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lundi 17 octobre 2016

Lucile Watson

Lucile Watson est une actrice américaine d'origine canadienne (27 mai 1879 - 24 juin 1962 ) qui sera surnommée la reine des douairières en raison de ses nombreux rôles de mères, tantes ou grand-mères qu'elle tint au cinéma. L'un deux lui vaudra une nomination à l' Oscar du Meilleur second rôle féminin en 1943 pour son rôle de la mère de Bette Davis dans Veille sur le Rhin ( Watch on the Rhine ). Parmi ses autres films, citons: What Every Woman Knows (1934), Trois jeunes filles à la page ( Three smarts girls ) (1936), The Young In Heart (1938), La Valse dans l'ombre ( Waterloo Bridge ) (1940), Le Grand Mensonge ( The Great lie ) (1941), Demain viendra toujours ( Tomorrow Is Forever ) (1946), Les Quatre Filles du docteur March ( Little Women - 1949) et Mon passé défendu ( My Forbidden Past ) (1951).(Wiki)


Au début des années 1940, la MGM lance ses propres versions de certains films sortis durant l’ère pré-Code au début des années 1930. Au Dr Jekyll et Mister Hyde de Rouben Mamoulian pour la Paramount en 1931 répond le film de Victor Fleming en 1941. Au Waterloo Bridge de James Whale pour la Universal en 1931 répond la version de Mervyn LeRoy en 1940… La firme au lion rugissant se réapproprie ces histoires, les habille de ses critères esthétiques et leur offre des variations thématiques importantes. Quand il s’agissait de remakes, le Hollywood de l’époque ne se contentait pas de reproduire les films originaux en les affublant d’oripeaux cachant la misère imaginative du système ; non, il s’agissait d’offrir au public autre chose, une autre expérience avec la même histoire. De la variation donc, davantage que de la répétition. Du respect en somme, davantage que de l’exploitation de thèmes éculés. En confiant ce genre de projets à des cinéastes confirmés et au talent certain, la MGM permettait à ces projets d’atteindre leurs propres sommets artistiques. Mervyn LeRoy en est l’exemple type, un metteur en scène un peu oublié dont la carrière, souvent très riche, recèle pourtant de nombreuses surprises et pépites diverses. LeRoy fut l’un des meilleurs de son époque, à l’aise partout, un homme à tout faire mais pas seulement… Un cinéaste à l’univers très reconnaissable, un réalisateur qui savait tout faire, souvent pour le meilleur et rarement pour le pire. Au début des années 1930, il brille à la Warner et s’érige, aux côtés de Michael Curtiz et de William A. Wellman, en fer de lance du studio. Spécialisé dans le film social enragé, il réalise plusieurs chefs-d’œuvre tels que Je suis un évadé, Three on a Match ou Five Star Final. Des films sombres, furieux, rapides, dans lesquels s’agite la mauvaise conscience d’une Amérique déjà en perdition vis-à-vis de ses valeurs.



                 

A la fin de la décennie, la MGM lui offre un pont d’or et fait de lui un réalisateur prestigieux, mais aussi un producteur. Il devient rapidement l’un des meilleurs metteurs en scène de la Major, et son prestige vaut bien celui de George Cukor, Edmund Goulding, Victor Fleming, W. S. Van Dyke ou encore Jack Conway. Il dirige les plus grandes stars du studio, se spécialise dans le mélodrame flamboyant (voire lyrique), plie les œuvres les plus déchirantes à sa sensibilité personnelle et réalise une flopée de classiques. De Johnny, roi des gangsters (excellent film de gangsters à la croisée des styles, notamment grâce à son enveloppe mélodramatique) au Retour, de Prisonniers du passé aux Quatre filles du docteur March (remake d’un excellent film de George Cukor en 1933), de Ville haute, ville basse à Quo Vadis, c’est une carrière exceptionnelle qui s’étire sur une deuxième décennie - magique pour ce qui le concerne -, avant que le milieu des années 1950 ne commence à faire fléchir son savoir-faire, malgré quelques œuvres encore très intéressantes. 


                              


Aussi, quand il réalise Waterloo Bridge en 1940, sa réputation laisse présager un film qui n’aura de cesse d’aller chercher le meilleur là où il se trouve. 
Ce film, c’est aussi l’histoire de Vivien Leigh, auréolée de la gloire qu’elle a obtenue depuis son film précédent (Autant en emporte le vent, un triomphe historique et mondial), et de Robert Taylor, star montante de la MGM depuis le milieu des années 1930. Ce dernier a déjà tourné avec certains des meilleurs réalisateurs de la Major et sa popularité ne fait que grandir auprès d’un public toujours plus heureux de le retrouver sur grand écran. Avec Waterloo Bridge, il obtiendra enfin la consécration, celle qui fera de lui l’une des grandes stars immortelles d’Hollywood.


                              


Inutile de revenir longuement sur les différences qui opposent le film de James Whale à celui de Mervyn LeRoy, elles sont bien trop nombreuses. Le système narratif (un immense flash-back), ainsi que le comportement des deux protagonistes principaux (et surtout le personnage de Vivien Leigh qui ne ressemble qu’en partie à celui de Mae Clarke), l’atmosphère générale, le ton de l’intrigue, sans oublier la progression du récit et bien entendu l’issue fatale qui, dans ces parages, ne semble cette fois-ci pas régie par une autorité supérieure mais bien admise par les personnages eux-mêmes. LeRoy signe en fin de compte un film qui n’a sur le plan du style rien à voir avec le film de Whale, un film MGM dans la grande tradition de la firme, superbement réalisé (avec cette fluidité habituelle de la caméra), doté de costumes détaillés, de décors soignés et d’une photographie douce et enveloppante. Un film cher et audacieux à la fois, maitrisé par un réalisateur qui dynamise les atouts de la firme grâce à sa science du rythme et à sa faculté à emballer certaines séquences romantiques avec une apesanteur totale.(Dvdclassik)


       


La Proie du mort est à la croisée de plusieurs films: le suspens, le presque fantastique, le drame. Porté par un casting de choix: Robert Montgomery, Ingrid Bergman et George Sanders, réalisé tout à fait honnêtement par Van Dyke, un vieux routier d'Hollywood, il laisse cependant sur sa faim. En cause? Une action parfois bâclée, une histoire simple dont les ficelles ne sont pas discrètes, et des raccords dans les plans pas toujours bien faits.
Le titre français, on ne le comprend qu'au dernier quart du film: c'est Philippe Monrell (Montgomery) qui est le mort, et Ward Andrews (Sanders) qui est la proie. Entre les deux: Stella Bergen (Bergman), l'épouse du premier et l'objet de l'affection du second. Le titre original est plus explicite: Rage in Heaven, qui illustre bien la paranoïa du mari envers son ami, qu'il imagine être l'amant de sa femme, jusqu'à tenter de tuer celle-ci, ensuite Andrews, et finalement se tuant lui-même pour faire accuser Andrews!
Un bean sac de noeuds, donc, un suspens et une psychologie très Hollywood années 40, qui manque malheureusement de liant. En voyant le film, on pense au Secret derrière la porte pour le mari terrorisant sa femme, à Soupçons pour le mari voulant tuer sa femme, à Rébecca pour le fidèle ami soutenant l'épouse. L'épouse, justement, contrairement aux films pré-cités, est plutôt sacrifiée dans la Proie du mort: elle est l'objet de convoitise des deux hommes, mais peine à exister par elle-même (Stella est d'ailleurs assez naïve pour choisir d'épouser Philippe, alors que clairement, il n'est vraiment pas net).


     

Le code Hays est là depuis 10 ans, et les époux Monrell dorment dans des lits jumeaux, une représentation de la vie d'un jeune couple tout à fait réaliste! Pour finir, un petit mot sur les acteurs: Robert Montgomery est branché sur Marche, sans émotion ni sentiment, ce qui colle finalement bien avec son personnage de paranoïaque (traité de façon un peu simplette); Ingrid Bergman, dans son troisième rôle hollywoodien, est toute jeunette et possède une aisance déjà remarquable, même dans un rôle peu étoffé: George Sanders, enfin, ne joue pas les cyniques ni les goujats. Sincèrement amoureux de Stella, il a des regards amoureux que ne dédaignerait pas un Robert Taylor, et garde jusqu'au bout un amour chaste et pur pour la femme mariée. Ah oui, un coup de dent! Le film commence à Paris. L'acteur qui joue le médecin français, Oskar Homolka, a un accent germanique à couper au couteau... Vraiment, avec tous les francophones de l'époque, Van Dyke n'aurait-il pas pu trouver un acteur avec un accent moins risible pour le rôle?


                              


En résumé, un film avec tous les éléments d'une catégorie A (réalisateur, acteurs, mise en scène), mais qui, au final, est plus un honnête film de série B. Et c'est très bien aussi.
Dans les années 1940, le cinéma américain a eu une fâcheuse tendance à se passionner pour la psychanalyse, donnant lieu à de nombreux scénarios outranciers. Ici, Van Dyke a le bon goût de ne pas en faire trop avec la maladie mentale de son héros : pas de sur­impressions grand-guignolesques pour figurer l'esprit torturé de Philip, pas non plus de séquences oniriques surréalistes (comme le célèbre songe du Dr Edwards créé par Dalí pour Hitchcock). On a juste droit au jeu distancié de Robert Montgomery, ­impavide et glacial, muré dans sa psychose obsessionnelle. Ingrid Bergman est une martyre exemplaire, sentant monter la folie ­irraisonnée de son mari, impuissante à la freiner et entrant ­malgré elle dans son jeu mortifère. — Anne Dessuant

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