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vendredi 25 novembre 2016

Ginette Leclerc

C'est dans Ciboulette en 1933 que Claude Autant-Lara confie à Ginette Leclerc un petit rôle, qui sera le véritable début de sa carrière, suivi bientôt, en 1934, par L'Hôtel du libre échange de Georges Feydeau, transposé au cinéma par Marc Allégret, elle y donne notamment la réplique à Fernandel, puis en 1937, L'homme de nulle part de Pierre Chenal, ainsi que Prison sans barreaux où elle joue un personnage d'une grande perversité. Elle devient célèbre en 1938 grâce au film La Femme du boulanger de Marcel Pagnol, aux côtés de Raimu et de la chatte Pomponette. Son meilleur rôle sera Denise, la femme sensuelle et boiteuse, amoureuse d’un médecin, dans Le Corbeau de Clouzot, sans oublier sa composition dans Le Val d'enfer de Maurice Tourneur. Sous l’Occupation, Ginette Leclerc, partenaire de Tino Rossi, Jean Tissier, Georges Marchal et de bien d’autres grands acteurs de l'époque, tient aussi un cabaret avec son compagnon, Lucien Gallas, et accueille le milieu parisien de la collaboration et des occupants. À la Libération, elle est détenue, sans jugement, presque une année, pour avoir travaillé, comme d'ailleurs une partie des comédiens français de l'époque, avec la firme allemande Continental, qui monopolisait les productions françaises. À sa sortie de prison elle ne retrouve plus de grands rôles, elle joue néanmoins, en 1948, dans La Maudite, coproduction franco-belge réalisée par Norbert Benoit avec un scénario de Norbert Benoit et Marcel Roy, en 1949, dans Un homme marche dans la ville de Marcello Pagliero, en 1951, dans le Plaisir, de Max Ophüls et en 1955 dans le film Gas-oil de Gilles Grangier, où elle interprète Mme Scoppo, ou encore dans Le Cave se rebiffe, partenaire de Bernard Blier et Jean Gabin, en 1961.(Wiki)


                                  


Il y a de très belles choses dans ce film, notamment le couple de ‘’vieux’’ puisque c’est comme cela qu’ils sont affectueusement nommés: Belmont et Gabrielle Fontan sont exceptionnels. L’histoire tient bien la route et l’ambiance générale cohérente. Ce que je n’ai pas supporté, c’est la façon dont Ginette Leclerc joue son rôle et en corollaire la façon insistante qu'a Tourneur de faire durer les gros plans sur son visage. Le comportement de Marthe (ancienne prostituée) envers les hommes, son mari compris, me parait à des années lumières de la réalité. Le coté misogyne de Tourneur est poussé à ses limites ainsi que le coté larmoyant avec le retour de la famille ( jeune et vieux). Les dialogues sont, comme presque toujours à cette époque, remarquables; l’intelligence et les réparties sont nombreuses avec en plus une bienveillance constante et un goût du bonheur marqué. La séquence précédent la fin est une réussite tant par sa beauté que par son coté ‘’osé’’, c’est le crime parfait. Le ‘’val d’enfer’’ ne se reçoit pas de la même façon selon nos façons de voir ce genre de film qui est un témoignage de vie...Pour moi ,cela doit être joué avec la plus grande sobriété possible et la plus grande cohérence possible...Il y a des scènes insupportables.ndéniablement, certains aspects ont vieilli, notamment dans la réalisation ou même l'aspect légèrement pesant du paysage rural, si bien qu'on a parfois du mal à être captivé par le récit. Reste que cette dimension très sombre, agrémentée de scènes saisissantes et d'une construction plutôt habile, permettent de rendre « Le Val d'enfer » appréciable, voire très intéressant par moments. Car si la sensuelle Ginette Leclerc reste une belle garce, on ne peut s'empêcher de compatir à plusieurs reprises tant sa vie est d'un ennui indescriptible, tandis que les « gentils » ne s'y prennent pas toujours très habilement pour la rendre heureuse (euphémisme).

       
          


Cela permet à l'œuvre de proposer une dramaturgie assez forte, peuplée de seconds rôles un peu stéréotypés mais plutôt attachants. Dommage du coup que l'entreprise se termine sur un bon vieux « travail, famille, patrie » (nous sommes alors en 1943 : un hasard, sans doute) tout sauf subtil et finalement assez peu dans le ton du récit. Tant pis : les enjeux et le contexte restent suffisamment intéressants pour rendre le film appréciable, voire intense par moments, l'exemple-type du drame « à la française » durant la Guerre.Le cinéaste Maurice Tourneur a une très longue carrière derrière lui lorsqu’il entame le tournage de ce Val d’enfer en 1943. Non seulement il a débuté au temps du muet et réalisé une centaine de longs métrages, mais il a également connu la consécration en tournant à Hollywood avec les plus grands noms de l’époque. Tourneur vient même d’achever un futur classique du film fantastique intitulé La main du diable (1942) et s’apprête à tourner une adaptation réussie d’un roman de Simenon : Cécile est morte ! (1944). En pleine possession de ses moyens, le metteur en scène s’attaque à un scénario de Carlo Rim, complice de longue date, et signe une oeuvre qui fleure bon le naturalisme. Sa description des classes laborieuses est marquée par une justesse de ton encore renforcée par la qualité extrême des dialogues, ainsi que par le jeu très inspiré des acteurs. Ginette Leclerc recycle son habituel rôle de garce avec un talent toujours intact, même si elle le galvauda souvent dans des productions indignes d’elle.


