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dimanche 25 décembre 2016

Giulio Petroni

Giulio Petroni, né le 21 septembre 1917 à Rome et mort le 31 janvier 2010 (à 92 ans) dans la même ville, est un réalisateur italien., connu pour ses spaghetti western Tepepa (1969), avec Orson Welles et Tomas Milian, Death Rides a Horse (1967), avec Lee Van Cleef dans l'un de ses premiers rôles principaux, et un ciel rempli d'étoiles pour un toit (1968). Né à Rome, Petroni a commencé à faire des courts métrages d'engagement politique en 1951. Il a fait ses débuts en tant que réalisateur en 1959 avec le film de comédie La cento chilometri. À partir de 1967 Petroni a dirigé cinq westerns spaghetti, considérés généralement parmi les plus importants dans son genre. En plus de ceux mentionnés, les titres comprennent La notte dei serpenti (1969) et Life Is Tough, Eh Providence? (1972), avec Tomas Milian comme Provvidenza. Il a ensuite travaillé à la télévision RAI et a également été un romancier apprécié et essayiste.(Wiki)


                  

La mort était au rendez-vous (1967) - Un an après la sortie de "Et pour quelques dollars de plus", et juste avant son rôle mythique de Sentenza ("Le bon, la brute et le truand"), Lee Van Cleef fait un détour chez Giulio Petroni et casse la baraque. Après un début fracassant (la scène du viol et de la tuerie d'une famille, puis l'entraînement aux armes du gamin rescapé), Giulio offre un western spaghetti typique avec une patte transalpine dévergondée. Il apporte ici et là des éléments chers à Leone en les embrasant dans une mixture western. Peut être pas un chef d’œuvre, mais un film à découvrir impérativement. On peut voir qu'il s'agit bien d'un western dans un premier temps. C'est ici que la touche léonienne est vérifiée. Vincenzoni au scénario (malgré qu'il soit un peu délaissé), Morricone en pleine forme (et offrant des partitions originales et collant très bien au déroulement de l'histoire de ce western transalpin), et des acteurs ayant une bouille typique chère à Leone : Van Cleef avec sa pipe (dans l'un de ses meilleurs rôles sans aucun doute !), Mario Brega (on le reverra dans "The good..." dans le rôle du tortionnaire de Tuco (Wallach), scène censurée lors de sa sortie aux États-Unis) et Luigi Pistilli (après les deux derniers "Dollars", il a rejoué chez Corbucci ("Le grand silence") et Rosi ("Cadavres exquis") parmi d'autres) notamment. Pour rester du côté du casting, on peut remarquer dans un second temps que l'acteur principal est incarné par un John Philip Law alors à ses débuts. On a pu le voir par la suite dans "Barbarella" de Vadim, "Le voyage fantastique de Sinbad", "Le pont de Cassandra" avec Richard Harris, ... . Il incarne ici ce héros solitaire sans jamais se prendre au sérieux. Du coup il m'a fait pensé à William Berger dans "Sabata" (toujours avec Van Cleef d'ailleurs !). John Philip Law apporte ainsi le côté parodique du western. Giulio Petroni avait il prévu de briser la glace avec cette interprétation parodique d'Eastwood ? Sans doute. La question reste cependant en suspens.


   

A méditer Je tiens à informer les spectateurs sur les flashbacks utilisés par Giulio. La teinture rougeâtre de la pellicule vu dans un ensemble de plans saccadés nous remet dans l'émotion et dans le sujet de l'histoire. Un style percutant, choc, violent à chaque fois, et faisant appel à l'imaginaire pour des réalisations à venir. Je pense aux sanglants "Casino" et "Pulp fiction". Un pendant à montrer non seulement la cruauté des hommes, mais aussi de montrer que tout un chacun est marqué par une épreuve dans sa vie. L'idée de la vengeance du personnage principal est ici mise à nue et conforte Leone (je suppose) à parler de son Homme sans nom comme un révolutionnaire, un rebelle, un homme hors du temps. Dans "La mort était au rendez-vous", cela est retranscrit dans le titre originel qui était "Da uomo a uomo". Pour parler du final, je peux dire que l'assaut du village est bigrement mis en place avec des fusillades et des explosions rappelant que le western traditionnel existe encore bel et bien. Une dernière petite chose pour dire que le duel final est anticonformiste. Un régal de la part de Giulio Petroni !!


