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jeudi 17 novembre 2016

Carole Bouquet

Appréciée pour sa beauté classique, c'est Luis Buñuel qui fait tourner le premier Carole Bouquet au cinéma, en 1977, dans un classique du surréalisme Cet obscur objet du désir dans lequel elle interprète le rôle de Conchita. En 1981, elle incarne une James Bond girl aux côtés de Roger Moore dans Rien que pour vos yeux, un rôle qui la fait connaître du grand public en France et dans le monde. Elle est nommée au César de la meilleure actrice dans un second rôle dans Rive droite, rive gauche de Philippe Labro en 1984. Par la suite, son rôle dans Trop belle pour toi de Bertrand Blier en 1989, lui donne une reconnaissance internationale et lui vaut le César de la meilleure actrice. Elle est maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes 1995. En 1999, elle est jurée au 4e Festival international du film de Shanghai. En 2008, elle préside le jury du 34e Festival du cinéma américain de Deauville. En mai 2014, elle est membre du jury des longs métrages au 67e Festival de Cannes, présidé par la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion.(Wiki)


                  

C’est dans un sac de linge sale que se tapit Cet obscur objet du désir... Apparaissant régulièrement durant le film - porté par un passant ou bien encore par Mathieu lui-même - cet objet resurgit lors d’une ultime séquence à l’étrangeté métaphorique toute surréaliste.  L’on voit alors une ravaudeuse déballer en public - la femme, installée derrière la vitrine d’un passage parisien, travaille sous l’œil des passants - le contenu de ce sac fait d’une toile grossière. La couturière en extrait précautionneusement des pièces de linge froissées. L’une d’entre elles est en piteux état : non seulement salie par des traces sanguinolentes, elle est en outre déchirée. La raccommodeuse s’en empare et commence à repriser l’accroc béant au milieu du tissu à la blancheur souillée. La caméra filme son geste expert en gros plan, épousant le point de vue d’une femme et d’un homme abîmés dans la contemplation de la repriseuse. Cette dernière a pour spectateurs Conchita et Mathieu, le couple dont Cet obscur objet du désir narre la relation amoureuse. Sans doute reconnaissent-ils dans ce morceau de textile déchiqueté et ensanglanté un évident symbole de la nature singulière de leur amour. Puisque c’est fondamentalement de violence que se nourrit la passion unissant la jeune et fougueuse Espagnole à ce Parisien bourgeois et rassis. Le sadomasochisme  : tel est donc Cet obscur objet du désir que se propose d’éclairer Luis Buñuel. Son film s’avère en cela certainement fidèle au roman de Pierre Louÿs - La Femme et le pantin (1898) - dont il est l’adaptation.  Si le scénario choisit de transposer le propos du livre - se déroulant quant à lui dans l’Espagne des années 1890 - dans la France giscardienne et l’Espagne post-franquiste, le script participe cependant de la même veine "fin de siècle". Reprenant l’essentiel des épisodes du texte de Pierre Louÿs, Cet obscur objet du désir dépeint ainsi les efforts déployés par Conchita et Mathieu afin de s’infliger l’un à l’autre une souffrance conditionnant leur accès au plaisir.


   


Des deux membres du couple, la jeune Espagnole pourra un temps sembler être la plus experte en la matière. De même que dans le roman, Conchita apparaît d’abord comme la principale ordonnatrice d’un jeu sadique réduisant - apparemment - Mathieu à l’état de « pantin ». N’occultant aucun des tourments ourdis par la Conchita de Pierre Louÿs, Luis Buñuel met en images toute la palette de frustrations et d’humiliations qu’endure dans le roman l’amant de la perverse Ibère. Telle séquence nous montre Conchita partager le lit de Mathieu, la poitrine entièrement dénudée mais le bas du corps caparaçonné d’un extraordinaire caleçon en toile de jute - celle du sac de linge sale ? - empêchant bien évidemment l’homme au comble de l’excitation de parvenir à ce qu’il désire alors le plus chez sa maîtresse.


