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dimanche 7 août 2016

King Vidor


Son grand-père était venu de Hongrie. Son père, riche négociant, exploitait marais et forêts. De ses origines il tire son grand thème : l'émigrant, le pionnier créent leur propre patrie. Il étudie à l'Académie militaire de San Antonio (qu'il déteste et abandonne) puis au collège de Fort Deposit. Sa mère l'initie à la Christian Science (dont l'un des credo est que le mal, physique ou moral, peut être guéri par des moyens spirituels). D'abord projectionniste, il tourne en amateur documentaires publicitaires et actualités, que lui achètent parfois des firmes spécialisées. En 1916, il épouse Florence Arto, qui sera bientôt une vedette célèbre sous le nom de Florence Vidor. En attendant le couple s'établit à Hollywood. King Vidor est figurant, assistant, comptable, régisseur. Il écrit des scénarios, il étudie le travail de Griffith sur le tournage d'Intolérance. Vidor devra sa réputation de peintre lyrique de l'Amérique à quatre films réalisés dans l'après-guerre : Duel au soleil (1946), Le rebelle (1949), La garce (1949) et La furie du désir (1952). Les sentiments extrêmes développés de ces quatres films ne doivent pourtant pas faire oublier le grand peintre social qu'est King Vidor. Chez lui, à part ces quatre magnifiques exceptions, comme chez Ford, les films sont de grandes synthèses globales allant de la collectivité à l'individu et de l'individu à la collectivité.(http://www.cineclubdecaen.com/realisat/vidor/vidor.htm)


              


King Vidor réalise avec Le Rebelle le film le plus emblématique de ses préoccupations de cinéaste. Lui qui a souvent filmé l’affrontement entre le passé et le futur, la quête de l’absolu et l’individualisme, dont il était le chantre inconditionnel (« Seule la puissance de l’expression individuelle peut continuer à justifier le cinéma » disait-il), trouve dans le roman d’Ayn Rand un sujet à même de magnifier ses thèmes. Ayn Rand écrit The Fountainhead en 1938, roman qui devient un énorme succès de librairie. Hollywood la courtise durant dix ans jusqu’à ce qu’elle accepte de porter elle-même son roman à l’écran en s’assurant d’avoir la mainmise sur le film. Dans The Fountainhead, Ayn Rand défend « l’objectivisme », une philosophie qui refuse toute compromission, fut-elle en faveur d’une avancée sociale. Individualiste forcenée, militante de droite qui prend fait et cause pour le sénateur MacCarthy (qui ne cesse à l’époque de fustiger le gouvernement fédéral) Ayn Rand est, malgré sa popularité, une personnalité explosive. Mais la Warner est convaincue que ce best-seller ne peut que devenir un succès du box-office, alors que le film lui-même, qui pourfend la marchandisation de l’art et le rejet de la vox populi, contient en germe son presque inévitable échec public. Pour raconter les combats d'un Gary Cooper idèaliste refusant tout compromis, le rèalisateur King Vidor rèinvente l'èpopèe lyrique! La version cinèmatographique n'a pratiquement rien de commun avec le roman d'Ayn Rand paru en 1943; c'est d'autant plus curieux que la romancière est ègalement l'auteur du scènario! Le choix de Gary Cooper pour incarner le personnage de Roark, architecte ingènieux, est un choix judicieux même si un acteur comme Bogart, homme de caractère plus marquè et plus agressif, aurait fait ègalement l'affaire! Face à Cooper, au regard lucide et triste, Patricia Neal, extraordinaire en riche hèritière, ajoute à cette oeuvre puissante la fièvre èrotique! Un grand film qui dècrit avec une violence inouïe pour l'èpoque la double passion d'un homme, pour une femme, mais aussi pour son mètier! Superbe photographie de Robert Burks ou les grattes ciels nous donne une sensation de vertige...(Allociné)



   

Howard Roark est un personnage inspiré par le célèbre architecte Frank Lloyd Wright, et ce même si Ayn Rand rejette parfois cette filiation (« Il n'y aucune ressemblance entre Roark et M. Wright en ce qui concerne la vie privée, le personnage et la philosophie. Le seul parallèle qu'on puisse discerner entre eux n'est qu'architectural, de par leur position dans l'architecture moderne ») alors même qu’elle fut très proche de l’homme dans sa vie privée et qu’elle l’informa de sa volonté d’écrire un livre inspiré par son œuvre et sa vie. Frank Lloyd Wright était un architecte aussi génial que novateur, une personnalité pleine de contradictions qui adorait les scandales suscités par ses créations et ses déclarations. C’était un provocateur qui exprimait son rêve de voir raser New York (parangon de laideur selon lui) et qui vilipendait les foules (« The Masses » devenait « Them Asses » sous sa plume), mais aussi un homme qui défendait l’idée que chacun avait le droit de vivre dans un environnement à sa mesure, qui se battait pour une urbanisation à faible densité de population, qui imaginait des constructions en phase avec l’environnement où chacun pouvait s’épanouir à loisir.(http://www.dvdclassik.com/critique/le-rebelle-vidor)


