assez louches et peu regardants sur les moyens ; mais enfin ! leur bonne humeur les rend presque sympathiques. Et puis ce monde futile, léger, insouciant où l’on soupe chez Maxim’s et où les vieux marcheurs protègent les petites ouvrières peu farouches est d’apparence si féerique ! La proie prochaine guettée par Tréffugean est une très jolie veuve, Jacqueline Monneron (Michèle Morgan) qui est libre mais apparemment vertueuse. Au bout de plusieurs péripéties vaudevillesques, évidemment Maxime en tombe vraiment amoureux et Jacqueline commence à très fort répondre à un sentiment qui flatte sa sensibilité et la délicatesse de son esprit… Seulement, patatras ! Un nouveau coup de théâtre démasque la vie assez peu reluisante qu’a vécue Maxime, ses expédients et surtout son rôle de facilitateur de Tréffugean. Et parallèlement, Tréffugean se révèle drôle, fervent, plein de vie et d’enthousiasme, capable d’une vitalité qui, malgré une certaine vulgarité de manières, finit par séduire Jacqueline…. C’est en fait cela, qui est intéressant : le retournement de la situation, la déconfiture des évidences qui auraient voulu que Maxime fût rédimé par un bel amour pur… C’est amusant, bien enlevé, bien joué, ça vaut beaucoup mieux que l’apparent oubli dans quoi ce film du jeune Verneuil est tombé…(http://www.senscritique.com/film/Maxime/critique/16686423)

3 commentaires:

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    (Liens Francomac )

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  2. Tout un pan de cinéphilie...une trés grande dame nous a quitté.

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    1. Une cinquantaine de films en près de quarante ans de carrière : bravo Michèle !!

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