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mercredi 21 septembre 2016

Robert Parrish

Elevé à Hollywood, Robert Parrish est adolescent lorsqu'il fait de la figuration (il est notamment un des gamins qui jouent à la sarbacane dans les Lumières de la ville, 1931, de Charlie Chaplin). Il passe par tous les métiers du cinéma et est engagé dans l'équipe de John Ford en 1933.En 1951, Robert Parrish dirige son premier long métrage de fiction, Cry danger, une intrigue policièrere. Jusqu'en 1955, il est sous l'influence de John Ford. Il privilégie l'aventure mais ne parvient pas à la même réussite qu'avec son premier film. Parrish n'aime pas le cinéma centré sur l'action ; il préfère les histoires romanesques à condition qu'elles se focalisent sur le portrait du héros ou de l'héroïne. Par la suite, il donne de l'épaisseur à ses personnages et un ton très personnel à ses réalisations. Que ce soit dans Purple plain (1955) avec Gregory Peck, une histoire d'amour multiraciale sur fond de guerre, dans l'Enfer des Tropiques (1957) avec Rita Hayworth et Robert Mitchum ou dans l'Aventurier du Rio Grande (1959), l'univers désenchanté et pessimiste des films de Parrish place le cinéaste en marge du cinéma hollywoodien de l'époque. Proche du cinéma d'auteur, il pâtit de l'autorité de ses producteurs : nombre de ses films sont mutilés au montage. Parrish prend ses distances avec la Mecque du cinéma américain et part vivre en Angleterre. Son indéniable talent de conteur ne se dément jamais par la suite. Il réalise quelques films très aboutis dont A la française (1962) avec Jean Seberg et Stanley Baker et les Brutes dans la ville (1971).(http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=10167)


                 

"La flamme pourpre" est un film de guerre, de Robert Parrish. C'est un film, assez particulier, car il n'y a pas de grandes batailles. Ainsi, le film commence par une scène d'anthologie où le personnage de Gregory Peck fait un cauchemar et où il croit être réveillé par une attaque aérienne. Le ton du film est donné. On va donc suivre le parcours de cet officier, aux nerfs perturbés par la guerre. Parrish a particulièrement bien étudié le désordre mental que crée le stress du combat. En effet, on voit très souvent Peck allongé, suant plus que ses camarades. Tout est très bien reconstitué de ce côté là. On s'attache donc tout de suite au personnage de Peck et on se demande bien, comment il va s'en sortir, handicapé qu'il est par son stress post-traumatique. Au côté de Peck, on remarque Bernard Lee, (le fameux M de la série des 007 avec Sean Connery), mais aussi Brenda De Banzie, Maurice Denham, ou la jeune Win Min Than. Au sujet de cette dernière, on raconte que son riche mari était tellement jaloux, qu'il lui demandait de manger des oignons, avant une scène avec Gregory Peck pour que celui-ci ne l'embrasse pas. La légende rejoint parfois la réalité. Plus sérieusement, on pourra noter la très bonne interprétation de tous les acteurs du film, et en particulier de Gregory Peck, qui est ici exceptionnel.Le film est assez particulier également, car le personnage de Peck ne tient pas particulièrement à la vie. Il a perdu la femme qu'il aime lors d'un bombardement, et c'est finalement ce premier choc de la guerre, qui le ronge et qui l'a pour ainsi dire brisé. Mais sa rencontre avec une jeune asiatique va changer sa conception de la vie, et faire de cet être assez morbide, un être qui voudra vivre à toute force. On a aussi l'impression que les circonstances exceptionnelles vont lui redonner une envie de vivre qu'il avait depuis longtemps perdu. "la flamme pourpre" exclu tout idée de nationalisme, et est parfois très dur à supporter, car il montre le ravage de la guerre sur l'individu, et explore les angoisses de l'âme.


           

On retient le message profondément humain, d'un ennemi invisible, mais d'angoisses et de symptômes d'une effrayante réalité. Enfin la qualité première du film de Parrish est de donner une vie au personnage de Peck et de nous faire ressentir le moindre de ces sentiments ou de sa déchéance physique, ainsi que sa résurrection. Je finira en disant quelques mots, sur la belle musique de John Veale, qui ajoute encore à la puissance de l'oeuvre, mais qui sait aussi être intimiste, avec des petits accents légers de flûte. On est donc, assez surpris de voir qu'un tel film ait pu être tourné en 1954, époque où très souvent, le cinéma ne s'embarrassait pas avec la réalité, mais peut être la société de production anglaise de l'oeuvre, peut expliquer le ton si particulier du film.(http://hollywoodclassic.hautetfort.com/archive/2013/11/11/la-flamme-pourpre-1954-5218650.html).Grand étonnement de voir que le film n'est pas aussi connu malgré les nombreuses pointures de ce film (Gregory Peck) à priori relativement classique traitant du conflit de la Seconde Guerre Mondiale mais du point de vue de la jungle Birmane. Rien de bien transcendant et pourtant, le film grâce à une approche intelligente, maligne et efficace permet de passer un très bon moment.


                  

En effet, le réalisateur Robert Parrish ne tombe pas dans la banalité et la facilité puisqu'au lieu de traiter frontalement du conflit, il va mettre en place une situation cocasse entres 3 membres d'un avion qui lors d'un trajet de routine s'écrase en pleine jungle suffocante. Là où je crie au génie, c'est dans les sensations que le spectateur ressent tout au long de cette oeuvre; une sensation de chaleur intense nous traverse, parcourant avec les protagonistes les difficultés rencontrées. De plus, je tiens à souligner la merveilleuse idée de nous faire partir sur une mauvaise piste dès le long du film puisqu'on essaye de nous faire croire à une histoire d'amour entre une birmane et un soldat qui à des problèmes psychologiques (plusieurs scènes mêlent cauchemars et réalités) depuis qu'il a perdu sa femme à Londres lors des bombardements de 1941. Or, cet axe peut paraître secondaire durant les 2/3 du film permettant ainsi d'être un atout mais également un défaut puisqu'une partie du pan de l'histoire disparait. Film carte postale avec des acteurs et des situations bien sympathiques, agréables au regard notamment les scènes d'attaques en maquettes (sympathique) et dans les sensations (chaleur extrême).(Allociné)


                

Danger : planète inconnue(1969) - Quelques mois après les premiers pas de l'homme sur la Lune, les spectateurs découvrent sur leurs écrans ce film de science-fiction au postulat original : des scientifiques (américains) découvrent, de l'autre côté du soleil, une planète jumelle à la Terre, qui suit un orbite inversé. Une expédition est mise sur pied pour découvrir ce monde inexploré qui a l'air si semblable à notre planète. La proximité entre les premiers pas de l'homme sur un astre du système solaire et une démarche similaire dans le film est intéressante à étudier, tant pour ses points d'achoppement que ses différences. On y retrouve la notion de course à l'espace, où il s'agit de faire tout plus vite de le "voisin", dans la crainte de fuites. La séquence inaugurale, qui voit le personnage de Herbert Lom -Commissaire Dreyfus dans les Panthères Roses de Blake Edwards-, espionner les recherches des scientifiques à l'aide d'un oeil-appareil-photo, en est la preuve. Sa mise à mort, aussi implacable que secrète, reflète bien la grande valeur de ses informations et le danger qu'elles recèlent. Deuxième rapprochement avec l'actualité d'alors, la technicité et la longue préparation nécessaire à cette aventure spatiale. Parrish ne lésine pas sur les plans répétitifs sur les tableaux de commandes, les nombreux opérateurs et les étapes visiblement complexes pour mener à bien cette mission. La conquête spatiale est bien montrée comme étant le fruit d'une technologie très avancée. Les tests de résistance à la vitesse sont d'ailleurs vraisemblablement des stock-shot de la NASA, comme pour attester de la rigueur scientifique de l'entreprise, pour donner une matière un tant soit peu tangible à cette aventure spatiale. Dans le même temps, le spectacle décrit relève bien de la science-fiction, et ne se prive pas de montrer des artefacts au look futuriste tel qu'on l'imaginait à l'époque (voiture à la coupe profilée prônant fièrement les tons métalliques, grandes pièces art-déco dans le plus pur style 60's.


         

Le rôle principal est tenu par Roy Thinnes, célèbre pour la série Les envahisseurs (The Invaders, Larry Cohen, 1967), qui apporte avec lui un peu de ce show qui aura passionné les foules. Le concept, original, n'est malheureusement pas transcendé par le traitement qu'en fait Parrish et les scénaristes Gerry et Sylvai Anderson (Cosmos 1999, les Thunderbirds). Tout paraît ampoulé et d'une extrême lenteur, avant que l'on arrive sur la planète. Une fois sur place, après un intermède psychédélique en diable où le vaisseau avance dans des nappes d'éther multicolores, les éléments choisis pour nous montrer le miroir inversé que produit l'environnement sur le personnage de Roy Thinnes sont peu inspirés (on y roule à droite - c'est un film britannique-, les écritures sont inversées et visibles correctement dans un miroir, les droitiers sont gauchers, ainsi de suite).


                  

Cependant, les tempéraments ne changent pas, tant et si bien que les personnes se reconnaissent : elles ont chacun un double sur l'autre planète. Le seul motif vraiment intéressant (mais qu'un format de 20 minutes comme celui de La quatrième dimension aurait suffit à exploiter) est celui du miroir, dans lequel les personnages ne se voient pas eux-même tels qu'il sont, mais leur image inversée, comme si un autre existait par-delà le miroir. On retrouve ici l'idée exploitée de façon plus fantaisiste et surréaliste dans De l'autre côté du miroir de Lewis Carroll, la suite d'Alice au pays des Merveilles, par ailleurs bien illustré dans un cartoon de Mickey Mouse. Plus axé sur l'aspect strictement philosophique du double inversé (doppleganger, son titre original en Grande-Bretagne) que sur l'action, il n'en reste pas moins décevant.(http://lefilmetaitpresqueparfait.hautetfort.com/archive/2011/11/27/danger-planete-inconnue-1969.html)

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