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mardi 20 septembre 2016

Arthur O'Connell

Arthur O'Connell est un acteur américain né le 29 mars 1908 à New York, New York (États-Unis), décédé le 18 mai 1981 à Woodland Hills (Los Angeles). Il était spécialiste des seconds rôles.Cet excellent acteur qui vient du théâtre se fit remarquer dans le film d'Orson Wells Citizen Kane (1941) où il a un petit rôle mais qui sera suffisant pour mettre en avant ses qualités d'acteur qui seront des plus utiles aux divers réalisateurs avec lesquels il travaillera. Ses véritables débuts il les fait avec Joshua Logan dans Bus stop (1956) aux côtés de grands acteurs et surtout de Marilyn Monroe où il était le complice et amis de Don Murray. Admirable aussi chez Otto Preminger dans Autopsie d'un meutre où il était un procureur très méticuleux et dans le western il fut remarqué et remarquable dans Tonnerre apache 1961 dans le rôle du vieux sergent baroudeur et dans L'homme de l'ouest (1958) où il campe à merveille un joueur proffessionnel. Dans sa carrière, Arthur O'Connell aura participé à sept westerns dont quatre sont de véritables petit bijoux du genre. james


                 

Genre roi de cinéma américain des années 50, le mélodrame fut un vrai reflet des mutations sociologiques de l’époque. Sous l’aspect propret se dissimulait toujours des thématiques fortes et audacieuses, annonçant la décennie suivante plus permissive. Si Douglas Sirk fut logiquement célébré comme son maître incontesté, d’autres œuvres réussirent à tracer leur voie à l’époque, tel ce beau Picnic, véritable film culte aux Etats-Unis (et inversement fort méprisé par la critique française) qui contribua à lancer la carrière de Kim Novak. Picnic s’inscrit dans la tradition des grandes adaptations de pièces issues de la plume de dramaturges prestigieux, très en vogue dans le cinéma des fifties. Souvent imprégnés de psychanalyse et dissimulant des thèmes tabous sous-jacents, les films de cette veine connurent un vrai essor à l’époque, notamment par les textes de Tennessee Williams, brillamment adaptés par Mankiewicz avec Soudain l’été dernier, ou encore par Richard Brooks pour La Chatte sur un toit brûlant.  Picnic est donc à l’origine une pièce de William Inge qui rencontra un grand succès à Broadway. Lorsque l’adaptation est envisagée, on fait appel à Joshua Logan (dont c’est seulement le troisième film) au regard de son passé de metteur en scène à Broadway qui en fait la personne toute désignée pour donner des vertus plus cinématographiques au texte. C’est effectivement cette expérience qui lui permet de capter l’essence même du texte et de la magnifier, réalisant ainsi son meilleur film. Logan est généralement associé à un cinéma boursouflé et luxueux, typé « qualité américaine », qui lui vaudra les foudres des critiques français, la faute à quelques comédies musicales très poussives comme La Kermesse de l’Ouest ou Camelot. Pourtant, s’il ne s’élève pas au firmament des plus grands réalisateurs hollywoodiens de l’âge d’or, Joshua Logan est loin d’être le tâcheron qu’à voulu en faire la postérité. Dans sa filmographie, on trouve au moins deux autres belles réussites comme Bus Stop (autre film injustement méprisé) qui offre un de ses plus beaux rôles à Marylin, et le drame de guerre Sayonara avec Marlon Brando. C’est pourtant avec Picnic qu’il donnera toute la plénitude de son talent, en ornant de noirceur et de romanesque l’imagerie d’une Amérique rurale et propre sur elle.


           



Le film de Joshua Logan se distingue nettement des mélodrames que pouvait réaliser un Douglas Sirk au même moment. Aux rebondissements et raccourcis improbables des intrigues de Sirk (idéalement gérés tant les récits sont prenants), Picnic s’orne d’un certain réalisme et d’une vraie cruauté dans son cadre et les personnages dépeints. Parallèlement, la construction du récit vire progressivement de la noirceur d’une atmosphère viciée et malsaine à une tonalité de conte de fée.

                             
 



A travers le couple incarné par Kim Novak et William Holden, Picnic montre le brutal retour sur terre de deux icônes déchues. Anciens dieux du lycée, le passage au monde adulte les aura enfermés dans l’image qu’ils renvoyaient lors de ces années dorées. Champion de football fêtard au succès certain auprès de la gent féminine, Hal Carter (William Holden) aura laissé passer sa chance pour n’être au final qu’un vagabond sans but. Déterminé à s’en sortir, il décide de rendre visite à un ancien camarade d’université richissime dans le but d’obtenir une situation. C’est là qu’il tombera sous le charme de la fiancée de ce dernier, Madge (Kim Novak).


                                



Celle-ci, ancienne reine de beauté ne se voit réduite qu’à cette seule surface par son entourage. Chacun d’eux dissimulent de douloureuses fêlures sous le physique avantageux. William Holden, un peu trop vieux pour le rôle en fait finalement un avantage pour exprimer l’usure morale de cet Adonis déclinant, dont la beauté animale se révèle lors d’une scène (largement exploité lors de la promotion du film) où il apparaît torse nu. Hal est ainsi rongé par cet attrait qu’il exerce encore mais qui ne contrebalance plus une situation sociale insignifiante. A la fin de la décennie, La Fureur de vivre égratignera sévèrement l’imagerie de la jeunesse pure et innocente des années 50, en montrant pour la première fois les fêlures de ces adolescents. Sorti quelques années plus tôt, Picnic était encore plus audacieux en se penchant sur la question de « l’après », et surtout en choisissant de montrer de purs archétypes de cette Amérique juvénile et insouciante sous un jour négatif quelques années plus tard. (
http://www.iletaitunefoislecinema.com/chronique/3763/picnic-joshua-logan-1955)


                    
                            

La première version de Cimarron, réalisée par Wesley Ruggles en 1931, fût l'un des premiers films à avoir reçu l'Oscar suprême, celui du meilleur film justement. Dans le contexte de l'époque, il s'agissait d'une œuvre très courageuse et qui forçait le respect ; que le personnage principal prenne alors fait et cause (sur un ton certes un poil paternaliste mais que l'on peut aisément excuser) pour les Indiens, les juifs, les noirs, les prostituées... que le même film applaudisse à l'émancipation de la femme..., ce n'était pas si courant et le western, genre considéré comme plutôt mineur, en était sorti grandi ! Qu’Anthony Mann décide d’en faire un remake en couleurs et en cinémascope n’était pas peu alléchant. Après Les Sept mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges et Alamo de John Wayne, c’aura été le troisième spectacle westernien de prestige (au niveau des moyens) de l’année 1960. Il aura néanmoins vite fallu que la plupart des fans du cinéaste déchantent une fois le résultat projeté en salles ; ce fût d’ailleurs un retentissant échec commercial, à postériori assez mérité. Qu’il soit inférieur à la plupart des westerns des années 50 du réalisateur pouvait aisément se comprendre tellement les précédents avaient atteint des sommets difficilement égalables, mais une telle différence qualitative aussi bien au niveau du style que de l’écriture entre Cimarron et le quinté avec James Stewart n’était guère envisageable. Et pourtant, c’est bel et bien le cas ! En effet, on ne retrouve ici quasiment rien de ce qui avait fait d’Anthony Mann l’un des plus grands génies du genre hormis à quelques rares reprises, au détour d’un plan somptueux sur une caravanes de pionniers traversant les immenses étendues herbeuses ou bien lors de séquences à la violence d’une étonnante sécheresse comme celle du lynchage de l’indien ou, plus stupéfiante encore, celle de la prise d’otage des enfants. Pour le reste, Mann semble s’être désintéressé de son film. Dans le domaine du cinéma à grand spectacle, ses péplums à venir produits par Samuel Bronston (Le Cid ou La Chute de l’Empire romain) auront, quoiqu’on pense de ces deux film, une toute autre ampleur.


              



Anthony Mann a d’ailleurs désavoué son film "en lambeaux", reniant le remontage effectué par le producteur Edmund Grainger. Suite aux divergences de plus en plus béantes avec le studio, le réalisateur avait même quitté le tournage avant d’avoir tout mis en boîte, remplacé pour les scènes manquantes par l’un des réalisateurs les plus prolifiques et doués de la compagnie du lion, le spécialiste des comédies musicales Charles Walters. Se lançant alors à corps perdu dans la préparation de Spartacus, Mann y sera évincé peu après pour être remplacé par Stanley Kubrick. Une vraiment mauvaise année pour ce grand cinéaste même si au final, pour nous spectateurs, nous n’aurons pas eu à nous plaindre concernant ce dernier film tellement le réalisateur anglais en a tiré le meilleur parti possible, nous octroyant à l’occasion l’un de ses innombrables chef-d’œuvre ! 


               
                              

Mais revenons sur le Continent qui nous concerne. Avant ce remake de la version de 1931 de La Ruée vers l’Ouest, Wesley Ruggles avait été un temps tenté d’en faire lui-même une version musicale pour la Columbia ; puis la MGM eut dans les années 40 l’idée d’en faire une version mettant en scène Clark Gable et Norma Shearer. Rien ne se concrétisa jusqu’à ce que Edmund Grainger ressorte ce projet des tiroirs en 1958 avec cette fois l'intention d’en faire un véhicule pour Rock Hudson après son immense succès dans l’autrement plus réussi Géant de George Stevens. Ce fut finalement Glenn Ford qui fût choisi pour cette nouvelle adaptation du roman d’Edna Ferber (Géant, Show Boat, L’intrigante de Saratoga…) que l’auteur renia elle aussi, ne reconnaissant à aucun moment ni son histoire ni son univers, critiquant même fortement de n’avoir même pas été consultée ni même rétribuée : "I received from this second picture of my novel not one single penny in payment." écrivait-elle en 1961.(http://www.dvdclassik.com/critique/la-ruee-vers-l-ouest-mann)

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