.

.

jeudi 1 septembre 2016

George Pal

George Pal, né György Pál Marczincsák, est un réalisateur, producteur, scénariste hongrois, né le 1er février 1908 à Cegléd en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Hongrie), naturalisé américain en 1940 et mort le 2 mai 1980 d'une crise cardiaque à Beverly Hills. Spécialiste de l'animation en volume, il crée en Allemagne les Pal-Doll, plus connues aux États-Unis sous le nom de puppetoons. Les différentes parties des poupées sont remplaçables à volonté afin d'y interchanger les différentes phases de l'animation. Ces techniques seront notamment réutilisées vers la fin du xxe siècle par Guionne Leroy. Il obtient cinq Oscars pour l'ensemble de son œuvre.George Pal obtient son diplôme d'architecture de l'Académie des arts de Budapest en 1928. De 1928 à 1931, il réalise des films d'animation publicitaire pour le studio Hunia Films de Budapest. En 1931, il se marie et fonde le Trickfilm-Studio Gmbh Pal und Wittke, qui créera des dessins animés publicitaires pour les studios UFA de Berlin. Il dépose le brevet du système Pal-Doll, des poupées d'une mobilité totale. En 1933, il quitte l'Allemagne alors dirigée par les nazis et travaille dans plusieurs pays d'Europe avant de se fixer en à Eindhoven en Hollande. Il produit alors des films et des publicités animés qui sont appréciés dans l'Europe entière et c'est pendant cette période qu'il perfectionne les techniques d'animations à base de marionnettes et tourne ses premiers «Puppetoons». En 1939, pendant qu'il effectue un voyage aux É.-U., les nazis envahissent la Pologne. En 1940, Il se fait naturaliser américain avec l'aide de Walter Lantz. Il accepte alors le contrat que lui propose la Paramount Pictures pour produire une nouvelle série de Puppetoons : entre 1940 et 1947, George Pal en produira plus de 40.


                

C’est en 1960 que le cinéaste hongrois George Pal réalise l’une de ses plus belles réussites, quatre ans avant son cultissime Cirque du Dr Lao. Gros succès commercial lors de sa sortie, La Machine à explorer le temps est tiré du fameux roman de Herbert George Wells, publié en 1895. Pour l’anecdote, c’est l’année clef où fut précisément inventé le cinématographe des frères ingénieurs, Louis et Auguste Lumière !
Londres, au réveillon du 31 Décembre 1899, un groupe d’amis attendent impatiemment dans sa demeure l’inventeur George qui devait se présenter parmi eux à 20h00 précise. Après quelques heures de retard, celui-ci arrive subitement dans un état physique délabré, leur racontant l’improbable récit d’avoir fait un bond dans le futur à l’aide d’une machine révolutionnaire parmi la présence des Elois et des Morlocks.
Quelques décennies avant Retour vers le Futur, Quelque part dans le Temps, Abattoir 5, C’était demain, Philadelphia Experiment ou plus récemment les surprenants L’Armée des 12 Singes, Timecrimes, Donnie Darko et L’Effet Papillon, une production d’anticipation au budget conséquent (1 million de dollars) va remporter un gros succès après de la critique et du public, remportant par la même une statuette oscarisée pour ses effets-spéciaux. Des trucages qui prêteront aujourd’hui à sourire dans leur aspect savoureusement kitch, pour ne pas dire parfois ringards, au vu des maquettes confectionnées et surtout de l’apparence délurée de nos illustres Morlocks peinturlurés d’un bleu fluo !
En l’occurrence, cette irrésistible merveille de fantaisie et d’anticipation post-apocalyptique n’a rien perdu de son charme et de sa magie suintant de chaque péripétie superbement imagée.




                 


La grande réussite de cette fresque haute en couleurs mise en valeur par un splendide technicolor est de nous narrer avec conviction un univers fantastique proprement dépaysant, littéralement immersif dans cet immense jardin d’Eden. Un endroit bucolique auquel l’ethnie des Elois cohabitent en autarcie parmi une nature environnante jalonnée de rivières limpides et d’arbres fruitiers de taille démesurée pour guise de nutrition végétarienne.
A travers le voyage prodigieux de George, inventeur de génie fasciné par la quatrième dimension afin de lui permettre de se déplacer dans les aléas du temps à l’aide d’une superbe machine consciencieusement élaborée, c’est un conte gentiment métaphysique (l’apprentissage de l’enseignement indispensable à l’évolution de l’espèce humaine) que nous transmet avec féerie George Pal. 


                 



Un saugrenu périple est entamé à notre héros réfugié dans un avenir morose où les êtres humains auront été réduits à l’état de légume car incapable de se prendre en main pour pouvoir ériger une nouvelle hiérarchie fondée sur la discipline, le travail, l’honneur, le sens du devoir, de bravoure et de courage. C’est après que la 3è guerre mondiale ait éclaté que les êtres humains auront fini par disparaître, laissant sur le côté des charniers quelques survivants réduits à l’état animal ou devenu esclaves par le clan antagoniste le plus effronté. C’est ainsi que naquit le peuple docile des Elois condamnés à se soumettre à l’autorité des Morlocks. Des hommes mutants vivant sous terre qui auront réussi à dompter leur clan rival en leur proposant quotidiennement de la nourriture gracieusement récoltée. 


                                
                                

Un subterfuge sardonique pour mieux les ravir à l’âge adulte et leur servir de garde manger en guise de cannibalisme. Au milieu de cet univers faussement édénique car établi sans gouvernement ni démocratie, George, en pourfendeur plein de rigueur, va tenter de redonner un sens à la vie invariable des Elois pour les inciter à se rebeller contre la tribu des Morlocks réfugiés dans une caverne transformée en forteresse.
Décors idylliques aux trucages agréablement désuets, reconstitution soignée d’une époque victorienne ou d’un futur impassible et déploiement d’idées délirantes, La Machine à explorer le temps est une aventure atypique au pouvoir de persuasion inégalé. D’autant plus que la prestigieuse machine temporelle, façonnée avec un soin esthétique assidu se révèle d’une beauté sans égale !



                

L’art de narrer au cinéma une histoire rocambolesque et débridée quand un cinéaste inspiré est apte à retranscrire le plus fidèlement possible son imagination prolifique et foisonnante !
Entre romance attendrie, aventures intrépides, amitié virile (les rapports dignes de Filby et George), action rocambolesque (nous ne sommes pas prêts d’oublier l’apparence bisseuse des Morlocks) et enfin réflexion sur l’institution des lois , La machine à explorer le temps est un délicieux spectacle familial savoureusement immersif et totalement dépaysant. Un classique vintage impérissable ayant facilement réussi à transcender les altérations du temps.
Source : http://www.cinemafantastique.net/Machine-a-explorer-le-temps-La.html


                  

Avant de parler du film sorti un an après que le plus célèbre des Seigneurs du Temps apparaisse sur les écrans britanniques, soit en 1964, il nous faut nous attarder sur le support originel paru en 1935 : le livre Le Cirque du Dr Lao de Charles G. Finney. En effet, l'adaptation cinématographique est beaucoup plus légère et la fin plus joyeuse que dans le livre. Le Docteur Lao est en réalité le héraut d'un dieu ancien nommé « Yottle » (sans doute une référence à Yaotl) qui emmène son cirque peuplé de créatures mythologiques de ville en ville afin d'accomplir des rituels païens et des sacrifices. Contrairement au film, il n'y a pas de fin heureuse pour les amoureux puisqu'ils sont tués pour célébrer Yottle et le reste des citoyens d'Abalone quitte leur ville et se disperse dans le désert qui les entoure. On est loin du film enjoué de George Pal. Mais l'adaptation est tout de même empreinte de cynisme et de mysticisme.Les spectateurs sont face à un film qui double les genres : le western et le fantastique. C'est la notion de dualité qui caractérise ce film. Il y a deux faces qui, comme pour le miroir d'Alice, dévoilent deux mondes distincts qui se répondent. Ce qui se passe au cirque a une répercussion dans la ville d'Abalone et vice versa. Les habitants trouvent dans les attractions présentées par le Docteur Lao, une métaphore de leur propre personnalité qui leur montre qui ils sont réellement. Appolonius de Thyane dévoile à Miss Cassan, la vieille fille trop coquette, que tous ses efforts sont vains et qu'elle finira seule. Pan libère les pulsions amoureuses d'Angela Benedict qui refuse les avances de Cunningham par respect pour son défunt mari. Méduse pétrifie Madame Lindquist, la mégère qui tyrannise tout le monde. Elle ne doit la vie qu'à Merlin qui, en lui rendant forme humaine, lui enlève son cœur de pierre.


           


Stark se retrouve face au Grand Serpent qui lui démontre à quel point l'homme lui est inférieur puisqu'il a besoin de vêtement pour ne pas avoir froid, il a besoin de lunettes pour y voir... Stark qui se croit supérieur car en dehors d'une cage ne voit pas qu'il est également enfermé, ses barreaux lui sont juste invisibles. La ville tout entière se retrouve face à la mise en abîme de sa propre histoire puisque le Docteur Lao leur raconte la fin tragique d'une ville antique prospère qui se retrouva détruite à cause de la cupidité d'un homme. Une fois que chaque habitant d'Abalone réussit à surpasser ses défauts, ses peurs, et que la ville est sauvée grâce au repenti de Stark, le Docteur Lao, Mary Poppins asiatique, quitte la ville sans un adieu.Figure mystique et mystérieuse, le Docteur Lao est lui aussi un parfait exemple de la dualité grâce à l'interprétation de Tony Randall. Cet étrange personnage semble au premier abord être le stéréotype du chinois avec son accent bizarre que l'on peut retrouver dans les interprétations de Mickey Rooney dans Diamant sur canapé de Blake Edward ou pour les plus franchouillards d'entre nous, dans les sketchs de Michel Leeb.


                   

Et pourtant. Lorsqu'il se met à discuter sérieusement, il change du tout au tout. Plus d'accent, plus de phrases mal construites. Le Docteur Lao s'exprime dans un anglais irréprochable. Le stéréotype n'est qu'une façade, un déguisement qu'il porte en plus de ceux de ses attractions. En effet, si il part comme Mary Poppins, il se comporte comme n'importe quel super-héros puisqu'il n'est jamais présent en même temps que son attraction:il sort lui-même du cadre avant que la caméra ne change d'angle. Elle pourrait le laisser tel quel dans le plan précédent, mais non, il doit sortir d'abord avant de poursuivre la narration. Ainsi ce n'est pas un hasard si chaque créature révèle la véritable nature de certains habitants puisque le Docteur Lao interagit avec eux avant l'ouverture de son cirque. Il voit leurs défauts, et devine quel personnage pourrait les débloquer mentalement et leur permettre d'atteindre une certain sérénité dans leur âme.(http://lareponseest42.blogspot.fr/2014/01/le-cirque-du-docteur-lao-de-george-pal.html)

3 commentaires: