.

.

mercredi 12 octobre 2016

Pierre Larquey

Fils d'un charretier, Pierre Larquey hésite à partir au séminaire puis s'engage dans l'armée coloniale à Madagascar. Il tente sa chance au théâtre et sort du Conservatoire de Bordeaux avec un premier prix de comédie. Il vient à Paris et entre au Théâtre des Variétés où il restera quinze ans. Il ne commence véritablement sa carrière cinématographique qu'en 1931, à l'âge de quarante-sept ans.
Acteur prolifique, Pierre Larquey tourne dans plus de cent cinquante films malgré ses débuts tardifs au cinéma. Acteur populaire, il se spécialise dans les rôles de brave type et de grand-père. Acteur au jeu toujours juste, il cultive un aspect débonnaire et paysan dont on se souvient dans sa filmographie inégale. Rarement en vedette, il remporte un grand succès avec Monsieur Coccinelle (1938) de Bernard-Deschamps, où il incarne un Français moyen plein de truculence. En l'utilisant adroitement à contre-emploi, Henri-Georges Clouzot fait de lui un des trois filous de L'assassin habite au 21 (1942) et le vieillard sadique du Corbeau (1943) avant de le rendre à son registre habituel dans Quai des orfèvres (1947) et dans Les Diaboliques (1954). Sacha Guitry se souvient de sa carrière au Théâtre des Variétés et l'engage dans Si Paris nous était conté (1955) et dans Assassins et voleurs (1956). Pour le reste, sa carrière est semée de mélodrames, d'opérettes marseillaises ou encore de comédies de caserne qui reflètent le cinéma populaire français du début du parlant jusqu'à la fin des années 1950.


              


Le Corbeau est un film dramatique français réalisé par Henri-Georges Clouzot, sorti sur les écrans en 1943.
Ce film est notable, outre sa qualité intrinsèque, pour avoir causé de sérieux problèmes à son réalisateur à la Libération, à la fin de la Seconde Guerre mondiale : le film a été produit par la Continental Films, une société de production allemande établie en France dans les premiers mois de la guerre ; de plus, ce film a été perçu par la résistance et la presse communiste de l'époque comme une tentative pour dénigrer le peuple français. Pour ces raisons, Clouzot a d'abord été banni à vie du métier de réalisateur en France et le film a été lui aussi interdit, mais les deux interdictions furent finalement levées en 1947.Ce film a fait l'objet d'un remake en 1951 par Otto Preminger, intitulé La Treizième Lettre.
Le mot corbeau, désignant ordinairement un volatile, a acquis depuis ce film un autre sens, celui d'un envoyeur de lettres anonymes. Les notables de Saint-Robin, petite ville de province, commencent à recevoir des lettres anonymes signées Le corbeau, dont le contenu est calomnieux. Ces calomnies se portent régulièrement sur le docteur Rémi Germain, accusé de pratique abortives, ainsi que sur d'autres personnes de la ville. Les choses se gâtent lorsque l'un des patients du docteur Germain se suicide, une lettre lui ayant révélé qu'il ne survivrait pas à sa maladie. Le docteur Germain enquête pour découvrir l'identité du mystérieux corbeau.


   

Le scénario de Clouzot et Louis Chavance s'inspire d'un fait divers réel survenu dans les années 1920 : l'affaire de Tulle . Avec ce deuxième film, Clouzot signe un vrai chef-d’œuvre : un film qui réussit à parler de l’époque avec une âpreté, une violence, une compassion extraordinaires. Clouzot y accumule les provocations : le héros, libre penseur, refuse d’aller à l’église ; la jeune fille amoureuse de Pierre Fresnay (l'inoubliable Ginette Leclerc) est une boiteuse filmée sans aucun mépris ni condescendance ; une fillette inspire des sentiments troubles ; les pouvoirs publics sont moqués ; la sagesse se couvre de cynisme…Le film fut interdit à la Libération. À travers la lettre anonyme, comment ne pas y voir une évocation de la délation, dont on sait qu'elle fut dans les années 1940 une triste réalité ? En outre, le film fut produit par le studio Continental-Films, une compagnie de production allemande. Tout cela donna aux détracteurs de Clouzot du grain à moudre : le film était pour eux un acte de collaboration, tant l'image qu'il donnait des Français était noire. La noirceur du film et le portrait sans concession des villageois, parfois emportés par une hystérie collective, font également