                               

Mais c’est sans nul doute Gabriel Gabrio qui sort vraiment grandi de cette entreprise : il est tout simplement bouleversant en mari bafoué, cocu et trop bienveillant. Son chant du cygne cinématographique - il est mort en 1946 à l’âge de cinquante-neuf ans - est assurément une de ses plus belles prestations. Ce très beau drame pourrait faire figure de chef d’oeuvre s’il ne portait pas la marque infamante de la firme Continental. Cette compagnie à capitaux allemands a effectivement officié de 1941 à 1944 en France afin de favoriser la propagation des nouvelles "idées" vichystes. Dès lors, une relecture du Val d’enfer s’impose, gâchant sérieusement le plaisir que l’on éprouve à sa vision. Les classes laborieuses sont belles et bien glorifiées tandis que les "inutiles" et les êtres immoraux comme la putain de service sont rejetés. Cette dernière n’essaie-t’elle pas de séparer une famille traditionnelle ? Ne se joue-t’elle pas de son mari et ne porte-t’elle pas en elle le vice ?(http://www.avoir-alire.com/le-val-d-enfer-la-critique)


   


La série noire à la sauce nouvelle vague, comme "A bout de souffle" mais en plus radicale et élaborée. Un mélange de Scarface et de Caligula, criminel pathologique, mégalomane, subversif et éperdument amoureux de sa soeur. A la fois une tragédie libertaire (façon Max Stirner) et un film qui sait très bien jouer de la dérision (la tête de Degaulle en bouchon de bouteille !), qui ose s'aventurer du cotée de l'érotisme et qui démontre un sens de l'image, de la mise en scène assez époustouflant. Bref c'est un petit bijou. Pour les amateurs la bande son rock de la fin des années soixante vaut aussi le détour.Un très bon film de Bénazéraf, l'un des meilleurs pour moi (beaucoup d'autres étant assez mauvais d'ailleurs). Le film est tourné avec originalité, le rythme est haletant, on est captivé. L'image en noir et blanc est très belle. Et Gérard Blain est excellent comme d'habitude. A recommander.Bénazéraf qui se fera surtout connaitre plus tard pour ses films érotique au style particuliers réalise ici un film de gangsters sauce nouvelle vague ; un voyou du Sud de la France monte à Paris pour une carrière à la Scarface. Joë Caligula est plutôt bien réalisé mais le style a vraiment du mal à nous passionner de nos jours, le film a un côté amateur et la violence et l'érotisme de ce film ne font plus d'effet aujourd'hui.Avec Joë Caligula - Du suif chez les dabes, José Bénazéraf signe un film de gangsters, bien ancré dans les années 60. De nombreuses références sont faites à la culture de l’époque, par la bande originale (on y entend Vince Taylor, Eddy Mitchell), les affiches (montrant des interprètes à succès comme Antoine, Françoise Hardy), les objets (une bouteille dont le bouchon a la tête du général de Gaulle). Joë, le personnage central, est vaguement inspiré de l’empereur romain Caligula, illustre pour sa folie sanguinaire, et dont Albert Camus fit le sujet d’une pièce en 1939.


           

Ce n’est donc pas un hasard si Léa (Maria Vincent), dame patronnesse ressemblant à une Marilyn Monroe bien nourrie, sort à un moment cette citation de Camus dans le métrage de Bénazéraf : « seule la haine peut rendre les gens intelligents. » Après avoir commencé son film en faisant une allusion à la « Nouvelle vague », puis en confrontant de jeunes truands aux méthodes très brutales à des anciens plus rangés, on se demande si José Bénazéraf ne cherche pas dans son film à faire une transposition imagée de l’hostilité très marquée de ladite « Nouvelle vague » d’alors à l’égard des cinéastes traditionnels. En rapport avec ce cinéma du passé, on ne peut que remarquer la présence de deux actrices d’avant-guerre, à savoir Ginette Leclerc (Ariane, la maîtresse défraîchie et indicatrice de Joë), et Junie Astor (la femme du caïd Alexandre qu’elle accuse de se transformer en « cave » face aux agressions de Joë et sa bande). Tourné en 1966 mais censuré, le film ne sortit en France que le 8 janvier 1969 délesté de certaines scènes. Voici l’avis de la Commission de contrôle des films cinématographiques en date du 22 juin 1966 : « La Commission recommande l’interdiction totale pour la raison suivante : l’auteur a soigneusement accumulé, sans aucune justification de caractère artistique ou intellectuel, les scènes de violence, de torture et d’érotisme.


                           

Il en résulte un film totalement immoral, qui ne ait qu’illustrer le crime et les sentiments pervers et qui ne peut se prévaloir, en contrepartie d’aucun aspect positif, sur quelque plan que ce soit. » Effectivement, Joë Caligula - Du suif chez les dabes contient quelques passages qui ont dû faire grincer les dents des censeurs. Tout d’abord les séquences manifestant sa violence assumée, avec notamment assassinat gratuit d’une pompiste, tabassage au coup de poing américain d’un truand, torture à la cigarette puis immolation d’un autre. Ensuite celles de nudité dévoilée, avec deux strip-teaseuses blondes faisant leur numéro au rythme de la chanson « Trouble » interprétée par Vince Taylor. Détail amusant, Léa lit un exemplaire de l’hebdomadaire Le Nouveau Candide, avec en couverture une photo du film La Religieuse (Jacques Rivette, 1966) qui eut des démêlés avec la censure quelques mois avant Joë Caligula - Du suif chez les dabes !(Allociné)

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