               


Loin d'exclure le rêve cette forme réaliste comprend les deux pôles du rêve américain : d'une part l'idée d'une communauté unanimiste ou d'une nation milieu, creuset et fusion de toutes les minorités (l'éclat de rire unanimiste à la fin de La foule, ou la même expression qui se forme sur le visage d'un jaune, d'un Noir, d'un blanc dans Street Scene) ; d'autre part l'idée d'un chef, c'est à dire d'un homme de cette nation qui sait répondre aux défis du milieu comme aux difficultés d'une situation : Notre pain quotidien, An american romance
Mais l'unanimité peut être fausse, et l'individu livré à lui-même. Ainsi dans La foule la ville n'est qu'une collectivité humaine artificielle et indifférente et l'individu un être abandonné, privé de ressources et de réactions. La figure lyrique, où l'individu modifie sa situation, a bien pour envers une situation que l'individu ne sait plus que faire et se retrouve au mieux dans la même situation : le cauchemar américain de La foule ou les regrets de Harry Pulham dans SouvenirsAprès Romance américaine, cruauté et violence s'exaspèrent dans les films de Vidor. Ses héros étaient les maillons de la société : ils sont désormais contre celle-ci. L'individualisme était la valeur positive fondamentale ; il devient presque exclusivement négatif. Dans La furie du désir, l'inondation des terres gagnées sur la mer est l'exact renversement, l'épopée invertie, de l'irrigation des terres assoiffées de Notre pain quotidien (1934), comme si la situation nouvelle d'un après-guerre gros de conflits et de menaces d'extermination avait rendu caducs tous les mythes d'unité et d'harmonie. Les personnages, tout entiers à leur passion, vont jusqu'à l'extrême d'eux-mêmes. Dans Duel au soleil (1947), dans La garce (1949), dans La furie du désir (1952), leur démesure sauvage concilie paradoxalement le nudité de la tragédie avec la stridence du baroque flamboyant.
Vidor retrouve ensuite dans le cinéma de genre , Salomon et la reine de Saba ou L'homme qui n'a pas d'étoile , un équilibre entre individualisme et contraintes sociales.


   

Au début de l’année 1955, j’étais assis sous le soleil californien, travaillant sur un scénario original, un sujet américain lorsque je reçus un coup de fil de Dino De Laurentiis, le producteur italien me demandant si je voulais bien mettre en scène le grand roman de Léon Tolstoï Guerre et paix. Ce fut la décision la plus rapide de ma vie ! Je n’avais aucun doute à son propos ; depuis que je l’avais lu, tout autre ouvrage de fiction souffrait de la comparaison. Profondeur des personnages, héroïsme, philosophie, Tolstoï donnait au lecteur tout ce qu’il cherche mais qu’il trouve si rarement" dira King Vidor dans son autobiographie A tree is a tree. Ce projet combinait pour le réalisateur le désir qu’il avait de voyager et de tourner en Europe ainsi que celui de filmer un sujet avec lequel il allait pouvoir exprimer les grandes idées qui lui tenait à cœur. Il se met donc à étudier intensément le pavé de Tolstoï. Ce scientiste se reconnaît totalement dans le personnage de Pierre qui lui, dans le roman tout du moins, se laisse initier à la franc-maçonnerie, cette dernière possédant de nombreuses analogies avec le scientisme.(http://www.dvdclassik.com/critique/guerre-et-paix-vidor)


               