                

Et donc de préciser qu'il ne s'agit pas d'un western léonien. Giulio ne prend pas aussi bien le temps d'insuffler à son épopée le souffle lyrique que Leone a magnifié dans "The good, the bad and the ugly" puis sublimé pour le duo Coburn-Steiger avec "A fistful of dynamite". Giulio reste sur sa première impression et signe ainsi un western certes réaliste mais non lyrique. Pour résumer, "Death rides a horse" (traduit en français par "La mort était au rendez-vous) est un western italien méditerranéen pur et dur qui reste bien dans la tradition du western où tous les genres se culbutent (huis-clos, parodie, western traditionnel...). Du pur bonheur ! Giulio Petroni (qui a fait jouer Welles dans "Trois pour un massacre") se démarque de Leone rien que pour notre plaisir. Spectateurs, reprendrez vous un peu d'extasy avec mister Van Cleef ? Interdit aux moins de 12 ans.(Allociné)


                


Un tueur nommé Luke (1970) - Un alcoolique (Luke Askew) est engagé pour assassiner une personne dont on convoite l'héritage. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il s'agit d'un enfant, comme celui qu'il a perdu lors d'un pari stupide. Les anti-héros alcooliques du western, américain et européen, sont nombreux. Citons ceux des petits CHEVAUCHE ET TUE/POUR UN WHISKY DE PLUS et KIDNAPPING ou celui de EL PURO LA RANCON EST A TOI de E. Mulargia, inoubliable quant à lui par sa noirceur extrême. Aux USA, les classiques de Howard Hawks RIO BRAVO et EL DORADO comportent aussi de célèbres personnages de ce type. UN TUEUR NOMME LUKE traite donc d'un thème récurrent, qui n'a rien de bouleversant. Mais, on le sait depuis LA MORT ETAIT AU RENDEZ-VOUS (sans doute trop tributaire de Sergio Leone cependant), Giulio Petroni n'est pas un manchot. Et son traitement fait toute la différence. Ce, dès le scénario, passionnant. Petroni signe même là son meilleur film. Tout d'abord parce que le personnage de Luke est vraiment intéressant. Sorte de clochard méprisé par une bande de Mexicains, épave hantée par l'un des passés les plus sombres du genre tout entier, Luke bénéficie aussi du physique particulier de Luke Askew. Pour une fois on n'a pas droit à un beau gosse mal rasé. Askew est laid, trop blond, sans charisme particulier. Un homme normal pourrait-on dire. Dans la première partie du film, il n'est même plus bon tireur-même si l'on se doute que cela ne durera pas. Son passé perçu à travers de nombreux flash-backs est terrifiant puisque, en proie à l'ivresse, il a tué son propre fils d'une balle en pleine tête lors d'un défi imbécile à la Guillaume Tell.


   

Ce n'est donc pas ce drame qui l'a fait plonger dans l'alcool, mais bien l'alcool qui est responsable de tous ses malheurs. Luke est un coupable dépressif, détruit par les regrets et par son vice. Au début du film, il n'est qu'une ruine prête à tout pour se payer de l'acool. A la fin, il est redevenu un homme, avec sa dignité et sa morale. UN TUEUR NOMME LUKE conte donc l'histoire d'une rédemption. La scène où il découvre l'identité de celui qu'ildoit tuer est réussie. C'est une très bonne idée de scénario. Les méchants du western spaghetti sont prêts à tout pour des raisons bassement matérielles, même à faire descendre un enfant comme ici. On se souvient de la stupeur d'Henry Fonda lorsque Leone lui proposa son rôle de IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST où dès son entrée en scène il exécutait froidement un gamin. Parmi les méchants, du beau monde : l'excellent et très classe Luigi Pistilli en militaire corrompu, la bestiale et sensuelle Chelo Alonso en prostituée et l'efficace William Bogard en chef des Mexicains.


                

La mère de l'enfant, qui sait toucher le coeur de Luke sans doute autant que son fiston, n'est autre que la magnifique Magda SATANIK Konopka. Toujours un ravissement de voir cette charmante créature,même si on la préfèrera évidemment dans le film de Piero Vivarelli où elle est vraiment renversante. Dommage qu'elle n'ait pas connu une carrière plus importante. Riz Ortolani fait dans la musique d'inspiration hispanisante ; son seul nom est gage de qualité. Tout comme celui de Giulio Petroni à la réalisation très soignée, tout en sobriété. A bien y réfléchir, il n'a jamais fait, techniquement, de petit western, même si son Providence est certainement mineur quant au fond. UN TUEUR NOMME LUKE a tout pour plaire : un héros différent, des victimes attachantes et une belle brochette d'ordures à massacrer.(http://www.sueursfroides.fr/critique/un-tueur-nomme-luke-1063)

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