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mardi 23 août 2016

Rosalind Russell


Rosalind Russell est une actrice américaine, née le à Waterbury, Connecticut et morte le à Beverly Hills, Californie. Elle a gagné à 5 reprises le Golden Globe comme meilleure actrice. Elle a été nominée 4 fois pour l'Oscar de la meilleure actrice : - En 1942, pour son rôle de Ruth Sherwood dans Ma sœur est capricieuse, - En 1946, pour son rôle de l'infirmière Kenny dans Sister Kenny, - En 1947, dans Le deuil sied à Électre, - et en 1958, pour la tante Mame dans Ma tante.Aucun lien de parenté avec les actrices Jane et Gail Russell. Rosalind est diplômée en 1929 de l'American Academy of Dramatic Arts. Après quelques années d'apprentissage sur les planches, elle est engagée en 1934 par la MGM. Grande, raffinée et quelque peu distante, elle ne rivalise, à ces débuts, avec les stars sensuelles et volcaniques que sont Myrna Loy, Joan Crawford, ou Jean Harlow. "Femmes" (1939) marque un tournant dans sa carrière : vêtue de toilettes extravagantes, elle y est, avec humour, une venimeuse et étincelante colporteuse de ragots. "La Dame Du Vendredi" (1940), elle incarne avec autorité une journaliste de choc elle est consacrée grande vedette. Le 25 novembre 1941, elle se marie avec Frederick Brisson avec pour témoin de mariage l'un de ses amis. Cary Grant. Ils restèrent unis jusqu'à son décès et eurent un enfant. Rosalind Russell reçut en 1973 un Oscar spécial en reconnaissance de son activité dans des organisations humanitaires. Elle est morte d'un cancer du sein le 28 novembre 1976 à Beverly Hills. Son étoile se trouve au Walk of Fame au 1708 sur Vine Street.(Wiki)


                  

                 


Le Témoin imprévu (titre original : Evelyn Prentice) est un film américain réalisé par William K. Howard, sorti en 1934John Prentice est un district Attorney de grande renommée. Marié à Evelyn et père d'une petite fille, il délaisse toutefois sa femme, vivant une liaison avec une de ses clientes Nancy Harrisson. Evelyn, se sentant seule et désemparée par le comportement de son mari, fait la connaissance par l'intermédiaire d'une amie d'un poète nommé Lawrence Kennard qui lui offre un de ses ouvrages. Il échange avec elle une série de lettres avec laquelle il lui fait des avances. Ignorant que l'homme est un escroc, Evelyn Prentice tombe sous son charme et débute une liaison avec lui. John Prentice poursuit sa relation secrète avec Nancy Harrisson. Lawrence Kennard amoureux d'Evelyn Prentice veut aller plus loin avec. Se sentant coupable elle décide de rompre avec lui. Lawrence Kennard se décide à faire chanter cette dernière par le biais des lettres qu'il a conservées. Tentant de les récupérer, elle tue son amant d'un coup de révolver. Une autre femme est accusée du meurtre. S'ensuit un procès qui sera mené par John, ignorant que le crime a été commis par sa propre femme. Après avoir connu la consécration dans la série des Thin man, Myrna Loy et William Powell tournent deux mélodrames totalement éloignés de la comédie américaine. Après Manhattan Melodrama, le duo se retrouve pour ce film qui traite d'une affaire criminelle tout en explorant le thème de l'adultère. Le code Hays venait tout juste d'entrer en vigueur, l'adultère se devait toutefois d'être traité avec légèreté. Toutes les scènes liées à l'adultère devaient être suggérées. John Prentice ainsi entretient une liaison avec une de ces clientes, Nancy Harrisson. Un fondu au noir est appliqué au moment où John Prentice s'apprête à embrasser sa maîtresse. Toutefois, le plan complet est visible dans la bande-annonce de l'époque. De même que lorsqu'il se trouve seule avec elle dans un train, une coupe est faite, suggérant même un acte sexuel. 



   
Les auteurs devaient faire preuve d'ingéniosité pour contourner la censure. Dépitée par son mari, Evelyn fait la connaissance d'un poète qui la subjugue par un ouvrage. Evelyn cède à ses avances et s'engage elle aussi dans une liaison avec le poète ignorant que l'homme est un escroc. Liaison qui d'ailleurs est suggérée par le biais de silence, de regards ou de coupes montrant brièvement Evelyn Prentice et Lawrence Kennard assis côte à côte, échangeant probablement un baiser. Rien n'est montré. On devinera aisément les choses. On suggèrera John prentice étreignant Nancy Harrisson dans un train, comme on suggèrera Lawrence Kennard qui couche avec Evelyn Prentice dans sa chambre d'hotel. La morale devant être sauve, tout rentre dans l'ordre à la fin. Code Hays oblige, les valeurs familiales se doivent d'être préservées malgré l'infidélité établie dans ce film. On retiendra de ce film les débuts de Rosalind Russell. Source : http://classiqueblog.blogspot.fr/2013/04/le-temoin-imprevu-1934.html


                              


La Dame du Vendredi (1940) -La légende raconte qu’après un dîner bien arrosé, Howard Hawks propose une lecture de la pièce The front page, écrite par Hecht et MacArthur, à ses invités. Il demande que le rôle d’Hildy Johnson (masculin à l’origine) soit lu par une jeune femme, et interprète lui-même celui du rédacteur en chef, Walter Burns. La séance de lecture se déroule à merveille et Hawks en conclut qu’il faut adapter cette pièce en transformant le personnage masculin Hildebrand en une jeune et brillante journaliste : Hildegaard. Décidé à rester maître de son projet, Hawks propose le film à la Columbia à condition de garder la casquette de producteur. Fort du succès de Bringing up baby (L’impossible monsieur Bébé, 1938) et Only angels have wings (Seuls les anges ont des ailes, 1939), le renard argenté n’a aucun mal à convaincre les pontes du studio (Harry Cohn en tête) d’accepter ce nouveau financement. Le scénario est confié à Charles Lederer qui collaborera avec Hecht sur cette nouvelle adaptation. Hawks leur demande d’écrire des dialogues tranchants et rapides ; il veut inscrire son film dans le genre en vogue à l’époque : la screwball comedy. Ce type de film requiert des situations abracadabrantes, des personnages loufoques et des dialogues qualifiés de "mitraillettes". Les scénaristes commencent à y travailler mais le résultat n’est pas convaincant. Pour donner plus de dynamisme au récit Hawks demande à Riskind, dialoguiste ayant travaillé sur la version originale, de rejoindre l’équipe. Une nouvelle version du scénario est rédigée, elle atteint la cadence record de 240 mots minutes ! Hawks est emballé par ce script explosif et l’idée de la transformation d’Hildy en femme le ravit, il y voit matière à traiter des rapports hommes femmes dans la société.


   
    
Il lui reste à trouver deux comédiens brillants pour donner vie à ses personnages. Naturellement, il se tourne vers Cary Grant, avec qui il a déjà collaboré sur ses deux derniers films, pour interpréter Walter Burns, le rédacteur en chef du journal. A ses côtés il souhaiterait voir Ginger Rogers, Claudette Colbert ou Carole Lombard. Mais ces dernières refusent le rôle pour diverses raisons et Harry Cohn propose Rosalind Russell. Hawks accepte de la rencontrer, mais la jeune Russell ne l’entend pas de cette oreille : vexée de n’avoir pas été choisie par le réalisateur elle se rend au rendez-vous dans une tenue sportive et avec les cheveux mouillés afin de montrer que, Hawks ou pas Hawks, le rôle n’a pas tant d’importance pour elle ! La rencontre entre les deux personnalités s’annonce explosive mais Howard est totalement séduit par cette jeune femme résolument moderne. Pour corser cette anecdote, la légende dit que le grand Howard, avec son flegme légendaire, lui dit simplement "Nous allons faire du bon boulot" …