               

Tel autre moment de Cet obscur objet du désir, d’un érotisme aussi troublant, dépeint le désarroi de Mathieu découvrant Conchita exécutant un inhabituel flamenco… Celle qui jusque-là n’a cessé de lui interdire l’accès - ne serait-ce que visuel - à son sexe, est en train de l’exposer à un public d’hommes à l’enthousiasme concupiscent : c’est en effet vêtue d’une unique paire de bas noirs que Conchita se produit dans l’arrière-salle d’un cabaret sévillan ! Quant à l’acmé du récit de Pierre Louÿs, il est aussi bien présent dans Cet obscur objet du désir ; Luis Buñuel montre cette étape ultime de l’avilissement de Mathieu durant laquelle Conchita contraint le vieux bourgeois à la regarder faire l’amour avec un jeune guitariste de sa connaissance...(http://www.dvdclassik.com/critique/cet-obscur-objet-du-desir-bunuel)


                  



Bunker Palace Hotel(1989) - Film de science-fiction ou d'après-apocalypse. Dans un monde en pleine guerre, des personnages "importants" se terrent dans un bunker où doit arriver le "Président". Ils attendent. On sent bien qu'en haut, des choses se passent. Mais parmi eux, s'est glissée une ennemie. Sur ce scénario un peu faible, car sans beaucoup de surprise ni d'action, un film intéressant surtout par la réalisation de Bilal, conforme à sa bande dessinée. Décors très originaux : le bunker. Présence de robot-humain. La mise en scène manque un peu de souplesse, mais les décors sont excellents et la photographie très bonne aussi donne au film un aspect étrange, une ambiance délétère dans une atmosphère de fin du monde. Les acteurs font leur travail d'acteur, sans surprise. Trintignant n'est pas plus inquiétant que ça et Clara (Carole Bouquet) passe mal en révolutionnaire. Banalité aussi des dialogues. Il faut rester sur l'impression étonnante que donne le film en regrettant bien sûr que le scénario ne fut pas meilleur. Ce n'est pas un ratage. C'aurait pu être une belle réussite.Un lieu fantastique et une époque troublante. Des personnages ambigus et malicieux. Un drame formidablement bien adapté. Trintignant excelle dans son art et le réalisateur mérite amplement un césar. C’est le genre de film que l’on découvre un soir, au cinéma de minuit, et l’on n’y reste scotché et pas déçu. (Un sédatif mouillé.)L'ambiance et les décors du film sont les points forts, l'idée de départ est bonne mais la catastrophe vient des dialogues et de l'intrigue. Sous prétexte d'une langue interdite une guerre a éclaté, c'est plutôt ridicule car dans la réalité ce genre de conflit ne concerne qu'une région, jamais un pays entier. Les dialogues sombrent dans le ridicule, pour ne pas dire l'imbécillité, la palme revenant à l'entretien dans l'ambulance.




On sens bien l'atmosphére ds bd d'Enki Bilal dans se premier film, faisant toujours référence aux affres d'une dictature quel soit faschiste ou communiste. bien qu'il y est les personnage d'Holm et de Clara qui sont interressant, le veritable personnage le plus étrange est sans aucun doute le présidet, qui pour conserver le pouvoir à enfermer ses acolytes de son régime faschistes dans un bunker, où il peut les tuer tous, ensuite reconstruire un nouveau monde avec les rebelles sur celui dont il est la cause et la perte.Film très intrigant, froid, tendu malgré (ou grâce à) sa lenteur. Les décors sont beaux, les effets sont d'une bizarrerie qui reflète plutôt bien l'absurdité de la situation. Les acteurs sont excellents et incarnent des personnages mystérieux qui réagissent tous très différemment à la fin de leur monde, à une sorte d'apocalypse en huis-clos. C'est quand même proche de l'incompréhensible et il faut lutter pour arriver jusqu'au bout tant les actions sont lentes et n'aboutissent jamais sur du concret. C'est probablement voulu mais le résultat est mitigé.(Allociné)

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