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lundi 19 septembre 2016

Kenny Drew

Kenneth « Kenny » Sidney Drew, né le 28 août 1928 – mort le 4 août 1993, est un pianiste de jazz américain.Né à New York, il enregistre d'abord avec Howard McGhee en 1949 et les deux années qui suivent avec Buddy DeFranco, Coleman Hawkins, Milt Jackson, Charlie Parker, Buddy Rich et Dinah Washington. Dans les années 1950 il enregistre aussi sous son nom et apparaît sur le légendaire album de John Coltrane Blue Train. Avec de nombreux autres jazzman américains qui sont venus en Europe, Kenny Drew emménage au Danemark en 1961, il sacrifie son succès américain d'alors, mais trouve la renommée partout en Europe. Il était bien connu de la scène danoise et a beaucoup enregistré avec le bassiste danois Niels-Henning Ørsted Pedersen. Il décède en 1993 et est enterré au cimetière Assistens de Copenhague. Son fils Kenny Drew, Jr. est aussi pianiste de jazz.
(Wiki)


                


Dans la configuration classique et archi rebattue du trio de piano/contrebasse/batterie, les mélomanes auront tout intérêt à prêter une oreille attentive à cet opus bop du pianiste Kenny Drew (1928-1993). Celui-ci grave son plus bel album (avec Pal Joey qu’il enregistrera quelques années plus tard, là encore en trio) avant de s’installer définitivement en Europe au début des années 60. Ce disque éminemment jazz s’adressera donc aux amateurs de trio, et qui sait, si vous avez aimez ce grand classique qu’est Money Jungle de Duke Ellington, histoire de vous mettre un peu la puce à l’oreille, vous ne manquerez pas d’aimer tout autant cette galette sortie en 1956 sous le label Riverside (dès le premier thème, l’on a droit à une version très échevelée de « Caravan » que le grand Duke a forcément écoutée et admirée). Le producteur Orrin Keepnews a vraiment eu du flair pour tomber sur Kenny Drew, jeune pianiste surdoué s’il en est. L’album a soixante piges et autant vous dire qu’il n’a pas pris une seule ride ! Exécution irréprochable, swing de haute volée, ruptures harmoniques et rythmiques de toute beauté, arrangements subtils (« Come rain or come shine »), ce trio est un petit bain de jouvence. D’autres surprises ne manquent pas (comme cette version d’anthologie de « Ruby my Dear », une pièce que les aficionados de Thelonious Monk connaissent plutôt bien…).


               
              


Kenny Drew a longtemps été sous-estimé, je trouve, et de rappeler qu’un tel disque existe, c’est quelque part réparer cette injustice. Ce disque est pour ainsi dire un grand « classique ». Pour qui voudrait s’initier au jazz, c’est un bon background. Pour les autres, ce sera forcément un grand plaisir d’écoute. Le répertoire alterne joyeusement, et avec un naturel désarmant, balades (« Ruby My Dear », « When You Wish Upon a Star ») avec morceaux bluesy (« Blues for Nica »), et d’autres beaucoup plus « mainstream », un peu à la manière d’Oscar Peterson (« Taking a Chance on Love »). Un plaisir aussi de retrouver quelques standards juteux sur des rythmes endiablés (« Caravan », « Come Rain or Come Shine », « Weird-O », « It’s Only a Paper Moon »). Pour soutenir le pianiste, une rythmique superlative à la mécanique très huilée : l’immense Paul Chambers est à la contrebasse et le non moins génial Philly Joe Jones à la batterie (autrement dit la rythmique de Miles !). Les frappes sèches du batteur sur la caisse claire (écoutez son solo sur « Taking a Chance on Love ») stimulent le collectif. Jouant également des balais sur les balades, Philly Joe Jones apporte les contrastes nécessaires. Bref, non seulement ça swingue, ça pulse mais ça sait aussi jouer tendrement, ça roucoule. Techniquement, c’est de la haute volée.


                 



Résultat : la musique, par ses divers climats, est tour à tour joyeuse (« Weird-O »), méditative (« Ruby »), romantique (« Come Rain »), d’une belle fluidité mélodique (c’est la grande période de l’âge d’or du jazz…). Le style du pianiste révèle au fil des plages un toucher net et dansant, basé sur une culture bop hallucinante (que l’on songe à Bud Powell, Herbie Nichols ou Elmo Hope). Un certain sens de l’efficacité traverse tout le disque pour ainsi dire. L'on retiendra également la cohésion d’une sacrée rythmique, très chaloupée (et très demandée à l’époque, comme en témoignent Trio de Sonny Clark, On Green Dolphin Street de Bill Evans, ou encore le fameux Plays His Own Compositions du pianiste Elmo Hope). Les trois musiciens s’en donnent à coeur joie dans ces huit chansons inoubliables (42 minutes au compteur). Au final, l’on se dit qu’il n’y a rien de superflu dans cet enregistrement. L’essentiel est dit. Kenny Drew savait tout jouer avec un raffinement de premier choix. Bref, ce disque est un classique à redécouvrir, même s’il ne marquera pas tout autant que le Money Jungle de Duke Ellington ou le Here Is Phineas de Phineas Newborn. Voici donc un trio convaincant dominé par un pianiste plus ou moins oublié. Verdict : 4 étoiles pour une bien belle galette vers laquelle j’aime tant revenir.(https://www.amazon.fr/Kenny-Drew-Trio/product-reviews/B000000Y41)

1 commentaire:

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