                                               


penser à Erich von Stroheim, mais évoque surtout tour à tour M le maudit et Furie de Fritz Lang. À ce titre, le film fut salué comme un chef-d'œuvre à sa sortie en 1943, mais très vite il fut violemment attaqué pour son immoralité et pour la peinture noire qu'il faisait de la France, servant ainsi la propagande nazie. Un célèbre critique communiste écrivit qu'on y voyait l'influence de Mein Kampf. On alla jusqu'à dire qu’il avait été distribué en Allemagne sous le titre « Une petite ville française comme les autres », pure diffamation puisque la Tobis l'avait refusé, à cause de sa noirceur et que le visa d’exportation n'avait jamais été signé (d'un autre côté, Goebbels encouragea la distribution du film à l'étranger). Clouzot fut défendu vigoureusement par Jacques Becker, Pierre Bost, le co-scénariste de Douce et Henri Jeanson, qui écrivit un texte virulent, Cocos contre Corbeau, où il comparait le film à Zola et à Mirbeau. En fait, la lucidité sceptique de Clouzot, qui, avec son co-scénariste Louis Chavance, prend parti pour Fresnay contre la délation, déclencha la haine aussi bien des conservateurs religieux de droite que d'une partie de la gauche, qui réclamait des héros positifs et prônait le réalisme socialiste.
La Centrale catholique du cinéma, qui avait bien senti l'insulte que représentait le film de Clouzot vis-à-vis des valeurs qu'elle défendait et qu'elle représentait, lui décerna sa cote no 6, celle des « films à proscrire absolument parce qu'ils sont essentiellement pernicieux au point de vue social, moral ou religieux. »


                                        

À la Libération, contrairement à la plupart des autres employés de la Continental-Films, Clouzot échappa à la prison mais se vit frappé d'une suspension professionnelle à vie. Henri Jeanson écrit à un détracteur de Clouzot : « Mon cher, tu sais bien que Clouzot n'a pas plus été collabo que toi tu n'as été résistant ». Grâce à l'activisme de ses défenseurs, Clouzot revint finalement à la réalisation en 1947. Retour gagnant avec Quai des OrfèvresEn 1951, Otto Preminger a réalisé un remake du Corbeau intitulé La Treizième Lettre (The Thirteenth Letter). Charles Boyer en est la vedette aux côtés de Linda DarnellMichael Rennie et Constance Smith. L'action y est transposée dans un village de la Montérégie au Québec. Ce remake n'a semble-t-il jamais été distribué en France où il n'aurait été présenté qu'à la Cinémathèque.

                                                      


Tout le monde a en mémoire la célèbre saillie de Clouzot, par ailleurs infiniment simpliste et discutable: «Pour faire un film, premièrement, une bonne histoire, deuxièmement, une bonne histoire, troisièmement, une bonne histoire». C'est une telle vision des choses qui lui vaudra d'être l'une des cibles favorites des cinéastes de la Nouvelle Vague. Il faut cependant reconnaître qu'il fut, au moins dans ses premiers films, un très brillant illustrateur de cette conception narrative classique du cinéma, conception certes réductrice mais légitime dans ses limites propres. À cet égard, «Le corbeau» (1943) demeure aujourd'hui comme l'une des plus remarquables réussites du cinéma français. Avec une noirceur absolue qui donne la nausée, Clouzot le misanthrope y dépeint, sous les traits d'un véritable cloaque, une petite ville de la France rurale. Pour le réalisateur, l'âme humaine, même celle des enfants, est de toute évidence sale, veule et sournoise et peu de place est faite à la lumière.