Dés lors Russell devient la nouvelle égérie Hawksienne. Le premier plan du film décrit Hildy comme une femme dynamique et reconnue pour son talent : en dirigeant un long mouvement de caméra Hawks montre la jeune femme laissant son fiancé à l’entrée de la rédaction, puis traversant une grande salle où tous les journalistes la saluent et félicitent son retour. Elle marche fièrement vers le bureau du directeur, se contente de sourire et impose sa classe. Cette séquence montre avec brio une femme qui a su s’introduire et s’imposer dans un milieu d’hommes. On retrouve ici un personnage récurrent dans les films de Hawks. Ces futures héroïnes telles que Slim (To have and have not), Feathers (Rio Bravo) ou encore Anna Maria D’allesandro (Hatari) ressembleront à cette Hildy Johnson. Elles feront face au machisme des héros avec une classe, une intelligence et un humour résolument moderne. Après la sortie du film de nombreuses féministes acclameront ce rôle et verront en Hawks un chantre de la condition féminine.


                              



 Notons que le titre du film prend en compte cette opposition des sexes. Cependant la traduction française est désastreuse : His girl Friday qui signifie littéralement "Son Vendredi fille" et fait allusion à l’esclave de Robinson (qui serait ici une femme) a été transformé en un insignifiant La dame du vendredi !
Après la scène de caractérisation d’Hildy, le script propose une confrontation perpétuelle entre Walter (Cary Grant) et la jeune femme. Dés lors, le spectateur assiste à une joute oratoire frénétique pendant laquelle les deux comédiens se livrent totalement. Pour cela ils s’appuient sur les dialogues de Riskind mais, au-delà du script, Hawks les incite à improviser. Grant d’un naturel théâtral se laisse aller avec une facilité déconcertante à cet exercice et multiplie les situations comiques en profitant du moindre évènement. Ainsi lorsque Hildy tente de le frapper avec son sac à main et le manque (ce qui n’était pas prévu), il lui dit "Tu faisais mieux autrefois" et rebondit ensuite sur le dialogue original.


Par la suite, il va jusqu’à inventer certaines "blagues" qui resteront dans la mémoire du public: ainsi lorsqu’on lui demande à qui ressemble le fiancé de Hildy interprété par Ralph Bellamy, il répond "Vous savez à cet acteur … Ralph Bellamy" ! Cette réplique qui sort du dialogue original et met en relation film et contenu de l’histoire est absolument révolutionnaire pour l’époque et consacrera encore un peu plus Cary Grant au rang de comédien préféré du public. De son côté Russell n’est pas décidée à servir de faire valoir à Grant. Secrètement elle demande à un dialoguiste de lui améliorer ses répliques et réussi a donner de la présence à son personnage. Cet affrontement supervisé par Hawks révolutionnera la grammaire comique et stimulera comme rarement les zygomatiques du public !! Aujourd’hui il est clair que des cinéastes comme Woody Allen ou plus récemment David Mirkin (Heartbreakers, 2001) se sont inspirés de ce style initié par Hawks.


                              
                              
Pour revenir à la légende narrée au début de l’analyse il faut avouer qu’elle paraît quelque peu tirée par les cheveux. En effet comment imaginer Hawks, réputé pour son calme et sa lenteur, interprété le rôle de Cary Grant ? Cela pourrait prêter à rire mais comme le dit si bien Todd Mc Carthy (1) en citant la célèbre tirade tirée de L’homme qui tua Liberty Valance : "Quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende". Nous garderons donc cette légende dans nos cœurs et parions qu’elle y restera gravée éternellement, à l’instar de ce chef d’œuvre qu’est His girl Friday. ( http://www.dvdclassik.com/critique/la-dame-du-vendredi-hawks)

1 commentaire:

  1. http://uptobox.com/vc88yabt9pu8
    https://archive.org/download/HisGirlFriday-1940/CaryGrant-1940-HisGirlFriday.avi
    http://www.opensubtitles.org/fr/subtitles/3158143/his-girl-friday-fr

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