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jeudi 3 novembre 2016

Robert Montgomery

Issu d'une famille fortunée, Robert Montgomery est contraint d'interrompre ses études à la mort de son père. Il exerce divers métiers manuels, puis tente sans succès une carrière d'écrivain. Il s'oriente vers le théâtre et se fait bientôt remarquer à Broadway. Robert Montgomery commence sa carrière cinématographique à la MGM, où sa beauté virile et son élégance aristocratique sont appréciées. Au bras de Norma Shearer, Greta Garbo, Joan Crawford ou Mirna Loy, il incarne des personnages de jeunes séducteurs légers dans des films standardisés (Matelots, Harry A. Pollard, 1931 ; La Femme de ma vie, Edward H. Griffith, 1935). Il sort de sa routine avec une composition de tueur inquiétant dans La Force des ténèbres (Richard Thorpe, 1937). Longtemps président de la Screen Actors Guild, il maintient une image d'acteur sophistiqué jusqu'en 1941, en tenant notamment la vedette dans un film méconnu d'Alfred Hitchcock, Mr. & Mrs. Smith(1941). Ses brillants états de service durant la guerre le conduisent à interpréter un officier de marine dans Les Sacrifiés (John Ford, 1945).

La Proie du mort est à la croisée de plusieurs films: le suspens, le presque fantastique, le drame. Porté par un casting de choix: Robert Montgomery, Ingrid Bergman et George Sanders, réalisé tout à fait honnêtement parVan Dyke, un vieux routier d'Hollywood, il laisse cependant sur sa faim. En cause? Une action parfois bâclée, une histoire simple dont les ficelles ne sont pas discrètes, et des raccords dans les plans pas toujours bien faits.
Le titre français, on ne le comprend qu'au dernier quart du film: c'est Philippe Monrell (Montgomery) qui est le mort, et Ward Andrews (Sanders) qui est la proie. Entre les deux: Stella Bergen (Bergman), l'épouse du premier et l'objet de l'affection du second. Le titre original est plus explicite: Rage in Heaven, qui illustre bien la paranoïa du mari envers son ami, qu'il imagine être l'amant de sa femme, jusqu'à tenter de tuer celle-ci, ensuite Andrews, et finalement se tuant lui-même pour faire accuser Andrews!
Un beau sac de nœuds, donc, un suspens et une psychologie très Hollywood années 40, qui manque malheureusement de liant. En voyant le film, on pense au Secret derrière la porte pour le mari terrorisant sa femme, à Soupçons pour le mari voulant tuer sa femme, à Rébecca pour le fidèle ami soutenant l'épouse. L'épouse, justement, contrairement aux films pré-cités, est plutôt sacrifiée dans la Proie du mort: elle est l'objet de convoitise des deux hommes, mais peine à exister par elle-même (Stella est d'ailleurs assez naïve pour choisir d'épouser Philippe, alors que clairement, il n'est vraiment pas net).



   

C'est amusant, car lors de mon dernier post de film, j'avais parlé du code Hays et des lits jumeaux pour les époux: en 1941, le code Hays est là depuis 10 ans, et les époux Monrell dorment dans des lits jumeaux, une représentation de la vie d'un jeune couple tout à fait réaliste! Pour finir, un petit mot sur les acteurs: Robert Montgomery est branché sur Marche, sans émotion ni sentiment, ce qui colle finalement bien avec son personnage de paranoïaque (traité de façon un peu simplette); Ingrid Bergman, dans son troisième rôle hollywoodien, est toute jeunette et possède une aisance déjà remarquable, même dans un rôle peu étoffé.


                              

George Sanders, enfin, ne joue pas les cyniques ni les goujats. Sincèrement amoureux de Stella, il a des regards amoureux que ne dédaignerait pas un Robert Taylor, et garde jusqu'au bout un amour chaste et pur pour la femme mariée. Ah oui, un coup de dent! Le film commence à Paris. L'acteur qui joue le médecin français, Oskar Homolka, a un accent germanique à couper au couteau... Vraiment, avec tous les francophones de l'époque, Van Dyke n'aurait-il pas pu trouver un acteur avec un accent moins risible pour le rôle?
En résumé, un film avec tous les éléments d'une catégorie A (réalisateur, acteurs, mise en scène), mais qui, au final, est plus un honnête film de série B. Et c'est très bien aussi.
Source : http://uncertaincinema.canalblog.com/archives/2014/04/29/29765848.html



                               

Robert Montgomery doit lui-même tourner plusieurs séquences quand John Ford se casse la jambe. Cette expérience l'amène à mettre en scène La Dame du lac (1946), qui a pour particularité d'être le premier film américain tourné en caméra subjective. Il obtient un certain succès critique avec Et tournent les chevaux de bois (1947), un film noir qui raconte l'attirance d'une adolescente pour un aventurier soupçonné d'un crime. Il y tient le rôle principal. Par la suite, Robert Montgomery se consacre essentiellement à des activités politiques au service du parti républicain, ainsi qu'à la production de programmes télévisés. Il réalise trois autres longs métrages de moindre importance, dont The Gallant hours (1960), un film de guerre avec James Cagney. Dans les années 1950, Robert Montgomery occupe un poste de conseiller audiovisuel auprès du président Eisenhower. De 1950 à 1957, il produit une série de fictions télévisées réunies sous le titre Bob Montgomery presentsIl signe en outre quelques mises en scène de théâtre.


