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dimanche 11 septembre 2016

L'enfance au cinéma

Du Kid (1921) à Ponette (1996) en passant par Les Gosses de Tokyo (1932) ou Le Voleur de bicyclette (1948) de nombreux réalisateurs d'époques et d'origines diverses ont construit leurs films autour de personnages d'enfants. Ce site animé par deux professeurs et une classe de 3e cherchera à approfondir cet étrange matériau qu'est l'enfance traitée par l'art cinématographique, en étudiant dans le détail des exemples précis, mais aussi en retravaillant en son ou en vidéo certaines scènes marquantes. Différentes questions nous agiteront. On n'aura aucun mal à repérer des thématiques communes à toutes ces oeuvres. Mais le retour des mêmes motifs et de certaines situations types (le jeu, l'école, l'errance, la fugue, l'incommunicabilité, le rapport à la mort…) suffisent-ils pour considérer le film d'enfance comme un genre cinématographique à part entière, au même titre que le western, le péplum ou le polar ? Car où commence et où s'arrête l'enfance au cinéma ? Selon les cultures et les périodes, parle-t-on toujours de la même chose ? Plutôt que d'âge précis, ne devrait-on pas plutôt considérer un certain état du corps ? L'Antoine Doisnel des 400 coups a 14 ans mais est tout de même considéré comme un personnage d'enfant et non d'adolescent. D'un autre côté, comment échapper à une vision idéalisée ou au contraire éplorée, comment placer l'enfant au centre tout en respectant son mystère, sans le disséquer ni l'instrumentaliser ? Comment faire jouer de si jeunes acteurs et s'agit-il de les faire jouer ? Comment cadrer un enfant dans le même plan qu'un adulte ? Comment se placer de son point de vue sans phagocyter son regard ? Comment retranscrire l'instable temporalité de son univers ?(http://enfanceetcinema.free.fr/)


          
Inversement, quelle est la part des adultes qui ont conçu le film dans ces personnages d'enfants ? Et si ce qui peut caractériser l'état d'enfance est une forme de dépendance vis-à-vis du monde des adultes, quel rôle jouent les personnages d'adultes dans ces histoires ? D'ailleurs, cette dépendance n'est-elle pas réciproque et chaque film ne met-t-il pas en scène une confrontation de deux altérités radicales ?
Pourquoi l’enfant au cinéma ? C’est d’abord que l’enfant au 7e art renvoie à des figures concrètes, singulières, à des traits de visagéité, à des expressions tellement émouvantes qu’on en garde au fond de soi les traces les plus vives. L’enfant au cinéma nous renvoie au problème du temps, envisagé de manière différente selon les civilisations qui l’ont façonné ; il interroge notre mémoire, individuelle et collective, il interroge nos « premières fois ». De plus, en tant qu’enfant-acteur ou enfant-spectateur, dans sa dimension de victime monstrueuse ou de bourreau angélique, il interroge aussi notre regard d’adulte. Le binôme innocence / perversité est ainsi porteur d’innombrables figures, où l’ambiguïté de l’enfant, la crainte que son univers parfois opaque inspire à l’adulte sont pleinement manifestées. L’intériorité de l’enfant au cinéma, révélée dans sa radicale différence d’interprétation du réel, peut donner à voir l’évanescence des critères moraux, mais aussi et surtout le brouillage symbolique qui fait toute la richesse filmique ; l’esthétique des films présentant une réalité traumatique oscille du drame psychologique à l’épouvante, du gothique au fantastique, d’où l’interrogation métaphysique n’est souvent pas absente.(http://apu.univ-artois.fr/Collections/Lettres-et-civilisations-etrangeres/Serie-Cinemas/L-enfant-au-Cinema)



         


