.

.

vendredi 30 septembre 2016

Hervé Bromberger

Hervé Bromberger est un réalisateur et scénariste français né le 11 novembre 1918 à Marseille, et mort le 25 novembre 1993 (France). Journaliste, collaborateur de Decoin et de Cocteau, il a oscillé dans son oeuvre de réalisateur entre le mal de la jeunesse (Asphalte) et Daniel Rops. Il y a des choix meilleurs. A sauver pourtant, outre La bonne tisane, satire des hôpitaux où Estella Blain était émouvante, un excellent film noir, Identité judiciaire, où Debucourt était remarquable en avocat meurtrier.Il débute comme journaliste, côtoie Henri Decoin et participe à plusieurs films avec Decoin et Jean Cocteau. Il entame une carrière de réalisateur en 1949, oscillant entre la satire sociale, la description des difficultés de la jeunesse et l'adaptation littéraire. Le classicisme de sa mise en scène nuit souvent à l'esprit ironique qu'il voudrait insuffler. L'Inconnu d'un soir est une fable sur le pouvoir et l'amour. Identité judiciaire montre un avocat assassin qui défend le faux coupable. Seul dans Paris, avec un surprenant Bourvil, est une description amusée des provinciaux dans la capitale. La Bonne Tisane est une satire des milieux hospitaliers.Les Loups dans la Bergerie qui lance la carrière de Françoise Dorléac, oppose des truands à des éducateurs pour enfants inadaptés. Mort où est ta victoire ? est une adaptation de Daniel Rops qui décrit le destin mélodramatique d'une religieuse. Un Soir à Tibériade est également rempli de noirceur et de religiosité. Cinéaste honnête, il termine sa carrière à la télévision (Jo Gaillard, La Nuit du Général Boulanger).


                               


Identité judiciaire est un film français réalisé par Hervé Bromberger et sorti en 1951.Plusieurs femmes sont assassinées par un sadique qui les a, au préalable, endormies au curare. Aidé de son adjoint Paulan, le commissaire Basquier enquête. Plusieurs pistes ne mènent à rien. Enfin le coupable est découvert, il s'agit de maître Berthet, un avocat sadique, qui après une poursuite mouvementée dans les magasins généraux, se jette dans le vide. Il est à noter que ce film est directement à l'origine de la fameuse série policière télévisée (1958-1972) Les Cinq Dernières Minutes avec Raymond Souplex dans le rôle de l'inspecteur Bourrel.Une bonne intrigue, mettant en valeur la police et ses méthodes modernes. "Les Experts" de l'époque !Solide intrigue pour ce polar de 1951 où la police déploie toutes ces techniques modernes de recherches et d'investigations. Tout y passe, les empreintes de mains et de balles, les quelques cheveux qui font remonter aux témoins, la chimie, les résidus de plantes, la graphologie (trop importante), les télécommunications..... bref, si en plus ils avaient eu un smartphone et l'adn,ils auraient fait des miracles...... les acteurs sont très bons dans ce NCIS Paris saison 1.....La jeune Denise, à la suite d'une fugue, s'est suicidée en se jetant dans un canal. On découvre qu'elle a été droguée au curare. Deux autres femmes ont été retrouvées sans connaissance dans les rues de Paris. L'une d'elles, Madame de Sannois, défendue par maître Berthet, refuse de fournir le moindre renseignement sur son aventure. 


            
   
 Le commissaire Basquier, assisté de l'inspecteur Paulhan, retrouve la trace du pourvoyeur de drogue, Petrosino, qui était un habitué d'un bar tenu par Dora Bourbon. On découvre à son tour, la jeune femme droguée au curare. À l'hôpital, elle revient à elle mais ne se souvient plus de rien. C'est dans le bureau de maître Berthet, quelques jours plus tard, qu'elle se rappelle un certain nombre d'indices pouvant mettre la police sur la piste. L'avocat l'étrangle car c'est lui le mystérieux sadique que la police recherche... Mais une lettre anonyme que le commissaire Basquier ne tarde pas à identifier comme émanant de Madame de Sannois, accuse maître Berthet. Basquier tend un piège au criminel en la personne de sa collaboratrice, Madeleine. Poursuivi dans les Magasins Généraux de La Villette, l'avocat préférera se donner la mort en se jetant dans le vide, plutôt que de passer en justice...


                   

La Bonne Tisane est un film français réalisé par Hervé Bromberger et sorti en 1958Il s'agit d'un film policier tourné en noir et blanc. Le début du film présente deux histoires en parallèle, sans lien. Dans la seconde partie les deux histoires se rejoignent. Un caïd, René Lecomte, de retour en France après un séjour à l'étranger, se fait tirer dessus lors d'un règlement de compte. Gravement blessé il parvient à ramper jusqu'à l’hôpital ou il est découvert par Thérèse une jeune infirmière idéaliste dont c'est la première nuit de garde. La grande majorité du film se déroule dans l’hôpital. La description du milieu hospitalier est assez surprenante. A part Thérèse qui a pour obsession d'aider les malades, le reste du personnel semble très porté sur le sexe ... On est en plein fantasmes avec des infirmières qui défilent dans les bureaux des médecins pour assouvir leurs besoins. Thérèse se fait littéralement harceler par le docteur Augereau mais on a l'impression que tout le monde trouve cela normal dans l’hôpital. Elle finira dans ses bras à la fin du film ... Lecomte blessé n'en finit pas d'agoniser et de ressusciter ... c'est tout à fait irréaliste. Cependant le film a une tonalité sérieuse, dramatique, sans second degré. L'interprétation est plutôt bonne mais les acteurs surjouent leurs personnages qui sont assez caricaturaux. La mise en scène ne montre rien de bien captivant. Les décors sont assez limités. Même si cela se déroule durant une nuit, l'hôpital a l'air désert. Les dialogues ne sont pas passionnants. Ils frisent parfois le ridicule notamment dans les dernières scènes lorsqu'au petit matin le personnel de l’hôpital quitte le travail en discutant ... Les truands parlent un langage argotique qui contraste bien avec le langage des médecins et des infirmières.

 
          

"La bonne tisane" porte bien son nom tellement le mélange proposé au spectateur est parfois soporifique. Le metteur en scène qui réalisera seulement 10 films semble hésiter entre parodie et hommage aux films policiers de Becker, qui 4 ans plus tôt ont remis Gabin au goût du jour. L'air mauvais de Blier dès l'entame du film dans l'avion qui le ramène du Brésil nous persuade de rapidement le voir jouer les gangsters à la manque qui ont accompagné Gabin et Ventura dans les comédies géniales de Grangier ou Lautner. Mais nous sommes en 1958 et il faudra attendre encore 3 ans avec la sortie du "Monocole" ou du "Cave se rebiffe". En réalité Blier n'a pas encore opéré sa mue en acteur comique et Bromberger bien maladroitement tente de lui faire endosser le costume du Max le menteur joué par Gabin dans "Touchez pas au grisbi". Aussi bon acteur était Blier il ne pouvait pas endosser toutes les défroques. Blier s'en est sans doute rendu compte et il semble profiter de ce petit nanar pour rôder les rôles qui illumineront sa deuxième partie de carrière. 


                                

A partir de ce malentendu et du manque de moyens évident, Bromberger qui n'était pas un aigle derrière la caméra nous sert une tisane un peu indigeste. Reste le plaisir de voir Raymond Pellegrin en médecin séducteur à moustache et surtout la scène finale surréaliste et grandiose où un Blier au bord de l'agonie, grimaçant à l'extrême se ballade tel Nosferatu dans cette clinique désespérément vide où Bromberger nous a cantonné une heure durant. En sus, nous avons le plaisir de voir combien Estella Blain était jolie et de découvrir Stephan Audran avant que son nez refait lui donne le charme que l'on connait. Pour sûr que si Lautner a vu le film, il a été conforté dans son choix de faire de Blier le pivot de ses premières comédies . Un film mineur qui marque une transition dans le parcours d'un de nos plus grands acteurs. 
Source : http://www.senscritique.com/film/La_Bonne_tisane/critique/42154359

1 commentaire: