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dimanche 28 août 2016

Steamboy

Steamboy (スチームボーイ, suchīmubōi) est un film d'animation japonais, réalisé par Katsuhiro Ōtomo, sorti le 17 juillet 2004 au Japon et le 22 septembre 2004 en France.
Il fait partie du genre steampunk, une uchronie sur un monde où la machine à vapeur aurait été l'élément essentiel du développement technologique.
Dans une Angleterre uchronique, au XIXe siècle, Ray Steam est le fils de Edward et petit-fils de Lloyd, deux scientifiques inventeurs de machines à vapeur. Ils ne sont pas réapparus depuis plusieurs mois après leur départ pour l'Amérique, lorsqu'un colis contenant une boule métallique (la steamball) parvient au domicile de Ray et sa mère. Mais, deux hommes de la Fondation O'Hara qui financent les recherches des deux paternels, veulent s'en emparer. Ray fuit et est secouru par le scientifique Stevenson, fervent patriote.
Pendant ce temps, Londres se prépare à inaugurer l'Exposition universelle où les machines à vapeur seront à l'honneur. La Fondation O'Hara a préparé un pavillon et y envoie la fille du fondateur, la jeune Scarlett. Elle est accompagnée par Simon, chargé de vendre la technologie de la fondation.



           


La sortie d'un nouveau film de Katsuhiro Otomo est toujours un événement. Méticuleux, perfectionniste, l'auteur d'Akira a pris son temps pour développer un long métrage à la hauteur de ses ambitions. Amoureux des romans de Jules Verne, il situe sa nouvelle histoire dans l'Angleterre victorienne du 19ème siècle, l'ère de la vapeur et des savants fous. Première bonne nouvelle pour les fans de la japanimation, Otomo n'a rien perdu de son savoir-faire technique. Le graphisme est somptueux. Là où les équipes de Disney se contentent de résumer une ville à une rue principale (Atlantide, l'empire perdu), le cinéaste japonais et ses disciples font ressurgir le Londres du passé. Impossible de ne pas être émerveillé par la profusion des détails et le caractère monumental de la reconstitution. L'orfèvre Otomo donne une leçon de mise en scène. La caméra virevolte autour des pavillons de l'Exposition universelle, et par la grâce de la réalisation, l'utilisation de la 3D au sein d'un environnement en deux dimensions devient presque imperceptible. Assurément du grand art.


                              

Obsédé par les liens parfois occultes entre le monde de la science et celui des militaires, hanté par la bombe atomique, Katsuhiro Otomo s'attarde de nouveau sur des hommes dévorés par la soif du savoir, incapables de réaliser le bien de l'humanité. Comme dans Akira ou Domû, rêves d'enfants, le manga qui a assis sa réputation au Japon au début des années 80, Steamboy ne possède pas à proprement parler de bons et de méchants facilement identifiables. Dans un premier temps, le père du héros éprouve une réelle envie d'améliorer le sort de la condition humaine. Mais bien évidemment, rien ne se passe comme prévu. L'invention est toujours utilisée à des fins destructrices, quelque soit le camp qui la possède. Mégalomane coupé de la réalité depuis un accident qui l'a transformé en être biomécanique, Edie Steam est peu à peu gangrené par l'appétit du gain et l'envie d'asservir son entourage. Aidé financièrement par des armuriers sans foi ni loi, il transforme le pavillon Ohara en machine de guerre et n'accepte plus la contradiction. Le message de la fable est intemporelle. Comme James Cameron ou Osamu Tezuka, deux auteurs qui l'ont inspiré (le titre Steamboy est un hommage à Astroboy, le célèbre héros du père du manga moderne), Katsuhiro Otomo redoute les dérives engendrées par le progrès technique.


                               

Dès lors, d'où provient la légère déception qui prédomine à la fin de Steamboy? La trop forte attente suscitée par le film se révèle encombrante. Le nouvel opus de Katsuhiro Otomo ne possède en effet ni la force visionnaire d'Akira, ni la poésie surréelle de Memories, les deux précédents projets du réalisateur. En se plaçant sur le terrain de Hayao Miyazaki - Le Château dans le ciel est une référence évidente - Otomo a pris le risque de ne pas retrouver la même magie. Après une première demi-heure pleine de promesses, Steamboy fait du surplace lors de son arrivée à Londres, le temps de développer la psychologie de personnages parfois peu charismatiques comme la pénible Scarlett. Producteur, scénariste et metteur en scène, grand maître de l'animation japonaise, Katsuhiro Otomo a peut-être manqué d'un avis extérieur le contraignant à réduire son intrigue à l'essentiel: la relation filiale et la folie qui s'empare peu à peu des scientifiques. Malgré ces quelques réticences légitimes qui s'estomperont sans doute lors des visions ultérieures, Steamboy demeure une expérience plastique d'une force rare, à la beauté parfois étourdissante.  (filmdeculte)

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