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vendredi 30 septembre 2016

Hervé Bromberger

Hervé Bromberger est un réalisateur et scénariste français né le 11 novembre 1918 à Marseille, et mort le 25 novembre 1993 (France). Journaliste, collaborateur de Decoin et de Cocteau, il a oscillé dans son oeuvre de réalisateur entre le mal de la jeunesse (Asphalte) et Daniel Rops. Il y a des choix meilleurs. A sauver pourtant, outre La bonne tisane, satire des hôpitaux où Estella Blain était émouvante, un excellent film noir, Identité judiciaire, où Debucourt était remarquable en avocat meurtrier.Il débute comme journaliste, côtoie Henri Decoin et participe à plusieurs films avec Decoin et Jean Cocteau. Il entame une carrière de réalisateur en 1949, oscillant entre la satire sociale, la description des difficultés de la jeunesse et l'adaptation littéraire. Le classicisme de sa mise en scène nuit souvent à l'esprit ironique qu'il voudrait insuffler. L'Inconnu d'un soir est une fable sur le pouvoir et l'amour. Identité judiciaire montre un avocat assassin qui défend le faux coupable. Seul dans Paris, avec un surprenant Bourvil, est une description amusée des provinciaux dans la capitale. La Bonne Tisane est une satire des milieux hospitaliers.Les Loups dans la Bergerie qui lance la carrière de Françoise Dorléac, oppose des truands à des éducateurs pour enfants inadaptés. Mort où est ta victoire ? est une adaptation de Daniel Rops qui décrit le destin mélodramatique d'une religieuse. Un Soir à Tibériade est également rempli de noirceur et de religiosité. Cinéaste honnête, il termine sa carrière à la télévision (Jo Gaillard, La Nuit du Général Boulanger).


                               


Identité judiciaire est un film français réalisé par Hervé Bromberger et sorti en 1951.Plusieurs femmes sont assassinées par un sadique qui les a, au préalable, endormies au curare. Aidé de son adjoint Paulan, le commissaire Basquier enquête. Plusieurs pistes ne mènent à rien. Enfin le coupable est découvert, il s'agit de maître Berthet, un avocat sadique, qui après une poursuite mouvementée dans les magasins généraux, se jette dans le vide. Il est à noter que ce film est directement à l'origine de la fameuse série policière télévisée (1958-1972) Les Cinq Dernières Minutes avec Raymond Souplex dans le rôle de l'inspecteur Bourrel.Une bonne intrigue, mettant en valeur la police et ses méthodes modernes. "Les Experts" de l'époque !Solide intrigue pour ce polar de 1951 où la police déploie toutes ces techniques modernes de recherches et d'investigations. Tout y passe, les empreintes de mains et de balles, les quelques cheveux qui font remonter aux témoins, la chimie, les résidus de plantes, la graphologie (trop importante), les télécommunications..... bref, si en plus ils avaient eu un smartphone et l'adn,ils auraient fait des miracles...... les acteurs sont très bons dans ce NCIS Paris saison 1.....La jeune Denise, à la suite d'une fugue, s'est suicidée en se jetant dans un canal. On découvre qu'elle a été droguée au curare. Deux autres femmes ont été retrouvées sans connaissance dans les rues de Paris. L'une d'elles, Madame de Sannois, défendue par maître Berthet, refuse de fournir le moindre renseignement sur son aventure. 


            
   
 Le commissaire Basquier, assisté de l'inspecteur Paulhan, retrouve la trace du pourvoyeur de drogue, Petrosino, qui était un habitué d'un bar tenu par Dora Bourbon. On découvre à son tour, la jeune femme droguée au curare. À l'hôpital, elle revient à elle mais ne se souvient plus de rien. C'est dans le bureau de maître Berthet, quelques jours plus tard, qu'elle se rappelle un certain nombre d'indices pouvant mettre la police sur la piste. L'avocat l'étrangle car c'est lui le mystérieux sadique que la police recherche... Mais une lettre anonyme que le commissaire Basquier ne tarde pas à identifier comme émanant de Madame de Sannois, accuse maître Berthet. Basquier tend un piège au criminel en la personne de sa collaboratrice, Madeleine. Poursuivi dans les Magasins Généraux de La Villette, l'avocat préférera se donner la mort en se jetant dans le vide, plutôt que de passer en justice...


                   

La Bonne Tisane est un film français réalisé par Hervé Bromberger et sorti en 1958Il s'agit d'un film policier tourné en noir et blanc. Le début du film présente deux histoires en parallèle, sans lien. Dans la seconde partie les deux histoires se rejoignent. Un caïd, René Lecomte, de retour en France après un séjour à l'étranger, se fait tirer dessus lors d'un règlement de compte. Gravement blessé il parvient à ramper jusqu'à l’hôpital ou il est découvert par Thérèse une jeune infirmière idéaliste dont c'est la première nuit de garde. La grande majorité du film se déroule dans l’hôpital. La description du milieu hospitalier est assez surprenante. A part Thérèse qui a pour obsession d'aider les malades, le reste du personnel semble très porté sur le sexe ... On est en plein fantasmes avec des infirmières qui défilent dans les bureaux des médecins pour assouvir leurs besoins. Thérèse se fait littéralement harceler par le docteur Augereau mais on a l'impression que tout le monde trouve cela normal dans l’hôpital. Elle finira dans ses bras à la fin du film ... Lecomte blessé n'en finit pas d'agoniser et de ressusciter ... c'est tout à fait irréaliste. Cependant le film a une tonalité sérieuse, dramatique, sans second degré. L'interprétation est plutôt bonne mais les acteurs surjouent leurs personnages qui sont assez caricaturaux. La mise en scène ne montre rien de bien captivant. Les décors sont assez limités. Même si cela se déroule durant une nuit, l'hôpital a l'air désert. Les dialogues ne sont pas passionnants. Ils frisent parfois le ridicule notamment dans les dernières scènes lorsqu'au petit matin le personnel de l’hôpital quitte le travail en discutant ... Les truands parlent un langage argotique qui contraste bien avec le langage des médecins et des infirmières.

 
          

"La bonne tisane" porte bien son nom tellement le mélange proposé au spectateur est parfois soporifique. Le metteur en scène qui réalisera seulement 10 films semble hésiter entre parodie et hommage aux films policiers de Becker, qui 4 ans plus tôt ont remis Gabin au goût du jour. L'air mauvais de Blier dès l'entame du film dans l'avion qui le ramène du Brésil nous persuade de rapidement le voir jouer les gangsters à la manque qui ont accompagné Gabin et Ventura dans les comédies géniales de Grangier ou Lautner. Mais nous sommes en 1958 et il faudra attendre encore 3 ans avec la sortie du "Monocole" ou du "Cave se rebiffe". En réalité Blier n'a pas encore opéré sa mue en acteur comique et Bromberger bien maladroitement tente de lui faire endosser le costume du Max le menteur joué par Gabin dans "Touchez pas au grisbi". Aussi bon acteur était Blier il ne pouvait pas endosser toutes les défroques. Blier s'en est sans doute rendu compte et il semble profiter de ce petit nanar pour rôder les rôles qui illumineront sa deuxième partie de carrière. 


