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lundi 26 septembre 2016

Le crime qui est le tien

« Une ville d’Australie dans les années soixante-dix. C’est Noël et il fait une chaleur étouffante. Etouffante, c’est le bon mot pour décrire l’atmosphère si particulière de cette bande dessinée. Les couleurs sont chaudes, rehaussées par le contraste avec un noir omniprésent. Mais ce qui reste en mémoire, c’est cette tâche de blanc, le blanc immaculé de la robe de Lee, une beauté blonde et sulfureuse qui aime raconter à son mari toutes les aventures extra-conjugales qu’elle a eu du temps de leur mariage. Mais Lee est morte, sauvagement assassinée, 25 ans plus tôt. Un polar lent, à l’ambiance pesante et fascinante, qui rappelle un vieux film et commence après la résolution de l’enquête. Pourtant, il plane comme un quelque chose d’irrésolu… ». Australie, Nouvelle-Galles du Sud, 1970. À Dubbo City, la chaleur de la nuit est aussi poisseuse que les souvenirs et les rancoeurs. Accusé du meurtre de sa femme Lee, une jolie blonde aussi chaude que les nuits urbaines, Greg, condamné à être innocent, revient dans sa ville natale après vingt-sept ans de cavale. Avant d'être emporté par un cancer, son frère Ikke a balancé son grand secret : c'est lui qui a tué Lee. Mais la vérité n'est pas toujours là où on l'attend... Berthet et Zidrou : un mariage sanglant ! (http://www.izneo.com/albums/le-crime-qui-est-le-tien/crime-qui-est-le-tien-le-one-shot-Tome1-A9127700)


                 


Il y a deux façons d’écrire un polar : soit on respecte à la lettre les règles du genre, soit on joue avec, malgré le risque que cela représente. Zidrou, omniprésent dans l’actualité de ce début d’automne 2015, suit cette seconde voie, dangereuse. Il reprend les grands ressorts du récit policier, mais les renverse : le nom de l’assassin est révélé dès le début et la scène du crime est dévoilée à la fin ; la victime est omniprésente tandis que le shérif n’investigue pas. Pourtant, tout se tient dans ce récit qui tourne autour d’une jeune femme nymphomane. Mais tout se tient dans le mensonge et les apparences. Les personnages sont manipulés, le lecteur aussi. Très bien porté par la ligne claire de Philippe Berthet (l’excellent La Route de Selma), qui soutient l’atmosphère pesante du récit, cet album reprend avec bonheur des éléments du roman noir : aucun manichéisme simpliste, tous les personnages portent leur croix et suivent leur propre quête dans une ambiance glauque. Mais la narration fait penser aussi à l’œuvre d’Agatha Christie, dans laquelle le pacte qui lie classiquement le narrateur, le personnage et le lecteur est rompu, ultime mise en œuvre du mensonge. Ce pourrait être une relecture de l’histoire d’Abel et Caïn, mais aussi une satire sociale, ou bien une dénonciation du poids des apparences ou, enfin, un jeu narratif. Le Crime qui est le tien est tout cela à la fois. Pari risqué, mais pari gagné.(http://www.bdgest.com/chronique-6860-BD-Crime-qui-est-le-tien-Le-crime-qui-est-le-tien.html)


                 


Difficile de dire où Benoit Zidrou va s'arrêter dans la démonstration impressionnante de ses talents de scénariste. Avec ce nouveau one-shot, il nous emmène dans les pensées d'un homme solitaire et désabusé, qui va partir à la recherche d'une vérité improbable qu'il n'attendait pas. En quelques instants, la tension s'installe, happant le lecteur comme le renard abattu d'un coup de fusil en page 7. Les dialogues de cet album sont tout simplement brillants et immédiatement accrocheurs, tout comme le rythme de ce parcours vers la vérité, à travers un bled australien dans les années 70. Une mise en scène parfaite qui construit des sommets d'intensité dramatique, sur laquelle Philippe Berthet se pose avec brio. Son style sobre et sa mise en page cinématographique sont parfaitement exploités, le surgissement de la belle Lee dans les cases aux côtés de Greg apportant une touche de mystère ultra efficace. On se demande à chaque page où est la vérité, on ralentit sa lecture pour prolonger le plaisir d'enchaînements impressionnants. On se régale littéralement de cette histoire originale et surprenante à chaque instant. Le crime qui est le tien est une pépite de la rentrée littéraire en BD.(http://www.planetebd.com/bd/dargaud/le-crime-qui-est-le-tien/-/27330.html)

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