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dimanche 10 juillet 2016

John Berry

John Berry est un acteur et réalisateur américain né le 6 septembre 1917 à New York et mort d'une pleurésie le 29 novembre 1999 à Paris 12e.Il débute comme acteur avec Orson Welles dans la troupe du Mercury Theatre puis devient l'assistant de Billy Wilder au cinéma. Il réalise Casbah une version musicale de Casbah de John Cromwell (d'après Pépé le Moko). Il est dénoncé par Edward Dmytryk comme communiste et pour cause de maccarthysme, il est inscrit sur la liste noire du cinéma. Pour cette raison, il part pour la France, au début des années 1950. Il tourne des films policiers avec Eddie Constantine. Il a été le compagnon de Myriam Boyer de 1975 jusqu'à sa mort. Ils ont eu un fils, Arny Berry. Son fils Dennis, né d'un premier mariage, a choisi la même carrière que lui. Malgré son fort accent américain, il double la voix française de Charles Bronson dans Adieu l'ami (1968) et Le passager de la pluie (1969). Il est également la voix américaine de Jean Gabin. John Berry a écrit un roman La fièvre monte (Don't Betray Me), publié en 1964 dans la Série noire (no 849). En 1995, il participe à la série de Nuits magnétiques, "Rien que des sentiments" produite par Catherine Soullard et diffusée sur France-Culture les 11 et 12 juillet. En 2008, il est longuement évoqué dans Jusqu'à ce que mort s'ensuive, un roman noir de Roger Martin.(Wiki)


                               

Warren Quimby, brave gars sans la moindre once de méchanceté, dirige un drugstore pendant que sa voluptueuse femme Claire le trompe à tour de bras. Un jour elle franchit le pas en s’installant chez son amant du moment, Barney Deager. Warren tente de la récupérer mais se fait rosser par Deager. Il décide alors de tuer ce dernier sous une fausse identité. Mais le soir du meurtre, il est incapable de passer à l’acte. Le lendemain matin, Claire est de retour à la maison : Deager a été retrouvé mort…
 John Berry fait parti de ces « grands » dont on ne parle presque plus aujourd’hui. Et c’est bien dommage. Surtout quand on a la chance d’avoir vu certains de leurs films qui n’ont vraiment rien à envier aux « classiques ». C’est le cas par exemple de Tension, film noir tourné par le cinéaste peu avant que la chasse aux sorcières ne l’oblige à fuir les Etats-Désunis d’Amérique. Un film mené de main de maître, aux dialogues savoureux, à l’interprétation impeccable, et qui jongle habilement sur la frontière étroite et fragile qui sépare fiction et réalité.


   
                     
 En visionnant Tension, on est pas surpris d’apprendre que John Berry, à ses débuts, était très proche d’Orson Welles (alors dans sa période théâtrale) et du déjà aguerri Billy Wilder. Sa mise en scène a le génie du premier tandis que la critique sociale détournée du film rappelle forcément le second. Vrai-faux film noir, Tension, c’est le cas de le dire, joue avec les nerfs du spectateur, mais pas seulement. Il y est question du couple et des rapports de force qui s’y exercent en permanence, tendant l’élastique jusqu’à ce qu’il finisse par lâcher d’un des deux côtés.

 

Très bien écrit, le scénario fait la part belle à la dualité des trois principaux protagonistes. Pour se venger, Warren Quimby change d’identité et devient Paul Sothern, un alter-ego qui n’existe que pour tuer l’amant de sa femme. Une sorte de Jekyll & Hyde sous contrôle, au moins au début. A l’exact opposé on trouve sa femme, Claire, femme vénale par excellence jonglant entre les hommes riches et prête à tout pour empocher le magot. Quant au troisième larron, c’est le lieutenant Collier, aux méthodes peu orthodoxes quand il s’agit de coincer un suspect. Chacune de ses apparitions est synonyme de ruse ou de manipulation.


                                  

Si l’on creuse un peu plus, on se rend compte alors que la thématique de l’être et du paraître symbolisée par le double de Warren Quimby est finalement démasquée par une photographie signée… Mary Chanler, jeune femme innocente éprise de Paul Sothern et double bénéfique de Claire Quimby. Warren la semaine et Paul le week-end, le héros se trouve dans l’impossibilité de débuter la nouvelle vie qui s’offre à lui avec Mary car celui qu’elle aime n’est qu’illusoire, un double maléfique cette fois créé dans le seul but de liquider Barney Deager. Dès lors, quand la supercherie est découverte, un choix s’impose, sacrifier une identité pour préserver l’autre. Bref, vous l’aurez compris, Tension est doté d’un mécanisme narratif d’une précision diabolique. Film à ne manquer sous aucun prétexte.(Allociné)


                   