                                

A partir de ce malentendu et du manque de moyens évident, Bromberger qui n'était pas un aigle derrière la caméra nous sert une tisane un peu indigeste. Reste le plaisir de voir Raymond Pellegrin en médecin séducteur à moustache et surtout la scène finale surréaliste et grandiose où un Blier au bord de l'agonie, grimaçant à l'extrême se ballade tel Nosferatu dans cette clinique désespérément vide où Bromberger nous a cantonné une heure durant. En sus, nous avons le plaisir de voir combien Estella Blain était jolie et de découvrir Stephan Audran avant que son nez refait lui donne le charme que l'on connait. Pour sûr que si Lautner a vu le film, il a été conforté dans son choix de faire de Blier le pivot de ses premières comédies . Un film mineur qui marque une transition dans le parcours d'un de nos plus grands acteurs. 
Source : http://www.senscritique.com/film/La_Bonne_tisane/critique/42154359

jeudi 29 septembre 2016

Elke Sommer


Actrice allemande, née Elke Schletz, le 5 novembre 1940, à Spandau (Allemagne). Fille unique du pasteur Peter Schletz et de Renata Topp, la petite Elke est la noble descendante d'une lignée d'origine allemande dont elle héritera plus tard du titre de baronne. Mais les difficultés occasionnées par le second conflit mondial placent pour l'heure la famille dans une situation financière délicate. Adolescente, elle montre des talents artistiques évidents qui poussent ses parents à faire néanmoins les sacrifices nécessaires à son épanouissement culturel. C'est ainsi qu'elle suit, dès 1950, des cours de peinture qui lui permettent aujourd'hui d'être une artiste reconnue dans cette discipline. En 1957, elle s'exile à Londres comme jeune fille au pair afin de parfaire sa connaissance de la langue anglaise, une initiative qu'elle n'eut pas à regretter lorsque la gloire fut venue. Car, lors d'un voyage en Italie en compagnie de sa mère, elle est remarquée par le producteur-réalisateur Giuseppe Benetti qui la fait débuter dans «L'amico del giaguaro». Elle enchaîne ainsi plusieurs films dans la péninsule («Ragazzi del Juke-box» et «La Pica sul Pacifico» en 1959, etc) avant de se retrouver sous l'objectif d'un metteur en scène germanique («Le gang descend sur la ville» de Gerd Oswald en 1959). A l'aise dans la pratique des langues dominantes, l'appétissante blonde retrouve les brumes londoniennes pour un «Don't Bother to Knock ?» (1961) qui n'est pas le remake du titre homonyme dont un autre sex‑symbolMarilyn Monroe fut avant elle la vedette. En effet, dotée d'avantages évidents dont elle use avec bonne grâce, Elke Sommer devient vite une valeur sûre des sixties, oscillant entre les polissonneries de Max Pecas («De quoi te mêles-tu, Daniela ?» en 1961, «Douce violence» en 1962) et les co-productions policières européennes («Les hommes de Las Vegas», 1968). Hollywood lui fait bientôt les yeux doux et la propulse successivement dans les bras de Paul Newman («Pas de lauriers pour les tueurs», 1963), Glenn Ford («Piège au grisbi», 1965) ou encore Dean Martin («Matt Helm règle ses comptes», 1968).(http://encinematheque.fr/bibli/A0/A075/index.asp)



                  

Les Hommes de Las Vegas est un film franco-hispano-italo-allemand réalisé par Antonio Isasi-Isasmendi, sorti en 1968.Les Hommes de Las Vegas : Tony décide de s'attaquer à un camion blindé réputé invulnérable et appartenant à la firme Skorski. Croupier dans un casino de Las Vegas, il se lie avec Anne, secrétaire et maitresse de Skorski, qui le moment voulu, accepte de lui révéler l'itinéraire du camion. Tony met au point le hold up qui se déroulera au lance flamme, en plein désert. Ce qu'il ignore, c'est que le FBI est aussi sur le coup...Sur le papier, « LES HOMMES DE LAS VEGAS » avait tout pour plaire : copro franco-hispano-italienne, c'est un ‘caper’ à la mode des sixties qui réunit un cast des plus hétéroclites : les vétérans du film noir à la française Jean Servais (en clin d’œil à « DU RIFIFI CHEZ LES HOMMES »), Georges Géret (en braqueur gay !), Armand Mestral et Roger Hanin (en parrain de Vegas !), une pin-up internationale : Elke Sommer, deux grandes gueules .américaines : Lee J. Cobb et Jack Palance et un jeune premier à la mode : Gary Lockwood, l’astronaute de « 2001, L’ODYSSÉE DE L’ESPACE ». La première heure séduit par ses côtés ultra-kitsch, ses grosses bagnoles, son goût du ‘high-tech’ (ah ! l’informatique de 1968 !), sa BO qu’on dirait piquée dans un vieux De Funès et ses acteurs multinationaux (mal) doublés en anglais.



           

C'est une fête du second degré. Et puis, une fois le braquage de fourgon consommé, reste tout de même une heure à tuer. Le camion est enterré dans le sable du désert pendant que tout le monde le recherche au-dessus, mais hélas, le film tout entier s’est enlisé avec lui. Il ne se passe rigoureusement plus rien, hormis des va-et-vient, des dialogues poussifs dans des bureaux, même les fusillades ne parviennent pas à maintenir éveillé. La faute certainement à un manque total de caractérisation des protagonistes dont aucun ne suscite l’intérêt ou l’empathie. Même Palance, tout surpris de se trouver du bon côté de la loi, est complètement transparent en flic des assurances. Cobb grimace beaucoup en méchant capitaliste et leurs deux ou trois face à faces sont d’une fadeur déconcertante. Réunir deux des plus grands cabotins du cinéma U.S. pour leur demander… ça ? « LES HOMMES DE LAS VEGAS » est donc un film de copiste, pompant allègrement dans « L’INCONNU DE LAS VEGAS » et les célèbres ‘capers’ anglais de l’époque, sans en avoir le clinquant et l’ironie. Ce ne sont pourtant pas les moyens qui ont manqué, apparemment. Juste l’inspiration.(http://wild-wild-western.over-blog.com/article-les-hommes-de-las-vegas-1967-79148037.html)


                 


Comme on pourra le constater à la vision de LA MAISON DE L'EXORCISME, il s'agit d'un film sans queue ni tête. Cette expression n'a d'ailleurs jamais mieux été employée que pour parler de ce film-là, sorte de film bicéphale dont il ne reste qu'une trame de quelques quarante minutes de l'oeuvre originale de Mario Bava qui s'intitulait LISA ET LE DIABLE.Petit rappel des faits, puisque l'intérêt de LA MAISON DE L'EXORCISME réside essentiellement dans son historique incroyable. Alfredo Leone, un producteur peu scrupuleux comme nous allons le voir, commande un film à Mario Bava. Ce dernier, après avoir réalisé un certain nombre de films majeurs, à commencer par son premier long métrage officiel LE MASQUE DU DEMON, s'engage dans la réalisation de LISA ET LE DIABLE. Ce film reprend les thèmes qui lui sont chers, à savoir un voyage aux frontières du rêve et la réalité empreint d'une ambiance macabre. LISA ET LE DIABLE était donc une oeuvre signée, puisque outre une utilisation des couleurs très personnelle qui identifie immédiatement un film de Bava, ou plus tard de ses disciples, on peut aussi retrouver son intérêt pour tout ce qui a trait à l'onirisme et au morbide.Malheureusement, le film ne plaît pas et aucun distributeur ne se risque à l'acheter. Le producteur se retrouve donc avec le film sur les bras. On est en 1972. Quelques mois plus tard, Friedkin sort L'EXORCISTE et fait un carton, ce qui donne des idées à Leone. Il demande à Bava de lui tourner des scènes d'exorcisme à intégrer à LISA ET LE DIABLE, afin de l'exploiter quand même, le propos étant, comme tout le monde l'aura compris, de surfer sur le succès de L'EXORCISTE. Cette pratique était courante dans le cinéma à cette époque, le cinéma bis en étant l'exacte définition, rappelez-vous dans le même ordre d'idée de L'ANTECHRIST.


            

Le résultat, quand on joue les apprentis sorciers, est ce film impénétrable dans le mauvais sens du terme, qui embarque le spectateur dans les méandres de l'imagination limitée de Alfredo Leone, qui entre parenthèses, signa ce film du nom de Mickey Lion. Mario Bava aurait été sollicité pour réaliser les scènes copiées sur L'EXORCISTE mais aurait finalement refusé de s'associer à cette entreprise. Pourtant, certaines rumeurs disent qu'il a effectivement tourné certaines scènes, mais qu'il a refusé que son nom figure au générique du film. C'est donc finalement le producteur qui tourne les séquences additionnelles. Parfois avec une certaine recherche dans les transitions expliquant les fameuses rumeurs sus-citées. Alfredo Leone est en fait un commerçant peu scrupuleux qui n'hésite pas à sacrifier l'oeuvre de Bava sur l'autel du profit et de la rentabilité. D'un autre côté, ayant acquis les droits d'un grand nombre des oeuvres de Bava, il permet à présent une large distribution des films du réalisateur. Ce qui explique que l'on trouve un copyright "The Alfredo Leone Trust" sur les trois Bava qui sortent chez Films Sans Frontières, alors qu'il n'avait aucun lien à l'origine avec certains de ces films.(http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=251)

mardi 27 septembre 2016

Alexander Knox

Alexander Knox est un acteur, scénariste et dramaturge canadien, né le 16 janvier 1907 à Strathroy (Ontario, Canada), mort le 25 avril 1995 à Berwick-upon-Tweed (Angleterre, Royaume-Uni).Alexander Knox débute au théâtre vers la fin des années 1920, aux États-Unis. Il poursuit sa carrière théâtrale au Royaume-Uni dans la seconde moitié des années 1930 (aux côtés, entre autres, de Laurence Olivier, Ralph Richardson), où il participe à quelques films à partir de 1936. De retour aux États-Unis dans les années 1940, il joue à Broadway de 1940 à 1949 (entre autres, avec Jessica Tandy et Kirk Douglas) et, jusqu'en 1952, dans des films hollywoodiens. L'un d'eux, Wilson (1944), lui vaut l'année suivante (1945) un Golden Globe Award et une nomination à l'Oscar, tous deux dans la catégorie du meilleur acteur. Victime du maccarthysme et mis sur liste noire, il repart au Royaume-Uni, où il s'établit définitivement, et tourne notamment trois films dirigés par Joseph Losey, "blacklisté" comme lui, ainsi que quelques productions européennes (dont Europe 51 de Roberto Rossellini, sorti en 1952, avec Ingrid Bergman, Giulietta Masina, ou encore La Vingt-cinquième Heure d'Henri Verneuil en 1967, avec Anthony Quinn, Virna Lisi, Serge Reggiani). Il revient toutefois de temps à autre au cinéma américain après la déchéance de McCarthy, et contribue à un dernier film en 1985. Il apparaît aussi à la télévision, d'abord dans un téléfilm britannique en 1938, puis entre 1954 et 1986, dans des séries (notamment Le Saint, un épisode en 1962) et téléfilms.


                


Rossellini parmi les Hommes « Europa 51 » est à la fois une épreuve et un bonheur pour le cœur. Cela se passe à Rome, une femme, bourgeoise, vit à travers ses mondanités et autres réceptions pour lesquelles il est urgent qu’elle se change attendu qu’elle a été retardée sur son trajet par des grèves. Et elle a donc si peu d’oreille et de temps pour écouter son garçon de 11/12 ans, Michel. Le drame survient et la vie d’Irène Girard bascule, passant d’abord par l’effondrement puis se relevant grâce à une révélation. Son entourage se perd alors en conjectures, sans jamais chercher à la comprendre, englués qu’ils sont tous dans leurs habits de certitudes, ceinturés par les habitudes. Sa révélation est douce -jamais assénée par le réalisateur- et elle n’est ni politique, ni religieuse. Ingrid Bergman y apporte sa lumière, elle irradie son personnage, comme souvent à travers bien de ses rôles. C’est là son second film sous la férule de Roberto Rossellini. L’actrice Hollywoodienne de Casablanca « , « Pour qui sonne le glas » ou encore « Les enchaînés » scandalisa la Profession à l’époque en quittant fille et mari, car après avoir vu « Rome ville ouverte » et « Païsa » elle écrivit au réalisateur une lettre où elle disait : « Cher M. Rossellini, J’ai vu vos films Rome, ville ouverte et Païsa, et les ai beaucoup appréciés. Si vous avez besoin d’une actrice suédoise qui parle très bien anglais, qui n’a pas oublié son allemand, qui n’est pas très compréhensible en français, et qui en italien ne sait dire que « ti amo », alors je suis prête à venir faire un film avec vous. » Ingrid Bergman Elle fut donc l’héroïne, le médium de Rossellini. Dans « Europa 51 » hommage est rendu aux humbles et parmi eux un personnage superbe, magnifiquement interprétée par une délicieuse Giuletta Masina (deux ans plus tard le 1er film avec Fellini, et l’amour et le cinéma que l’on sait… Bergman et Rosselini est l’une des plus belles histoires d’amour et de cinéma. 6 films et 3 enfants en découlèrent. Leur histoire est inscrite en chaque cinéphile à travers leurs films, grâce leur en soi rendue.


                

Porté par une Ingrid Bergman de toute splendeur, Europe 51 dresse avec force et sensibilité le portrait d'une femme de bonne famille dans l’Italie de l’immédiate après-guerre, qui, n'ayant pas su comprendre et écouter les souffrances de son jeune fils qui va mettre fin à ses jours, va décider de changer radicalement les priorités de sa vie afin de retrouver un sens à son existence. Poussée par une indescriptible force intérieur, elle va se consacrer à aider les pauvres, les exclus, les prostituées... des banlieues de Rome, allant jusqu'à rompre avec sa famille et ses codes bourgeois. Remarquablement mis en scène par Roberto Rossellini, ce portrait de femme en errance est une superbe réflexion sur la culpabilité, la repentance, l'engagement total et la sainteté. Magnifique.


