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dimanche 7 août 2016

Don Siegel

Réalisateur américain, né le 26 octobre 1912 à Chicago. Il est le fils d'un mandoliniste célèbre qui songe pour lui à une carrière de musicien. Mais Donald, après avoir étudié à Cambridge (Angleterre), fréquenté la Royal Academy of Dramatic Arts de Londres et vécu quelques temps à Paris, où il suit les cours des Beaux-Arts, préfère se rendre à Hollywood en 1934. 

A l’instar de Samuel Fuller (et son important Verboten : Ordre secret aux espions nazis, 1959), Don Siegel, autre fleuron de la série B américaine d’après guerre, a consacré l’un de ses films à la seconde guerre mondiale et à la présence de soldats étatsuniens en Europe. L’Enfer est pour les héros (1962) suit l’avancée d’une maigre unité de marines dans les Ardennes, aux prises avec un régiment bien plus conséquent de l’armée allemande.
L’enfer est pour les héros : le titre en dit long sur les réelles intentions de Siegel, qui sans tomber dans l’anti-militarisme, dénonce toutes les horreurs de la guerre et la compléxité de la nature humaine, parfois poussée jusque dans ses derniers retranchements pour survivre, quitte à aller à l’encontre de certains principes.Le personnage principal, le lieutenant Reese, prodigieusement incarné par Steve McQueen, résume d’ailleurs à lui tout seul l’étrangeté de la situation. Un homme, loin de chez lui, trouve finalement un sens à sa vie au combat, dans les tranchés, et fréquente ensuite les bars français pour noyer sa tristesse dans l’alcool. Quand un de ses compagnons d’armes lui apporte au front une bouteille de Calvados, il ne la touche ni la regarde, concentré qu’il est à respecter sa mission et son engagement. Homme à principes, auxquels il tient plus encore qu’à sa vie (confère le dénouement), le lieutenant Reese possède toute sa place dans la filmographie de Siegel, qui en fait là à la fois un héros et un rebelle (à souvent contester les ordres de ses supérieurs). Loup solitaire tel un Dirty Harry errant dans San Francisco, Reese semble ne pas être rattaché aux Etats-Unis par une famille ou des amis. Il incarne la faille au milieu du système, pointant ses dysfonctionnements tout en tentant de le sauver.


   


Barbu et alcoolique, Reese serait la brebis égarée au milieu d’un troupeau de moutons. Mais il appartient à cette même race, et luttera jusqu’au bout pour la maintenir en vie. A la fin du film, sa compagnie, finalement rejointe par des renforts, prend d’assaut l’ennemi. Dans un geste héroïque et suicidaire, Reese se jette dans un bunker allemand avec des explosifs, avant d’être achevé au chalumeau par l’un de ses amis, effondré de devoir terminer le boulot de la sorte... L’image est forte, au propre comme au figuré, il s’agit bien d’un enfer, mais d’un enfer pour les héros. Le paradoxe est là : la barbarerie convoque ainsi la beauté de l’éclat héroïque et les atrocités de la guerre. A l’image de ses personnages principaux, Siegel est peu avare en longs discours, et il préfère laisser le sang, les armes, et le feu s’exprimer.


                  

Loin des studios et des contraintes de production du genre, le cinéaste s’affranchit de certaines barrières, ose et expérimente, et convoque ainsi au sein du métrage des éléments comiques (l’auto-dérision de certains personnages secondaires) qui soulagent le récit, avant que celui-ci ne redevienne grave. On reste très longtemps marqué par la scène du champ de mines, un monument de suspense orchestré au millimètre près, et qui souligne le grand talent de metteur en scène de Siegel, très à l’aise dans les tranchées. Plus tôt, Reese se sera rendu clandestinement dans un bar, pour une scène d’un érotisme diabolique (les doigts de la serveuse autour de la bouteille), prouvant la capacité hors-norme de Siegel à varier les plaisirs au sein d’une production sérieuse et de grande qualité. Indubitablement la marque des grands !



                 

Au Mexique en 1870. C'est la révolution. Le mercenaire texan Hogan sauve une femme tombée entre de mauvaises mains, Sara. Elle se prétend bonne-soeur, à la recherche d'argent pour aider l'armée mexicaine en lutte contre Maximilien. Hogan lui révèle son projet de mettre hors d'état de nuire les troupes françaises de Chihuahua, pour le compte des Juaristas. Il trouve en cette femme une complice inattendue pour mener à bien son entreprise, avec l'appui des rebelles et de leur chef le Colonel Beltran. Hogan finit par découvrir la véritable identité de "Soeur Sara", une fille de joie dont il ne peut résister...
Interprétée avec talent par Shirley Mc Laine et dépourvu d’un scénario vraiment développé, le film tient la route uniquement par la grâce de ce formidable couple de cinéma. Hilarant, leur numéro de duettiste parvient à charmer le spectateur, d’autant que le script de Budd Boetticher, autre grand habitué de la série B, réserve quelques jolies surprises. Transcendé par une excellente partition parodique d’Ennio Morricone et par des images de toute beauté, Two mules for sister Sara - titre bien plus juste que ce Sierra torride en complet décalage avec le ton du film - est un excellent divertissement, à la fois frais, dynamique et réalisé avec soin. L’arrière-plan féministe n’est pas non plus pour nous déplaire, tandis que les fondements traditionnels du western vacillent un peu plus par l’aspect parodique et décalé du traitement. En France, comme partout où il est sorti, ce sympathique western a rencontré le succès puisque pas moins d’un million d’entrées / France ont été collectées par cette comédie déguisée. Le miracle n’est pas loin.  


         

       

Bénéficiant du soutien d'un oncle, Don prend contact avec le producteur Hal Wallis et entre à la Warner Bros. Après avoir été successivement archiviste, assistant monteur et directeur du département des "inserts", il poursuit son apprentissage de metteur en scène en travaillant de manière fort singulière sur le montage de courtes séquences narratives destinées à des oeuvres clés de cette firme, en tête desquelles figurent Les fantastiques années 20, Gentleman Jim et Une femme dangereuse de Walsh. Par leur efficacité et leur rythme, elles donnent déjà une idée précise de ce que sera le style de Don Siegel.
Parallèlement à ce travail de montage, le futur grand maître de la "série B" est engagé comme réalisateur adjoint sur plus de quarante réalisations Warner et se voit confier la responsabilité de scènes d'action dans Sergent York, Passage to Marseilles et L'intrigante de Saragota.


             
                               

C'est avec un thriller, The verdict qu'il aborde le long métrage en 1946. Son dernier film à la Warner Bros, Night unto night, n'a pour lui que l'intérêt de lui avoir fait connaître sa future épouse, Viveca Lindfors.
Parmi ses oeuvres marquantes signalons : Les rvoltés de la cellule 11, description quasi documentaire de l'univers carcéral, Ici brigade criminelleun film noir dans la tradition du genre, L'invaion des profanateurs de sépultures, un des classiques du cinéma fantastique, L'ennemi publicportrait inhabituel d'un gangster notoire, Baby Face NelsonA bout portant, remake original des Tueurs (Siodmak, 1946), Les proies (1971).
Source : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/siegel/siegel.htm

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