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lundi 3 octobre 2016

William Wyler


Né le 1er juillet 1902 au sein d'une famille suisse de confession juive en Alsace (faisant alors partie de l'Empire allemand),William Wyler est éduqué à Lausanne avant d'étudier le violon au Conservatoire de Paris. À partir de 1922, il part travailler aux États-Unis pour les studios Universal dont le fondateur est un cousin de sa mère : Carl Laemmle. Il est d'abord affecté aux services de la publicité, puis devient assistant de production. En 1925, il se lance finalement dans la réalisation et devient le plus jeune réalisateur employé par la firme. En 1928, Wyler est naturalisé américain. Dès les années 1930, il s'impose comme un cinéaste incontournable à Hollywood et collabore notamment avec la Warner Bros pour laquelle il assure la mise en scène d'un de ses plus grands chefs d'œuvre: L'Insoumise avec Bette Davis. Plus tard, il signe un juteux contrat avec la Metro Goldwyn Mayer qui lui permet de réaliser de nombreux films à succès tels que La Vipère et plus tard Ben-Hur. Entre 1942 et 1945, Wyler s'engage dans les forces aériennes de l'armée des États-Unis avec le grade de major. Il réalise deux documentaires sur la guerre en cours : The Memphis Belle: A Story of a Flying Fortress (tourné en Angleterre et dans le ciel allemand en mai 1943 et sorti en salles en 1944) et Thunderbolt! (tourné en Italie pendant les premiers mois de 1944 et sorti en salles en 1947). Pendant la guerre, Wyler trouve par ailleurs le temps de signer des œuvres de fiction évoquant le destin tragique d'individus happés par le conflit (Madame Miniver, Les Plus Belles Années de notre vie).


                  


Little Foxes est un des sommets de la collaboration entre William Wyler et Bette Davis, une adaptation de la pièce de Lillian Hellman jouée en 1939 et dans laquelle on retrouve une grande part du casting scénique (Patricia Collinge, Dan Duryea, Charles Dingle, Carl Benton Reid et John Marriott). Le titre original quelque peu nébuleux évoque en fait la parabole biblique selon laquelle « des petits renards iront manger la vigne du voisin », symbole de la thématique de la cupidité et de l'appât du gain au cœur du film. En effet si les premières images évoquent rappellent L'insoumise (1938 et autre fameux titre Wyler/Davis) par son imagerie classique du Sud des Etats-Unis, l'époque est différente (ici 1900) et aux enjeux romanesque du film précédent succèdent d'autres plus pragmatiques liés au capitalisme moderne.C'est précisément ces questions qui déchirent les familles Giddens et Hubbard. Les personnages du film peuvent se diviser en loups et agneaux. Regina (Bette Davis) avec ses frères Ben (Charles Dingle) et Oscar (Carl Benton Reid) se sont enrichis en exploitant et dupant leur entourage, le mariage d'intérêt faisant partie des moyens employés. Birdie (magnifique et touchante Patricia Collinge) épouse d'Oscar et Horace (Herbert Marshall) mari de Régina, brisé moralement et physiquement par ce rapport cruel sont donc les agneaux subissant la loi des loups auxquels ils se sont liés. Cette même division opère chez leurs enfants avec la douce et innocente Alexandra (Teresa Wright) et le peu recommandable Leo (Dan Duryea fourbe comme à son habitude). Lorsqu'une affaire juteuse nécessite pour Regina de presser son époux malade pur qu'il y amène son support financier, rien ne l'arrêtera ainsi que ses frères les plus faibles étant condamné à être écrasé ou à se révéler.



           

De retour à Hollywood, il y mène une vie confortable, devenant une institution du cinéma commercial et des grandes majors pour lesquelles il assure la réalisation de triomphes commerciaux en tous genres. Ces réussites lui permettent de fonder, avec George Stevens et Frank Capra, une société de production indépendante : la Liberty Film. Mais les échecs successifs de La Vie est belle, L'Enjeu et Si l'on mariait papa de Capra l'amènent au dépôt de bilan en 1948.
Très certainement un des meilleurs film que j'ai vu cette année. Un film complet. Une intrigue intéressante (comment la rumeur de saphisme de deux jeunes est à l'origine d'une descente aux enfers irresistible), des situations réalistes et travaillées ainsi qu'une mise en scène formidable. Et c'est surtout ce dernier élément qui impose le respect. Wyler est un grand metteur en scène et il le prouve ici. Wyler sait où poser sa caméra (le cadrage est magnifique), et maîtrise parfaitement sa musique pour donner le ton et l'atmosphère qu'il faut à la scène. Un grand travail de suggestion est réalisé dans ce film chose des plus plaisantes. Les dialogues sont extrêmement bien écris. Pour peu que vous rentriez dans le film la tension peut vraiment se révéler extrême (notamment la scène des faux aveux du début du film dans la maison de la grand mère). La rumeur est donc un grand film, une leçon de mise en scène que je vous conseille très fortement d'aller voir.
Wyler fut une véritable mine d'or pour l'industrie hollywoodienne qui le mit aux commandes de grosses productions nécessitant généralement des prouesses techniques périlleuses comme le péplum Ben-Hur, remake du film muet des années 1920. Des caméras Panavision très imposantes, avec des négatifs de 65 millimètres (tirés en 70 mm, avec une image de taille identique mais une pellicule de 5 mm plus large pour y faire place à quatre pistes sonores) furent utilisées pour les scènes de courses, au plus près des chevaux. Des caméras automatiques furent également placées au bas des chars. Toutes garantissaient une meilleure définition de la profondeur de champ. Les prises de vue devenaient du coup plus impressionnantes, avec le travail de montage, et donnaient une sensation de réel : comme si le spectateur vivait le moment de l'action en même temps que les personnages.



   


Le réalisateur signa entre autres plusieurs drames historiques, films musicaux ou comédies où il laissait libre cours à son perfectionnisme légendaire et garantissait aux acteurs ou actrices principaux ou secondaires une victoire aux Oscars, comme pour Bette Davis et Fay Bainter (L'Insoumise, 1938), Greer Garson et Teresa Wright (Madame Miniver, 1942), Fredric March et Harold Russell (Les Plus Belles Années de notre vie, 1946), Olivia de Havilland (L'Héritière d'après Henry James, 1949), Audrey Hepburn (Vacances romaines, 1953), Charlton Heston et Hugh Griffith (Ben-Hur, 1959) ou encore Barbra Streisand (Funny Girl, 1968).
Même si son héritage est contesté, Wyler s'est avant tout imposé, selon les termes de Claude Beylie, « comme un solide directeur d'acteurs, sachant tailler dans un matériau de base, littéraire ou théâtral, de qualité. » . Certains critiques, comme André Bazin, décèlent de plus un vrai « style Wyler », reconnaissable dès le premier plan. Ce style passe souvent par l'utilisation de plans séquences qui diluent la progression dramatique du récit et fonctionnent comme un révélateur sur l'état psychologique des personnages. Ce procédé rend de surcroît poétiques les décors qui nourrissent les fictions successives : La Nouvelle-Orléans du XIXe siècle, l'Angleterre ravagée par les bombardements allemands, l'Amérique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les intérieurs cossus du Londres victorien... Aussi ce principe se transforme-t-il, dans ses œuvres tardives, en une description sociologique acerbe, teintée d'une morale particulièrement pensée comme dans L'Obsédé. Ce film narre au départ l'histoire d'une séquestration, mais il se transforme peu à peu en une réflexion sur l'anomie et les névroses de la société contemporaine.


   


Wyler, détenteur du record de nominations à l'Oscar du meilleur réalisateur (douze au total), obtint la distinction à trois reprises : en 1943 pour Madame Miniver, en 1947 pour Les Plus Belles Années de notre vie puis en 1960 pour Ben-Hur. Ces trois œuvres ont par ailleurs toutes été récompensées par l'Oscar du meilleur film. Le cinéaste reçut également la Palme d'Or du Festival de Cannes pour son drame choral sur la Guerre de Sécession : La Loi du Seigneur en 1957.(Wiki)

1 commentaire:

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