                

Roberto Rossellini prend un sujet qui aurait parfaitement correspondu à des cinéastes féroces comme Luis Buñuel, Dino Risi ou encore Pietro Germi. Mais là où ses trois derniers aurait chargé à fond le trait dans la critique sociale, Rossellini prend le contre-pied de tout cela en l'épurant au contraire, en imposant une force tranquille en quelque sorte à l'ensemble. Il préfère plutôt se concentrer sur son sujet principal à savoir la rédemption d'une femme et par l'intermédiaire de cela sur la cinégénie exceptionnelle de son actrice principale (et épouse à l'époque !!!) Ingrid Bergman. On ne peut pas vraiment lui en vouloir, en particulier pour le dernier aspect.


                              


La femme de paille (1964) -La trame de fond est aussi bien une critique acerbe des différences de classes, qu’une réflexion sur les rapports de domination entre les sexes. C’est aussi pour Dearden une manière détournée d’interroger les fameuses valeurs traditionnelles britanniques qui reposent sur une hypocrisie sans fin et qui se trouvent gangrenées par les questions d’argent. En même temps c’est une opposition entre le sud de l’Europe pauvre mais jeune, Maria est italienne, et l’Europe du nord, riche mais vieillissante et impotente, Charles est anglais. Evidemment l’objet du film n’est pas de faire un traité politique, heureusement, mais plutôt de se servir de ces oppositions pour révéler les caractères et conduire le récit vers la nécessité du crime. Plusieurs plans montrent le contraste entre le manoir ou le luxueux yacht de Charles et le médiocre logement de Maria, à Londres comme en Espagne. C’est donc l’histoire d’un trio particulier puisque chacun de ses membres est frustré : Charles parce qu’il est infirme, Anthony parce qu’il a été dépossédé de la fortune de son père, et Maria parce qu’elle doit subir le comportement sordide de Charles. L’héroïne est Maria, c’est d’ailleurs la seule qui présente des sentiments humains. Mais c’est aussi la seule qui se laisse manipuler parce qu’elle a donné toute sa confiance à Anthony. Pour autant elle n’est guère plus claire puisqu’elle se lance ouvertement dans une captation d’héritage. Et si elle est condamnée à mort c’est bien aussi parce que dès le départ elle a cédé aux exigences d’Anthony de séduire d’une manière indirecte le vieux Charles pour son argent. Si elle est victime de la machination d’Anthony, elle est aussi coupable. Evidemment dans un tel scénario il y a des invraisemblances assez grossières, comme par exemple cette manière de vouloir faire passer Charles pour vivant aux yeux de la domesticité, ou même le rebondissement final. Mais c’est presque la loi du genre.



            

Ouvertement Dearden lorgne du côté d’Hitchcock, plutôt Rebecca et Suspicion. C’est assez réussi. Les décors sont très bien choisis ce qui donne un accent de vérité à ce drame. La majorité du film se passe dans des tête-à-tête un petit peu bavard, mais l’aspect théâtral du film est assez bien évacué par le déplacement incessant des personnages. La réussite du film repose pour beaucoup sur l’interprétation. Gina Lollobrigida est Maria, avec toute la sensualité nécessaire. Mais au-delà de sa plastique, elle passe facilement de la colère au désespoir, s’adoucissant parfois dès qu’elle se rend compte de la faiblesse véritable de Charles. Mélange de dureté et de sentiment, elle représente tout à fait l’Italienne telle qu’on se l’imaginait dans les années soixante. Sean Connery est impeccable dans le rôle d’Anthony, même si on peut critiquer son maquillage outrancier. Il manifeste assez bien cette sourde colère contre son oncle, que cette séduction qui va emporter la pauvre Maria. Il sortait à cette époque des succès internationaux des premiers James Bond et cherchait à diversifier sa carrière – il n’aimait pas le personnage de Bond qu’il trouvait raciste et trop anglais.


                   

Il donne ici beaucoup de subtilité à son personnage à la fois charmeur et cruel et montre ici qu'il vaut mieux que James Bond. La même année il tournera dans Marnie d’Hitchcock justement, et l’année suivante, après le succès immense de Goldfinger, il entamera une collaboration très fructueuse avec Sidney Lumet avec La colline des hommes perdus. L’odieux Charles est interprété par le très anglais Ralph Richardson. Il est, avec ce personnage, comme une explication du déclin de l’Angleterre qui à cette époque-là est très discuté. Le film est soigné, bien que la réalisation ne soit pas vraiment remarquable, le budget est conséquent. Les scènes de tempête sur le bateau ne sont pas très convaincantes, mais pour le reste la manière de filmer le manoir en utilisant la profondeur du champ pour bien marquer ce qu’il a d’écrasant et de morbide, ou la façon de regarder derrière les jalousies une Espagne endormie au soleil, tout cela passe très bien. Les scènes de repas au château comme sur le yacht ou encore la fête qui est donnée pour le mariage, manifestent cette distance de classe entre Charles et le reste du monde. L’écran large ajoute un peu de majesté à l’histoire et la photo est bonne. Le montage est vif et maintient l’intérêt soutenu du spectateur. Si ce n’est pas un chef d’œuvre, c’est donc un film solide qui se revoit avec plaisir plus de cinquante ans après sa sortie. Il a bien passé le cap des années. Curieusement il est devenu très difficile à trouver en France dans une bonne édition. On remarquera aussi l'importance du fauteuil à roulette, un peu comme dans les vieux Frédéric Dard !(http://alexandreclement.eklablog.com/la-femme-de-paille-woman-of-straw-basil-dearden-1964-a125893170)

lundi 26 septembre 2016

Le crime qui est le tien

« Une ville d’Australie dans les années soixante-dix. C’est Noël et il fait une chaleur étouffante. Etouffante, c’est le bon mot pour décrire l’atmosphère si particulière de cette bande dessinée. Les couleurs sont chaudes, rehaussées par le contraste avec un noir omniprésent. Mais ce qui reste en mémoire, c’est cette tâche de blanc, le blanc immaculé de la robe de Lee, une beauté blonde et sulfureuse qui aime raconter à son mari toutes les aventures extra-conjugales qu’elle a eu du temps de leur mariage. Mais Lee est morte, sauvagement assassinée, 25 ans plus tôt. Un polar lent, à l’ambiance pesante et fascinante, qui rappelle un vieux film et commence après la résolution de l’enquête. Pourtant, il plane comme un quelque chose d’irrésolu… ». Australie, Nouvelle-Galles du Sud, 1970. À Dubbo City, la chaleur de la nuit est aussi poisseuse que les souvenirs et les rancoeurs. Accusé du meurtre de sa femme Lee, une jolie blonde aussi chaude que les nuits urbaines, Greg, condamné à être innocent, revient dans sa ville natale après vingt-sept ans de cavale. Avant d'être emporté par un cancer, son frère Ikke a balancé son grand secret : c'est lui qui a tué Lee. Mais la vérité n'est pas toujours là où on l'attend... Berthet et Zidrou : un mariage sanglant ! (http://www.izneo.com/albums/le-crime-qui-est-le-tien/crime-qui-est-le-tien-le-one-shot-Tome1-A9127700)


