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lundi 31 octobre 2016

Détectives

Cette série reprend les aventures respectives des sept détectives de la série "Sept".
Dans le petit village de Sweet Cove, un événement vient bouleverser la paisible atmosphère dans laquelle vivent les habitants. Le jeune comte Crackersmith, que l’on croyait mort lors de la Grande Guerre, est de retour. Celui-ci s’apprête à fêter cette « résurrection », lorsque son amie d’enfance est agressée et que l’homme de confiance de feu son père est retrouvé sans vie. Dans la deuxième saison de la collection concept Sept, Herik Hanna offrait un album réussi avec 7 Détectives. Dans une sorte de spin-off, il s’empare de ses protagonistes pour proposer sept albums centrés sur chacun des enquêteurs. La première à s’y coller, est Miss Crumble, dans un « whodunit » très respectueux des conventions, bien écrit et rendant hommage aux maîtres de l’exercice que sont Agatha Christie et Sir Arthur Conan Doyle. Ce genre de roman policier se focalise principalement sur la structure de l’intrigue, proposant des indices au lecteur qui est censé pouvoir découvrir la solution de l’énigme avant qu’elle soit révélée dans les ultimes pages de l’ouvrage. Ainsi, nous avons un récit lent – ce qui ne signifie pas qu’il ne s’y s’y passe rien, bien au contraire – qui insiste sur des détails et le cheminement de l'ex-enseignante. Son sens de l’observation et sa recherche du « Monstre botté » servent aussi le prétexte pour un examen des us et coutumes de ses concitoyens, offrant ainsi son lot de remarques acerbes et de sourires. Car, autre caractéristique des « whodunit », l’humour n’est jamais loin. Il apparaît ici via quelques scènes burlesques et des dialogues vifs et ironiques. Sylvain Guinebaud s’approprie l’ambiance victorienne de l'histoire.


Loin des aventures martiales dans lesquelles il a déjà œuvré, il construit une mise en scène vivante et efficace. La veine humoristique se retrouve à travers les personnages. Le dessinateur compose de vraies trognes, parfois à la limite de la caricature, insistant sur l’expressivité. Exercice parfaitement exécuté, Miss Crumble laisse pourtant un mystère en suspens : les six autres volumes seront-ils du même niveau ? (O.Vrignon)
Pour Richard Monroe, la nuit a été éprouvante et elle n’est pas finie ! Cela fait maintenant cinq heures qu’il est cuisiné par la police et il doit tout reprendre depuis le début avec l’arrivée de l’agent Cole Williams. Tout s’annonçait pourtant bien. Engagé par la star Ava Lamont, il avait troqué son habituelle casquette de détective pour celle de garde du corps. Il fallait juste veiller sur elle durant la série de spectacles de la pièce Who killed the fantastic Mister Leeds au High Tower Hotel. Lorsque la célèbre actrice abat son partenaire James Cromley en plein spectacle, ils sont peu nombreux à croire à son innocence. Pourtant, les apparences sont peut-être trompeuses. Deuxième tome pour la série Détectives et nouvelle réussite. Toujours au scénario, Herik Hanna bâtit à nouveau une histoire tortueuse tout à fait dans l’esprit des romans à énigme. Enfin presque, le tout étant quand même bien plus dynamique et moderne que les œuvres dites de l’âge d’or, aux règles rigides (Les règles à respecter pour un roman policier).


