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lundi 11 juillet 2016

Laurent Terzieff

Passionné par la philosophie et la poésie, Laurent Terzieff assista à l'âge de 14 ans à une représentation de la Sonate des spectres d'August Strindberg, dirigée par Roger Blin . Fasciné, il décida de devenir acteur.Il débuta sur scène à dix-sept ans au Théâtre de Babylone de Jean-Marie Serreau dans Tous contre tous d'Arthur Adamov, auteur et ami qu'il affectionnait. L'ayant remarqué dans la fiction télévisée L'Affaire Weidmann, Marcel Carné l'engagea en 1958 pour l'un des rôles principaux du film Les Tricheurs. Cette première apparition sur grand écran le rendit célèbre, sa personnalité atypique, son charisme et son talent étant immédiatement salués. En 1961 il rencontra l'actrice Pascale de Boysson et fonda avec elle la compagnie Laurent Terzieff.Sollicité par les meilleurs réalisateurs italiens, il joua le rôle d'un désœuvré dans Les Garçons de Bolognini (1959), film écrit par Pasolini, qui lui confia plus tard le rôle du Centaure dans Médée. En 1961, il incarna un révolutionnaire dans Vanina Vanini de Roberto Rossellini et apparut en 1976 dans Le Désert des Tartares de Valerio Zurlini. En France, il tourna, entre autres, trois films avec Claude Autant-Lara (dont Tu ne tueras point), puis La Prisonnière avec Henri-Georges Clouzot. Il fut le partenaire de Brigitte Bardot dans À cœur joie. Luis Buñuel le fit tourner dans La Voie lactée en 1969. Terzieff travailla avec d'autres réalisateurs relevant du cinéma d'auteur ou d'art et d'essai, comme Philippe Garrel (quatre films dont Le Révélateur, tourné en mai 1968), et Jean-Luc Godard (Détective en 1985).(Wiki)


                                   


Culottes rouges c'est le nom donné aux récidivistes de l'évasion car ils devaient porter un pantalon rouge ; à ma connaissance Les Culottes rouges est un des rares films français sur les prisonniers de guerre pourtant un sujet qui a tout pour faire un film passionnant. Et dans le genre sans être le plus marquant Les Culottes rouges vaut plutôt le détour bien que quelques petits longueurs et impression de vide dans l'histoire gâchent un peu l'ensemble de ce film doux-amer. Le duo Terzieff/Bourvil fonctionne bien entre un supposé héros qui rime souvent avec salaud ici et un brave français moyen embarqué dans une évasion. Les Culottes rouges alterne une certaine noirceur à des instants amusants et plus légers.Un duo mythique parmi les duo comiques où un Auguste s'associe à un clown blanc, où un riche s'entiche d'un pauvre, un autoritaire se traîne un gentil, c'est déclinable à l'infini et vieux comme le monde. C'est cette recette qui à fait le succès de beaucoup de film. Bourvil y fût presque enfermé dans la majeure partie de sa carrière, au côté de Gabin (La traversée de Paris), de De Funés (La grande Vadrouille) ou de Fernandel (La cuisine au beurre). La force de ce film est de ne pas utiliser ce duo uniquement pour la comédie les gags et la rigolade. Dans l'univers des prisonniers de guerre et des évadés récidivistes (les culottes rouges) le ton est plus profond. Ici, avec Laurent Terzieff, le duo est porté vers une dimension, beaucoup plus forte, parfois comique mais souvent terrible dans la perversité et la tyrannie. C'est un film doux amer où le duo "héro frustre/lâche gentil" vous coupe le souffle, Terzieff et Bourvil ensemble c'est intense et profond. Pourquoi ce film n'est jamais cité en exemple ? Est-si peu connu ? Quoi qu'il en soit c'est toujours un plaisir de revenir au temps du noir et blanc.


           

Cinéma d'un temps où chacun connaissait son métier, le scénario était celui d'un auteur, le metteur en scène sait mettre en scène, la musique est celle d'un musicien et chaque corps de métier est représenté par un artisan compétent. Les acteurs sont formidables et la qualité se ressent.L'exemple type du bon cinéma à la francaise, assez intelligent dans son propos et sobre dans sa mise en scène. Alex Joffé, metteur en scène sans g"nie mais assez sensible, nous livre ici une oeuvre assez conventionnel, mais qui se fait réellement intéressante, grace à un scénario cadré mais assez riche, et deux personnages de qualité, dont la différence de caractères est bien rendue. Ce sentiment de plaisir vaut également pour les très belles prestations de Laurent Terzieff et surtout Bourvil, remarquable dans un role auquel il avait été peu habitué jusqu'ici. Dans son genre, Les Culottes rouges se révèle être une assez belles surprise.Un film rare parlant de la guerre et des prisonniers français de manière originale. La relation entre Terzief qui joue superbement un personnage aussi attachant que violent et Bourvil encore une fois parfait en prisonnier modèle entrainé de force dans une évasion est vraiment prenante. La fin reste un peu abrupte.(Allociné)


                      


S'il y a un cinéaste pour qui les évènements de Mai 68 ont été déterminants, c’est bien Philippe Garrel chez qui ils reviennent de manière récurrente (Cf. le récent Les amants réguliers). En 1968, le cinéaste a 20 ans et comme la plupart des jeunes gens de sa génération, il est sur les barricades et y tourne d’ailleurs quelques « actualités ». Il fait partie alors d’un groupe informel de jeunes créateurs (peintres, modèles, cinéastes) dont les films seront regroupés, a posteriori, sous le label Zanzibar. « Leur association informelle est à l’origine d’un cinéma intransigeant, marqué par l’expérience narrative (improvisation et rupture du sens), le dépouillement formel (abstraction et photogénie) et la révolte sous-jacente (appel au présent et au spectateur). Entre 1968 et 1970, la mécène Sylvina Boissonnas finance une douzaine de productions « sauvages », tournées en 16 et 35 mm, sans scénario ni autorisation » (Sébastien Layerle. Caméras en lutte en Mai 68). Déçu par la tournure que prennent les évènements, Garrel quitte Paris à la fin du mois de mai et se rend en Allemagne où il tournera avec très peu de moyens et sans autorisation ce Révélateur dans la Forêt-Noire. Sylvina Boissonnas aidera le cinéaste à payer les frais de laboratoire et fera inscrire le film au CNC sous le fameux label Zanzibar. Film en noir et blanc et totalement silencieux, Le révélateur est assez caractéristique de la première partie de l’œuvre de Garrel entièrement vouée à « l’Art pour l’Art », hantée aussi bien par le cinéma primitif (la beauté expressionniste des plans est assez époustouflante, surtout si l’on songe aux moyens de fortune employés pour la réalisation de ce film : éclairage avec des phares de voitures, des lampes torches…) que par le cinéma expérimental (Warhol). Il lui suffit de presque rien pour faire œuvre : une femme (l’égérie de la Nouvelle Vague, Bernadette Lafont), un homme (Laurent Terzieff) et un enfant (Stanislas Robiolle). Rien de plus. Sans doute s’agit-il d’un couple et de son enfant. Mais que fuient-ils ?


           


Quelle est cette menace invisible qui semble planer sur eux ? Où se trouvent-ils réellement ? Quelle est cette contrée hostile où semble régner un ordre concentrationnaire (ce long travelling sur cette famille courant derrière un fil barbelé) ? Garrel ne se préoccupe pas de donner des réponses claires et tranchées mais d’offrir aux spectateurs des visions poétiques. Bien sûr, une lecture allégorique du Révélateur est possible et le cinéaste ne se prive pas de jouer avec les symboles (les tableaux « religieux » qu’il compose, comme ce plan où Bernadette Lafont est littéralement crucifiée) et de recréer un univers oppressant qui renvoie à la répression policière en train de s’abattre sur le mouvement révolutionnaire. De la même manière, il n’est pas difficile de voir dans cette œuvre la mise en scène d’un conflit de génération que n’a fait qu’entériner Mai 68. Se révolter contre De Gaulle, c’était tuer symboliquement le Père comme le jeune Stanislas Robiolle se « débarrasse » de ses parents à la fin du film. Mais tous ces thèmes qui traversent le film ne sont jamais lourds ni soulignés au marqueur. Ce qui frappe avant tout, c’est la beauté plastique de chaque plan, l’incroyable photogénie de ces scènes aux confins de l’onirisme, le charme ensorcelant de ces longs travellings qui nous emportent dans un autre univers. L’une des grandes forces du Révélateur, c’est sans doute de parvenir à offrir un point de vue de l’enfance qui ne soit pas une vision fantasmée de l’enfance par des adultes.


                              


Aragon (avant de devenir précocement sénile !) écrivait que « les enfants, poètes sans être artistes, fixent parfois un objet jusqu’à ce que l’attention le grandisse, le grandisse tant, qu’il occupe tout leur champ visuel, prend un aspect mystérieux et perd toute corrélation avec une fin quelconque ». Il y a quelque chose de cet ordre chez Garrel : le Réel se distord pour laisser place à une rêverie où planent de mystérieuses ombres et des images de fuites en forêt. Les parents ne sont plus alors qu’un élément parmi d’autres dans ce tableau onirique : présence protectrice mais également silhouettes écrasantes dont il faudra se débarrasser pour qu’advienne un monde nouveau. Qui dit monde nouveau dit également Art nouveau et il y a derrière la caméra un véritable artiste capable de mettre en forme ces visions poétiques de l’enfance. Cette fois, c’est à Desnos que l’on songe lorsqu’il écrit « Nous venions de naître. (…). Un impatient désir d’amour, de révolte et de sublime nous tourmentait. (…). Pour nous, pour nous seuls, les frères Lumière inventèrent le cinéma. Là nous étions chez nous. Cette obscurité était celle de notre chambre avant de nous endormir. L’écran pouvait peut-être égaler nos rêves. » Qu’imaginer de mieux, pour illustrer ces mots, que ces scènes du Révélateur où le petit garçon, muni d’un aérosol magique, voit le monde défiler devant lui comme sur un écran de cinéma et réussit par ce prodige à quitter l’univers des adultes pour se réfugier dans celui de la rêverie poétique ? Avec presque rien, Garrel parvient à saisir le plus précieux des moments : celui des secrets de l’enfance et du monde nouveau qu’elle est capable de réinventer à chaque instant…(http://www.kinok.com/index.php?option=com_content&view=article&id=179&Itemid=83)

2 commentaires:

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  2. Excellent choix ce "révélateur" autant passionnant qu’agaçant .Peut être une des œuvres les plus représentative de la nouvelle vague.Film bien oublié maintenant, et vu il y a des lustres en ciné-club.
    Ne serais-ce que pour Bernadette Lafont, je vais revoir ça avec plaisir.Merci Corto.

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