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samedi 15 octobre 2016

Marcel Hillaire

Après des débuts au théâtre dans son pays natal, sous le premier nom de scène d’Harry Furster, Marcel Hillaire fuit le nazisme (étant de confession juive) et émigre aux États-Unis. Là, sous le second nom de scène francisé de Marcel Hillaire (il tiendra d'ailleurs souvent des rôles de français), il contribue à dix-huit films américains ; le premier est Sabrina de Billy Wilder, sorti en 1954, où il interprète le professeur de cuisine d'Audrey Hepburn à Paris. Par la suite, citons Les Sept Voleurs d'Henry Hathaway (1960, avec Edward G. Robinson et Rod Steiger), Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse de Vincente Minnelli (1962, avec Glenn Ford et Ingrid Thulin), ainsi que Prends l'oseille et tire-toi de Woody Allen (avec le réalisateur et Janet Margolin), son dernier film sorti en 1969. Pour la télévision américaine, il collabore à quarante-neuf séries entre 1952 et 1987, notamment Aventures dans les îles (1960-1962, seize épisodes, dont quinze dans le rôle de l'inspecteur Bouchard) et Mission impossible (1970, trois épisodes). S'y ajoutent sept téléfilms diffusés de 1968 à 1979, l'avant-dernier étant Evening in Byzantium de Jerry London (1978, avec Glenn Ford et Eddie Albert).



              

Sabrina est complètement amoureuse de David, le fils du patron de son père. Malheureusement pour elle, il ne semble même pas remarquer qu'elle existe! Après un séjour à Paris pour suivre des cours de cuisine, Sabrina revient dans sa petite ville où soudainement elle tombe dans l'oeil de David. Profitant de cette situation cocasse, elle se rendra compte que les évènements ne tournent pas toujours comme on le voudrait, mais que le hasard joue parfois en notre faveur.
Il faut l'avouer, Sabrina n'a plus le même effet de nos jours. Si le côté humoristique s'est dissipé avec le temps pour certaines personnes, n'est reste pas moins que son histoire d'amour est bien charmante. Certes, il est vrai que le long-métrage baigne dans du déjà vu, même pour l'époque. D'ailleurs, ce n'est habituellement pas mon genre de film favoris. Néanmoins, Billy Wilder, le réalisateur qui a enchaîné plusieurs classiques par-dessus classiques, a une façon particulière de présenter ses idées qui ne sortent pourtant pas de l'ordinaire.
Tout d'abord, à son plus grand mérite, Sabrina rassemble un casting flamboyant en tête d'affiche! En effet, on retrouve la belle Audrey Hepburn, une actrice que je n'affectionne pas particulièrement, mais que j'apprends à apprécier à mesure que je revisite sa filmographie. Ensuite, le charismatique Humphrey Bogart, reconnu surtout pour les grands classiques que sont The Maltese Falcon et Casablanca, mais également pour une multitude d'autres films. Sans oublier William Holden, le troisième acteur-vedette qui, tout comme les deux précédent, offre une performance aussi bonne qu'à son habitude! De plus, plusieurs acteurs secondaires, tel que Walter Hampden et John Williams (l'acteur, et non pas le célèbre compositeur!), sont à souligner au passage pour leur prestation.


   



Sabrina n'est pas le genre de film qui s'apprécie à tous les jours, mais il est très divertissant à voir lors d'une petite soirée tranquille dans le confort de son salon. C'est effectivement un excellent ''film de soirée'' que j'appelle! Ce n'est ni un gros drame lourd ni, complètement à l'opposé, une comédie hilarante. Sabrina est un film agréable sans prétention et remplis de joie possédant quelques bonnes blagues pour faire sourire. D'ailleurs, la scène de Bogart avec son bazooka est probablement ma favorite! Aussi, j'aime bien les quelques scènes de cuisine qui s'avèrent plutôt comiques. Finalement, malgré ses deux heures, Sabrina se veut tellement léger et tendre qu'il se laisse regarder tout seul sans même qu'on ne voit le temps passer.


                  


D'un autre côté, il est primordial de mentionner que le scénario de Billy Wilder et de ses collègues, Samuel A. Taylor et Ernest Lehman, n'a rien de bien sorcier. Au contraire, il est très classique même si certains le qualifient plutôt de quétaine. Cependant, il est intéressant de s'apercevoir de quelle façon les scénaristes jouent avec les classes sociales (commentaire à prendre avec des pincettes). Avec Sabrina, on n'a pas affaire à la vie misérable de gens pauvres qui s’apitoient sur leur sort. Au contraire, on a droit à une famille peut-être pas bien riche, mais qui se trouve dont chanceux d'avoir ce qu'ils possèdent! Ce n'est pas un élément très convaincant me direz-vous. Je vous l'accorde. Mais c'est tout de même une belle façon de faire un peu de changement dans le genre habituel. Qu'à cela ne tienne, je vais avouer avoir été un tantinet surpris par le dénouement. On est extrêmement loin d'un gros twist ending. Toutefois, une petite finale présentée comme celle de Sabrina est toujours appréciable dans son contexte.


