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mardi 23 août 2016

Roland Lesaffre

Jean Gabin,   présente au “môme”Roland Lesaffre , surnom affectueux qu'il donne à Marcel Carné en 1949 (avec qui il tourne en ce moment «La Marie du port»   aux studios de Joinville). Carné , emballé, s'attache à ce grand gaillard fougueux, franc, non dénué d'humour. Il l'engage, lui offrant même quelques répliques (dans une scène qui sera finalement coupée au montage). Il le conseille, tel Pygmalion, et l'incite à suivre les cours d'art dramatique de Maurice Escande . A l'issue de cette formation, qui lui a permis de côtoyer, entre autres, Michel Galabru , Bruno Crémer ,  Robert Hossein et Mylène Demongeot , le jeune homme est pourtant recalé par le jury du concours d'entrée au Conservatoire. Cet accident de parcours ne l'empêche pas de rejoindre illico la compagnie de Jean Le Poulain, et d'ainsi approcher, dans les coulisses du Théâtre des Mathurins, les inséparables Marcel Herrand  et Jean Marchat  : passage transitoire car l'essentiel de sa carrière s'effectuera au cinéma et à la télévision. En effet, pour le grand écran, on le découvre en garçon de café dans le «Casque d’or» (1952) de Jacques Becker. Quant à Carné, il le retiendra pour toutes ses distributions, à l’exception d’une seule, Roland étant retenu au Japon : parmi ces rôles, rappelons celui du jeune marin maître-chanteur de «Thérèse Raquin» (1953); celui du manœuvre de la SNCF et poulain de Gabin qui en fait un champion de boxe, dans «L'air de Paris» (1954, une composition qui lui vaut le prix populiste du cinéma français et le prix d'interprétation décerné par le pays du soleil levant); le mécano, grand frère de  Pascale Petit, victime d’un tragique “jeu de la vérité” qu’animent «Les tricheurs» (1958) lors de surboums de fils à papa; et la belle incarnation de cet autre mécano accusé d’un casse qui lui vaudra d’être tabassé à mort par deux policiers dans «Les assassins de l’ordre» (1970).(http://encinematheque.net/polvere/P088/index.asp)


                          


Un petit bijou de cinéma réaliste ayant été tourné exactement à l'époque de l'histoire. L'écrin du film est parfait et une mise ne scène belle et soignée met en permanence les acteurs en valeur. Un scénario proche de la vraie vie de l'époque qui ne correspond en rien à celle d' aujourd'hui et par là un témoignage de notre passé. Nous sommes loin de l'univers Carné/Prevert et c'est bien, cela nous montre le métier de ce metteur en scène qui a comme souci de rester le plus authentique possible, les scènes de boxe seront à peine truquées et dureront le temps légal, les gentillesses seront aussi sincères que les vacheries et la dualité de chaque personnage tantôt généreux, tantôt très égoïste constituera la grande valeur psychologique de ce film. Ici, point de poésie, tout le contraire parfois comme Arletty lavant à la serpillière l'entrée de la salle d'entrainement, Gabin transformant sa chambre et sa salle à manger en taudis en l'absence de sa femme ou diabolique lorsqu'il jette la boucle d'oreille de Carole dans la seine. Ce film est aussi un bel hommage de Carné qui offre a son ami Roland Lesaffre son plus beau rôle, leur amitié durera jusqu'à la mort de Carné en 1996. Dans '' l'air de Paris"Carné se dévoile avec discrétion grâce aux rapports affichés entre Victor et Marcel.C'est le deuxième film que je découvre de ce talentueux cinéaste qu'était Marcel Carné et "L'air de Paris" m'a séduit !! Ce long métrage évoque deux passions qu'avait le réalisateur, la boxe et la ville de Paris à l'ancien temps auquel on a droit à de jolies plans des rues de la capitale. L'histoire est humaine avec un entraineur de boxe qui trouve un jeune garçon qu'il rencontre et qu'il se rend compte qu'il est doué pour ce sport.


           

Entre deux entrainements, dés les premières images du film, l'apprenti boxeur tombe sous le charme d'une demoiselle et sa passion tranche pour son avenir, l'amour ou la boxe. Un beau film que 'L'air de Paris" peut ètre méconnu mais qui vaut le coup d'œil de voir pour les fans de Jean Gabin toujours excellent, Arletty qui joue sa femme mais le role est secondaire et la révélation Roland Lesaffre qui, on peux le dire, vole la vedette à Gabin par son coté sentimental dur à cuir. Le match de boxe est impressionnant avec beaucoup de figurants. Une œuvre à découvrir.La boxe était un sport en vogue dans le Paris d'antan qui n'était pas très branché sport, et faire un film dessus cassait un peu les classiques, on en tirait le plaisir de s'encanailler parmi ces suants musclés. Quoiqu'on puisse penser du thème, c'est ici l'occasion de retrouver Jean Gabin dans un rôle pour une fois sans ambiguïté. Le franchouillard ronchon marque par sa bonhomie et sa bonté, et on ne peut l'accuser que de ne pas faire la part des choses dans l'intérêt commun. Y aurait-il un pendant secret à cette gentillesse suspecte ? Même pas !



                            


C'est aussi une comédie bien au-dessus de sa moyenne de drôlerie jusque là, et il fait enfin partie d'une fin pas si terrible. Bon, le protégé de son personnage a dû faire le choix entre sa carrière et son amour. Mais la dureté et la monotonie des matchs de boxe est compensée par un grain de folie rafraîchissant en la personne du tailleur notamment. Content de connaître le sourire de Gabin trois décennies après le début de sa carrière.Un film de Marcel Carné sans Prévert suscite toujours des réserves tant c’est leur association qui a donné au cinéma français quelques-uns de ses plus grands chefs-d’œuvre. Les films qui ont suivi cette période dorée s’étendent pourtant sur près de trente ans et ne doivent en aucun cas être pris pour quantités négligeables. C’est le cas pour L’Air de Paris, film méconnu au générique pourtant flamboyant (Jean Gabin et Arletty, excusez du peu !). Il faut certes reconnaître que le scénario n’est pas des plus imaginatifs, nous resservant la vieille histoire du manager de boxe sur le retour qui se prend d’affection pour un jeune poulain et fait tout pour l’emmener vers les sommets. Mais l’histoire est bien racontée, les comédiens jouent bien et on se laisse prendre facilement dans ce petit univers. La mise en scène de Carné est très académique en dehors de quelques plans fulgurants rappelant son génie passé, essentiellement ceux qui restituent comme par magie cet « air de Paris » qui donne son titre au film.(Allociné)


                               


Terrain vague est un film de Marcel Carné sorti en 1960.Autour de HLM parisiens tout juste construits s'étendent des terrains vagues et des friches industrielles servant de refuge à des jeunes gens qui fuient l'ennui insondable de la vie de famille en banlieue. Ils partagent leurs secrets, les produits de leurs larcins, se soumettent à des rites sévères. Le caractère sacré de leur révolte est souligné par l’initiation par le saut aux yeux bandés et l'épreuve du sang. Dan, belle jeune fille très garçonne, règne sur le clan. Mais la bande menace de plus en plus de verser dans la grande délinquance, ce que réprouvent Dan, ainsi que Lucky, grand garçon bagarreur mais qui commence à envisager une vie rangée. Les voilà mis au ban, ainsi que le tout jeune Babar, accusé d'être un « donneur ». Lucky, en fuite, et Dan se découvrent une inclination romantique réciproque, tandis que Babar, cruellement malmené et humilié, se suicide.Le film a été mal reçu par la critique, qui a jugé la distribution faible, et la direction d'acteurs trop convenue et stéréotypée. L'intrigue évoque de très près celle de La Fureur de vivre (la relation amoureuse entre un jeune homme et l'égérie d'une bande de voyous qui veulent sa peau). Le trio formé par Dan, Lucky et Babar recopie celui interprété par Nathalie Wood, James Dean et Sal Mineo dans le film de Nicholas Ray. À l'actif du film, cependant, le fait que celui-ci ait été le premier à traiter de thèmes alors tous nouveaux comme le phénomène des blousons noirs et la pathologie sociale liée aux grands ensembles.


             


Bien se remémorer les sixties en France, où la Nouvelle Vague commençait à se manifester... Pour autant on était en plein conservatisme de la pensée ! Les cinéastes classiques restaient prudents pour figurer "les bandes de jeunes" : à l'époque, des groupes perturbants le temps que l'âge les range en les obligeant à "gagner leur croûte" par eux-mêmes plutôt que de demander de l'argent de poche, l'expression "du fric", d'un air bravache... Commencement des HLM sans âme. Il y avait vertige pour les rejetons issus des rebâtisseurs de l'après-guerre... Ce film rappelle d'entrée de jeu l'atmosphère de "La Fureur de Vivre" de Nicholas Ray avec James Dean, au contexte américain du nord) : hormis ce lien de parenté évident ajouté à l'horreur du vide commun, c'est la France de De Gaulle à plein nez ici : grincement du paternalisme hexagonal (la mère disant au fils de demander à son père s'il a droit au fromage, le père nourricier qui seul autorise fiston à sortir après dîner... J'ai bien aimé le traitement qu'en fait Marcel Carné (d'après un ouvrage littéraire).


                             

Ces jeunes acteurs "se la jouent" comme on dirait maintenant, avec leur parler désuet, "bath" et autres termes poussiéreux, remplacés par le langage tribal de 2009... Charmant de suivre la coriace Danièla, chef de bande ou vitrine commode ? Son tir de carabine "en jette", mais un mâle affirmé est tellement plus simple à suivre... Une musique désagréable comme souvent dans les films des années soixante. Photo noir et blanc efficace (Claude Renoir), le décor des clapiers de banlieue que trop vrai. J'ai passé un bon moment.Un Carné inconnu, et pourtant intéressant à plusieurs points. On retrouve d'ailleurs bien ici les termes chers au grand réalisateur: tristesse, froideur, mais aussi un certain espoir, notamment dans la dernière scène. Loin d'être un banal film sur le malaise adolescent, Terrain vague est au contraire un film assez poignant, rendu par des personnages tous réalistes et convaincants, qui se font même parfois touchants, notamment quant à l'absence totale des parents sur leur comportement. La fin est elle de très bonne qualité, et renforce l'idée que Terrain vague est réellement un film à redécouvrir. Puissant.(Allociné)

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