                                                                  
Mais tout cela ne serait rien d'abord sans une mise en scène, certes classique, mais de très grande classe, et qui distille un suspense tout à fait étonnant, ensuite sans le jeu tout à fait remarquable des acteurs (Pierre Larquey et Pierre Fresnay au dessus de tout éloge), enfin sans une photographie magnifique d'où procèdent de très belles images trahissant une influence évidente de l'expressionnisme allemand. On rappellera deux séquences d'anthologie. D'abord le plan superbe où Marie Corbin, apeurée et fuyant son lynchage, se regarde dans un miroir brisé. Ensuite la célèbre scène de la lampe et qui justifie à elle seule qu'on se souvienne de ce film. Un ouvrage finement ciselé à découvrir ou à redécouvrir.(Allociné)


              

Les Sorcières de Salem est un film franco-allemand réalisé par Raymond Rouleau en 1956 et sorti en 1957. Il relate le procès en sorcellerie qui eut lieu dans cette ville de Nouvelle-Angleterre en 1692
Adaptation de la pièce de théâtre de Arthur Miller, elle-même inspirée des faits réels qui se sont déroulés en 1692 à Salem ainqie que par la volonté de combattre le Maccarthysme, nouvelle chasse aux sorcières des Etats-Unis. Le film, adapté et scénarisé par Jean-Paul Sartre, est très fidèle à la pièce, trop sans doute. La mise en scène est peu inspirée se suffisant au strict minimum. Le trio d'acteurs Signoret-Montand-Demongeot avait tout pour convaincre mais Simone Signoret n'est pas l'actrice qu'il aurait fallu pour un tel rôle, trop jeune notamment. Si Montand est très bon c'est bien Mylène Demongeot qui sort son épingle du jeu. La pauvreté des décors et les moments de folie trop "sage" font que cette adaptation manque de puissance dramatique. Un bon film théâtral sans plus. 
Très beau film ! Le duo Montand/Signoret est superbe et Mylène Demongeot dans ce rôle diabolique est surprenant ! Quant au scénario et l'interprétation c'est tout simplement splendide !


   

Simone Signoret : « Pour le tournage des Sorcières, c'est une armée de Français qui investit la Gasthaus. Toute la maison était à nous. Nous, ça voulait dire : Claude Renoir, le chef opérateur, et son équipe ; Mylène Demongeot qui reprenait au cinéma le rôle de Courcel ; Alex, pour nos cheveux et nos barbes à tous, mais pas de maquilleurs : Raymond, Lila, et Renoir nous voulaient absolument crédibles en puritains du XVIIe siècle, qui ne connaissaient ni la poudre de riz ni les faux cils. […] Les éclairages se chargeaient de nous embellir quand c'était le moment. Il y eut certains matins frileux sur les bords de la Baltique. […] On était comme on était à sept heures du matin. […] Le scénario de Sartre était un scénario sartrien, complètement fidèle à la pièce de Miller. Il avait d'ailleurs été le fruit d'une longue correspondance entre Miller et Sartre pendant le temps de la préparation. Miller n'avait toujours pas de passeport. […] 



                                
                             
Sartre n'allait pas en Amérique. Ils se parlaient donc par écrit. […] La figuration noire était fournie par des étudiants africains inscrits à l'université de Leipzig. […] La figuration blanche était fournie par les citoyens de la République démocratique allemande. Elle était nombreuse : la DEFA faisait très bien les choses. […] Des séquences prévues pour Paris, en studio, furent tournées aux studios de la DEFA. C'était plus économique, mais ça prenait du temps. Des acteurs prévus pour Paris se retrouvaient tout à coup à Babelsberg, ça avait pris du temps à organiser. Mais on ne voyait pas le temps passer parce qu'on riait énormément. Ça n'est pas indécent de rire quand on est en train de tourner une tragédie. C'est en riant beaucoup à propos des mêmes choses de la vie qu'une troupe qui tourne un film grave retrouve la gravité au moment de la donner à l'histoire qu'elle raconte. Si on ne rit pas ensemble dans un film, on ne peut pas non plus faire pleurer ensemble. » (Wiki).


                             

A la fin de sa vie, Pierre Larquey participe à des émissions de radio...

1 commentaire: