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jeudi 4 août 2016

Bird

Il n’y a pas de deuxième acte dans une vie d’Américain. C’est par ces mots de F. Scott Fitzgerald que s’ouvre Bird, le treizième film de Clint Eastwood, qui retrace un pan de la vie de Charlie Parker. « Quand j’ai découvert Charlie Parker, ça m’a vraiment retourné. Aussi, ce film que je viens de réaliser sur lui, j’avais depuis longtemps le sentiment que je le lui devais. C’est avant tout une œuvre d’amour » confie Clint Eastwood à L’Evénement du Jeudi. Et comme toute œuvre d’amour, Bird a ses élans, ses fulgurances, mais aussi ses maladresses.
Le principal reproche fait à Bird porte sur sa durée. Des Echos à L’Express, certains critiques déplorent que le film soit « un peu longuet et parfois complexe ». Pour les mêmes, le parti pris d’un scénario à la construction façon puzzle n’aide pas. « On se perd, parfois, dans la trajectoire du Bird râle Les Echos. Pour Anne de Gasperi dans Le Quotidien de Paris, le réalisateur rate carrément son objectif. « On a le sentiment que Clint Eastwood s’est contenté de mettre en scène les confidences d’une veuve éprouvée par la turbulence caractérielle de son mari. Et il aboutit sans l’avoir voulu à la démystification du personnage ». Plus nuancé, Le Nouvel Observateur estime juste que le réalisateur « n’est peut-être pas aussi sensuel ni aussi mystique qu’il le faudrait pour faire partager sa ferveur ».


   
          


 Pourtant Clint Eastwood s’est particulièrement investi dans cette œuvre qui rassemble en toile de fond une partie de ses passions et de ses obsessions. Pour illustrer la vie chaotique du Bird, il a donné à son film les mêmes impulsions, à l’aide notamment d’un « montage rapide, sec, spectaculaire, (...) nerveux et sans redites » note Les Echos. Il livre « un bel exercice de fondu enchaîné » constate L’Humanité, et son scénario, « construit en flashbacks et flash-forwards incessants, nous fait pleinement partager les événements, les paradoxes, les élans de Parker » apprécie 7 à Paris. Cette « construction intrigante et audacieuse » (L’Evénement du Jeudi) se pare de « perfection, de rigueur et d’intensité » complète Le Figaro Magazine. Dans Libération, Gérard Lefort établit le parallèle inévitable jazz/mise en scène : « cet hommage à Parker est exactement construit comme un morceau de Parker. Un thème mélodique central et tout autour, d’un bout à l’autre du film, jusqu’à s’envoler dans le ciel d’une bande son parfaite, des variations qui n’en finissent jamais de ramener la passion à l’avant-scène ». Le résultat est un film qui flirte avec le grand art, un film « admirable, d’une belle sobriété » selon  Le Journal du Dimanche.



Clint Eastwood « évite l’écueil du mélodrame » se réjouit Le Nouvel Observateur, il fait preuve de tact et ne sombre pas dans le romantisme, pour le plus grand soulagement de L’Humanité Dimanche. « L’émotion est au rendez-vous, poignante, déchirante » constate La Vie, et, surtout, Bird se situe « à l’extrême opposé des biographies sirupeuses made in Hollywood » (L’Evénement du Jeudi). Clint Eastwood n’a pas versé dans l’hagiographie, et reçoit ainsi l’appréciation chaleureuse de Chan Parker : « on a dit tellement de choses fausses à propos de Bird que j’étais contente, avec ce film, de pouvoir lire la vérité » explique-t-elle dans France Soir.
 L’autre clé de voûte du film, c’est bien sûr la performance d’acteur de Forest Whitaker, que la presse salue unanimement. « Il a à ce point travaillé son art que la caméra peut se permettre de s’attarder sur ses mains quand il joue de son instrument » admire L’Humanité.


                                        


 Sa composition est étonnante, quasi parfaite, il « campe avec quelque chose qui ressemble à de la piété un Parker presque toujours bouleversant » ajoute Le Pariscope. « Il a largement mérité son prix d’interprétation à Cannes » déclare encore Le Figaro.
 Le film, lui, n’y aura pas reçu la Palme d’Or, et toute la presse s’en indigne. C’est pourtant un film « exemplaire » proteste Le Parisien, un film « bouleversant, aussi beau à voir qu’à écouter » renchérit Témoignage Chrétien. Et c’est finalement Michel Boujut qui, dans L’Evénement du Jeudi a, au nom de tous, le mot de la fin et décerne à Bird « la palme du cœur et de l’intelligence ».(http://www.iletaitunefoislecinema.com/chronique/4703/ressortiebird-de-clint-eastwood)

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