                                

La dame du lac (1947) : Raymond Chandler est, avec Dashiell Hammett un de ceux qui ont amené le roman noir vers une sorte de perfection. S’il n’a pas écrit beaucoup de romans, on en compte huit,  le dernier est inachevé, il a été une référence pour de nombreux romanciers qui l’ont suivi, de Ross McDonald à James Ellroy, en passant par Dolores Hitchens et Michael Connelly. C’est lui qui a transformé le personnage du détective privé en une sorte de chevalier moderne qui a avant tout une éthique. En même temps, il a donné au roman  noir californien ses lettres de noblesse.
Le détective Philip Marlowe est embauché par Adrienne Fromsett pour retrouver la femme disparue de son patron dont elle paraît secrètement amoureuse. Elle semble avoir disparu avec une sorte de gigolo qui va être retrouvé peu après assassiné. L’affaire devient rapidement compliquée et Marlowe se heurte aux policiers de Bay City qui n’apprécient guère qu’on vienne marcher sur leurs plates-bandes. En même temps, Adrienne Fromsett semble jouer un jeu très curieux qui la laisse apparaître comme une sorte de suspect.
Les adaptations des œuvres de Raymond Chandler ont été nombreuses. Celle-ci intervient, en 1947, juste après le grand succès de l’adaptation du Grand sommeil par Howard Hawks. Dans l’ordre, c’est la troisième fois que le personnage de Philip Marlowe apparaît sur un écran. Et curieusement, c’est un troisième acteur qui va incarner le célèbre détective de Los Angeles. Après Dick Powell et Humphrey Bogart, Robert Montgomery s’y colle.

                 



Ce film a mauvaise réputation, et Raymond Chandler ne l’aimait pas. Si le scénario suit à peu près les sinuosités de l’enquête de Marlowe, c’est le principe d’une caméra subjective qui est en cause. En effet, pour rendre le ton particulier de Chandler qui écrit à la première personne, Robert Montgomery choisit de filmer l’action du point de vue du détective, comme si la caméra était ses yeux. Les raisons de ce choix sont nombreuses, d’abord rompre avec la tradition des films noirs de l’époque, mais aussi comme Montgomery est également metteur en scène, cela le soulage d’avoir à se diriger plus longuement. S’il est vrai que ce parti pris est assez vite lassant car il ne donne guère de profondeur de champ à l’action – les extérieurs sont étriqués et réduits à leur plus simple expression, alors que le texte de Chandler est très marqué par le décor de Los Angeles – le film possède un certain nombre de qualités qui le laissent tout de même apprécier. Par exemple la découverte progressive du meurtre de Lavery, ou la fête de Noël donnée par Kingby sont assez étonnantes. Mais il y a aussi l’interprétation qui est excellente à commencer par Audrey Totter et Lloyd Nolan. Robert Montgomery lui est assez peu présent physiquement, ce qui vient du parti pris filmique. 


                                     


Audrey Totter se transforme de la garce intéressée en une femme amoureuse et tendre de façon inattendue. Lloyd Nolan est un flic corrompu et sadique à la limite de la rupture psychologique.
Marlowe a été interprété à l’écran par Dick Powell, Humphrey Bogart, Robert Montgomery, George Montgomery, Robert Mitchum, Elliot Gould et James Garner. Physiquement, ce n’est pas Robert Montgomery qui est le plus éloigné de ce qu’aurait aimé Chandler, il y aurait préféré Gary Grant. On peut supposer que si Chandler n’a pas aimé l’adaptation de Montgomery, c’est surtout à cause de son côté sautillant. La façon saugrenue de Marlowe de s’adresser directement au spectateur s’éloigne de l’humour acide de Chandler et donne une légèreté de ton qui n’est pas dans l’esprit de Chandler.
A noter que juste après Lady in the lake, Robert Montgomery dirigera et interprétera Et tournent les chevaux de bois  d’après le roman de Dorothy B. Hugues, film cette fois plus traditionnel, mais finalement plus réussi.
Source : http://alexandre.clement.over-blog.com/article-la-dame-du-lac-robert-montgomery-1947-109649269.html

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