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samedi 20 août 2016

Jeffrey Hunter

Acteur au style racé et au jeu fougueux, Jeffrey Hunter n'a pas eu la carrière que ses premiers rôles au cinéma laissaient augurer. Après quelques belles apparitions chez John Ford (La prisonniere du desert), le choix audacieux d'incarner Jésus dans Le roi des rois ruine sa carrière et le contraint à errer dans les arcanes de la série B. Né à La Nouvelle-Orléans, Jeffrey Hunter (de son vrai nom Henry Herman McKinnies) commence sa carrière par des petites prestations dans des salles communales et pour la radio locale, avant de voir ses études interrompues par la Seconde guerre mondiale où il sert dans la Marine.




                              


Le Sergent Noir(1960) .Durant les guerres indiennes, dans un fort reculé de l’Arizona, on assiste au procès d’un officier de cavalerie inculpé pour avoir soi-disant violé et tué une jeune femme ainsi que le père de cette dernière qui semble les avoir surpris. Le Sergent Rutledge est un officier faisant partie d’un régiment de soldats noirs libérés de l’esclavage à la fin de la guerre de Sécession et qui a pour mission de combattre une bande d’Apaches insoumis semant la mort autour d’elle. Malgré ses affirmations répétées d’être non coupable de tous les faits dont on l’accuse, sa couleur de peau rend pourtant soupçonneux la plupart des hommes de loi et autres soldats blancs…En pleine période Martin Luther King, John Ford signe un western militaire s’élevant lui aussi contre les préjugés raciaux envers les noirs et en profite pour nous brosser le portrait d’une grande dignité d’un soldat respectueux de son pays, plein de noblesse et fier de l’appartenance à sa race. L’acteur Woody Stroode (célèbre la même année pour avoir participé au « Spartacus » de Kubrick) dira n’avoir jamais obtenu de plus beau rôle remerciant John Ford pour les superbes dialogues dont il lui a fait cadeau ; sa stature sculpturale, la beauté de son personnage et sa sobre interprétation font effectivement forte impression face à un Jeffrey Hunter convaincant lui aussi dans le rôle de son supérieur qui, ayant totale confiance aux dires de son homme de terrain, se propose de prendre sa défense lors de son procès. 



          


La construction du film est un peu trop systématique, passant de la salle de procès à des flash-back chaque fois qu’un nouveau témoin est appelé à la barre ; pour la plupart, ils sont amenés d’une façon théâtrale par une baisse subite de la lumière dans le tribunal faisant apparaître les personnages en ombre chinoise avant de faire basculer le récit dans le retour en arrière. On peut pourtant se demander si cette jolie figure stylistique était indispensable puisque John Ford abandonne cette idée de mise en scène en cours de route sans qu’on ne sache bien pourquoi, ce qui rompt un peu l’harmonie de cette œuvre cependant digne d’éloges si on veut bien oublier aussi quelques envolées lyriques un peu ratées (la contre plongée en studio sur Woody Stroode lors de la chanson ‘Captain Buffalo’ laissant même apparaitre en haut de l’image les éléments techniques du décor !) et un mauvais dosage de l’humour venant parfois court-circuiter le ton élégiaque et tragique de cette belle histoire humaniste qui n’avait par exemple pas forcément besoin de la ‘basse cour’ féminine ridiculisée par un John Ford que l’on a connu plus subtil. 


 
                                 


En revanche le running gag des incendiraires d'Atlanta (déjà présent dans « Rio Grande ») est savoureux. Bref, malgré ces défauts, cette enquête policière dans un cadre westernien, même si elle ne saurait égaler la trilogie ‘cavalerie’ du cinéaste tournée une dizaine d’années plus tôt, donne naissance à un film tout à fait honorable, Ford prouvant à nouveau sa parfaite maîtrise du cadrage en extérieurs, beaucoup de ses plans dans Monument Valley et à San Juan River laissant pantois par leurs beautés. L’arrivée nocturne de Constance Towers dans la gare abandonnée avec la vapeur baignée de lumière venant l’entourer est un des plus belles séquences de sa filmographie. Après avoir été l’un des premiers à redonner fierté et noblesse à la nation Indienne à travers les chefs-d’œuvre que sont « Fort Apache » et « She Wore a Yellow Ribbon », John Ford est un des premiers cinéastes américains à décrire héroïquement un personnage noir. Ceux qui ont encore en tête les clichés de raciste et de réactionnaire le concernant peuvent se persuader du contraire en découvrant ce mineur mais estimable « Sergeant Rutledge », en tout cas plastiquement superbe.(http://www.dvdclassik.com/critique/le-sergent-noir-ford)


                                 

À son retour du champ de bataille, ce beau gosse au regard clair reprend là où il s'était arrêté et entame un cursus à l'Université de Californie, dans le domaine de la radio où il a déjà fait ses preuves. C'est là qu'au coeur des années 50, des chasseurs de talent de la 20th Century Fox le repère et lui proposent un contrat de 2 ans.
Après quelques honorables seconds rôles dans Marin du roi (1953), Plumes blanches (1955), il obtient aux côtés de John Wayne ce qui constitue sans doute un de ses rôles les plus marquants, celui de Martin Pawley dans La Prisonnière du Désert (1956). Il tourne d'ailleurs dans la foulée deux fois pour John Ford (La Dernière fanfare et Le Sergent noir) qui conseille vivement ce jeune fougueux à son collègue Nicholas Ray à la recherche d'un Jésus pour son roi des rois (1961).
Le rôle, plutôt risqué, ne lui apporte guère que des critiques très mitigées et le film sonne presque le glas de la carrière d'Hunter. Hormis une apparition dans le casting à rallonge du Jour le plus long, il n'aura plus guère à se mettre sous la dent que des rôles mineurs dans des séries B peu reluisantes.
À son retour du tournage du Clan des frères Mannata, il souffre de plusieurs attaques dont une provoque une grave chute dans les escaliers. Atteint à la tête, il succombe à une hémorragie cérébrale le 27 mai 1969. 
Au cours de la guerre de Sécession, l'espion nordiste James Andrews a pour mission de détruire avec l'aide d'une poignée de soldats, une importante ligne de chemin de fer sudiste. Mais c'est sans compter sur la ténacité et le courage d'un contrôleur de gare du camp opposé, William Fuller...

 
 
   

 Surfant sur l'immense succès rencontré par la série Davy Crockett à la télévision, Walt Disney s'engouffre dans le filon de la narration d'histoires de héros américains du Far West. L'infernale poursuite en est ainsi le parfait exemple. Le film, retraçant l'histoire vraie d'un épisode de la guerre de Sécession bénéficie cependant, fiction de grand public oblige, d'une fin beaucoup plus romanesque que la réalité. Walt Disney pousse d'ailleurs la sécurité à l'extrême en appelant pour le rôle titre, Fess Parker, le désormais incontournable Davy Crockett, gage d'un succès garanti.
Bien que convenu à de nombreux égards, L'infernale poursuite est un film haletant, divertissant au possible et assurément très éloigné de la mièvrerie des productions Disney contemporaines. C'est d'ailleurs en cela qu'il est parfaitement caractéristique des films "live" produits par Walt Disney dans les années 50. L'infernale poursuite est à voir avec plaisir !(http://www.chroniquedisney.fr/film/1956-infernalpoursuite.htm)

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