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samedi 3 septembre 2016

Sartre et Cinéma

Polygraphe génial, Jean-Paul Sartre (1905-1980) est davantage connu pour ses romans, ses ouvrages philosophiques, son théâtre et ses essais que pour ses scénarii. Il avait pourtant avait noté dans un petit carnet, à l’âge de 19 ans : « le cinéma est le poème de la vie moderne », et l’on peut trouver dans ses écrits de jeunesse l’ébauche d’une théorie du cinéma.Quelle est pour Sartre la spécificité de l’écriture cinématographique : qu’est-ce qui l’oppose ou la relie à l’écriture littéraire ? Qu’est-ce qui motive Sartre quand il écrit pour le cinéma? Pourquoi n’a-t-il pas connu dans ce domaine la réussite éclatante qui fut la sienne dans le domaine du roman et du théâtre ?
L’autobiographie d’enfance de Sartre, Les Mots (publ. 1964), contient quelques pages célèbres sur sa fréquentation précoce des salles obscures : « Nous étions du même âge mental : j’avais sept ans et je savais lire, il en avait douze et ne savait pas parler. On disait qu’il était à ses débuts, qu’il avait des progrès à faire ; je pensais que nous grandirions ensemble. Je n’ai pas oublié notre enfance commune ». Cette enfance du cinéma est liée pour jamais dans le souvenir de Sartre adulte à la relation symbiotique qu’il entretenait avec sa jeune mère veuve et, comme lui, comme le cinéma, réputée immature : « Nous l’adorions, ma mère et moi, mais nous n’y pensions guère et nous n’en parlions jamais : parle-t-on du pain s’il ne manque pas ? ». 


                  


Son cérémonial n’est pas celui, « sacré », emphatique, du théâtre, c’est celui, d’un goût douteux, du divertissement populaire : « Dans l’inconfort égalitaire des salles de quartier, j’avais appris que ce nouvel art était à moi, comme à tous. […] Inaccessible au sacré, j’adorais la magie : le cinéma, c’était une apparence suspecte que j’aimais perversement pour ce qui lui manquait encore. Ce ruissellement, c’était tout, ce n’était rien, c’était tout réduit à rien […]. […] je m’enchantais de voir l’invisible. » L’expérience du cinéma est cruciale pour la constitution imaginaire de l’enfant, et la musique qu’on joue pendant la projection des films muets lui semble le « bruit » même de la « vie intérieure » : « Par-dessus tout, j’aimais l’incurable mutisme de mes héros. Ou plutôt non : ils n’étaient pas muets puisqu’ils savaient se faire comprendre. Nous communiquions par la musique, c’était le bruit de leur vie intérieure. ». Sartre gardera une nostalgie tenace pour le muet, et le cinéma sera d’abord pour lui un art poétique et magique plutôt que réaliste, un art de transfiguration comme la musique et lié à la musique : « […] j’avais trouvé le monde où je voulais vivre, je touchais à l’absolu. Quel malaise aussi, quand les lampes se rallumaient : je m’étais déchiré d’amour pour ces personnages et ils avaient disparu, remportant leur monde ; […] dans la rue, je me retrouvais surnuméraire ». Source : http://www.fabula.org/lht/2/fautrier.html



                                     
                               


Les jeux sont faits est un film français de Jean Delannoy, adaptation du roman de Jean-Paul Sartre, sorti en 1947. C'est dans la même heure qu’Ève et Pierre décèdent, elle empoisonnée par son mari, secrétaire général de la Milice qui convoite sa sœur et lui, ouvrier préparant une insurrection contre le régime totalitaire, assassiné par un jeune mouchard. Ils se rencontrent dans l'au-delà et se voient offrir une nouvelle chance, sous conditions, dans le monde des vivants, où chacun à des préoccupations importantes... Jean Delannoy hérite d'un projet fort ambitieux avec cette adaptation du livre de Jean-Paul Sartre (qui co-écrit aussi le scénario). Il mêle intelligemment fantastique, intelligence et romance tout en abordant plusieurs sujets compliqués à traités. En effet, "Les jeux sont faits" propose diverses méditations souvent pertinentes et traitées subtilement sur les classes sociales, le passé et ses conséquences ou encore le totalitarisme. Mais la réussite du film de Delannoy tient aussi à sa manière de doser ses réflexions sans lourdeurs à travers une romance attachante, intéressante et prenante. Le récit est très bien construit et l'histoire originale, bien écrite et intéressante. Il met en scène deux personnages qui devront faire plusieurs choix entre leur vie à eux et celle de sa famille pour l'une et de ses idéaux politiques pour l'autre. Il offre aussi une vision intéressante du monde des morts qui se mélange avec celui des vivants mais où ces derniers ne peuvent s'en rendre compte. Delannoy préfère se concentrer sur la romance et les réflexions et l'aspect fantastique reste très sobre. La réussite du film tient aussi à son couple d'acteurs avec Micheline Presle et Marcel Pagliero qui retranscrivent à merveille les dilemmes et enjeux de leur personnage. Bref, un film très peu connu et c'est bien dommage. Jean Delannoy propose une oeuvre fantastique sobre mais qu'il traite avec inventivité, intelligence et tendresse envers le couple qu'il met en scène. Un film au charme désuet qui souligne le talent de Jean Delannoy. Certes, l'histoire n'offre pas ou peu de surprises, le scénario est convenu, mais on se plaît à voir cheminer ensemble ces deux âmes en quête d'une seconde chance.


   
 
D'après un scènario remarquable de Jean-Paul Sartre, "Les jeux sont faits" offre une vision singuilière du monde des morts, plus proche de la comèdie amèricaine que de la lègende d'Orphèe chantèe par Gluck! Jean Delannoy a rèalisè un film d'une lenteur dèsespèrèe avec une Micheline Presle juste et grâcieuse! Avec plusieurs cordes à son arc puisqu'il fût nommè à l'Oscar du meilleur scènario original pour "Païsa", Marcel Pagliero qui n'ètait peut-être pas l'acteur qu'il eût fallu pour incarner un ouvrier militant politique, se tire tant bien que mal de l'aventure! A noter la prèsence de l'immense Charles Dullin dans le rôle du marquis! Un beau conte philosophique pour un univers en forme d'enfer, avec les somptueux dècors de Serge Pimenoff et l'impasse Lagueniere qui fait parti maintenant de l'au-delà...



                 

Un film qui doit certainement plus à Jean-Paul Sartre qu'à Jean Delannoy, "Les Jeux sont faits" est une réflexion pertinente, intelligente et pessismiste, malgré quelques touches d'optimisme, sur une multitude de sujet comme le totalitarisme ou encore le fossé entre les classes sociales à travers une intrigue se déroulant en partie dans l'au-délà. Bénéficiant d'une superbe interprétation de Micheline Presle, ce film d'amour fantastique mérite d'être mieux connu ne serait-ce parce qu'il prouve que le cinéma français a su parfois faire preuve d'originalité dans les sujets qu'il met en scène. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-4899/critiques/spectateurs/



                                



Les Mains sales est un film français, adapté de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Paul Sartre, réalisé par Fernand Rivers et Simone Berriau, sorti en 1951.
Il s'agit d'un film en noir et blanc dont le scénario s'inspire fidèlement de la pièce de théâtre de Sartre. L'histoire se déroule en Illyrie un pays imaginaire occupé par les allemands pendant la seconde guerre mondiale. Les soviétiques gagnent du terrain sur les nazis et devraient prochainement libérer l'Illyrie. Le parti du prolétariat doit se positionner pour prendre le pouvoir le jour de la libération. Deux stratégies s'affrontent : les uns veulent une révolution communiste pure et dure tandis que d'autres menés par Hoederer plaident pour des alliances avec les autres partis. Hugo, le fils d'un puissant industriel, ne trouve pas sa place dans la société et il s'inscrit au parti des prolétaires. On lui confie le poste de secrétaire d'Hoederer avec la mission sécrète de l'assassiner ... En fait le film démarre lorsque Hugo sort de prison après avoir purgé sa peine pour meurtre. Ensuite un long flash back explique pourquoi et comment Hugo a tué Hoederer.Surtout très bien grâce à Pierre Brasseur. Daniel Gelin est encore trop jeune et son jeu typique de ces années là. ur est intemporel. Je n'ai jamais lu les mains sales, si ce film en est une transposition, je ne le regrette pas.Pendant la seconde guerre mondiale dans un pays de l'est imaginaire, pouvant faire penser à la Hongrie ou la Roumanie, un jeune homme de la bourgeoisie rentre dans la résistance par idéalisme. Il se retrouve au coeur de la guerre des chefs. Tiraillé par l'admiration qu'il a pour ces hommes et les choix politiques du parti qui vont contre ses convictions, il va tuer son rêve. Le départ du film parait un peu laborieux ensuite le scénario tiré de la pièce de Sartre donne de l'épaisseur et la confrontation Gélin, Brasseur rend bien. On peut citer aussi Monique Arthur qui donne un peu de légèreté au sujet et Claude Nollier qui marque l'écran par sa présence.(allociné) 


          


Le film insiste beaucoup sur l'aspect psychologique des personnages et cela est bien sur passionnant. Hugo est un idéaliste, complexé et à la recherche de reconnaissance. Hoederer de son côté incarne le réalisme. Il a raison avant tout le monde et il accepte les compromissions. Le scénario est excellent et les dialogues le sont également. Même si on sait que Hugo assassinera Hoederer, il y a tout de même un peu de suspense mais cela n'est pas le principal attrait du film. Par contre l'interprétation est vraiment excellente avec deux acteurs formidables : Daniel Gelin dans le rôle de Hugo et Pierre Brasseur dans le rôle d'Hoederer. Bien entendu l'interprétation et la mise en scène sont peut être un peu théâtrale mais les textes sont si intéressants que cela n'est pas grave. Source : http://www.senscritique.com/film/Les_Mains_sales/critique/44954599

1 commentaire:

  1. http://nitroflare.com/view/34CF1F8E9FFB148/Les.Jeux.sont.Faits.1947.TVRip.XviD.avi
    http://uptobox.com/dsbnm10q40hx

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