Comme on peut le constater, King Vidor a tout pour être enthousiaste. Il souhaite que Peter Ustinov incarne ce frère qu’il s’est trouvé en la personne de Pierre Bezoukhov. Mais la production impose son veto arguant du manque de crédibilité pour le public qu’auraient pu avoir les scènes d’amour entre cet acteur bedonnant et la frêle Audrey Hepburn. Le cinéaste le regrettera amèrement, estimant encore 20 ans après que Ustinov aurait été le plus convaincant pour ce rôle. Il essaie alors désespérément d’obtenir Marlon Brandon qui décline l’offre, étant pris sur le tournage de Guys and Dolls de Joseph Mankiewicz. C’est donc Dino de Laurentiis qui lui impose Henry Fonda. Audrey Hepburn et son tout récent mari Mel Ferrer furent en revanche immédiatement retenus. Cette grande entreprise peut alors débuter mais ne se déroule pas selon les bons vouloirs du grand réalisateur. Toujours dans son autobiographie publiée en France sous le titre de La Grande parade, Vidor avoua que "le tournage ne fut pas facile. Les premières difficultés vinrent du scénario sur lequel une dizaine d’écrivains travaillèrent. Plus tard elles furent d’ordre financier. Ils n’y avait plus d’argent et certaines scènes essentielles étaient encore à tourner… En fait je me retrouvais dans la même position qu’à mes débuts, mais cette fois-ci, je n’étais plus mon propre maître, j’étais tributaire une fois de plus des grands producteurs." On ressent une grande amertume dans cette description, ce qui explique certainement le semi ratage de ce film qui aurait pu être grandiose si Vidor avait conservé la maîtrise absolue sur son matériau cinématographique ; maîtrise impressionnante qu’il avait démontrée l’année précédente avec le sublime L’Homme qui n’a pas d’étoile...


                 


L' art de Vidor est ainsi toujours la synthèse de ces deux inspirations. Epique, il célèbre l'aventure collective ; lyrique, il exalte l'énergie individuelle, reconnue ou contrariée par l'entreprise sociale. L'ensemble de son œuvre dessine la geste de l'homme libre, individualiste, mais, lorsqu'il le faut, solidaire, qui construit sa vie, son œuvre, sa nation.
La morale de ses films tient en quelques préceptes : "La valeur de l'homme vient de ce qu'il porte en lui et non du monde extérieur", "Ma seule préoccupation : faire à tout instant face à toutes les situations de la vie", "C'est nous-mêmes qui faisons le monde. Nous le faisons bon ou mauvais mais nous le faisons". Contraint, faute de commanditaire, à une retraite prématurée, King Vidor se tourne vers l'écriture, la peinture, la philosophie. Il enseigne à l'université du sud de la Californie et tourne deux courts métrages expérimentaux. En 1979, il reçoit un oscar pour l'ensemble de son œuvre.  L'ultime tournage de King «War and Peace» Vidor fut filmé en Espagne, près de Madrid, et restera dans la mémoire des cinéphiles pour le décès sur le plateau de Tyrone Power, qui en était la vedette. Ce samedi 15 novembre 1958, le beau Tyrone dont c'était à 45 ans le 47e film s'écroulait foudroyé par une crise cardiaque pendant qu'il répétait une scène de duel avec George Sanders qui incarnait son frère-ennemi Adonijah.Une semaine après, jour pour jour, Yul Brynner reprenait le rôle au pied levé, dans ses costumes retaillés.


   


Contre toute habitude, Vidor - après le tournage des scènes de bataille réalisées avec le concours de l'armée espagnole - avait d'abord tourné les plans d'ensemble avec les acteurs, réservant pour la fin les gros plans. Ne seront conservés des plans tournés par Tyrone Power que ceux où il est vu de loin.
La différence d'allure obligera Brynner à refaire toutes les autres. La scène de la charge des chars égyptiens aveuglés par les boucliers de bronze des Israélites, qui vont ensuite se fracasser dans un ravin est un des deux grands clous du film, le second étant la danse païenne de Gina Lollobrigida en l'honneur de son dieu de l'amour et de la fertilité, Râ-Ghon, au cours de laquelle le fils de David s'unira à la reine de Saba. Chaste orgie chorégraphiée à l'hollywoodienne dans un de ces décors de carton-pâte dont nous raffolions alors, où la musique envoûtante de Mario Nascimbene donnait sa pleine mesure, et qui annonçait celle qu'il composera pour Les Bacchantes de Giorgio Ferroni. Comme ses confrères musiciens de films, Nascimbene est volontiers répétitif d'une B.O. à l'autre, mais toujours ajoute une pièce exceptionnelle, ainsi le thème des Vikings et de Barabbas...(http://www.peplums.info/pep15.htm)

1 commentaire:

  1. http://cdnp.atadownload.com/1410/The%20Fountainhead%20(1949)/The.Fountainhead.1949.DVDRip.avi
    http://www.opensubtitles.org/fr/subtitles/3462914/the-fountainhead-fr
    https://1fichier.com/?hgvj1zf87q
    https://f1u0ag.1fichier.com/

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