.

.

vendredi 29 juillet 2016

Van Heflin

Van Heflin (de son vrai nom Emmet Evan Heflin Jr.) est un acteur américain, né le 13 décembre 1910 à Walters (Oklahoma), décédé le 23 juillet 1971 à Hollywood (Californie).
Il s'intéressa à la carrière d'acteur à l'université d'Oklahoma où il fit partie de la troupe théâtrale. Ceci le conduisit sur les planches de Broadway au début des années 1930. En 1936, il se tourna vers Hollywood pour tourner son premier film La Rebelle (A woman rebels) avec Katherine Hepburn.
Engagé sous contrat par la MGM, il tourna dans de nombreux westerns, et reçut en 1942 un Oscar du second rôle pour sa prestation dans Johnny, roi des gangsters (Johnny Eager) de Mervyn LeRoy (avec Robert Taylor et Lana Turner).

Le Salaire de la violence(1958)- Lee Hackett (Van Heflin), un important éleveur de chevaux n’est plus très en phase avec son époque, de plus en plus soucieuse de pacification. La loi du plus fort et celle des armes a tendance à disparaître alors qu’il a construit son Empire en se basant essentiellement dessus. Veuf, il a élevé seul ses deux fils selon ses valeurs viriles sans se soucier du changement de la société ni des conséquences sur deux caractères aussi différents. Ils vont finalement chacun lui poser des problèmes et ‘lui faire honte’, le plus jeune (James Darren) décidant de s’affranchir de sa tutelle en refusant la violence et, comble du déshonneur, tombant amoureux d’une métisse, l’aîné (Tab Hunter) en s’enfonçant au contraire dans la violence la plus débridée sans arriver à se contrôler, cherchant à égaler voir dépasser son père-mentor sans comprendre qu’il s’en éloigne encore plus. La confrontation entre ces trois figures archétypales tournera à la tragédie familiale, pressentie dès le début du film, suivie d’une prise de conscience salvatrice qui donnera ce final d’une puissance émotionnelle insoupçonnée jusque là, le film de Phil Karlson souffrant justement avant ça d’une trop grande froideur. Un western en tout cas très représentatif de la fin de la seconde moitié des années 50, période au cours de laquelle la psychologie avait fait son entrée en force à l’intérieur du western. Ca avait commencé au début de la décennie avec déjà une histoire d’antagonisme entre deux frères dans La Vallée de la Vengeance de Richard Thorpe et c’est John Sturges qui avait généralisé l’hybridation à partir de Coups de Fouet en Retour.


 
          

Gunman’s Walk (titre original bien plus poétique que le rude titre français qui représente pourtant mieux la gravité du film) est un western très intéressant narrant la difficulté de s’adapter pour certains au changement de la civilisation en marche, amenant une réflexion sur la violence (qui ne peut mener qu’au malheur), la loi, la justice et les préjugés raciaux au quotidien. Tout ceci vu à travers un déchirement familial et à un conflit intergénérationnel ; désir de s’affranchir du modèle paternel pour l’un, désir d’au moins l’égaler pour l’autre, les deux situations amenant la rivalité et parfois même la confrontation physique. Dommage que les protagonistes soient aussi schématiquement dessinés par le pourtant talentueux scénariste Frank S. Nugent (partenaire privilégie de John Ford pour qui il écrira parmi ses plus beaux films comme Fort Apache, La Charge Héroïque, L’Homme Tranquille, La Prisonnière du Désert…) ; 


                 


cet aspect nous empêche d’éprouver de l’empathie à leur égard même si Van Heflin nous offre une magistrale interprétation en rancher aux valeurs obsolètes, refusant pourtant de voir l’évolution de la société. Le reste de la distribution est correcte mais n’arrive jamais à nous faire ressentir la tension pourtant bien présente durant toute la durée de ce western plus qu’honnête, très bien filmé, Phil Karlson utilisant le cinémascope avec habileté, certains travellings latéraux lors des ‘poursuites’ à cheval étant franchement impressionnants, mais manquant un peu de souffle. La photographie de Charles Lawton est très réussie ainsi que la musique raffinée et sensible de George Duning, compositeur à redécouvrir d’urgence, ‘responsable’ l’année précédente du score inoubliable du 3h10 pour Yuma de Delmer Daves. Pas un sommet du genre mais suffisamment intéressant pour chaudement vous le conseiller...(http://www.dvdclassik.com/critique/le-salaire-de-la-violence-karlson)


                                


Le scénario des Tueurs de San-Francisco est un modèle du genre en ce qui concerne le film noir. Il est signé Zekial Marko qui utilise aussi le pseudonyme de John Trinian, nom sous lequel il publiera de nombreux romans policiers et qui n’est autre que l’auteur du roman dont sera tiré Mélodie en sous-sol. Eddie Pedak est un jeune homme marié qui a une petite fille de quatre ans et qui cherche à retrouver le chemin d’une vie honnête, après avoir passé plusieurs années en prison. Mais son passé va le rattraper. Non seulement il est victime d’un coup monté pour lui faire endosser un crime qu’il n’a pas commis, mais son frère veut l’engager pour une ultime affaire qui doit rapporter gros. Eddie est poursuivi par un flic, joué par Van Heflin, qui a reçu une balle et qui pense que c’est Pedak qui la lui a envoyée. Celui-ci perd son travail, et ne supportant pas de voir sa femme travailler dans un cabaret pour faire bouillir la marmite, il décide  de travailler avec son frère qui est entouré de deux tueurs psychopathes, Tony Musante et John Davis Chandler. Tout cela finira très mal, les tueurs ayant enlevée la fille d’Eddie, il n’aura que le choix de collaborer avec le flic qui le poursuit de sa hargne.
C’est un drame social, les frères Pedak sont des immigrés récents en Amérique et ils se débattent manifestement avec la dureté de l’époque. Eddie habite dans un quartier pauvre, et il est tout fier d’avoir acheté un petit bateau de pêche à tempérament. Quand le policier lui fait perdre son emploi par son intrusion intempestive, il se confronte aux services qui payent les indemnités chômage, il en ressort vaincu.


   


Il y a de très bonnes choses dans ce film, la façon dont San-Francisco est filmé, l’écran large bien utilisé. Alain Delon est excellent bien sûr ou encore Van Heflin qui malgré la brièveté de son rôle est très bon. Le hold-up est bien filmé et bien conçu. Le scénario contient un certain nombre d’astuces, comme celle de transformer le policier qu’on s’attend à voir poursuivre de sa hargne Pedak et qui au bout du compte se révèle humain et plein de sollicitude pour la situation dramatique d’Eddie.(http://alexandreclement.eklablog.com/les-tueurs-de-san-francisco-once-a-thief-1965-ralph-nelson-a114844744)




                  


Van Heflin ne joua jamais les héros ni les jeunes premiers, mais il fut convaincant dans des rôles de caractère. Sa dernière prestation majeure fut dans le célèbre film Airport dans lequel il joue un homme désespéré voulant se faire exploser avec l'avion pour que son épouse touche l'assurance-vie.
En juillet 1971, il fut terrassé par une crise cardiaque alors qu'il se baignait dans sa piscine. Il arriva à se hisser sur l'échelle de bain où on le trouva plusieurs heures plus tard. Il resta dans le coma pendant 17 jours avant de succomber.(Wiki)

3 commentaires: