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dimanche 3 juillet 2016

Nikos Papatakis

Nikos Papatakis (en grec : Νίκος Παπατάκης) ou Nico Papatakis, né le 5 juillet 1918 à Addis-Abeba (Éthiopie) et mort le 17 décembre 2010 à Paris (14e), est un réalisateur, scénariste, producteur et directeur artistique français d'origine grecque et éthiopienne.Papatakis revient à Paris au début des années soixante. En 1962, il réalise son premier film, Les Abysses, d'après la pièce de Genet, Les Bonnes, inspirée elle-même de l'histoire vraie des sœurs Papin. Le film est prévu pour être présenté au festival de Cannes de la même année, mais le comité de sélection du festival le rejette dans un premier temps à cause de sa violence et son exaltation forcenées (on y a vu, entre autres choses, « une métaphore de la lutte des algériens contre les colons français ») avant qu'André Malraux, ministre de la Culture, ne l'impose, sensible à l’importance de l’œuvre5. Francis Cosne, président du syndicat des producteurs français donne alors sa démission en signe de protestation et la projection des Abysses provoque le scandale sur la Croisette. Le fidèle cénacle intellectuel, Sartre, Beauvoir et Genet soutient le film face aux violentes réactions et Jean Genet de déclarer « Il est possible qu’on s’indigne de la ténacité avec laquelle Nico Papatakis a su saisir et conduire ce paroxysme pendant deux heures. Mais je crois qu’on doit accepter de garder les yeux grands ouverts quand un acrobate exécute un numéro mortel ». Et André Breton d'ajouter « Eros et l’instinct de mort, couple indissoluble en butte à une tension sociale telle que ces deux machines se rechargent l’une l’autre jusqu’à l’incandescence ; avec Les Abysses nous sondons l’éperdu des passions humaine ».(Wiki)


                                 


Il faut, en général, se méfier comment on traite les 'parias' en notre société et c'est ce que montre ce chef d'oeuvre surréaliste avec la revanche de deux harpies honteusement exploitées (dans un silence total); climaxant finalement en tragédie. Le comportement de ces bourgeois tour à tour méprisants, menacants, puis obéissants, ne fera pas que sourire et enfin les protagonistes principales réalisent ici une merveille d'interprétation de la nouvelle vague du cinema français.Dieu que ce fut pénible. Et pourtant le paradoxe c'est que ça m'a vraiment intrigué. J'ai voulu découvrir ce film un peu oublié de la nouvelle vague en espérant une potentielle bonne surprise mais ce film m'a tantôt énervé, tantôt fasciné. En gros Les Abysses raconte l'histoire de deux soeurs embauchées comme bonnes chez un viticulteur qui se laissent aller à la folie. Tout avait de quoi me plaire: le traitement de la folie, une ambiance claustro, glauque, dérangé. Une atmosphère malsaine en quelque sorte mais ça ne m'a jamais réellement convaincu. La faute à de longues envolées verbales, à des discours en roue libre, en bref à un côté beaucoup trop démonstratif. Pour autant il y a de très belles choses, à commencer par une mise en scène de grande qualité, couplée à une admirable photographie. Cet illustre inconnu de Papatakis montre une réelle aisance à composer les images mais hélas le fond m'a clairement moins emballé. Je trouvais que le sujet peinait à tenir l'heure et demie. Ca manquait de substance, le film se contentant de pousser à l'extrême un schéma répétitif composé d'hurlements, de dialogues verbeux proches de l'overdose, de scènes d'hystérie surjouées...


            

J'avais trouvé ça très usant sur le long terme, j'avais hâte d'en finir alors que paradoxalement le film m'intéressait quand même. Ça tire beaucoup trop souvent dans le grotesque à mon sens, ce qui limite l'impact de cette atmosphère poisseuse. Les interprètes semblent donner de leurs personnes mais ça ne suffit pas à me convaincre. L'aspect trop théâtral mêlé aux hurlements m'a assez gêné, m'a irrité. Néanmoins je ne déconseille pas ce film qui reste une expérience singulière à tenter même si j'ai eu un mal fou à rentrer dedans. Ce qui est certain c'est que ça risque de diviser pas mal de monde.« Magnifique et étrange film où la raison est du côté de la folie, le paradis au plus profond de l'enfer, où l'amour est peint sous la figure de la haine. Il montre la révolte nue. Papatakis a réussi la prouesse de sauver l'horreur par la beauté sans jamais la trahir : sans qu'elle cesse d'être horrible. Un des plus grands films que j'aie jamais vus. » Simone de Beauvoir.(Allociné)


                              


Inconfortable, c'est le moins qu'on puisse dire, Gloria Mundi surgit sur nos écrans avec deux handicaps. Le premier est son style, marqué au fer rouge par une radicalité théâtrale des années 1960, celle-là même qui avait provoqué le rejet, en 1963, du premier film de Nico Papatakis, Les Abysses (adapté des Bonnes de Jean Genet) : exaspération des comportements, gestuelles hystériques, regards paroxystiques, débit vocal frénétique, images corrosives. Le second tient à son sujet, en abyme : une dénonciation de la torture en Algérie, doublée d'une réflexion sur toutes les formes de torture (physique et morale, politique, sociale et conjugale) et sur les dangers qui guettent un cinéaste désireux de dénoncer les tortionnaires. Créateur du cabaret La Rose rouge où se produisirent Juliette Gréco, Mouloudji et les Frères Jacques, artiste engagé, producteur du fameux Chant d'amour de Jean Genet (film longtemps interdit), Nico Papatakis a signé des oeuvres extrêmes, vouées à "ne pas laisser dormir les gens dans l'indolence". Il avait tenté de mettre sur pied une version cinématographique de La Question d'Henri Alleg, témoignage sur la torture pendant la guerre d'Algérie. En vain, malgré les accords de Jean-Paul Sartre pour l'écriture du scénario et d'Alain Resnais pour la réalisation. Tournée en 1975, une première version de Gloria Mundi avait vu sa carrière stoppée au bout de quelques jours, à cause de deux engins explosifs déposés dans les salles qui le projetaient. C'est une version raccourcie d'une demi-heure qui ressort aujourd'hui, délestée d'une bande-son agressive (bruitages, grincements) et dotée de nouvelles scènes : la séquence d'ouverture, cours de torture par un instructeur qui encourage des soldats à "commettre toutes les atrocités que - leur - patriotisme - leur - inspire", et celle du pont parisien dont on voit ­ grâce à un trucage ­ - des corps tomber, allusion à la répression anti-algérienne du 17 octobre 1961.


           

Certain (à juste titre) qu'elle recèle des propos toujours actuels, Nico Papatakis l'a voulue plus intemporelle.Gloria Mundi attaque violemment une certaine idéologie qui autorise des actes abjects au nom de la mère patrie, ainsi qu'une gauche mondaine qui se trompe de combat, privilégie la libération de la femme soumise aux phallocrates au détriment de la libération des peuples opprimés. Dans un salon, une bourgeoise déguisée en Delphine Seyrig humilie une comédienne militante, la traite de "petite-bourgeoise sous-développée". Partant du principe qu'un film contre la torture se doit d'être dérangeant pour le spectateur, il montre une femme déshabillée et torturée par des paras (qui, aujourd'hui, figurent tous les types de tortionnaires, à la solde de pays impérialistes ou totalitaires). Se posant sans cesse le problème du regard, du péril à attiser le voyeurisme et de noires pulsions en dénudant une jolie femme et la soumettant aux pires affronts, Papatakis en vient évidemment à se mettre lui-même en question, et c'est là que le film aborde un aspect troublant.


                              


Porteur d'une dimension autobiographique, Gloria Mundi ne se contente pas de fustiger le cynisme de la profession. Il affiche les rapports ambigus qu'il entretenait lui-même avec Olga Karlatos. Cette femme à la beauté hypnotique avec laquelle il partageait sa vie souhaitait devenir star ; il lui fait jouer dans Gloria Mundi son propre rôle : celui d'une comédienne à laquelle son cinéaste de mari impose de s'infliger d'authentiques épreuves (brûlures de cigarettes, torture à la gégène) afin qu'elle interprète au mieux une terroriste arabe suppliciée. Papatakis ne nie pas avoir exercé des pressions morales sur les actrices des Abysses afin de les mettre en condition d'extérioriser une douleur psychique. Chaque fois, dans Gloria Mundi, qu'Olga Karlatos regarde l'objectif de la caméra et exécute les indications de son metteur en scène hors champ, il s'accuse implicitement de faire office de bourreau.(http://www.lemonde.fr/cinema/article/2005/11/01/gloria-mundi-une-violente-diatribe-contre-toutes-les-formes-de-torture_705429_3476.html)

3 commentaires:

  1. http://uplea.com/dl/D24174C1940C51F
    http://uptobox.com/2irr8ax56ll3

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  2. Connais pas ce "gloria mundi"
    Merci Corto

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    1. Un peu sérieux pour cette période estivale, je l'accorde ...Bonnes vacances !!

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