L’un des excès les plus communs de l’analyse cinématographique « historique » est la lecture rétrospective d’un film à la lumière d’événements ayant suivi sa production ; l’exercice est souvent tentant, et s’il permet parfois de donner de la densité émotionnelle ou thématique à l’œuvre ainsi considérée, il arrive également qu’il se fasse au défaut de la pertinence ou au profit de l’exagération (combien de film sont ainsi devenus « annonciateurs » ou « avant-gardistes », presque à leur dépens ?). Menaces dans la nuit est un cas particulier : non seulement il nous paraît totalement impossible de faire abstraction des événements survenus dans les mois consécutifs à sa sortie américaine en juin 1951 (s’inscrivant pour la plupart dans la continuité d’un contexte de production extrêmement délicat) mais, toute superstition mise à part, on ne peut s’empêcher de créer un lien évident entre la dimension tragique des faits réels et la persistante odeur de fatalité du film, placé tout entier sous le sceau de l’inéluctable. Interrogé par l’historien Patrick McGilligan pour son livre Tender comrades (édité en 1997), John Berry déclarait avec une certaine candeur qu’au moment du tournage, « nous ne savions pas (NDR : ce qui allait nous arriver) (…) nous avions le sentiment qu’on s’en sortirait » avant d’ajouter un peu plus loin : « He Ran All the Way est un film sur le malheur. Ce n’est pas un hasard. Je voulais tourner l’histoire ainsi. » Ce témoignage ne se contente pas d’éclairer le film d’une lumière sombre et singulière, il nous évoque le souvenir de la métaphore de la « clé de verre », définie par Dashiell Hammett dans son roman homonyme et que nous tenons pour l’une des meilleures définitions de l’essence même du film noir : lorsque la clé de verre se brise en entrant dans la serrure, le personnage ignore encore ce qu’il va lui arriver ; mais il sait que tout retour en arrière est alors impossible, qu’il est devenu le jouet du destin, que ses débattements seront vains et que l’espoir n’est désormais, au mieux, qu’une illusion…


           

La société de production de Bob Roberts et de John Garfield avait acquis les droits du roman original de Sam Ross en mai 1950, avec pour objectif de le tourner durant l’été, puis d’enchaîner sur une adaptation de L’Homme au bras d’or de Nelson Algren, avec Garfield dans le rôle-titre. C’est manifestement le comédien qui a pris la décision d’acheter les droits de He Ran All the Way (publié en France en 1948 sous le titre J’ai tué un flic), attiré à la fois par son sujet policier, son réalisme social et la personnalité de son auteur, immigrant juif ukrainien sympathisant de gauche. C’est également Garfield qui engage John Berry, lequel l’a convaincu grâce à sa première incursion dans le film noir, Tension, sorti quelques mois plus tôt. Au même moment, le cinéaste vient de réaliser un court documentaire d’une quinzaine de minutes, The Hollywood Ten, dans lequel les Dix d’Hollywood tentent de se défendre comme ils n’ont pu le faire face à la Commission des Activités Anti-américaines.C’est d’ailleurs l’un des Dix, Dalton Trumbo, qui s’attelle à l’écriture du film ; mais puisque l’auteur, sur le point de rejoindre la prison fédérale d’Ashland, est désormais « blacklisté », deux amis écrivains, Guy Endore et Hugo Butler prêtent leurs noms au crédit du scénario.


                              


Après les habituelles remarques du Production Code, qui impose ses exigences aux scènes les plus ambigües de ce premier jet, il semble que ce soit principalement Butler qui ait apporté la touche définitive au script, en tâchant d’y respecter le plus possible le travail de Trumbo. Mais l’adjonction de personnalités aussi suspectes aux yeux de la Commission a eu pour effet d’attirer l’attention de celle-ci sur la préparation de He Ran All the Way, et en particulier sur John Garfield. Les Insurgés de John Huston, dont il tenait le rôle principal, avait été en 1949 qualifié de « pamphlet communiste » par The Hollywood Reporter ; son nom était apparu dans une liste de « sympathisants communistes » publiée en Californie ; et il avait signé une pétition de soutien aux Dix d’Hollywood transmise à la Cour Suprême - malgré des efforts de « patriotisme affiché », Garfield est désormais connu comme le loup rouge, et son nom est en juin 1950 listé par l’opuscule Red Channels, spécialisé dans la traque anti-communiste. Garfield sait que cela signifie qu’il sera à partir de ce jour persona non grata à Hollywood, et cela décuple son investissement dans ce qu’il devine déjà probablement être son dernier film.(http://www.dvdclassik.com/critique/menace-dans-la-nuit-berry)

1 commentaire:

  1. https://archive.org/download/Tension1950/Tension1950.mp4
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    https://1fichier.com/?z53ixr36fg

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