                               

À travers toutes les belles petites qualités qui font de Sabrina un film totalement adorable, on notera une bonne soundtrack de Frederick Hollaender, mais encore plus la chanson Yes! We Have No Bananas que je prend un immense plaisir à redécouvrir à chaque fois! Je ne vous mentirai pas, j'ai la curieuse impression que je surestime énormément ce long-métrage, sans pour autant douter du divertissement qu'il procure. Pourtant, même après de longues réflexions, je n'arrive pas à lui trouver des défauts suffisamment importants pour baisser sa note davantage.
Malgré tout, il n'est pas exempté de défauts bien entendu. Par exemple, quelques décors sont assez cheap, notamment la représentation de Paris qui se fait simplement par une photo de la Tour Eiffel à travers une fenêtre de bâtiment accompagné de La Vie en rose d'Édith Piaf


                                




D'accord, ce n'est probablement qu'un manque de budget qui, malheureusement, nécessitera une exploitation trop minime de la ville visitée pendant le cours de cuisine. Outre ça? Je ne vois pas vraiment.
Que mon opinion soit légitime ou non, Sabrina réussira certainement à intéresser quelque uns d'entre vous cherchant un film simpliste et charmant à se mettre sous la dent. À condition, je le répète, de choisir particulièrement la soirée du visionnement! Apprécierez-vous autant que moi? Possiblement pas, mais je n'arrive pas à cerner une raison valable pour ne pas lui accorder la note actuelle. Du moins, dans la catégorie des poids légers! Julien English


                

Escroc minable, Virgil enchaîne les passages en prisons et les coups foireux, régulièrement en cavale, il tente parfois d'échapper à sa condition notamment en se mariant, mais elle finit souvent par le rattraper. Après avoir mis en scène et réarrangé What's Up, Tiger Lily?, film d'espionnage japonais auquel il a notamment réécrit les dialogues, Woody Allen réalise en 1969 son premier vrai film, Take the money and run. Débute alors une très longue série de films où il se met en scène dans le rôle d'un petit chétif maladroit et trouillard qui va souvent se retrouver au milieu de diverses embrouilles. Ici c'est Virgil, on le découvre d'abord enfant où il est traine déjà dans la rue à la recherche de cambriolages plus ou moins prolifiques puis adulte, où il ne s'arrêtera pas et enchaînera donc les passages en prisons. Bien souvent, je n'ai aucun mal à adhérer aux films de Woody Allen lorsqu'il se met en scène dans la peau de ce genre de personnage et Take the money and run ne déroge aucunement à cette règle. La réussite vient bien évidemment de ce personnage et de l'humour, tout en restant dans un ton sérieux, Woody Allen enchaîne les situations jubilatoires et irrésistibles, oscillant entre farce et burlesque. À l'opposé de l'image du gangster, il place régulièrement Virgil en constant décalage avec les éléments qui l'entourent, et c'est un vrai régal ! Bien que ce soit parfois maladroit, c'est aussi ce qui donne un certain charme au film, typique de son époque de tournage et bien que ce côté-là ne soit pas encore vraiment abouti, il commence déjà à cacher ses obsessions et diverses thématiques personnelles derrière son humour.



           

Woody Allen déborde d'idées, souvent ingénieuses, telle la façon de réaliser son film comme un sérieux documentaire, témoignage à l'appui (dont celui de ses parents qui n'ont accepté qu'à condition de porter des masques de Groucho Marx). Toujours avec une certaine cohérence, il enchaine les situations irrésistibles à l'image des évasions, passages dans la fanfare ou encore diverses rencontres. Bien rythmé, il ne nous laisse aucun répit, n'hésitant pas à aller loin sans aucune retenue et enchainant les gags à toute vitesse tout en détournant les aspects traditionnels du film de gangsters (crime, évasion, cavale, la romance du prisonnier etc). Il trouve toujours le ton juste, n'étant jamais lourd bien au contraire. Si What's Up, Tiger Lily? m'avait déçu, ce premier vrai film de Woody Allen permet à l'auteur de Annie Hall ou Match Point de pleinement prendre son envol et d'imposer sa marque de fabrique qui le suivra, souvent avec brio, durant plusieurs décennies.(Allociné)

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