                 


Il y a deux façons d’écrire un polar : soit on respecte à la lettre les règles du genre, soit on joue avec, malgré le risque que cela représente. Zidrou, omniprésent dans l’actualité de ce début d’automne 2015, suit cette seconde voie, dangereuse. Il reprend les grands ressorts du récit policier, mais les renverse : le nom de l’assassin est révélé dès le début et la scène du crime est dévoilée à la fin ; la victime est omniprésente tandis que le shérif n’investigue pas. Pourtant, tout se tient dans ce récit qui tourne autour d’une jeune femme nymphomane. Mais tout se tient dans le mensonge et les apparences. Les personnages sont manipulés, le lecteur aussi. Très bien porté par la ligne claire de Philippe Berthet (l’excellent La Route de Selma), qui soutient l’atmosphère pesante du récit, cet album reprend avec bonheur des éléments du roman noir : aucun manichéisme simpliste, tous les personnages portent leur croix et suivent leur propre quête dans une ambiance glauque. Mais la narration fait penser aussi à l’œuvre d’Agatha Christie, dans laquelle le pacte qui lie classiquement le narrateur, le personnage et le lecteur est rompu, ultime mise en œuvre du mensonge. Ce pourrait être une relecture de l’histoire d’Abel et Caïn, mais aussi une satire sociale, ou bien une dénonciation du poids des apparences ou, enfin, un jeu narratif. Le Crime qui est le tien est tout cela à la fois. Pari risqué, mais pari gagné.(http://www.bdgest.com/chronique-6860-BD-Crime-qui-est-le-tien-Le-crime-qui-est-le-tien.html)


                 


Difficile de dire où Benoit Zidrou va s'arrêter dans la démonstration impressionnante de ses talents de scénariste. Avec ce nouveau one-shot, il nous emmène dans les pensées d'un homme solitaire et désabusé, qui va partir à la recherche d'une vérité improbable qu'il n'attendait pas. En quelques instants, la tension s'installe, happant le lecteur comme le renard abattu d'un coup de fusil en page 7. Les dialogues de cet album sont tout simplement brillants et immédiatement accrocheurs, tout comme le rythme de ce parcours vers la vérité, à travers un bled australien dans les années 70. Une mise en scène parfaite qui construit des sommets d'intensité dramatique, sur laquelle Philippe Berthet se pose avec brio. Son style sobre et sa mise en page cinématographique sont parfaitement exploités, le surgissement de la belle Lee dans les cases aux côtés de Greg apportant une touche de mystère ultra efficace. On se demande à chaque page où est la vérité, on ralentit sa lecture pour prolonger le plaisir d'enchaînements impressionnants. On se régale littéralement de cette histoire originale et surprenante à chaque instant. Le crime qui est le tien est une pépite de la rentrée littéraire en BD.(http://www.planetebd.com/bd/dargaud/le-crime-qui-est-le-tien/-/27330.html)

dimanche 25 septembre 2016

Buzz Kulik

Buzz Kulik est un réalisateur et producteur américain né le 23 juillet 1922 à Kearney (New Jersey), (États-Unis), mort le 13 janvier 1999 à Los Angeles (Californie).Après avoir servi dans la Seconde Guerre mondiale, New York-né Buzz Kulik a rejoint une agence de publicité en tant que producteur-réalisateur de publicités télévisées. Après quelques années, il a quitté l'agence et est devenu un réalisateur de télévision pendant la période connue sous le nom "The Golden Age of Television"; Kulik a dirigé de nombreux épisodes de  séries d'anthologie très respectées comme Playhouse 90 (1956) et que vous êtes là (1953), en plus de séries comme Les ACCUSE (1961) et La quatrième dimension (1959). Kulik a commencé à diriger des Longs métrages au début des années 1960 , mais il est revenu à la télévision pour devenir l' un des réalisateurs les plus respectés dans le genre .L' un de ses téléfilms les plus notables et très acclamé fut Brian's Song (1971). Pendant la campagne présidentielle 1971-1972 Kulik était le conseiller de télévision pour le candidat démocrate le sénateur Edmund Muskie .(IMDB)



               


Sous la houlette d'un grand réalisateur, « Pancho Villa » aurait peut-être été une réussite totale. Je dis bien « peut-être » car Buzz Kulik ne démérite pas. Au contraire, j'ai même pris un réel plaisir à suivre ces aventures mexicaines aux situations de qualité et globalement bien écrites, même si Yul Brynner est encore moins expressif que d'habitude dans le rôle-titre. Robert Mitchum joue en revanche la nonchalance avec son brio habituel, tandis que Charles Bronson livre une étonnante prestation pour ce qui est sans doute l'un de ses rôles les plus ambigus. Le portrait du leader sud-américain évite ainsi plutôt bien la caricature pour nous décrire un pays sous haute tension et souffrant de très nombreuses injustices, sans pour autant idéaliser les uns et les autres pour se donner bonne conscience. La cause défendue a beau d'ailleurs être respectable, le réalisateur ne cherche nullement le plaidoyer simpliste et sans recul, Villa n'ayant rien d'un héros irréprochable, tandis que l'évolution positive de Lee Arnold ne se fera que tardivement. Pas de quoi sauter au plafond donc, mais un « faux western » avec ce qu'il faut de réflexion et d'action (belle bataille finale) pour rendre le résultat plaisant et digne d'intérêt : une bonne surprise.Metteur en scène réputé pour la télévision, Buzz Kulik signe ici son plus mauvais film! De Kulik, il faut quand même retenir "The Hunter", excellent polar avec le regretté Steve McQueen! Mais revenons à ce très mineur "Pancho Villa", version 1968, avec un douteux Yul Brynner (la moumoute est aussi improbable que la prestation), Charles Bronson et Robert Mitchum dans lequel il incarne un aventurier nord-américain, trafiquant avec les forces fédérales, puis contraint de lutter aux côtés de Pancho Villa!


            

Une distribution prestigieuse ne fait pas toujours un bon western! Et pourtant, la musique était de Maurice Jarre, le scénario du grand Sam Peckinpah et Robert Towne, et le roman tiré de William Douglas Lansford! En 1971, Eugenio Martin tournera même un autre "Pancho Villa" avec Telly Savalas et Clint Walker! Un faux pas de la part de Kulik dont on aimerait voir ses premiers films! A voir surtout pour son casting quatre étoiles et pour l'efficacité de certaines scènes d'action et de bataille...Film intéressant sauf que le réalisateur ou les producteurs semblent avoir beaucoup hésité entre film sérieux et film de divertissement jusqu'à en devenir bizarre quand il montre les pires des exécutions sur un mode léger. Niveau historique il y a des gros raccourcis donc à un moment on ne comprend pas trop qui combat qui.Un casting extraordinaire (Brynner, Bronson, Mitchum et Fernando Rey entre autres) au service de ce western rythmé et efficace mais manquant réellement d'ampleur. Scénarisé par le génie que fut Peckinpah (cela se sent parfois dans certaines scènes) il est regrettable que ce ne soit pas lui qui réalisa Villa Rides. A voir surtout pour ses acteurs.(Allociné)


                 