                


Classiquement, les événements se déroulent dans un espace relativement confiné et l’auteur va habilement laisser apparaître des hypothèses pour mieux les démonter par la suite. Bien entendu, il a également soin, à travers les dialogues et les dessins, de distiller les indices qui permettront la révélation finale. Sauf qu’ici, l’habituel exposé du narrateur ne permet pas la réelle identification du (des) meurtrier(s). Les réponses ne tomberont qu’après – énorme entorse aux vingt commandements (voir ci-avant) – un final digne des polars hard boiled. Le déroulement de cette intrigue adroitement ficelée bénéficie de personnages bien construits et de joutes verbales efficaces traversées d’une bonne dose d’humour et de dérision. Au vu des récents ouvrages de l’auteur, cela semble être une de ses marques de fabrique. Ce ton - entre sérieux et comédie - se retrouve dans les planches de Nicolas Sure. Son style semi-réaliste appliqué et sobre – rehaussé par la colorisation sombre de Lou – lui permet d’installer les ambiances. La matérialisation de la voix off à travers les visages de Monroe - qui conte son épopée - et de Williams - qui l'interroge - et des bulles classiques est ingénieuse. Le récit reste bien plus vivant qu’avec des récitatifs classiques et s’épargne des allers-retours entre les scènes de l’interrogatoire et celles de l’exposé du privé. Un album réussi tant sur le fond que sur la forme. Il faut également noter qu’Herik Hanna exploite bien l’image du privé américain, comme il avait su le faire avec celle de la « vieille » détective amatrice dans l’Angleterre du début du vingtième siècle. Le troisième opus consacré à un enquêteur helvétique sera attendu avec curiosité.



Voici une enquête qui ne devrait pas poser beaucoup de problèmes au commissaire Bec, la star du Quai des Orfèvres. Une femme a été défenestrée et retrouvée morte dans la cour de son immeuble. Son mari, un inspecteur de la brigade des mœurs, est persuadé qu’elle a été agressée par un vieux clochard vivant au pied de la résidence et qui lui faisait du gringue. Les soupçons se renforcent rapidement quand on apprend qu’un receleur a été contacté par le suspect pour lui fourguer les bijoux de la défunte. Mais tout cela semble trop limpide pour Bec, d’autant plus que les habitants de l’immeuble, pourtant tous présents le soir du drame, n’ont rien vu ni entendu. Après trois tomes de très bon niveau, pas de raison de modifier une formule qui fonctionne. Herik Hanna poursuit son hommage aux récits policiers « old school ». Le scénariste excelle pour tisser une intrigue plaisante faite de faux-semblants, installer une atmosphère lourde de suspicion et agrémenter le tout de dialogues savoureux. Il est cette fois accompagné par Thomas Labourot qui livre des planches fluides et capables de donner corps aux ambiances, avec des protagonistes qui ont de vraies trognes. L’unité visuelle de la série est maintenue par la colorisation de Lou, de nouveau excellente . L’ensemble est de bonne facture, mais peut-être moins haletant que les opus précédents. En cause, un déroulement assez linéaire et une intrigue un peu moins dense. Toutefois, le divertissement reste de qualité.
Londres, 1919. L’inspecteur Frédérick Abstraight a échoué. L’Égorgeur de Greenhill lui a échappé. Lâché par ses supérieurs, honni par la population, il se réfugie auprès de la « Fée verte », absinthe dans une pinte, avec quatre sucres. Il s’est lancé dans une croisade autodestructrice. Pour l’éloigner temporairement de la capitale, ses collègues l’envoient enquêter sur la disparition du chat d’un richissime industriel.


                 
 
Mais le train qu’il l’emmène à Sweet Cove lui réserve bien des surprises morbides. La recherche du petit animal va se changer en traque d’un tueur. Née avec l’album Sept détectives (de la série Sept), la saga Détectives est écrite par Hérik Hanna. Chaque tome possède son personnage principal, son crime, son dessinateur, et peut être lu indépendamment des autres. Frédérick Abstraight – A Cat in the barrel – en est la cinquième histoire. C’est dans le Londres du début du XXè siècle, avec des enquêteurs inattendus et peu respectueux de la tradition policière british, incarnée par Sherlock Holmes et Hercule Poirot, que naissent ces aventures. Ce huis clos ferroviaire est un modèle d’écriture scénaristique au service d’une intrigue policière. Tout y est : accumulation d’indices au désordre trompeur, fausses pistes, personnages hauts en couleurs, rivalités diverses, rebondissements. L'ensemble est narré par le biais de dialogues ciselés et percutants, dans lesquels l’humour n’est jamais absent bien longtemps. Dans son écriture, Hérik Hanna lorgne aussi bien en direction des classiques de la bande dessinée d’humour franco-belge (La Diligence) que vers un certain cinéma porté par des échanges décapants (Michel Audiard n'est jamais très loin). Son univers, quant à lui, mêle subtilement la tradition littéraire policière anglaise aux figures criminelles du Londres au tournant du XIXè siècle (Jack L’Eventreur version Alan Moore projette son ombre menaçante). Cet épisode n’est d’ailleurs pas sans rappeler Le Crime de l’Orient-Express, d’Agatha Christie, par son action se déroulant dans un train. Cette claustration aurait pu être graphiquement pesant. Il n’en est rien grâce au trait de Julien Motteler (connu aussi sous le pseudonyme Jull). Cadrage varié et dynamique, visages précis et expressifs et mise en couleur nuancée de Lou entraînent le regard et l’esprit du lecteur dans les détails d’une investigation qui s’amuse des codes et multiplie les clins d’œil. A Cat in the barrel démontre que le genre policier, même sur des territoires connus, a la capacité de se renouveler encore et toujours pour le plus grand plaisir des amateurs. Et lorsqu’un humour savamment dosé enrobe le tout, histoire de rappeler que rien de tout cela n’est bien sérieux, il devient urgent de faire honneur à cet épisode fort réussi.


John Eaton, médecin de son état, s’apprête à se retirer de toute activité professionnelle. Il cède son cabinet et voudrait s’occuper de son ami, un célèbre détective londonien, dont la santé est au plus mal. Il témoigne, en tant qu’expert médical, à un dernier procès, celui d’Elizabeth Pumcake, meurtrière multirécidiviste. Il prétend que l’enfance et l’adolescence martyrisées de la jeune femme ont pu jouer un rôle dans son penchant pour le crime. Il ne recueille que railleries et l’accusée est enfermée à l’hôpital de Beltran. Quelques mois plus tard, le jeune psychiatre Hawkins vient trouver le retraité. La détenue s’est enfermée dans un mutisme radical et ne veut parler qu’à l’ancien docteur. Pendant ce temps, dans un quartier populaire, des prostituées sont sauvagement assassinées. Ainsi débute le sixième et avant-dernier tome de l’excellente série Détectives. Jouant avec les clins d’œil culturels et littéraires, le scénariste, Hérik Hanna, dissimule à peine le Watson, compagnon de Sherlock Holmes, s’incarnant en John Eaton ou les crimes attribués à Jack l’Éventreur. À la croisée de l’œuvre de Conan Doyle, de From Hell et de la naissance chaotique de la psychiatrie en tant que discipline reconnue, l’intrigue accroche rapidement et restitue parfaitement l’atmosphère londonienne au tournant du 19è siècle, tant convoitée ces dernières années par la bande dessinée, la littérature ou le cinéma. Les dialogues sont d’une justesse d’écriture peu commune. Ils font mouche, dans des registres aussi variés que le descriptif, la joute verbale, la poésie (une magnifique double page sur la pluie de la capitale anglaise) ou l’humour. L’auteur utilise et maîtrise parfaitement l’implicite, l’ironie ou la métaphore efficace. Mais il sait également laisser de côté les mots pour donner à l’image toute sa force d’expression. On pourrait d’ailleurs reprocher au dessin de Mara d’être un peu trop simple, de manquer de précision ou de détails, notamment dans son approche du décor ou de l’arrière-plan. L’ambiance aurait ainsi pu gagner en épaisseur. Comme les épisodes précédents, John Eaton peut s’apprécier indépendamment des autres, mais une lecture intégrale et chronologique permettra de saisir les liens entre les différents personnages et la subtilité du projet global. La qualité et le plaisir sont à nouveau au rendez-vous.(F.Houriez)

1 commentaire:

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