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dimanche 18 septembre 2016

L'adieu aux armes

L'Adieu aux armes est le troisième roman d'Ernest Hemingway, publié en 1929. C'est un roman d'inspiration autobiographique, dont l'action se déroule en Italie pendant la Première Guerre mondiale. Écrit à la première personne, il relate l'histoire d'amour tragique entre Frederic Henry, ambulancier américain engagé dans la Croix-Rouge italienne, et Catherine Barkley, infirmière anglaise. Dans un style froid et laconique, Hemingway dépeint une guerre futile et destructrice, le cynisme des soldats et les déplacements de populations. Ce roman est considéré comme l'un des plus grands romans de langue anglaise du xxe siècle. Le titre est tiré d'un poème de George Peele.Divisé en cinq livres et quarante-et-un chapitres, l'Adieu aux armes est un récit à la première personne. Le narrateur est Frédéric Henry, un ambulancier américain de la Croix-Rouge lors de la Première Guerre mondiale. Dans le premier livre, le narrateur est présenté à Catherine Barkley, une infirmière anglaise par son ami, le chirurgien Rinaldi. Frédéric tente de la séduire, sans s'engager dans une relation sérieuse, et leur relation commence mais progressivement il ressent de plus en plus de sentiments amoureux. Au front, dans les environs de Gorizia, Frédéric est blessé par un tir de mortier et est transféré à l'hôpital américain de Milan, où Catherine est également affectée. Le deuxième livre raconte le temps passé en commun par les deux principaux protagonistes à Milan durant l'été avec leur attachement qui va croissant. Une fois son genou guéri, il est atteint de jaunisse mais est renvoyé de l'hôpital car sa forte consommation d'alcool est découverte. Avant son départ, il apprend que Catherine est enceinte de 3 mois. Dans le troisième livre, il retourne à son unité où le moral a beaucoup diminué durant son absence...(Wiki)


                                   


A Farewell to Arms est la première adaptation cinématographique d'un roman d'Ernest Hemingway. C'est pour l’écrivain une trahison et, même si l’on préfèrerait parler de réappropriation, on ne peut lui donner tort tant le film est d'évidence tout entier une œuvre de Frank Borzage. Le cinéaste déforme ou étire certains aspects du roman, en occulte d’autres, transformant l’œuvre d’origine de telle manière que chaque séquence rentre en résonance avec son univers, ses thèmes et ses réalisations antérieures. Borzage s'est toujours attaché à dépeindre le sentiment amoureux pris dans l'engrenage de l'Histoire et de la vie. La plupart de ses films (surtout dans la période de sa carrière courant du milieu des années 20 jusqu’à 1940, période où a pu s’exprimer totalement son tempérament d’artiste) racontent l’histoire d'un couple uni par un amour fou et qui tente de faire survivre sa passion malgré les drames, le poids de la société ou les horreurs de la guerre (qui ramenait déjà un amant estropié dans Lucky Star).Très rapidement, Frank Borzage abandonne sa carrière d'acteur prometteuse pour se consacrer à la mise en scène. S’il tourne au départ des westerns de série, ce qui l’attire naturellement, ce qui correspond à sa sensibilité, c’est le mélodrame. Ce n’est pas pour lui un genre pour « midinettes » et les histoires d'amour qu'il met en scène n'ont rien de romances à l'eau de rose. « La vie est faite en grande partie de mélodrame (…) et pourtant, lorsque ces situations réalistes sont portées à l'écran, on en rit parfois, sous prétexte qu'elles sont « mélo ». S'il en est ainsi, c'est la vie elle-même qui est une plaisanterie. Certains humoristes le croient, mais ce n'est pas mon cas. » Pour Borzage, le mélodrame est une forme si totale et universelle qu'il permet d'embrasser les grands mouvements du monde.



   

C’est au travers du mélodrame qu’il est l’un des tout premiers à décrire l'Amérique des laissés-pour-compte de la crise de 1929 (Man's Castle, 1933) ou de signer le premier grand film sur la montée du nazisme (The Mortal Storm, 1940). Si Borzage se glisse si naturellement dans la forme mélodramatique, c’est que celle-ci lui permet de donner libre cours à sa conception du cinéma comme transfiguration du réel. Chez lui, l'amour est si total, si puissant, qu’il peut tout affronter, tout vaincre, même la mort. S'il n'était réalisé par Henry Hathaway, Peter Ibbetson pourrait être une œuvre parfaite pour caractériser le grand thème borzagien, et il n’est guère étonnant que les chantres de l’amour fou que furent les Surréalistes chérirent tout autant les films de Borzage que le chef-d’œuvre de Hathaway.La guerre, si précisément décrite par Hemingway, n'est plus ici qu'une toile de fond servant à révéler et magnifier l'amour de Frederick et Catherine. Borzage signe cependant des séquences saisissantes sur le conflit du Piave, parvenant en quelques plans à montrer l’atrocité et l’absurdité de la guerre, à nous faire ressentir le désastre dans lequel plonge alors l’humanité. Nul besoin de discours, quelques plans suffisent au cinéaste pour décrire la folie des hommes. Le fait que l’Humanité puisse ainsi s’entredéchirer est quelque chose qui marque profondément Borzage, l’homme et ses films.


                 

La Guerre 14/18 revient de manière récurrente hanter ses œuvres, et la Seconde Guerre mondiale marque la fin de sa grande période de cinéaste, comme si la puissance de son humanisme baissait les bras devant la folie du monde et qu’il ne trouvait plus la force, après un second conflit mondial, de se lancer corps et âme dans le cinéma.Pour Borzage, montrer comment la guerre peut détruire un couple lui suffit pour à en démontrer l'horreur. Si Borzage n’aborde pas la guerre, le chômage, la misère par une mise en scène réaliste, il excelle cependant à les dépeindre dans ses films, faisant alors souvent montre d’un regard acéré. Mais ces drames lui servent avant tout à magnifier l'amour. « C'est par l'amour et l'adversité que l'âme humaine atteint la grandeur » dit un carton qui ouvre Street Angel : les accidents, la pauvreté, la guerre sont des épreuves dont les héros doivent sortir vainqueurs, non pas en changeant le monde ou quelque chose de leur condition, mais en trouvant un amour absolu et total. Les héros de Frank Borzage restent insensibles aux appels guerriers. Même dans The Mortal Storm ou Three Comrades - deux des films où le cinéaste est les plus en phase avec le monde contemporain - les héros essayent d’échapper à l’horreur nazie mais ne la combattent pas. Dans L’Adieu aux armes, Frederick accomplit au départ sa besogne de militaire mécaniquement, sans états d’âme, sans plaisir ni dégoût, sans réfléchir au pourquoi de cette guerre. Les personnages de Borzage ne vont pas contre ce qui est pour eux l’ordre des choses, ils se plient docilement au monde, acceptent la misère ou la guerre. Mais lorsque survient l'amour, les choses changent.(http://www.dvdclassik.com/critique/l-adieu-aux-armes-borzage)


               

Blessé au front, lors de la Première Guerre mondiale, le jeune lieutenant américain Frédéric Henry est transporté dans un hôpital de Milan. Il trouve un grand réconfort auprès de Catherine Barkley, une infirmière anglaise, dont il tombe amoureux. Alors que Catherine vient de lui annoncer qu'elle est enceinte, l'infirmière en chef surprend leur idylle et Frédéric repart pour le front.
Adaptation du roman d'Hemingway à l'époque des débuts du cinémascope, quand celui-ci était utilisé dans une vraie volonté d'élargissement de l'espace visuel, donnant ainsi un souffle inédit aux grandes fresques historiques et faisant voyager le spectateur. Ici, le film de guerre qui, même avec les archétypes du cinéma de l'époque, n'édulcore pas l'âpreté du sujet, est doublé d'une déchirante histoire d'amour, symbole du conflit des nations détruisant tout. A part peut-être quand les héros se remettent de leurs épreuves de façon un peu trop pimpante, le film a bien vieilli et n'a pas perdu sa charge émotionnelle. Rock Hudson n'a peut-être jamais été meilleur et Jennifer Jones est remarquable, comme à chaque fois. Un beau thème musical clôt la réussite de ce beau film triste, injustement oublié. C'était une production Selznick qui, après le triomphe d'Autant en emporte le vent, cherchait à proposer aux spectateurs à chaque fois des récits et des spectacles de la même intensité. On peut aisément ranger l'adieu aux armes dans la même catégorie que Docteur Jivago **Lawrence d'Arabie* ou, plus récemment, Titanic.Cette nouvelle adaptation du classique d'Hemingway est très représentative des productions de Selznick.(Allociné)


   

Les moyens techniques et financiers sont mis en oeuvre, le casting est alléchant mais ça roucoule beaucoup évidemment, pourtant il y a plusieurs scènes bien plus sombre voir même glauque (la marche pour fuir la ville des Alpes).Charles Vidor (1909-1959), le réalisateur, fera son dernier film en 1959 et il ne sortira qu'après sa mort en 1960, avec un titre français de circonstance « Le bal des adieux ». Déjà affaiblit par des problèmes cardiaques lors du tournage de « L'Adieu aux armes » il s'était fait aider par John Huston (qui ne sera pas au générique) ce sera son avant dernier film. Il n'en aura réalisé que 36, dont quelques-uns resteront célèbres tels « Gilda » et « Les amours de Carmen », tous les deux en 1948 avec Rita Hayworth en vedette. Il ne fera que deux westerns. « The Arizonians » en 1935 avec Richard Dix et « Les despérados » en 1943 avec Randolph Scott et Glenn Ford. Ce film en couleur, « L'adieu aux armes » tranche avec la précédente version noir et blanc de Frank Borzage avec Gary Cooper, qui porte le même titre L'Adieu Aux Armes car il y a beaucoup plus de spectaculaire dans les moments de bataille et un peu plus de vie et de mouvements.


              

Vittorio de Sica est très bon dans le rôle d'un officier médecin, le Major Alessandro Rinaldi, qui perd le contrôle de ses nerfs après avoir opéré des heures durant sans repos et se trouve en pleine déroute de l'armée italienne, qui bat en retraite. L'idylle entre l'infirmière anglaise Catherine Barkley (Jennifer Jones) et le lieutenant brancardier américain Frederick Henry (Rock Hudson), tous deux engagés volontaires dans le corps médical italien, aurait réellement été vécue par Hémingway qui se serait servi de cette aventure pour la relater, dans son roman en la travestissant quelque peu. Un bon film où guerre et sentiments donnent toujours une atmosphère particulière. J'avais vu "l'adieu aux armes" avec Gary Cooper et Helen Hayes, et j'avais été bouleversée par leur jeu : le film en noir et blanc ajoutait au côté intimiste de cette belle histoire d'amour. Et puis, j'ai voulu voir l'autre version en couleurs avec l'exquise Jennifer Jones : je n'ai pas été déçue ! Le film (plus long) est une belle fresque sur la guerre (de belles scènes de combat) et cette même histoire tragique se voit avec le même ravissement. Je pense que les 2 films sont complémentaires et que le roman d'Hemingway a été vraiment bien servi par le 7e art.(Senscritique)

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