Produit par ce vieux roublard de William Castle, Riot est l'adaptation d'un livre de Frank Elli, revenant sur une véritable mutinerie ayant eu lieu dans un pénitencier d'Arizona. Tourné dans la prison de Yuma avec de vrais prisonniers en guise de figurants, Riot étonne aujourd'hui par sa liberté de ton, le film réalisé par Buzz Kulik (essentiellement connu pour des téléfilms et des mini-séries) se révélant sacrément rude et violent à une époque où l'on évitait de montrer certaines facettes du milieu carcéral. Composé de sacrées trognes, le casting est l'élément le plus satisfaisant d'un long-métrage peinant à démarrer, la présence de la star Jim Brown et d'un Gene Hackman encore méconnu, ainsi qu'une palanquée de seconds rôles marquants, compensant un rythme un peu laborieux et une intrigue loin d'être renversante. Pas aussi marquant que les classiques du genre, Riot reste intéressant à voir pour son ambiance sèche et sans concession, ainsi que pour les pures gueules qui composent sa distribution. Nous parlions récemment des films qu'il ne faudrait jamais revoir. Mais il y a aussi ceux qu'il ne faudrait jamais VOIR. Qu’on fantasme pendant des années, qu’on imagine, dont on voit des photos, qu’on aime d’avance. Et puis quand finalement, on met la main dessus…RIOT « LA MUTINERIE » c'est exactement ça ! Gene Hackman et Jim Brown dans un film de prison, on visualise instantanément un remake des « RÉVOLTÉS DE LA CELLULE 11 », le bijou de Don Siegel. À tort. C'est oublier un peu vite que le téléaste Buzz Kulik n’est pas Siegel et que tant qu’à aller tourner dans un vrai pénitencier avec de vrais taulards comme figurants, on aurait préféré un bon documentaire.(Senscritique)


           


Le scénario est simple : des prisonniers prennent des gardiens en otages et font mine d’avoir des revendications, alors qu’en réalité ils creusent un tunnel pour filer en douce. Le problème, c'est que l’histoire commence et finit là. Le reste du film est une interminable attente, des gros-plans sur des visages en sueur, des travellings sur des gardiens armés de fusils à lunettes, des tunnels de dialogue d’une invraisemblable platitude. Ce n’est même pas du téléfilm, c'est pire ! Et que dire de la séquence de rêve où Jim Brown se retrouve au bord d’une piscine au milieu d’une meute de naïades noires surexcitées ? L’ex-footballeur expose complaisamment sa plastique de champion, mais n’a jamais été un grand comédien. Dommage, on ne voit que lui. Hackman lui, joue le meneur avec énergie, mais demeure trop en retrait. On remarque Benito Carruthers, acteur-fétiche de Cassavetes, déjà partenaire de Brown dans « 12 SALOPARDS », dans un numéro de psychopathe écumant à rendre jaloux Kinski en personne. « WWW » avait placé « LA MUTINERIE » dans sa longue liste de réclamations. Il n’aurait pas dû ! Qu’on nous donne le film de Siegel, plutôt. En espérant que…(http://wild-wild-western.over-blog.com/article-la-mutinerie-1968-68300158.html)

Paul Desmond

Paul Desmond, de son vrai nom Paul Emil Breitenfeld, est un saxophoniste de jazz né à San Francisco le 25 novembre 1924 et mort à New York le 30 mai 1977.Paul Emil est le fils d'Emil Breitenfeld, organiste et pianiste d'origine ashkénaze, qui a notamment joué pour certains films de cinéma muet, et écrivain musical pour music halls. Durant son enfance, il doit quitter la maison familiale à San Francisco à cause des troubles émotionnels dont souffre sa mère. Il habite pendant quelques années à Nouvelle-Rochelle, dans la banlieue nord de New York, avec d'autres membres de sa famille. De retour à San Francisco, il étudie la clarinette avant de se tourner vers le saxophone alto en 1950.Engagé dans l'armée pour presque trois ans, il ne sera jamais appelé à combattre. Il y rencontre en 1944 un de ses futurs partenaires, le pianiste Dave Brubeck, avec qui il va souvent jouer en duo. À la fin de leur service militaire, ils promettent de se revoir pour travailler ensemble. C'est en 1946 qu'ils vont former le Dave Brubeck Octet. Ils enregistrent alors un seul album qui fut un échec commercial. Paul Desmond choisit alors de travailler avec le clarinettiste Jack Fina et Alvino Rey. Il retourne à San Francisco après avoir entendu le nouveau trio de Dave Brubeck à la radio (avec Cal Tjader et Ron Crotty).


                

C'est en 1951 qu'ils vont former leur groupe maître, le Dave Brubeck Quartet.Dave Brubeck et Paul Desmond sont les seuls membres fixes du Dave Brubeck Quartet. Celui-ci va connaître beaucoup de changements de bassiste et de batteur jusqu'à l'arrivée d'Eugene Wright, contrebassiste afro-américain, et de Joe Morello à la batterie. Ils enregistrent de nombreux succès, notamment Jazz at Oberlin, en 1953, et Jazz goes to College, en 1954. Mais c'est en 1959 que le Quartet connaîtra son plus grand succès musical, l'enregistrement de l'album Time Out, regroupant 7 compositions aux signatures rythmiques inhabituelles telles que Blue Rondo a la Turk, Three to get Ready, Pick up Sticks, et surtout la composition maître de Paul Desmond. Il s'agit de Take Five, composition en 5/4, qui fera monter le groupe au plus haut niveau du Bilboard Hot 100 et qui sera tout simplement une consécration dans le monde du jazz. Desmond participe à plusieurs autres albums comme la série Time (Time Further Out, Time Changes...) ou la série Impressions (of Japan, of New-York...), et ce jusqu'en 1967 à la dissolution du quartet. Les notoriétés de Desmond et Brubeck sont parfois comparées à celles de Billy Strayhorn et Duke Ellington, les premiers restant dans l'ombre des seconds. Comme Desmond avec Take Five, Take the A Train est souvent attribué à tort à Ellington.Desmond a travaillé avec d'autres grands musiciens de jazz, comme Gerry Mulligan, avec qui il a fait plusieurs albums dont Two of a Mind en 1962, Chet Baker, avec qui il a enregistré Together en 1977, et le Modern Jazz Quartet en 1971. Il a eu son propre quartet avec le guitariste Jim Hall avec lequel il a enregistré plusieurs albums comme Take Ten en 1963 ou Bossa Antigua en 1965.Desmond a toujours connu des problèmes de dépendance chimique depuis l'adolescence.


                             


Il était grand consommateur de Scotch Whisky Dewar's et de cigarettes Pall Mall. Il meurt à 52 ans en mai 1977 chez lui à New York, après avoir fait une dernière tournée avec Dave Brubeck au mois de février de la même année. À l'annonce de sa maladie, un cancer du poumon, il aurait déclaré, avec son humour légendaire, être content de la santé de son foie.Desmond était connu pour son caractère particulier, notamment pour sa timidité et sa quiétude légendaire. Il était également connu pour ses citations et son sens de l'humour très fin. Quand Joe Morello est arrivé dans le Dave Brubeck Quartet en 1956, Desmond, qui avait repéré son jeu subtil aux balais aux côtés de Marian McPartland et l'avait recommandé auprès de Brubeck, fut surpris par la nouvelle tournure de son jeu aux baguettes, qu'il trouvait brutal et fantaisiste. Il menaça de quitter le quartet : « Soit il s'en va, soit je pars. », à quoi Brubeck a répondu : « Paul, il ne part pas. » Desmond est pourtant resté tout en ne parlant plus à Morello pendant un an. Les deux se sont réconciliés par après. Cela n'empêchait pas Paul Desmond de lire un livre pendant que Joe Morello faisait des solos de batterie lors d'enregistrements . Il semble que la lecture était un aspect important de sa vie, en particulier les œuvres de Timothy Leary et de Jack Kerouac.


                 


Il voulait devenir écrivain, mais y a finalement renoncé : « je ne pouvais écrire qu'à la plage et j'ai toujours mis du sable dans ma machine à écrire. » Il a pourtant écrit une nouvelle comique, juste après la dissolution du Dave Brubeck Quartet, How many of you are there in the quartet?, publiée dans le magazine Punch. Il aurait aussi écrit une biographie jamais publiée.Paul Desmond a donné plusieurs explications à au choix de « Desmond » comme pseudonyme : un nom trouvé dans un annuaire téléphonique ou dans le journal, le nom d'une petite amie... Il a raconté un jour avec humour, qu'il trouvait que son vrai nom de famille, Breitenfeld, sonnait "trop irlandais" à son goût. Le saxophoniste Hal Strack, ami de Desmond, raconte qu'en 1942, le chanteur qui remplaçait Howard Dulany dans l'orchestre de Gene Krupa avait un nom italien compliqué, qu'il avait décidé de changer pour Johnny Desmond. Desmond a dit à Hal Strack : « Mais c'est un super nom, ça, tu sais. C'est doux mais ça reste peu commun. Si un jour je change de nom, ça sera Desmond ».Paul Desmond est également connu pour ses aphorismes acerbes et ironiques : « J'ai gagné plusieurs prix du « Joueur d'alto le plus lent du monde », et même un prix spécial en 1961 pour du silence. » « Parfois j'ai l'impression que pendant des orgies à New York, quelqu'un dit « appelons Desmond ! » et que quelqu'un d'autre répond « pourquoi s'embêter ?


               


Il est probablement chez lui à lire l'Encyclopædia Britannica. » À propos de Jack Kerouac : « Je déteste sa façon d'écrire. J'aime plutôt bien la façon dont il vit, par contre. » À propos du jeu d'Ornette Coleman : « C'est comme vivre dans une maison où tout est peint en rouge. »Le jeu de Paul Desmond est fluide et aéré, très peu doté de vibrato, avec un son beaucoup plus doux que les autres saxophones, ce qui faisait tout son charme (un son ressemblant au saxophone de Lee Konitz). Ses deux plus grandes influences furent Lester Young et Art Pepper. Son son très « pur », son phrasé décontracté et inspiré, son sens du swing en font un des musiciens les plus populaires du Jazz West Coast. Desmond possédait un saxophone alto Selmer Super Balanced Action depuis 1951 avec un bec M.C Gregory 4A-18M et utilisait des anches Rico 3 ½. Il l'a légué à Michael Brubeck, deuxième fils de Dave et Iola Brubeck.(Wiki)


               


« ... Je suis le saxophoniste dans le quartet de Dave Brubeck, auquel je me suis joint après la guerre de Crimée. Vous pouvez facilement me reconnaître, parce que, lorsque je ne joue pas, ce qui se produit étonnamment souvent, je reste appuyé contre le piano. » C'est ainsi que Paul Desmond se présentait lui-même ; avec cet humour à froid qui lui donnait, sous ses lunettes à forte monture, un air faussement détaché ; avec modestie aussi, car, des quatre musiciens du groupe, il était de loin le plus intéressant, le plus attachant. Saxophoniste alto au jeu fluide et aéré, à la sonorité délicate, rarement dotée de vibrato et quelquefois flûtée, à l'invention mélodique toujours en éveil, cachant sous une souveraine facilité une habileté consommée à négocier les tournures harmoniques les plus riches et les lacets rythmiques les plus complexes, y prenant même goût par curiosité comme par jeu, Paul Desmond restera à jamais attaché au quartet de Dave Brubeck. Il en fut, avant son chef, le soliste privilégié, celui qui donnait une âme à ce groupe par ailleurs très controversé ; il composa, sur une mesure peu usitée (en 5/4), le thème le plus célèbre de son répertoire, l'air qui donna en quelque sorte au quartet son image de marque : Take Five.


                  


Paul Desmond y trouva la sécurité, l'argent, le plaisir de voyager et la camaraderie familière ; il y perdit, sinon la gloire, du moins la célébrité personnelle ; mais, de cela, il n'avait cure et tournait en dérision toute question abordant le sujet. Paul Desmond, en effet, était bien autre chose qu'un épigone de Dave Brubeck ; c'était un musicien original, issu, comme tous ceux de sa génération, de l'école parkérienne ; marqué, sans doute, par Lee Konitz, l'explorateur blanc de la côte Ouest. Très tôt, il avait mêlé ces influences à celles d'autres musiciens : l'ellingtonien Johnny Hodges, les expressionnistes Pete Brown, Willie Smith et Earl Bostic, tous saxophonistes altos porteurs d'un fort vibrato, tous musiciens du jazz classique.
Interview de Charlie Parker par Paul Desmond en 1954. À lire et à écouter… Le saxophoniste Bob Reynolds a retranscrit l'interview de Charlie Parker par Paul Desmond, faite en 1954 pour une radio de Boston. Charlie Parker parle de ce que la musique devrait être, pour qui elle est et comment il a cette incroyable maîtrise. Et de la nécessité de travailler comme un acharné pour être un génie !(http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-desmond/)

vendredi 23 septembre 2016

Sheila Terry

Sheila Terry naquit Kay Clark, le 5 mars 1910 à Warroad, Minnesota. Elle étudia d’abord l’art dramatique à l’académie Dickson-Kenwin, une école affiliée à la Royal Academy de Londres. Plus tard, elle déménagea à New York, où elle continua ses études et apparut dans quelques pièces de théâtre. Alors qu’elle se produisait à Broadway dans "The Little Racketeer", elle fut remarquée par un alerte agent d’acteur qui lui offrit de passer un bout d’essai qui l’amènera à signer un contrat avec Warner Bros, compagnie pour laquelle elle joua durant les années 1930. Elle apparut avec John Wayne dans les westerns, Le fantôme (1932), Sous le ciel d’Arizona et Le territoire sans loi (1934). Elle apparut aux côtés de Bette Davis, Louis Calhern et Spencer Tracy dans le film de Michael Curtiz, 20,000 ans sous les verrous (1932). Elle aparut avec Cary Grant et Sylvia Sidney dans le film de Marion Gering, Madame Butterfly (1932). Elle joua aussi aux côtés de Loretta Young, Thelma Todd, Gail Patrick, Joan Blondell, Ann Dvorak, William Powell, George Brent et Adolphe Menjou. En 1933, elle quitta brièvement Hollywood pour les planches de New York. Elle épousa le 16 août 1928, le major Laurence E. Clark, un riche homme de la haute société de Toronto dont elle divorcera le 16 février 1934. En 1937, elle se maria à William Magee de San Francisco et se retira du show business.(http://forum.westernmovies.fr/viewtopic.php?t=16888)