L'enfant au cinéma, c'est un ensemble de visages qui ont traversé les films, les époques, les pays et les genres. C'est des figures devenues cultes, comme celle du Kid du film de Chaplin, d'Edmund dans Allemagne année zéro, ou encore de Danny dans The Shining. Mais à travers cette multiplicité de représentations, en y regardant bien, on peut commencer à voir apparaître, se dessiner, le regard que porte l'adulte sur l'enfance, et l'image que l'enfant renvoie à l'adulte. Prendre conscience qu'il y a dans ce regard une dimension qui traverse les époques et les genres, cela nous permet de parler de ce que peut signifier le personnage enfant, non pas parce qu'il y en a qu'un, ou qu'ils se ressemblent tous, mais parce qu'il y a dans le rapport de l'adulte à l'enfant, des difficultés et des enjeux qui reviennent. Mais l'enfant au cinéma, c'est aussi un acteur. Le regard sur l'enfance est donc multiple, c'est celui du cinéaste sur le personnage, du cinéaste sur l'enfance, sur sa propre enfance et celle du comédien, et c'est encore le regard de l'acteur sur le personnage qu'on lui demande d'interpréter. Enfin, le dernier objectif de ce mémoire, c'est de comprendre ce qu'implique l'enfance du comédien dans son rapport au jeu, et dans sa direction.
Il a fallu attendre la seconde moitié du 20ème siècle pour qu’on s’intéresse enfin réellement au développement de l’enfant. La présence de l’enfance à l’écran suivra naturellement cette tendance. Mais on peut aussi penser que cette nouvelle tendance a joué un rôle non négligeable dans l’intérêt suscité ensuite autour de l’enfance. En général, ceux qui écrivent des histoires sur l’enfance savent bien à quoi ils vont donner de l’écho. On peut écrire une histoire sur l’enfance pour renvoyer la balle vers sa propre enfance, ou celle des autres. On peut écrire pour s’interroger sur la distance qui existe entre le monde des enfants et celui des adultes et regarder la place que la société est disposée à lui accorder.(http://www.ens-louis-lumiere.fr/formation/recherche/memoires-de-fin-detudes/cinema/2015/lenfant-au-cinema-du-personnage-a-lacteur.html)


   


On écrit par nostalgie ou pour essayer de comprendre, saisir quelques miettes de notre passé, ou pour s’en défaire aussi, tenter de clore un chapitre, jusqu’à fermer définitivement les yeux sur une époque qu’on a jugée désastreuse pour soi. Tout en suivant l’œil de la caméra au fil des séquences, nous tenteront de comprendre la volonté des cinéastes à filmer ce thème difficile : l’enfance. Nous nous intéresserons tout particulièrement à sa représentation dans ce lieu à visages multiples, adopté par beaucoup de réalisateurs, l’école. Cet endroit qui reste pour quelques-uns une anecdote mais pour d’autres un passage difficile. Tout d’abord, nous remarquerons que l’enfant est souvent soumis à la cruauté et aux injustices de l’école, mais nous observerons aussi qu’il se crée des relations fortes entre l’élève et l’instituteur, qui peuvent s’avérer douloureuses ou au contraire révéler une singularité au sein de la société. Puis nous finirons par l’étude de l’impact que l’école peut avoir sur l’enfance : éveiller la personnalité des élèves au lieu de les enfermer dans une rigueur et leur parler avec le cœur au lieu de les assommer avec du par cœur. Dans Zéro de conduite de 1932, Jean Vigo s'inspire de ses souvenirs personnels pour éveiller notre regard sur deux univers distincts. Tout au long du film, le monde des adultes et celui de l’enfance se croisent, mais ne se comprennent pas. Le film s’attache à donner une image éminemment étouffante du milieu scolaire et de la vie quotidienne en internat, vie d’autant plus stricte que les nombreux interdits limitent l’espace de liberté des élèves à chaque moment du jour et de la nuit. Pour transmettre cette absence de liberté, Jean Vigo a choisi de filmer en plans serrés ou dans des espaces clos comme pour la scène d’ouverture dans le train, ou plus tard, dans le dortoir, la salle de classe, le réfectoire, et la cour de récréation. 


           

Cependant, ce film fut interdit de projection pendant douze ans, jusqu'en 1945. Après les quinze premières minutes, dans la 2ème partie intitulée « Complot d’enfants », les enfants, qui s’amusaient dans la cour de récréation, rentrent dans la salle de classe, sous la surveillance du pion. Ce personnage tout à fait séduisant par sa manière de ne pas réprimander les bêtises des enfants, se prend au jeu et fait une démonstration de marche sur les mains sous les applaudissements des enfants. Le surveillant général qui espionnait la salle de classe par la fenêtre, entre et c’est l’évènement déclencheur du mouvement panoramique de la caméra vers la droite pour nous dévoiler ce capharnaüm qui n’était pas perceptible au début, puisque le pion semblait trop occupé à ses démonstrations. Mais sans que le spectateur ait le temps de comprendre ce qui se passe, on observe rapidement le désordre et la liberté qui a été donnée aux enfants ; le temps réel a volontairement été accéléré. La caméra, elle, placée dans un coin de la pièce nous expose la scène. Le cadre est surprenant, on observe un enfant qui fume, deux qui se bagarrent, trois qui essayent de faire une pyramide, d’autres sont assis sur les fenêtres ou sur les étagères, des livres sont éparpillés. On remarquera la présence, à l’extrémité droite du cadre, des trois enfants qui continuent à préparer leur conspiration. Cadre sur la porte, l’instituteur entre dans le champ de la caméra et nous suggère que la fin de la récréation a sonné. La caméra se retourne sur le pion qui ne dit rien mais en laissant ses bras retombés sur ses hanches, nous fait comprendre que la situation lui a échappé, ceci soulignant à nouveau sa naïveté et sa rêverie. Il prend son veston, la caméra suit son déplacement d’un mouvement panoramique, il déchire la carte des trois enfants et se retire de la classe par le même mouvement caméra, suivi du surveillant général. 


           


Les enfants sous l’ordre du maître, « À vos places ! », se rendent tête basse à leur bureau. Le plan sur le visage du maître nous intimide et nous nous retrouvons à nouveau dans ce lieu froid et carcéral. Dans cette séquence, on remarque plusieurs éléments insolites et troublant les attentes du spectateur. Filmé en plongée, le ballon disparaît comme par magie, mais aussi le croquis prend vie au regard du surveillant générale, tout ceci nous étonne et nous amène à réfléchir sur la distinction entre le visible et l’invisible mais aussi le monde des adultes et leur conception du réel contrastant avec le monde des enfants et les incursions multiples dans l’imaginaire. Le monde de l’enfance s’est aussi le jeu, le rêve. Le complot illustre parfaitement cette envie d’aller à l’encontre des règles. Le cadre sur la salle de classe assiégée nous amène à prendre conscience que les enfants voient les choses d’une manière différente. D’ailleurs, en tant que spectateurs, nous pouvons nous interroger sur le côté surréaliste de ce cadre, peut être que Vigo projette dans cette séquence ses envies de petit garçon qu’il était à l’époque, désirant s’investir dans la révolution contre le monde des adultes. Dans son projet cinématographique, Vigo fait fusionner l’imaginaire surréaliste qui pervertit constamment le sérieux de l’intrigue avec la réalité austère d’un internat scolaire. Si l’école est un lieu incontournable pour de nombreux cinéastes souhaitant réaliser un film d’inspiration autobiographique, certains ont pris le parti d’interroger plus particulièrement les relations se liant entre le professeur et son élève. La figure du maître, telle que Bresson nous la présente dans Mouchette, reste cependant très autoritaire, injuste et très en retrait de la vie de leurs élèves... (http://www.iletaitunefoislecinema.com/chronique/2066/les-representations-de-lenfance-dans-le-cinema-francais-ou-lage-des-revoltes)


1 commentaire:

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