                               


Sous le soleil d'Arizona ('Neath the Arizona Skies) est un film américain réalisé par Harry L. Fraser, sorti en 1934.Chris Morrell et la petite Nina, sa fille adoptive qui est une métisse indienne, se préparent à quitter la ville pour retrouver le père de Nina, disparu depuis longtemps, car ils ont besoin de sa signature pour valider les droits de Nina sur un puis de pétrole d'une valeur de 50 000 $. Mais Sam Black et son gang vont enlever Nina...Le mythe du cow-boy américain au grand coeur.Après la découverte de gisements de pétrole important, le gouvernement rachète les terres des indiens. Papa Chris, tueur de la petite métisse Nina, tente de protéger ses intérêts. Pour cela, il doit retrouver le véritable père de la fillette. Bien des pièges seront tendus sur leur chemin. Nina, une jeune métisse indienne, hérite d'un important gisement de pétrole convoité par la bande de Sam Black. Mais un obstacle de taille se dresse entre Sam Black et cette fortune : Chris Morell, le tuteur de la jeune fille. Celui-ci fera tout pour retrouver le père de Nina disparu à se naissance et la protéger contre cette bande de fieffés vautours. Datant de 1934, Sous le Soleil d’Arizona est un western dans lequel évolue un jeune John Wayne. Si vous êtes fan de John Wayne, il est intéressant de voir ce film. Il s’agit d’un John Wayne mineur, fait pour divertir. Ce court western ne dure que 52 minutes, ce qui est idéal lorsque l’on veut voir un film et qu’on n’a pas vraiment le temps. J’ai découvert ce western grâce à la collection ‘Les Plus Grands Westerns’ parue aux éditions Atlas.



          


C’est une excellente initiative de ressortir ces anciennes raretés cinématographiques en DVD. Simple petit détail : quelques fautes d’orthographe dans les sous-titres. Mais on est déjà bien heureux d’avoir cette collection de westerns chez nous. Sinon, concernant le film, il est simple mais se laisse regarder. Inutile de rechercher un quelconque scénario complexe, c’est juste fait pour se divertir.Petit western sans originalité que John Wayne accumulait dans les années 30. Scénario, mise en scène et interprétation, sans être foncièrement mauvais, restent dans l'anecdotique. Comme il est très court, le film se regarde malgré tout si on est un minimum curieux.(Wiki)


                   


"Le bataillon des sans-amour" ou dans son titre américain "Mayor of Hell" introduit James Cagney dans l'univers de la petite délinquance. Mais là où par exemple un Bogart était l'initiateur du crime auprès des jeunes, comme dans le film "les anges aux figures sales", là Cagney va en directeur d'une maison de correction, prendre toutes les mesures pour rendre la vie des jeunes plus supportables. Ainsi, le film est très progressiste et considère que ces établissements ne devraient pas être des prisons, mais des endroits où les jeunes pourraient s'auto-gérer en étant responsabilisés, sous un encadrement d'adultes. Le film nous montre donc des enfants devenus des délinquants pour cause de parents jamais présents, ou trop laxistes, ou trop faibles pour s'en occuper. Ainsi, le film nous montre la bande de délinquants à l'oeuvre, puis l'arrestation et la vie dans le régime semi-carcéral de la maison de correction, puis le changement et la vie nouvelle avec le nouveau directeur (Cagney). Enfin la dernière partie du film, nous montre un Cagney aux abois, rattrapé par les affaires et son business pas très honnête. Arrivera t'il à se sauver et à sauver les enfants d'eux mêmes et du retour de l'ancien directeur plus intolérant que jamais ?Archie Mayo n'est pas le plus grand réalisateur d'Hollywood, c'est une certitude. En effet, il est essentiellement connu pour avoir réalisé "la forêt pétrifiée" (1936). Mais il n'en reste pas moins que le film reste agréable à regarder. De plus, Cagney est en forme et à la hauteur de sa réputation. Enfin, sa partenaire Madge Evans (la jeune infirmière) est très sensuelle. Et c'est dommage qu'on a pas la possibilité de voir plus souvent cette très jolie actrice. Pour ma part, je me souviens l'avoir vu dans la version de 1935 de "David Copperfield".Un sujet classique des années 30, la première partie est réaliste et bien réalisé avec des enfants jouant très bien.(http://hollywoodclassic.hautetfort.com/archive/2013/05/16/le-bataillon-des-sans-amour-mayor-of-hell-1933.html)



            

Ensuite le film propose une fiction progressiste un peu brouillonne avec Cagney dans un rôle bizarre de personnage plus ou moins véreux en cheville avec des politiques qui va engagé une réforme audacieuse des maisons de correction un peu par conviction et beaucoup par amour.Mayor of hell s'annonçait être un de ces chefs d'œuvre méconnus du cinéma hollywoodien préclassique : un pitch social, les excellents Frankie Darro et James Cagney en personnages principaux, un univers concentrationnaire, une conception dans la période relâchée du précode... Tout portait à croire qu'on allait là se régaler. Et le film commence très bien. Un gang de jeunes délinquants sont jugés et la scène du tribunal est une vraie réussite : à la barre se succèdent des parents alcooliques, immigrés, violents, des parents paumés et désespérés. On observe toute la reproduction sociale à l'œuvre dans cette scène, puisque l'on devine sous la délinquance des enfants les troubles sociaux et familiaux à l'œuvre dans leurs quotidiens respectifs. Puis, le film social devient « film de prison », en nous présentant une pension entourée de barbelés où les enfants sont sauvagement rossés à la moindre incartade.


                  

Rapidement, le film donne dans un utopisme total. Le messie Patsy, un homme de la rue incarné par Cagney, venu reprendre les reines de l'école, mène une révolution culturelle, aidée en cela de l'infirmière Dorothy (Madge Evans). Il transforme la camp de concentration en utopie de l'autogestion. Et tout se passe parfaitement, les seuls accros sont dus aux diaboliques et pervers anciens dirigeants rôdant toujours, informés et aidés dans leurs tentatives de déstabilisation par un enfant traitre. Le film déploie tous les clichés des grands mélos américains de la catégorie « inspirationnal movie », en mettant en scène une démocratie de la bonne humeur où chaque enfant peut être sauvé, pour peu que l'on se penche sur ses désirs et ses talents. Le discours était certainement assez original dans les années trente, mais retrospectivement, aujourd'hui, en connaissance de toutes les révolutions occidentales de la jeunesse ayant eu lieu depuis et de leurs échecs et débordements décadents, il y a de quoi être irrité par la naïveté du propos. En plus de cela, les trente dernières minutes du film sont cousus de fil blanc : le renversement de situation est à la fois prévisible et amené de manière peu crédible, prétexte à un rebondissement final et à une scène finale à sensation.(Senscritique)